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dimanche 20 octobre 2013 - U-Zine

The Agonist + Threat Signal + Dawn Heist + Grandexit + Mors Principium Est

Le Divan du monde - Paris

U-Zine

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The Agonist est un oiseau rare qui nous est possible de voir de notre côté de l'Atlantique qu'à de rares occasions. Leur première venue à Paris le 20 Octobre dernier est une occasion qu'U-zine a saisie pour statuer sur leurs compétences sur les planches.

Paris, Pigale, le Divan du monde. Une petite escouade de metalheads végète devant la salle de concert. Les portes ouvriront dans plus d'une heure, mais certains semblent avoir déjà réservé leur place à côté des amplis retours de la scène. Nous revenons sur nos pas pour profiter de l'happy hour du pub Irlandais situé non loin de la salle. Un conseil de guerre avant la bataille. On en profite pour informer un des soldats qu'Arsis a annulé, à son grand damne. Une heure plus tard, le Divan nous accueille.

Cette salle est forte appréciable. Petite fosse apportant une certaine intimité, accès facile à la buvette/WC/sortie. Le dernier avantage, et pas des moindres : une architecture octroyant une bonne densité au son (pour éviter la redondance future, il sera d'ailleurs bon, voir très bon, pendant l'ensemble de la soirée).
 

GRANDEXIT




C'est Granexit qui sera le premier à ouvrir pour The Agonist. Le premier aspect directement visible, c'est la motivation du groupe. Les gars sont super motivés et énergiques. Ils ont vraiment l'air de se plaire sur scène et le font savoir au public. Le noyau musical très Death est efficace. Les divers écarts piochant dans le rock et dans le mélodique apportent une certaine consistance, et permettent l'exécution de breaks et ponts assez inspirés. La fosse est pas mal remplie. Pas de gros mouvements de foule à signaler mais l'audience est réceptive et apprécie la prestation en le faisant savoir. Une bonne entame de soirée.

La transition avant Dawn Heist nous permet de constater les prix ahurissants pratiqués sur l'alcool au sein de la capitale.
 

DAWN HEIST

Dawn Heist a globalement offert un bon concert. On citera directement le problème majeur de la formation, venant de son chanteur. Alors encore sur les chants criés c'est coolos, mais gare à la fausse note en chant clair. Il s'est d'ailleurs montré en peine, faisant la grimace sur certains pains. Pour le reste, le Deathcore de la formation passe bien. Ça envoie globalement du lourd avec un rythme saccadé par des parties mélodiques assez plaisantes. Les samples ne sont pas proéminents, et à juste titre. Le public à l'air salement emballé et répond à fond en esquissant une ébauche de pogo plutôt prometteuse pour la suite des évènements.

La fosse est plus compacte. En espérant qu'elle fut mise au parfum, car c'est Mors Principium Est qui va fouler le plancher du Divan du monde à la place d'Arsis.
 

MORS PRINCIPIUM EST


Pour statuer dès à présent : l'annulation d'Arsis ne semble pas affecter le public qui remerciera chaleureusement Mors Principium Est pour leur très bonne prestation. Pas besoin de rédiger une pleine page dans Le Monde : un son super, un Death mélo très technique et carré, avec un groupe énergique et des breaks qui passent bien en live, c'est un sans-faute. A cela ajoutons une foule comblée offrant un premier bon circle pit, et on assiste à un concert plus que satisfaisant.

Seconde tête d'affiche : Threat Signal, qui a la rude tâche de passer après Mors Principium Est.

THREAT SIGNAL



Ce Deathcore à passages lents beaucoup trop longs sera le pétard mouillé de la soirée. Une partie des compositions n'est vraiment pas inspirée. Utilisation récurrente de riffs téléphonés au refrain, breaks sentant la non-prise de risque à plein nez et parties chant clair à rallonge occultent une autre facette du groupe très appréciable : des solos recherchés et des riffs couplet assassins. C'est donc musicalement un bilan mitigé pour Threat Signal.

Côté public, on n'a pas l'air d'avoir le même ressenti. La température du Divan est montée d'un cran. Pour un retour d'expérience, le pogo se fait plus véloce et vindicatif. Le groupe bouge bien son boule, et une bonne synergie s'est établie entre les deux entités. Au final Threat Signal aura rempli son rôle de première partie.

Naviguer dans la fosse du Divan du monde est à présent une entreprise difficile. Le vent se fait traitre et les ailerons de requins sont légion, prêts à sortir les dents au premier coup de médiator.

THE AGONIST



The Agonist ne devait pas trembler. Les précédents groupes ont réussi à chauffer la salle de bien belle manière. L'attente n'en est que plus grande. Et les Canadiens n'ont pas faillis.

Un set Deathmélocore (et la magie des étiquettes) globalement nickel. Le groupe est au taquet, ça saute et ça headbang, c'est motivé et énergique et ça se mettra rapidement le public dans la poche. Beaucoup de chansons rentre dedans ont été jouées : un choix se révélant judicieux. Peut-être devons-nous remercier la salle, toujours est-il qu'en live les compos gagnent en consistance et en patate par rapport aux skeuds (mention spéciale pour Dead Ocean).
Un puriste souligne certaines compos mal jouées, en citant des coups de double grosse caisse oubliés ou un chant clair parfois bridé à certaines octaves inférieures. Chant clair qu'il sera parfois difficile à trouver sur certaines compos. Mais ne boudons pas notre plaisir, car The Agonist a assuré.


Le public aura de toute évidence trouvé les ressources nécessaires pour encore augmenter l'intensité de la fosse, et au final avoir foutu un bon barouf dans cette salle du Divan, apportant honorablement la dernière pierre à une soirée réussie.

La recette pour un bon concert Metal n'est pas du domaine de la magie Vaudou. Partez sur (Top chef style) une bonne salle, ajoutez-y de bons groupes, et si vous en avez sous la main, un bon public sera toujours un plus. Ce soir tous les éléments étaient réunis.

Le mot de la fin sera pour l'orga de la Dream Factory, qui a assuré sur la gestion de cette soirée : un bon accueil, pas de retards de groupes, mais aussi tout ce qui se passe derrière le rideau aura permis, avec à l'appui le bon feedback des groupes, d'avoir tous passé une bien bonne soirée. Merci !

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