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Album

21/02/17 - Michael

Mors Principium Est

Embers of A Dying World

LabelAFM Records
styleDeath metal mélodique
formatAlbum
paysFinlande
sortiefévrier 2017
La note de
Michael
8.5/10


Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Bientôt deux décennies que Mors Principium Est trace son chemin dans le vaste monde du death metal mélodique. Et à chaque sortie, le même plaisir : celui d'écouter une musique travaillée, raffinée, fruit d'un groupe qui ne semble ni céder aux lubies du moment, ni à un quelconque effet de mode. Et si avoir entre les mains un nouvel album de Mors Principium Est n'était pas déjà un plaisir suffisant en soit, les Finlandais nous ont gratifié d'une pochette réalisée par Eliran Kantor (Testament, Iced Earth, Sodom) qui est particulièrement réussie.

Avec des sorties récentes remarquées pour les Wolfheart, Omnium Gatherum ou autres Insomnium, la pression était lourde sur les épaules des Finlandais, condamnés à tenir le cap dans un environnement sacrément concurrentiel. Et, dès les premières notes de Genesis, on se rappelle vite pourquoi Mors Principium Est fait partie de ces incontournables de la scène scandinave : une musique aussi riche que simple d'écoute, aussi froide que pleine d'émotions. Et ce n'est certainement pas le single Reclaim The Sun (dont on pardonnera le clip sans intérêt) ou bien encore les très réussis Masquerade et Into the Dark qui me feront dire le contraire. Mors Principium Est, porté par un Ville à la voix puissante et juste et un Mikko d'une précision dingue derrière les fûts, parvient toujours autant à me captiver. Les émotions sont palpables, du jeu de guitare d'Andi - sur lequel je reviendrai - jusqu'à la moindre variation de la voix de Ville.

Contrairement au précédent opus, Embers of A Dying World se révèle plus nuancé dans les tempos et dans les compositions. On entrevoit notamment une certaine orientation symphonique, comme sur Apprentice Of Death - quelle tuerie! -, qui vient à nouveau renforcer le pathos de l'album. Triste, mélancolique, je ne sais pas quel est l'adjectif qui qualifie le mieux la musique du groupe. Mais ce spleen généralisé qui fait la signature musicale de Mors Principium Est se trouve vivifiée à travers les onze titres qui le composent, et on n'a jamais été aussi ravi d'écouter des compositions aussi peu joyeuses.

Tout n'est pourtant pas idyllique. Alors que Ville nous offre très certainement la meilleure performance de sa carrière, j'ai trouvé les riffs voire même certains soli un peu en deçà de l'album précédent. D'une manière générale, Embers of a Dying World souffre d'un syndrome bien connu des amoureux de death metal mélodique non rentre-dedans (à l'opposé des Children of Bodom, Arch Enemy ou autres The Black Dahlia Murder époque Miasma ou Nocturnal) : une homogénéité importante et l'absence de tubes marquants. Les écoutes s'enchaînent et on ne parvient pas nécessairement à sortir plusieurs titres du lot, sauf à y prêter une attention particulière. Il n'est en effet pas aussi efficace que le précédent opus. Vous ne trouverez pas, sauf rares exceptions, de riffs à vous briser la nuque.

Mais, rien n'y fait. J'ai été captivé par cet album de bout en bout, alors même que je suis pleinement conscient de certaines de ses faiblesses (comme The Drowning ou bien encore la nouvelle tentative infructueuse de chant féminin sur The Death Is The Beginning). Mors Principium Est continue lentement mais sûrement sa progression vers une death metal mélodique faisant davantage la part belle aux émotions et aux messages en ajoutant notamment des éléments symphoniques qu'à la volonté de marquer les corps et les esprits - a fortiori en live. Et c'est une évolution qui me plait, dans la mesure où on ne compte plus le nombre de groupes de death mélo officiant dans un genre confinant au deathcore, taillés pour le live, mais où la profondeur des titres est vite vue.

Embers of a Dying World, dont la production est au demeurant excellente et moins synthétique que la précédente, est un album très solide qui ravira ceux qui vibrent lorsque l'émotion est au centre de tout. Surtout, il est synonyme d'une nouvelle tournée européenne, et rien que pour cela il mérite sa bonne note.

Tracklist :

Genesis
Reclaim The Sun
Masquerade
Into The Dark
The Drowning
Death Is The Beginning
The Ghost
In Torment
Agnus Dei
The Colours Of The Cosmos
Apprentice Of Death

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