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Raton et la bagarre #37

mercredi 11 mars 2026
Raton

Amateur de post-musique, de breakdowns et de gelée de groseilles.

Ça y est, l’année hardcore a commencé sur les chapeaux de roue et si vous avez ne serait-ce que cligné des yeux, vous avez manqué une pelletée de sorties enthousiasmantes. Sans avoir la prétention de les avoir toutes parcourues, je me permets de vous laisser à disposition un guide sur dix disques qui ont marqué le début d’année, assortis de recommandations diverses. Comme c’est toujours l’objectif, le hardcore y est représenté dans sa diversité, des noms internationaux installés aux plus modestes projets nationaux, avec cinq groupes étasuniens et cinq européens. Bonne lecture !

ConvergePush! | Gros Enfant mort | Feels Like Heaven | RegressVíbora | Lionheart | Youth Novel | I Promised the World | Days Spent | Mentions bonus

 

Converge – Love Is Not Enough
Metalcore – USA (Epitaph)

Difficile d’être synthétique avec Converge tant le groupe a écrit l’équivalent de la moitié des évangiles pour la scène hardcore, en codifiant plusieurs de ses chapelles (mathcore, metalcore, hardcore chaotique) et en participant à son adoubement critique et son acceptation comme une contre-culture légitime. Chose forçant tout autant le respect, Converge n’a jamais perdu en pertinence ou en cohérence. A mes yeux, depuis Petitioning the Empty Sky en 1996, les Etasuniens ont maintenu leur niveau d’excellence avec une rigueur inédite dans la scène. Leur dernier album solo, The Dusk in Us (2017), était une leçon de précision, et leur dernier album collaboratif, Bloodmoon: I avec Chelsea Wolfe (2021), était excellent dans les atmosphères qu’il parvenait à créer.

Est-ce que Love Is Not Enough est l’album où Converge fera enfin montre de fissures dans son art ? Que nenni, ce qui est l’album le plus court de leur carrière est une telle flagrante réussite que ça en devient presque énervant. On aurait pu croire après Bloodmoon: I que Converge continuerait à apaiser sa recette et à continuer son rapprochement avec le post-metal et le sludge, mais Love Is Not Enough revient au Converge primitif et sauvage dès le premier titre et particulièrement sur des morceaux comme le chaotique « Distract and Divide » où Ben Koller est explosif derrière la batterie, ou sur « Force Meets Presence » et son énergie punk supplément riff et break musclés.

Mais le groupe du Massachussetts ne fait pas que dans le riff mémorable (« Bad Faith »), il n’oublie pas de construire des morceaux avec des atmosphères menaçantes comme le martial « Beyond Repair » ou le lancinant et mystique « Amon Amok » où Jacob Bannon est au sommet de son talent vocal. Pour moi, le disque atteint un état de grâce sur ses trois titres finaux, initiés par « Gilded Cage », incroyable morceau à tiroirs qui rappellera l’énergie d’un « You Fail Me » ou d’un « Cruel Bloom » en plus énervé. Puis Converge conclut l’album avec le vertigineux enchaînement « Make Me Forget You » / « We Were Never the Same », le premier étant un des morceaux les plus intenses et émotifs du projet et le second étant un concentré d’amertume et de rage qui résume l’essence du groupe. On pourrait en dire bien davantage, mais je me contenterai de dire que Love Is Not Enough est un grand succès, d’une cohérence folle tout en étant puissant et varié, une prouesse magistrale pour un groupe avec plus 35 ans de carrière.

 

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Push! – Plowing Ahead
Metalcore crossover – Portugal (Frozen Records)

Si vous n’avez pas de références hardcore portugaises c’est assez normal, le pays d’Europe occidentale n’ayant jamais exporté beaucoup de groupes, à l’exception de quelques projets confidentiels de hardcore émotif ou chaotique récents comme Hetta ou Reia Cibele. Push! pourrait toutefois changer la donne.

Le groupe de metalcore crossover de Lisbonne, formé en 2013, vient citer les meilleurs noms de la scène étasunienne actuelle de Mindforce à Drain et Spiritworld, dès la première track, instrumentale, avec sa montée en puissance, son hurlement puis son riff acéré avant qu’un sample ne vienne répéter le nom de l’album. Push! sait prendre le meilleur de son style, des arpèges thrash old school sur « Dig Deep » aux breaks bien bas du front (« Porcelain », « Right Through ») et aux riffs façon cran d’arrêt et solos hurlants (« Impunity »).

Même si on pourra regretter un mix qui manque quelque peu d’ampleur, l’ambition est au rendez-vous avec des samples efficaces (Raging Bull sur « Too Nice » et A Real Pain sur « Right Through ») et des feats qui ne le sont pas moins (le premier avec Who I Am, belle promesse metalcore angoumoisine et le second avec notre fierté metalcore nationaleCalcine et le chant instantanément reconnaissable de Stef). En conjuguant autant l’ethos hardcore d’un Suburban Scum que l’esthétique et les réflexes brûlants du thrash metal, ainsi que la vivacité vorace du metalcore, les Portugais livrent un album varié et généreux dont l’écoute est très plaisante.

 

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Gros Enfant mort – Le Sang des pierres
Screamo – France (Fireflies Fall / Spleencore)

Est-ce que je vous parle suffisamment de screamo français ? Probablement pas, car on n’en parle jamais assez. Cette scène qui fait la fierté nationale autant que les châteaux de la Loire et l’aligot est encore trop peu mise en lumière, la faute notamment à un remarquable talent pour mal communiquer sur ses sorties. Heureusement des groupes savent mieux se vendre que d’autres et c’est le cas des Néo-Aquitains de Gros Enfant mort.

Originellement formé comme un one-man band, le projet évolue désormais en groupe pour le live, mais toujours centré autour d’Alexis pour la composition. Tirant ses principales inspirations de l’âge d’or du screamo français, Daïtro et Aussitôt mort en tête, avec ce chant en français portant des paroles poétiques complexes et ces progressions post-rock très reconnaissables. Sur les passages plus denses et courroucés (« Saigne ! Saigne ! Saigne ! » en featuring avec Logan de Gillian Carter) on peut aussi y retrouver des touches Birds in Row.

Alexis révèle que pendant une période particulièrement noire et dure, il a utilisé les notes de son téléphone comme un journal, en y inscrivant ses états d’âme et documentant sa dépression. Plus tard, en se relisant, il réalisa que toute la structure de l’album était déjà là et qu’il suffisait de lui donner une forme musicale. En résulte un album complexe, parfois un peu ampoulé (« Le Sang des pierres ») mais qui rend hommage à un  genre dont c’est aussi le trait principal. Pour son auteur, le disque raconte que la dépression est faite « en partie de trajectoires personnelles, mais aussi de cadres sociaux et politiques qui produisent de l’épuisement, de la honte et du silence ». Ingénieux, difficile et plaisamment bavard, l’album rappelle un savoir-faire que seul l’Hexagone a su démontrer.

 

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Feels Like Heaven – Within Dreams
Emocore / Hardcore mélodique – Suède (Scheme Records)

Sortir un album le 1er janvier est un pari périlleux : s'il est beaucoup plus facile de sortir de la mêlée en début d'année, quand le hardcore est encore en sommeil, le risque que le disque ne fasse pas date et se fasse enterrer par les grosses sorties de février et mars est réel. Les Suédois de Feels Like Heaven ont pris ce risque avec Within Dreams, leur tout premier long format. 

Les auditeurs-trices les plus attentifs-ves auront entendu parler du groupe il y a déjà quelques temps, grâce à un EP très marquant en 2022 à propos duquel j’avais dit qu'il était « la réponse suédoise à One Step Closer », si ces derniers n'avaient pas pris ce malencontreux virage vers le post-hardcore doucereux. Si cette filiation est toujours évidente sur le LP (« Box Man »), Feels Like Heaven va aussi chercher ailleurs. En plus de l'inévitable ombre bienveillante de Title Fight, j'ai lu plusieurs parallèles avec Hüsker Dü, en plus âpre et émotif, ou même Moss Icon, ainsi que des touches très nettes de mélodies vocales à la Fiddlehead (« Snow Dunes », « Sandra Bullock »).

En jouant sur cette frontière ensoleillée entre l'ancienne école émotive et la nouvelle école mélodique, Feels Like Heaven réussit son pari avec un album habile, digeste et soigneusement agencé.

 

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Regress – S/T
Metalcore – Angleterre (Rucktion)

Je n'ai pas besoin de vous dire qu'au rayon metalcore sauvage et incarné, I'Angleterre contient au moins autant de talents prometteurs que de Wetherspoons. Après les immenses tueries offertes par Killing Me Softly, Temple Guard ou xDELIVERANCEx, c'est au tour de Regress de montrer les crocs. Peu d’informations sur le groupe circulent sur Internet, à part qu’il s’agit d’un quintet londonien fondé en 2024 et qui revendique un hardcore métallique fait dans le « style londonien ». Leur signature chez Rucktion, label incontournable du hardcore urbain anglais (TRC, Six Ft Ditch, Special Move), tombe donc sous le sens.

En plein dans la tradition d’un Slayer-core habité, Regress conjugue des riffs metal (« Until the End »), avec un chant hardcore aux inspirations beatdown (« Soaked in Betrayal »), des breaks cinglants (« Reaper’s Grip », « No Trends ») et une ambiance hallucinée (« Soaked in Betrayal »). L’EP dépasse à peine les 15 minutes, mais s’avère extrêmement bien composé et agencé, avec une variété plaisante et une grande maîtrise instrumentale qui évite soigneusement le pastiche. On pourra trouver à redire sur certains passages vocaux, notamment scandés ou rappés, pas encore 100% maîtrisés, alors que d’autres sont prodigieux d’efficacité comme les hurlements déments sur « Too Young, Too Soon ».

À noter également que, par pure fierté locale, tous les feats sont londoniens avec les vocalistes de Affray (hardcore), Closed Hands (emoviolence) et Agency (hardcore). Mettez fin à la rivalité franco-angloise, branchez-vous UKHC et écoutez Regress.

 

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Víbora – Egin ez dugun guztia
Screamo – Pays basque (Zegema Beach)

En 2023, les Basques de Víbora avait tapé un grand coup sur la table avec l’excellent Zaldi beltza, un premier album d’une maturité assourdissante qui mariait au screamo européen et ses envolées post-rock, une myriade d’influences extrêmement bien intégrées, du metalcore amer au post-hardcore songeur. Ce second disque, traduisible du basque au français par « tout ce que nous n’avons pas fait », pousse ce pari encore plus loin avec une palette d’une largeur saisissante.

Le screamo reste le composant principal du disque, mais viennent s’adjoindre, méthodiquement et radicalement, plusieurs styles connexes. Là où « Autoestima » évolue dans des sonorités post-hardcore relativement classiques, « Zerbait ona idatzi » emprunte au hardcore, notamment via la participation de Unai Baseta, chanteur du groupe de hardcore basque Eje, voire va chercher dans des éruptions emoviolence, à l’instar de l’incendiaire « 6:36 ». Mais la direction la plus surprenante est l’impeccable irruption de blackgaze, très proche de ce que Deafheaven sait offrir, sur « Fotos » et « Egin ez dugun guztia » (dont le final noise est brillant).

La versatilité n’est pas la seule qualité de ce disque qui s’avère aussi à l’aise dans la dissonance exaltée que dans les lignes mélodiques aériennes (« Fotos » dont le chant rappelle même Viva Belgrado). Fort d’une démarche profondément DIY qui revendique son identité politique basque, riche autant de frustration que de nostalgie, c’est un disque réfléchi, vif et profond ; de ceux même qui poussent le post-hardcore et les musiques émotives européennes un cran plus loin.

 

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Lionheart – Valley of Death II
Metalcore beatdown / Rap metal – USA (Arising Empire)

Lionheart est un groupe curieux, pensé à l’origine comme une révérence au metalcore à gros biscotos de Hatebreed et petit à petit devenu une caricature indigeste d’une ode beatdown rappé à une Californie fantasmée. Le fait d’être aussi identifiable dans le grand guignolesque metalcore leur a accordé un gros succès en Europe, bien plus qu’en Amérique du Nord. Et en Europe quel pays est roi dans l’art du beatdown de mauvais goût ? C’est l’Allemagne, quasiment un pays d’adoption pour Lionheart dont le label y est situé et dont les 5 villes avec le plus d’auditeurs sont toutes allemandes.

Si la blague pouvait encore être amusante à l’époque de Welcome to the West Coast (2014), les Californiens sont devenus une parodie d’eux-mêmes en se contenant de créer des suites à tous leurs succès : Welcome to the West Coast II et III et désormais Valley of Death II. En voulant appuyer sur une attitude de dur à cuire et en insistant sur la sainte trinité musculation, gros chiens et loyauté, Lionheart confirme son statut de vaste blague de la scène hardcore.

Les paroles peuvent remporter une palme de bêtise tant elles confinent au développement perso mascu : « Now where my dogs at? / We right here, motherfucker, and it's like that » ou l’affreux « In Love With the Pain ». Musicalement, le disque est rempli à ras-bord de gimmicks épuisants et finit par performer le metalcore beatdown plus que l’incarner. La faute à des morceaux interchangeables, génériques et expédiés, qui essaient de reprendre ce qui fonctionne dans le style en singeant mal Pain of Truth, Speed ou Gridiron (flagrant sur « Roll Call » et « Death Grip »). Seule bonne nouvelle, l’album ne dure que 23 minutes.

 

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Youth Novel – I Went Through This Experience Smiling
Metalcore – Angleterre (Hassle Records)

Les personnes suivant assidûment la scène screamo se rappellent probablement de la sortie de l’album éponyme de Youth Novel en 2021, qui avait fait un bruit raisonnable, notamment dans les cercles emoviolence. L’album était particulièrement calibré pour les fans de Lord Snow ou Frail Hands en plus rêche et avec un certain manque de direction à mon sens. Si la radicalité musicale était présente, elle avait du mal à servir un propos tenu.

Avec ce nouvel album, cinq ans plus tard, le groupe du Michigan est devenu presque un one-man band et prend le parti-pris intéressant de tempérer le son et de limiter la nervosité en choisissant un vecteur entre screamo et post-hardcore. Pour autant, l’abrasivité et la dissonance sont toujours des éléments centraux du disque, mais de façon moins continue, avec l’incorporation de mélodies emo (« Blood in the Sand »), de mid-tempo (« Mikan ») et de chant clair discret (« Violence », « Pursued »).

Extrêmement ambitieux, ce LP offre de vrais moments d’urgence (« Mecha Codeine », « Mallory-Weiss ») et une palette musicale large, avec une diversité vocale à souligner et des expérimentations comme l’interlude bruitiste et étrange avec un instrument traditionnel (espèce de shamisen ?) au milieu du larsen, sur le titre éponyme. Indéniablement parsemé d’excellentes idées de composition, il perd toutefois parfois en lisibilité à cause d’un manque de liants entre ses segments.

 

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I Promised the World – S/T
Metalcore / « Mall screamo » – USA (Rise Records)

Si vous avez une bonne mémoire et beaucoup de temps pour écouter toutes les sorties underground, vous vous rappelez de Sinema, groupe qui avait sorti chez Ephyra un premier EP qui rappelait Texas Is the Reason et citait I Have Dreams. Puis le groupe texan avait sorti l’album Fear of the Fall qui était un hommage frontal à l’emo du milieu des années 2000 de Hopesfall à Underoath et Saosin, les deux derniers étant souvent qualifiés du qualificatif moqueur de « mall screamo » ou « scene-core ».

Après avoir changé de nom pour I Promised the World, le groupe sort un EP qui est à même de réhabiliter le metalcore maniéré tant moqué dans il y a 20 ans. Citant toujours les groupes ci-dessus, poussant même jusqu’à Silverstein, avec du chant clair bien sirupeux (« A Pure Expression », « Future Worth Dying for »), ça n’empêche pas les Texans de verser également dans le metalcore teigneux et acerbe (« Bliss in 7 Languages »). Malgré le poids de ses références et l’outrance de son exécution, rien sur ce cinq-titres n’est de mauvais goût. On pourra évidemment réprouver le retour en état de grâce de ce style qui aime se rouler dans l’excès (le break final de « Bliss in 7 Languages »), mais on devra surtout reconnaître à I Promised the World une grande aisance pour le faire avec le plus de justesse possible, comme sur le grandiloquent morceau final « Emerald Waltz ».

 

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Days Spent – I Will Die on This Hill
Hardcore métallique – USA (Indépendant)

Je crois en la capacité bénéfique du harcèlement ciblé pour vous faire découvrir de nouveaux artistes. Non satisfait d’avoir parlé du deuxième EP de Days Spent dans la Bagarre #13 et de leur troisième dans la Bagarre #25, je viens en rajouter une couche aujourd’hui avec leur quatrième court format, qui accompagne un changement de line-up. Originaire de Port Sainte-Lucie, à l’est de la Floride, Days Spent fait dans le hardcore métallique avec maestria et concision.

Ce qui surprend en découvrant le groupe est leur peu d’appétence pour les tendances et la communication au millimètre de nombreux groupes étasuniens. Ses membres semblent avoir la fin de trentaine, un look pas excessivement travaillé, voire pas hardcore du tout et visiblement aucune envie de sortir un LP un jour. Pourtant, tout fonctionne sur ce nouvel EP. La voix déchirante de Nancy Crozier est toujours aussi efficace quand elle surgit sur le premier morceau « 1000 Locusts », les riffs sont bien trouvés, rythmés, groovy et bien mixés, et les titres sont marquants et composés avec soin (« Spilled Salt »). Comme sur leurs précédentes sorties, si vous voulez un Iron Deficiency ou un Mortality Rate floridien, c’est exactement ce qu’il vous faut et vous aurez fini l’EP dans moins de 10 minutes.

 

 

Tant à dire pour si peu de place, voici les recommandations supplémentaires pour les appétits musicaux les plus larges d’entre vous :

  • Pour celles et ceux qui préfèrent quand leur hardcore c’est pas du hardcore, mais du death metal, le dernier EP de Glassbone est évidemment un régal. Brutal et impardonnable, il rappelle Dying Fetus, Obituary et Internal Bleeding, tout en suivant sa propre ligne, caverneuse et primitive. Notre émission avec le groupe est d’ailleurs toujours disponible !

  • Après avoir sorti un des meilleurs EPs de 2024, Holder, le groupe de screamo métallique du Massachussetts, vient de publier un deux titres extrêmement efficace avec leur nouvelle chanteuse, Brie. Le second morceau, « Ruin the Best of Me » représente ce que le revival de screamo/metalcore sait faire de mieux avec des breaks stridents et un chant possédé et viscéral.

  • Angel Du$t continue de faire du Angel Du$t avec son rock alternatif douceâtre, mais cette fois avec des couleurs nettement plus post-hardcore que sur leur précédent effort. Leur sixième album, Cold 2 the Touch, est lumineux, indolent voire un peu feignant mais son écoute est fluide et plaisante (« The Knife »). Vous ne découvrirez rien, mais vous passerez un moment sympathique.

  • Vous aimez Mindforce, mais vous souhaiteriez une version avec moins de crossover et plus d’influences hip-hop new-yorkais ? N’en dites pas plus, car Crush Your Soul, un des autres projets du chanteur Jay Peta, a sorti un EP très réussi et copieux avec des gros breaks et des feats des vocalistes de Missing Link, Malice at the Palace, Blvd of Death, Sliver ou encore du rappeur Estee Nack.

  • Dans un style justement proche de celui de Days Spent, avec des riffs incisifs et une chanteuse courroucée, c’est Corrode qui vient de sortir deux nouveaux morceaux sur un split 100% canadien avec Slewfoot. Si les deux morceaux de Corrode sont vraiment efficaces et percutants, Slewfoot fait du metalcore costaud moins intéressant, entre Harms Way et Extinguish.

  • Chez les anciens patrons de Triple B, on remarquera surtout la sortie de Fixed Game, du hardcore floridien tout ce qu’il y a de plus classique mais parfaitement envoyé entre les deux yeux, avec des vrais bons riffs et une énergie communicative (« Spin ») pour les fans de Rival Mob, Warfare et Worn.

  • Dans un registre intéressant à mi-chemin entre le screamo décharné et le noise rock compact et hostile, le groupe marseillais Wetwalls a sorti une première démo à l’instantanéité et l’efficacité certaines et qui m’a parfois fait penser aux débuts de Single Mothers

  • Toujours du côté du screamo, on a également une excellente surprise avec la sortie d’un EP de Gravessavec des membres de Bloom Dream ou fingerswoventogether, dans un style proche de ces derniers, c’est-à-dire assez métallique, chaotique, très varié et avec des progressions minutieuses.

  • Sear, le groupe de screamo de Caroline du Sud a sorti un premier album réussi dans un style chaotique et menaçant pas si loin des premiers Portrayal of Guilt. Le disque a été pensé comme une lettre d’adieu à la grand-mère du chanteur-guitariste, décédée peu de temps auparavant, ce qui donne une profondeur et une couleur particulièrement amère aux morceaux.

  • Amusant, le groupe de midwest emo anglais Pen Name dont je vous avais parlé dans la toute première Bagarre est revenu sept ans plus tard pour un second album, toujours aussi American Football / Mineral-worship.