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dimanche 18 février 2018 - Nostalmaniac

VOJD (Joseph Tholl)

Joseph Tholl

Nostalmaniac

Le Max de l'ombre. 29 ans. Rédacteur en chef de Horns Up (2015-2020) / Fondateur de Heavy / Thrash Nostalmania (2013)

Nouvelle incarnation de Black Trip, VOJD sort en ce début d'année son premier album chez High Roller Records sans changer sa recette mais en gardant un réel savoir-faire pour le Hard rock accrocheur en ajoutant avec brio de nouveaux éléments. Après la chronique, place à l'entretien avec le frontman du groupe suédois Joseph Tholl en tournée au Mexique avec Merciless, légendaire formation Death Metal suédoise... Il nous parle du premier album de VOJD, de ses projets et nous livre même un scoop inattendu sur Enforcer...
 


 

Nostalmaniac : Salut Joseph. Il s'est passé beaucoup de choses ces dernières années pour Black Trip. Tu peux revenir sur ce qui a motivé ces changements ?

Joseph Tholl : Effectivement ! En fait pour le changement de nom un groupe américain qui s'appelle aussi Black Trip a réclamé ses droits sur le nom et on ne pouvait tout simplement plus continuer sous ce nom. Du coup, on a décidé de faire notre troisième album sous un autre nom. Quand on a commencé l'enregistrement, Sebastian Ramstedt (guitare) et Johan Bergebäck (basse) sont retournés dans Necrophobic et on a recruté Linus Björklund assez vite. Tout ces changements n'ont donc rien avoir avec des mauvaises choses entre nous, c'est juste une grosse coïncidence.  
 

As-tu des regrets par rapport à ce changement ? C'est difficile pour un groupe de se faire un nom et Black Trip commençait à se faire une belle réputation...

Pas vraiment, car j'ai décidé de voir ce nouveau chapitre d'une façon positive et l'occasion idéale de briser nos limites.
 

Tu peux m'éclairer sur ce que signifie VOJD ? C'est un acronyme ? 

Non, en fait c'est très simple. C'est "Void" (Ndlr :"Vide" en anglais) avec notre propre orthographe pour être un peu plus unique et puis c'est comme ça que ça s'épelle phonétiquement en suédois.
 

Parlons de l'album. S'il y a quelques différences, on reste vraiment dans le domaine du hard rock mais j'ai beaucoup aimé la diversité et surtout les lignes vocales... C'est accrocheur, efficace mais varié....

Oui, j'imagine qu'on a ressenti moins de limites pour nos compos, et c'est une bonne chose. On a écrit sans se rattacher à un style précis, c'est de là que vient la diversité. C'est la même chose pour mes vocaux. J'utilise une plus large gamme de voix sur cet album qu'auparavant.
 

"Delusions In The Sky"

Comme Peter Stjärnvind, ton nouveau guitariste (Linus Björklund) vient plutôt du Death Metal. Comment a t-il rejoint le groupe ?

Je t'avoue que je ne connaissais pas Linus personnellement avant qu'il rejoigne le groupe, mais je connaissais son groupe Verminous. Je dois dire qu'il a joué un grand rôle dans l'album et sa manière de sonner. Il a d'ailleurs participé à la production et au mixage !
 

Il y a "Dream Machine" qui est assez surprenant. Tu aurais osé ce genre de morceau avec Black Trip ?

En fait, j'ai écrit ce morceau pour moi-même au départ, sans savoir ce que j'allais en faire. Je n'avais pas l'intention de l'utiliser pour Black Trip/VOJD mais j'ai réalisé que ça pouvait être cool de l'ajouter comme un nouvel élément au milieu de l'album. Je suis ravi de l'avoir fait au final car je trouve que ça rentre bien dans l'album et que ça ajoute à la dynamique.
 

Il y aussi quelque chose de mystérieux, comme le titre et la pochette de l'album...

J'aime bien garder un thème mystique et de là, je choisis de la manière aussi personnelle que je veux pour le développer. Le plus important, c'est que je puisse chanter les paroles avec passion, c'est pour ça que je ne peux pas bêtement chanter à propos de boire de la bière ! J'ai besoin de quelque chose de plus profond pour apprécier moi-même. Je n'écris pas de manière directe. Je cache plutôt des histoires personnelles dans des métaphores. Beaucoup des paroles de l'album se basent sur des choses de mon vécu d'une manière métaphorique.
 

J'ai lu que vous aviez enregistré vos parties séparément en studio. C'est une manière de travailler qui te plaît ou alors c'était par rapport aux disponibilités de chacun ?

Je dirais que c'est par rapport à la disponibilité et que c'est aussi la meilleure manière de travailler ainsi. C'est génial d'être un groupe au complet qui se réunit pendant deux mois pour travailler sur un album comme si c'était un job à plein temps, mais malheureusement, ce n'est pas notre situation. On a donc dû prendre les créneaux possibles. Le seul qui était tout le temps au studio, c'était Anders Bentell (batterie). Bon, c'est son studio et il a enregistré tout l'album (rires). Après, il faut bien dire que le lineup était dans une phase de transition et on a été plus en studio qu'en salle de répét ou sur scène. On n'a même pas répété les morceaux, on les a écrits en studio.
 

As-tu prévu de faire des live avec ce lineup ?

On n'est pas capable de tourner pendant des mois pour le moment malheureusement, mais on va faire de notre mieux pour 2018. Je ne peux rien annoncer encore, mais on y travaille.
 

Je ne peux pas faire cette interview sans te poser une question sur Enforcer ! 2017 a été plutôt calme... Le calme avant la tempête ?

En fait, pour ne rien te cacher j'ai décidé de quitter Enforcer après dix ans... Ce n'est pas un départ qui s'est fait de manière dramatique. On s'est vraiment quittés en bons termes. J'ai juste senti que je n'avais plus le temps et que j'étais satisfait avec ce qu'on a déjà accompli...
 

C'est quasiment un scoop ! Onze ans que tu jouais avec Enforcer, ce n'est pas rien. Tu avais donc 18 ans si je ne me trompe pas quand tu as commencé. Quel regard as-tu sur ce parcours ?

Oui, plus de dix ans et ça m'a donné énormément d'expérience. C'est carrément une partie importante de ma vie. J'ai appris beaucoup et... on s'est beaucoup amusé !
 

Tu es devenu bassiste live de Merciless. Tu l'es toujours ? C'est un groupe important pour toi ?

Je suis actuellement en tournée avec eux au Mexique et devine quoi ? C'est mon anniversaire ! J'ai 30 ans... En fait, cette fois, je suis guitariste et je peux te dire que Merciless est un de mes groupes préférés tous genres confondus donc c'est incroyable d'en faire partie.
 

J'ai découvert ton projet solo Joseph Tholl & the Escapades. Tu veux en parler ?

J'ai toujours été chanteur compositeur à côté du Hard Rock. Il faut savoir que pour l'album de Joseph Tholl & the Escapades j'avais 19 ans donc ça ne me représente plus vraiment je pense mais je travaille sur mon prochain album solo maintenant. Tu sais, j'aime tous les genres de musique. J'ai pris beaucoup de choses de mon projet solo que j'ai adapté pour Black Trip/VOJD, notamment la manière d'écrire les paroles.
 

Il y a d'autres directions musicales que tu voudrais essayer ?

Oui, j'ai tout le temps envie d'essayer de nouvelles choses ! (rires)
 

J'ai lu que tu disais “prendre ton insipiration de n'importe quoi qui a de bonnes mélodies, que ce soit de la pop suédoise ou du Thrash allemand”. C'est donc quoi tes plaisirs coupables en musique ?

Oh, tu sais, je n'ai honte de rien de ce que j'écoute ! J'écoute beaucoup Lana del Rey ces temps-ci, et plus particulièrement son album Ultra Violence
 

Tu te souviens de tes premiers achats Metal ?

Oh oui ! Je me souviens bien de Restless and Wild d'Accept. Un cadeau de mon père Staffan Tholl pour Noël. Le premier disque que je me suis acheté c'est Rust in Peace de Megadeth !
 

Le mot de la fin est pour toi...

Merci beaucoup pour cette bonne interview et j'espère venir en France bientôt !