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Album

17/09/16 - Michael

In Flames

Sounds from the Heart of Gothenburg

LabelNuclear Blast
styleDeath metal mélodique
formatAlbum
paysSuède
sortieseptembre 2016
La note de
Michael
8.5/10


Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Les nouvelles orientations musicales des anciens chantres du death metal mélodique tout droit sorti de Gothenburg font débat depuis de nombreuses années, et notamment depuis la sortie de l’album Come Clarity qui avait marqué une très nette orientation du groupe vers une musique plus facile d’écoute. Et ce même si le virage mélodique et plus alternatif du groupe se faisait déjà ressentir fortement depuis Reroute To Remain mais également, dans une moindre mesure, dans Clayman.

Quoi qu’il en soit de l’évolution musicale du groupe et des derniers albums qui ont alterné le bon, le passable et le franchement pas terrible, le groupe reste une référence en live et, en tout cas, un excellent moment par tous ceux qui sont touchés par le sens aigu de la mélodie des Suédois.

Et ce live enregistré en novembre 2014 à Göteborg ne nous fera certainement pas changer d’opinion, dès lors qu’il confirme l’excellent souvenir que l’on a de leur prestation au Bataclan en octobre 2014 et ce que l’on avait pu voir de cette tournée dans un show à Cologne que l’on retrouve aisément sur Youtube. Le groupe y est souriant, carré, propre, avec un Bjorn et un Niclas qui frôlent la perfection, un Peter dont l’âge ne perturbe pas le fameux headbanging latéral et un Daniel toujours aussi précis et dont le départ du groupe va laisser un grand vide. Et surtout, Anders retrouve ses 20 ans avec une voix puissante, globalement juste à l’exception de quelques passages en voix claire hasardeux sur les nouveaux titres (Paralyzed et With Eyes Wide Open notamment), mais étonnamment bons sur de plus "anciens" (Delight and Angers, TheMirror’s TruthWhere The Dead Ships Dwell). Un groupe au top de sa forme, en dépit des années qui passent et d’un look de plus en plus hipsterisant.

La prestation de haut vol du groupe est portée par un mix que j’ai trouvé très agréable et équilibré. On aurait probablement aimé que les guitares soient un peu plus présentes et puissantes, elles qui concentrent l’attention dans la musique du groupe. Mais la prépondérance de la batterie et d’un son de double pédale ultra convaincant ne m’ont pas déplu, et ont au contraire redonné de l’énergie à certains titres plus récents qui sonnent un peu cheesy ou creux sur CD. Je pense notamment à Everything’s gone qui sonne définitivement mieux en live que sur CD, y compris avec ce refrain crié qui sonne bien heavy old school d’Anders. Aux côtés de la batterie, l’importance conférée à la voix d’Anders met en exergue à quel point il a fait table rase des performances en dents de scie des années 2008-2012 où tout n’a pas toujours été rose.

Alors oui, les amoureux d’In Flames depuis longtemps trouveront à redire sur la setlist et regretteront l’absence de nombreux titres phares des débuts du groupe, voire même quelques incontournables plus récents pourtant ignorés ici comme My Sweet Shadow.

Mais la setlist retenue par In Flames a ici une logique : offrir à ses fans un live faisant la part belle à leurs deux derniers opus tout en ne négligeant pas le reste avec le retour de quelques pépites oubliées lors des dernières tournées (Trigger, Resin – cette dernière n’avait plus été jouée en France depuis le Unholy Alliance Tour en 2006 avant d’être jouée dans le cadre de la tournée de 2014) ou de ce qui devient désormais des classiques (Delight And Angers, The Mirror’s Truth ou bien encore Take This Life). Pour les plus anciens titres, il faudra à nouveau se plonger dans le brut et massif Used & Abused :In Live We Trust dont on ne se lassera probablement jamais.

Au fond, ce sont surtout les titres de Siren’s Charms – en nombre –, qui ont du mal à passer, à l’exception de Everything’s gone, bien dynamique et dont le break est à couper le souffle. Car ceux de Sounds of a Playground Fading vieillissent très bien, et il faut être un peu de mauvaise foi ou ne pas aimer le groupe pour avoir à redire de Ropes ou bien encore de Fear is the Weakness, qui ont un rendu live excellent.

Il y aura toujours une part de nous qui aura ce pincement en cœur en constatant que le groupe ignore les Colony, Jotun, Pinball Map, Food for the Gods ou encore Artifacts of the Black Rain, mais également que le groupe ne nous ressort que très rarement des titres plus rares (je tuerai pour écouter un Dial 595 Escape ou bien encore Pacing Death's Trail). Mais c’est le lot de tous les groupes avec 20 ans de carrière et dont l’évolution musicale les écarte de leur origine.

In Flames a changé. Mais In Flames we still trust.

Setlist :
1. In Plain View
2. Everything’s Gone
3. Fear Is The Weakness
4. Trigger
5. Resin
6. Where The Dead Ships Dwell
7. With Eyes Wide Open
8. Paralyzed
9. Through Oblivion
10. Ropes
11. Delight And Angers
12. Cloud Connected
13. Only For The Weak
14. The Chosen Pessimist
15. The Quiet Place
16. When The World Explodes
17. Rusted Nail
18. The Mirror’s Truth
19. Deliver Us
20. Take This Life

 

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