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Album

09/12/14 - U-Zine

Atreyu

Lead Sails Paper Anchor

LabelRoadrunner
styleEmocore
formatAlbum
paysUSA
sortieoctobre 2007
La note de
U-Zine
7.5/10


U-Zine

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Figure de proue d’un mouvement et d’un style dont ils peuvent se targuer d’avoir enfanté, les américains d’Atreyu reviennent en terres conquises afin de promouvoir Lead Sails Paper Anchor, un nouvel album aux sonorités des plus entraînantes.
Un an après le très entêtant Death Grip on Yesterday, et le Dvd – Best Of du groupe paru en 2007, nous étions nombreux à attendre le groupe au tournant, pour cet album si vite matérialisé et mis en boîte.
Sursaut d’orgueil ou réelle volonté créative pour une formation pionnière et innovante du emocore ?
À l’instar de leur pochette, nos chers américains, se sont littéralement jeté à l’eau en façonnant un album éclectique et résolument mature. Désormais épaulé par Roadrunner, ils pourraient bel et bien nous offrir à ce jour, leur meilleure galette.

Notre écoute des plus attentives débutera donc, par l’excellent « Doomsday », véritable hymne à la vie, et rythmé par une batterie dantesque et fracassante. La frappe de Brandon Saller est omniprésente dans chaque composition, tirant de surcroît les parties vers un dynamisme, et une vitalité sans précédent.
Contrairement à un précèdent album quelque peu moribond, les morceaux proposés ici, sont mieux agencés, et le travail de mixage, inévitablement chapeauté par Roadrunner, impose les 11 titres de la galette, comme autant de singles potentiels.

Une fraîcheur de composition certaine est d’ailleurs largement palpable sur des morceaux tel que « Becoming the Bull » ou « Honor », où tous les instruments se sont par la force des choses naturellement bonifiés. Opérés, par des guitares groovy, ces deux titres permettent de saisir le nouveau visage d’Atreyu. La surenchère des dates effectuées par le combo dans le monde entier aidant, le groupe se dévoile sous une facette radicalement nouvelle, en laissant apparaître une identité destructrice et bougrement efficace.
Embrassant un nouveau style, il serait totalement déplacé, de ne pas accorder une place énorme à l’ensemble des orchestrations présentes et au foisonnement d’instruments utilisés par le groupe. Qu’il soit traditionnels ou plus atypiques (trompette, ou encore cithare sur le très inspiré « Lose It »), ils constituent à développer l’univers et la folle ambiance de ce nouvel album.
Même Alex Varkatzas, en lieu et poste de chanteur, y va de sa patte et nous sert avec l’aide de Brandon Saller, des subtiles parties de voix criées et claires, résolument plus audibles que sur les précédents opus du groupe (« Can’t Happen here » ; « Falling Down »).
Ces différentes voix finissant par occuper un espace considérable sur chaque morceau, tout en se retrouvant habillement mariées et éxécutées avec frénésie.

De fil en aiguille, la mouvance de composition affichée se retrouve largement palpable sur le destructeur « When two are one » qui à lui seul, résume la volonté du groupe d’avancer et d’évoluer sur des terrains musicaux encore plus riches et variés qu’ils ne l’avaient été auparavant.
Des titres comme « Blow », où la piste cachée sobrement intitulé « Clean Sheets » font également office d’ovnis musicaux en rendant hommage à la scène métal et rock des 80’s.
Une scène que semblent affectionner tout particulièrement nos très chers guitaristes. Armés de leurs manches, ils nous gratifient d’innombrable solos et solis bien sentis. Leur jeu, animé d’une vitesse d’exécution démente, fait une nouvelle fois mouche et s’organise autour d’une rythmique détonante et volontairement lourde.
Atreyu abandonne finalement sa hargne comme à l’accoutumée en fin d’album, en distillant 3 accalmies planantes et légères. « No one Cares » ; « Slow Burn et « Lead Sails (And A Paper Anchor) » venant ainsi confirmer l’excellente forme des américains, tant dans le registre brut que sur le plan des émotions.

On l’aura compris, l’essentiel de l’album se résume assez bien en évoquant l’évolution du groupe dans son approche musicale, et sa volonté de se détacher d’une scène stéréotypée et morne.
Le groupe nous offrant une surprise de taille, dans un registre où l’on ne l’attendait pas forcément. Les 5 gaillards d’Orange County, se payant même le luxe de mixer le meilleur de leurs 3 précédents albums, accompagné de parties inspirées et mélodiques à souhait.
Ce Lead Sails Paper Anchor, marque une réelle prise en main de la musique du combo et présage d’un bien bel avenir pour une formation aventureuse et audacieuse.

1. Doomsday
2. Honor
3. Falling Down
4. Becoming The Bull
5. When Two are One
6. Lose It
7. No one cares
8. Can't Happen Here
9. Slow Burn
10. Blow
11. Lead Sails (And Paper Anchor)
12. Clean Sheets - Bonus Track

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