
Non.
Qu'il est agréable de se faire surprendre par un groupe qu'on croit connaître. En une petite dizaine d'années d'existence, après un EP puis un triptyque d'albums qui a fait la renommée du groupe, Hällas a eu le temps d'installer et de propager la bonne parole de son « adventure rock » si savoureux, un hard rock saupoudré de sons seventies, de heavy et de feelings aussi épiques que kitsch. Et voilà qu'Hällas sort de sa zone de confort pour proposer Panorama en ce début d'année 2026. Si les singles ont été choisis avec soin pour ne pas trop spoiler les virages assumés (« The Emissiary » étant presque du typique Hällas si ce n'est le son qui diffère un peu des précédents), c'est avec beaucoup de surprise que le public découvre quelques nouveautés.
Tout d'abord, l'immense tableau introductif, pièce de prog absolument délicieuse d'une vingtaine de minutes. D'une vibe très début eighties, on bascule doucement dans la pure folie seventies pour se laisser embarquer dans des progressions intenses qui font de « Above the Continuum » un pur régal. Rien que le choix d'ouvrir leur album par quelques phrases en italien n'a, en apparence, que peu de sens mais c'est bien le côté absurde que le groupe assume encore davantage avec ce quatrième album. Absolument rien d'étonnant quand on jette un coup-d'œil dans leur playlist « Panorama Inpirations »...
Les influences, comme annoncées, sont assez variées. On mélange les périodes, les sons, pour créer un mélange qui leur est à la fois très personnel et qui peut parler à beaucoup de fans qui cultivent une nostalgie quotidienne pour les playlists de leurs parents (si vous êtes de la même génération que moi...) où hard rock, heavy, AOR, prog et musique psychédélique s'entremêlent dans une vibe fantasy SF pour nerds.
Parmi les nouveautés, on trouve aussi la très belle balade « Bestiaus » que personne n'attendait et qui permet de remettre au centre de l'écoute le grain si particulier et séduisant de Tommy dans toutes les subtilités qu'il peut proposer. C'est un peu la facette sentimentale d'Hällas, contrebalancée par la très rentre-dedans « Face of an Angel » qui évoque le Rock avec un grand R, dans tout ce qu'il a de plus binaire, bête et méchant mais ici composé et exécuté à la perfection. Le tout magnifié dans un clip qui ancre Hällas dans la case des groupes qui ont du mal à se prendre au sérieux.
Pourtant, cet album ne manque pas de sérieux. Il est même clairement bien pensé, ficelé et maîtrisé. L'an dernier, dans ma chronique du dernier Messa, je parlais d'album parfaitement équilibré. J'ai clairement ressenti la même sensation à l'écoute de Panorama, ce qui peut paraître étrange puisque l'album semble à première vue complètement déséquilibré, avec une ouverture qui s'étale sur 20 minutes, suivie de tubes taillés pour la radio, de morceaux qui rappellent ce que les fans ont aimé dans les premiers albums et d'une ballade enveloppée de velours. Pourtant, c'est le feeling qui ressort : ils ont appris, osé, savamment dosé et les presque 45 minutes de composition sonnent comme un travail d'orfèvrerie.
Est-ce déjà l'album de l'année qui sort alors que 2026 débute à peine ? Si j'ai du mal à le placer au-dessus de certains des albums précédents (notamment Conundrum qui reste un chef-d’œuvre absolu à mes yeux), tout en gardant à l'esprit qu'il est trop différent pour être comparé, Panorama reste une sacrée claque. Avec le temps, c'est un album que j'ai clairement poncé depuis que j'ai pu l'écouter pour la première fois il y a un petit moment déjà. Il reste encore 11 mois pour trancher...
1. Above the Continuum
2. Face of an Angel
3. The Emissiary
4. Bestiaus
5. At the Summit










