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Album

09/12/14 - Michael

In Flames

Siren Charms

LabelCentury Media Records
styleMetal mélodique
formatAlbum
paysSuède
sortieseptembre 2014
La note de
Michael
5.5/10


Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Pendant des années j’ai défendu les nouvelles orientations d’In Flames en serinant aux laissés pour compte de l’époque Colony que chaque groupe se doit d'évoluer. Surtout, depuis Soundtrack to Your Escape, le groupe nous a toujours offert des albums différents annonçant clairement une ouverture tout en gardant des origines riffs et ambiances léchés maintenant toujours ce lien (aussi maigre soit-il dans certains cas) avec l’époque glorieuse des suédois. Du plus brute et efficace Soundtrack to Your Escape jusqu’au mélodique et mélancolique A Sense of Purpose, le groupe a toujours su évoluer tout en regardant derrière eux.

Précisément, le désamour d’une partie du public pour In Flames a surtout eu lieu à l’occasion de la sortie des trois derniers albums, il est vrai très inégaux. A Sense of Purpose est de loin le plus hétérogène avec des morceaux excellents (Delight And Angers notamment) et des purges sans nom. A l’inverse, Sounds of a Playground Fading m'a laissé une excellente saveur en bouche, sur cd comme en live avec des titres plein d’émotions et au jeu de guitare aiguisé (Fear is the WeaknessRopes). Si le groupe avait parfois un peu perdu de sa verve et de sa violence, il n’avait jamais abandonné cette texture mélancolique des titres qui rend leur musique si riche. De même, si le chant d’Anders a bien évidemment évolué au fil des années, il conservait encore cette alternance de chant crié et de chant quasi-clair très plaisant, même s'il relayait les growls au second voire troisième plan.

Le problème est qu’avec Siren Charms le groupe a confirmé sa nouvelle orientation mais en oubliant tout ce qui avait fait de ce groupe un cador du death mélodique : le death et le mélodique (sous-entendu, le jeu de guitare). On y retrouve à la pelle des titres sans trop d’inspirations où Bjorn nous repompe quelques riffs pas du meilleur effet et surtout loin du génie de ce que le groupe avait pu nous offrir par le passé. De son côté Anders s’en donne à cœur joie en voix claire, oubliant malheureusement qu’il sera parfois incapable de les assurer en live. In Flames vieillit et leur musique s’adoucit sans pour autant s'enrichir d'une autre dimension. On ne pourrait leur en tenir rigueur si seulement le résultat n’était pas aussi fade et sans consistance.

On pourrait passer des heures à faire l’exégèse des titres de Siren Charms, mais l’on pourrait se contenter de parler du titre With Eyes Wide Open, symbole de la faiblesse de cet opus. Ne cherchez pas ici quelconque artifice, quelque inspiration de génie. Vous n’aurez rien. Ne cherchez pas non plus ces soli ou riffs dont Bjorn nous avait gratifié par le passé, capable de vous accrocher le cœur et les tripes en quelques notes (le solo de Resin en est la plus parfaite illustration). Ici tout est lisse, convenu. Et le reste de l’album est du même acabit, pas de headbang, pas de riffs puissants ni même d’ailleurs d’envolées mélodiques qui pourrait nous satisfaire de près ou de loin en oubliant leur passé. Mais des passages chantés quelconques, certes parfaitement maîtrisés mais qui sonnent terriblement creux comparés à ce à quoi le groupe nous avait habitué en termes d'émotions.

Et que dire de la production compressée au possible ? Que dire de la batterie qui réussit le grand pari de presque sonner pire que celle de St. Anger ? Que dire de la voix d'Anders de certains refrains (notamment Everything's Gone façon Body Talk des Ratt) ? Si certains passages permettent d'entrevoir que le vieil In Flames est toujours là, ils sont courts. Très courts. Contrairement aux derniers opus où un lien, un feeling persistait, la patte In Flames est quasi-inexistante sur cet album.

Il s’agit peut-être une réaction « à chaud » et mon avis changera-t-il au fur et à mesure que je remplacerai mes dreadlocks par cheveux courts et béret(*), mais en l’état la déception est immense. Je n’ai même pas le plaisir de déceler, après de nombreuses écoutes, l’intensité que j’avais finalement trouvée dans Sounds of a Playground Fading et cet atmosphère triste et mélancolique.

Un album qui ne fait vivre que très peu d'émotions à son auditoire est un mauvais album. Et celui-ci en fait partie, en dépit de quelques titres intéressants.

*ceci est une fiction.

01. In Plain View
02. Everything’s Gone
03. Paralyzed
04. Through Oblivion
05. With Eyes Wide Open
06. Siren Charms
07. When The World Explodes
08. Rusted Nail
09. Dead Eyes
10. Monsters In The Ballroom
11. Filtered Truth

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