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13 albums de Death Metal mélodique par Michaël

mercredi 13 novembre 2019 - Michael
Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

De nos jours, les "TOP" fleurissent sur internet. Chacun apporte sa pierre à l’édifice en assénant d’arguments pour tenter de démontrer par A + B que tel album ou tel artiste est le meilleur. Ce qui est vain, vous en conviendrez. En tout cas, ce n’est absolument pas mon intention dans cette sélection. Seule l’envie de vous faire découvrir – ou redécouvrir – des albums m’a guidée. Ces treize albums ne sont pas forcément ceux qui ont eu le plus de succès, commercial ou critique. Ces albums ne sont pas non plus les albums "fondateurs" du genre, que tout le monde connait, et que tout le monde apprécie pour ce qu’ils sont - ou par pur snobisme. En revanche, il s’agit de ceux qui m’ont le plus marqué et qui ont le plus renforcé mon amour pour ce genre si spécial.

Entrons dans le vif du sujet avec les treize albums sélectionnés :

In Flames - Soundtrack To Your Escape
Mors Principium Est - Embers of a Dying World
Wintersun - Wintersun
Be'lakor - Stone's Reach
Kalmah - Swampsong
The Black Dahlia Murder - Nocturnal
Norther - Death Unlimited

Dark Tranquillity - Fiction
Children of Bodom - Hatebreeder
Dawn of Tears - Dark Chamber Litanies
Wolfheart - Winterborn

Aspherium - The Fall of Therenia
Serenity in Murder - The Eclipse

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In Flames - Soundtrack to Your Escape (2004)

Lorsque l'on évoque In Flames dans une sélection d’albums marquants, tout le monde pense à Colony. Naturellement, un tel parti-pris se justifie. Il en va de même pour The Jester Race ou Clayman. Tous les ingrédients d’un chef d’œuvre du death metal mélodique y sont réunis : des riffs et des leads de guitare inspirés, une voix puissante et des mélodies à n’en plus finir. Le pont et le solo de Resin me donneront des frissons jusqu’à la fin de mes jours, tout comme Only for the Weak ou autres Jotun et Artifacts of the Black Rain.

Mais lorsqu’il est l’heure de faire un bilan dans ma jeune existence, ce n’est pas les albums fondateurs du groupe suédois qui m’ont le plus marqué. Même si c’est certainement ceux que j’attends le plus en live - et ceux pour lesquels je fais le vieux con quand les setlists récentes les excluent, en serinant que c’était mieux avant ! -, ce ne sont pas les albums qui m’ont le plus marqué personnellement.

Soundtrack to Your Escape, sorti en 2004, est l'album qui me vient toujours à l'esprit en premier. Il est l’alliance parfaite d’un son moderne et puissant, de mélodies entêtantes et surtout d’une certaine mélancolie que je n’avais encore jamais entendue sur un album d’In Flames. Certes, les premiers opus apportaient leur lot de titres emplis d’émotions, mais je n’ai jamais ressenti une aussi grande puissance émotive que sur cet album.

Les rythmes entraînants de Dial 595 Escape, l’émotion palpable de My Sweet Shadow, le refrain inégalable de In search for I, la violence de Friend, le sentiment inégalable que me procure la succulente Borders and Shading ou bien encore la très introspective The Quiet Place. Je ne me lasserai jamais de cet album, qui constitue encore à ce jour l’album que j’écoute le plus régulièrement. Dial 595 Escape en tête.

Ce n’est pas vraiment un album joyeux. Je ne sais pas vraiment quel était l’état d’esprit d’Anders et consorts quand ils se sont lancés dans son écriture. Et je peine toujours à comprendre comment il a pu être autant vendu dans le monde, alors qu’il ne me semble pas si accessible que ça derrière ses apparences d’album grand public. En tout cas, si j’étais condamné à n’écouter plus qu’un album - vous savez, la fameuse question de ce que vous emmèneriez sur une île déserte ! -, ce serait celui-ci.

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Mors Principium Est - Embers of a Dying World (2016)

J'ai découvert le combo finlandais avec l'album Unborn, sorti en 2005. Altered State of Consciousness et Pure m'avait retourné la tête, à l’époque. Cette claque avait été confirmée par le très original Libertation = Termination dont le titre The Distance Between a été mon titre de chevet lorsque je découvrais les bancs de la fac de droit.

Pour ceux qui ne connaitraient pas le groupe, MPE produit un death metal mélodique assez technique, très porté sur le jeu de guitare. Quelques touches de claviers ici ou là, sans jamais en abuser, et une voix assez gutturale pour saupoudrer le tout. Le résultat est une musique très touchante, toujours pleine d’émotions. Et le point d’orgue de cette émotion a été pour moi leur dernier album en date, Embers of a Dying World. Moins hétérogène que les deux précédents opus (…And Death Said Live et Dawn of the 5th Era), il nous offre des chefs d’œuvre de melodeath. De Reclaim the Sun à Into the Dark en passant par la sublimissime Apprentice of Death. Tout y est. De la puissance, des mélodies, des soli dantesques et une mélancolie teintée de tristesse qui est palpable sur quasiment tous les titres, qu’ils soient rapides (Reclaim the Sun) ou mid-tempo (Death is the Beginning).

A mon sens, Mors Principium Est est le groupe de death metal mélodique le plus sous-côté. La discographie du groupe est d’une extrême richesse. Je ne peux que vous conseiller, si ce n’est pas déjà fait, de jeter une oreille à la musique des Finlandais. Ce n’est pas du metal champagne, ce n’est pas vraiment joyeux (euphémisme), mais la musique du combo saura vous accompagner de la plus douce des manières dans vos froides et sombres soirées d’hiver. Ce spleen généralisé qui fait la signature musicale de Mors Principium Est est une des meilleuers choses qui soit.

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Wintersun - Wintersun (2004)

Comment évoquer les albums de death metal mélodique qui m’ont le plus marqué sans évoquer l’album éponyme de Wintersun ? Cela semble toujours difficile de dire que tel ou tel groupe est notre groupe préféré. Les goûts varient un peu avec les humeurs. Mais il est certain que la musique des Finlandais occupe très souvent mon espace auditif. L’album éponyme en tête.

Tous les titres de cet album affichent une volonté inégalable de mettre la mélodie et les émotions en avant malgré les rythmes rapides, parfois décousus et la voix gutturale de Jari. Wintersun parvient à nous captiver par des atmosphères tantôt apaisantes, tantôt angoissantes jouant sur les rythmes et l’intensité mais également sur de nombreux passages en voix claire comme sur Sleeping Stars, sans jamais sombrer dans la facilité. Et rien n’est à jeter dans cet album. La très rapide Winter Madness et son soli incroyable, l’intense Starchild, la pleine d’émotion Death and the Healing, la puissante Beautiful Death…  Avec le recul, cet album est probablement le seul - tous genres confondus - pour lequel aucun titre ne passe à la trappe. Même Sadness and Hate que j’avais boudé, fut un temps, a fait un retour dans mes favoris du groupe. Des premières notes de Beyond the Dark Sun à celle du dernier titre évoqué, Wintersun nous emmène dans son monde froid, glacial, sans concession.

Un album quasi-mythique qui se place clairement parmi les albums phares du genre.

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Be'lakor - Stone's Reach (2009)

Be'lakor, c'est une histoire d'amour qui a débuté tardivement. Après avoir écouté quelques titres de l’album The Frail Tide, je m’étais dit que cette jeune formation australienne allait certainement nous apporter son lot de titres flamboyants. Mais c’est un midi sous le soleil de plomb de Bavière, au Summer Breeze 2010, que j’ai pris conscience de l’ampleur du phénomène. Alors que le groupe ouvrait la journée à une heure où les festivaliers se réveillent tout juste ou sirotent une bière à l’ombre, une foule assez importante se pressait pour voir les Australiens sur scène. Des gamins encore à l’époque. Et là, la claque.

La musique de Be’lakor est singulière : leur son est singulier, leurs compositions sont singulières, leur approche du genre est singulière. Tout est dans la retenue, la justesse. C’est technique sans être démonstratif, c’est parfaitement composé et propre dans la réalisation. Dès les premières notes de Venator, la messe est dite. On comprend que l’heure d’écoute qui va s’ensuivre sera de très haute volée et qu’il s’agit là d’un album dont on ne ressort pas indemne. Cela fait désormais près de dix ans que From Scythe to Sceptre résonne dans mes oreilles, et je ressens la même émotion à chaque fois.

Les amoureux du genre ne pourront que succomber aux charmes de ce dernier titre, d’Aspect ou bien encore de Held in Hollows et ses changements de rythmes qui frôlent le génie. Détenir cet album est une obligation pour les amoureux de melodeath.

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Kalmah – Swampsong (2003)

Swampsong est le troisième album des Finlandais de Kalmah, sorti en 2003. Arrivé tout juste un an après le très bon They Will Return, Swampsong va venir asseoir les Finlandais sur le toit du death mélodique finlandais avec cette touche qui est la leur : une voix puissante, des mélodies enivrantes et surtout un son très thrash. Kalmah est très souvent cité comme l’un des meilleurs groupes de death metal mélodique et il est certain que l’on peine à comprendre pourquoi le groupe est si peu apprécié (dans l’absolu) et donc si rare. Il aura fallu attendre le Metal Camp 2010 pour que je les voie enfin sur scène (le groupe tournant quasi exclusivement en Finlande à l’époque) et l’année dernière pour qu’ils viennent enfin à Paris ! Le groupe commence tout juste à tourner davantage, alors qu’ils ont derrière eux un bagage plus que conséquent.

Quoi qu'il en soit, Swampsong est clairement l’album qui m’a le plus marqué. Certes, Swamplord était déjà exceptionnel, mais que dire d’un album qui contient autant de titres majeurs de la discographie du groupe comme Heroes to Us, Bird of Ill Omen, Moon of my Nights ou bien encore Doubtful About it All ? Cet album est d’une justesse sans pareille. Les guitares sont exceptionnelles, que ce soit dans un rôle de dynamiteur avec des riffs endiables et ultra rapides (Bird of Ill Omen ; le riff de Tordah après le solo) ou dans un rôle plus mélodique (la très mélancolique Heroes To Us ou bien encore Doubtful About It All notamment). Et il en va de même de la voix de Pekka qui alterne parfaitement growl et cris et du clavier qui, bien que cheesy par moment, vient donner une dimension incontestable aux compositions.

Si par mégarde vous n’avez jamais jeté une oreille à ce groupe, foncez.

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The Black Dahlia Murder - Nocturnal (2007)

Je n'ai jamais compris pourquoi The Black Dahlia Murder a été considéré par beaucoup comme un groupe de deathcore, et ce pendant de nombreuses années. Le fait d’opter pour un look de coreux n’a aucune influence sur une musique qui a toujours plus ou moins gravité autour du death metal mélodique (la période récente étant plus extrême). Et ce n’est certainement pas Nocturnal qui me fera mentir.

Derrière ses apparences d’album particulièrement rentre-dedans et violent, Nocturnal s’avère être une mine d’or de riffs mélodiques et de soli de qualité, le tout porté par un Shannon Lucas intraitable derrière ses fûts et un Trevor Strnad sous acides. Everything Went Black qui vient ouvrir le bal demeure l’un des meilleurs titres du combo et le symbole de ce qu’était le groupe à l’époque : du growl, des riffs de guitare très rapides et un sens aigu de la mélodie. Et un amour inconsidéré pour la double pédale aussi ! Ajoutez à ce subtil cocktail des titres comme Deathmask Divine, I Worship Only What You Bleed, To A Breathless Oblivion ou bien encore la génialissime What a Horrible Night to Have a Curse et vous obtenez un album riche, puissant, mélodique et qui ne prend pas une ride.

Deflorate a probablement un peu plus taquiné mon oreille, Miasma a probablement un effet cathartique plus important, mais c’est de loin Nocturnal qui me semble le plus complet et abouti. Un modèle du genre dans lequel il est bon de se replonger régulièrement.

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Norther - Death Unlimited (2004)

J’ai parfois eu la dent très dure contre Norther. La tendance du groupe à alterner l’exceptionnel avec le franchement insipide a toujours eu don de m’agacer (avec tant de talent dans le groupe !). La discographie du groupe a ainsi toujours été très hétérogène, avant que le départ de Petri Lindroos ne vienne définitivement sonner le glas pour les Finlandais. Mais avant de plier les gaules, le groupe nous a tout de même offert quelques moments d’anthologie, lesquels sont quasiment tous présents dans cet incroyable album qu’est Death Unlimited.

Certes, le groupe nous offre quelques titres terriblement plats comme Chasm ou Hollow. On ne se refait pas. Mais Death Unlimited, Going Nowhere ou bien encore Nothing sont juste des titres d’une puissance mélodique et émotionnelle incroyable. La joie de vivre est inexistante dans cet album. Ça pue la mélancolie, la tristesse. Et c’est là que le groupe excelle. Avec cet album, Norther est venu régaler tous les fans d’un death metal mélodique empli de spleen, loin du melodeath champagne que l’on a pu trouver chez d’autres.

Cet album regorge de défauts, mais il a un charme incommensurable. Et on en vient qu’à regretter que Norther n’ait pas su redresser la barre au bon moment. Reste que le groupe aura laissé une empreinte certaine sur le death metal mélodique finlandais. Force est d’ailleurs de constater qu’il y a un certain revival du groupe sur les réseaux sociaux, les années qui passent gomment certainement certains défauts…

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Dark Tranquillity - Fiction (2007)

Inutile de présenter ce groupe, cela serait vous faire un affront. Vous n’êtes sûrement d’ailleurs pas étonné de retrouver cet album et, en tout cas, ce groupe dans cette sélection. Fer-de-lance de la scène de Gothenburg avec d’illustres contemporains, Dark Tranquillity est probablement l’un des groupes de cette sélection qui est resté le plus proche de ses racines durant toute sa carrière. Un sens aigu de la mélodie, des émotions largement mises en avant, un travail singulier sur les paroles et un son inégalable. Il y a certains groupes comme cela, où il suffit d’écouter quelques secondes d’un titre pour qu’on les reconnaisse. Un son de guitare et une voix de Mikael Stanne inimitables.

Même si le groupe a produit par la suite de beaux albums (dont Atoma, d’ailleurs), Fiction m’a toujours semblé être un cran au dessus. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que le groupe continue de parsemer ces titres dans ses setlists. De la très rythmée The Lesser Faith à la pleine d’émotion Terminus (Where Death is Most Alive) en passant par (ma préférée !) Misery’s Crown ou bien encore Focus Shift, Fiction nous berce d’une musique efficace, honnête et particulièrement riche. A consommer sans modération.

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Children of Bodom – Hatebreeder (1999)

Une sélection de mes albums préférés de death metal mélodique devait nécessairement contenir au moins un album de Children of Bodom, groupe qui m’a donné envie – avec Paul Gilbert – de m’acheter une guitare, un ampli Peavey et de souiller les oreilles de mes proches. Mais lequel choisir ? Le brouillon mais incroyablement riche Something Wild ? Le très thrash Hatecrew Deathroll ? Le légendaire Follow The Reaper ? Au final, Hatebreeder a été un choix assez simple et logique.

Déjà, parce qu’il s’agit de l’album que j’ai le plus écouté. Celui que j’ai le plus poncé à la guitare. Celui qui m’a conduit à passer des heures sur Guitar Pro pour essayer de dénicher ce que Laiho jouait exactement, vidéos à l’appui. Celui qui m’a fait le plus vibrer pendant toutes mes années lycée, en somme.

Ensuite, parce qu’il contient probablement les meilleurs titres du groupe. Tout l’album est une sorte de best-of de la carrière des Finlandais. Silent Night Bodom Night, Warheart, Hatebreeder, Children of Bodom (ce break néoclassique est divin), Hatebreeder, Toward Dead Ends (a.k.a. l’intro qui martyrise les apprentis de la six cordes), Bed of Razors ou bien encore Wrath Within (ce solo !)… que du très très lourd. Et que dire de Downfall qui clôt cet album ? Cette dernière est probablement la meilleure chanson de Children of Bodom avec sa longue montée en puissance, ces refrains entrainant, son ambiance sombre et son solo magistral. Il suffit d'écouter Tokyo Warhearts pour comprendre que même en live le résultat est exceptionnel.

Enfin, parce que même si la production est un peu synthétique, il s’agit d’un chef d’œuvre de composition. Il existe de nombreux sous-genres ou courants dans le death metal mélodique, et Hatebreeder fait clairement office de référence dans cette mouvance "power".

A écouter, à réécouter et à re-réécouter jusqu’à en crever.

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Dawn of Tears - Dark Chamber Litanies (2007)

Dawn of Tears est une découverte fortuite, et ce fut à l’époque une belle grosse claque. S’il s’agit davantage d’un EP que d’un réel album avec seulement 5 titres, il nous montre l’étendue du talent de composition des Ibères, mais également leur penchant pour des titres très guitar-driven­ d’une efficacité indéniable. Avec ce Dark Chamber Litanies, Dawn of Tears nous offre en effet un death metal mélodique très inspiré, avec quelques influences de metal progressif et de power.

De l’introduction et des interludes de Since they’re gone et de Cadent beating aux riffs endiablés de Mr Jarrod en passant par le solo de As my autumn Withers, c’est un sans-faute. On ne vient en réalité qu’à regretter que le groupe se soit un peu perdu dans son dernier opus (un peu teinté gothique) et que l’aventure se soit arrêtée là… Mais les Espagnols laissent derrière eux quelques titres excellents qui m’auront accompagné pendant un paquet de temps.

En rédigeant cette sélection, je me suis replongé dans l’écoute de cet album. Titre après titre, en boucle. Impossible de ne pas ressentir les mêmes frissons qu’initialement, surtout sur Mr Jarrod. L’émotion est palpable, tout est juste. Foncez.

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Wolfheart - Winterborn

Je parlais de différents courants du death metal mélodique précédemment. Et, de fait, il est possible de retrouver plusieurs sous-genres, certains groupes optant pour un melodeath plus lent ou plus atmosphérique (parfois même typé doom) comme Insomnium par moments, un mélodeath plus typé power (COB période pré-HCDR), un mélodeath plus thrash (Kalmah) ou hyper technique (Arsis, Allegaeon), pour ne citer qu'eux. Sans aucun conteste, Wolfheart se classe dans la première catégorie, en officiant dans un melodeath plus atmosphérique.

Les neuf chansons pour une cinquantaine de minutes de l’album vont vous emmener dans l’univers de Tuomas Saukkonen (pas loin du one-man band) : le froid, la neige, les loups, les forêts et lacs du Nord mais aussi les ténèbres et les batailles (je pense notamment à Strength and Valour et la plus violente Ghosts of Karelia). La musique, froide, sans concession, est largement aidée par un son et un mix excellents, qui donnent une profondeur aux compositions et renforcent son côté atmosphérique, progressif. Même dans la violence, Saukkonen parvient toujours, de par l’utilisation de nappes de clavier et de leads, à faire naître de la mélancolie, voire de la tristesse. The Hunt, Breathe ou Routa pt.2 en sont la plus belle illustration, cette dernière alternant une introduction très mélodique au violon et des riffs incisifs par la suite.

Winterborn est un album qui met du temps à s’apprécier. Ce n’est certainement pas un melodeath fait pour mosher. Il demande de nombreuses écoutes attentives pour révéler tous ses secrets. Il est davantage introspectif. Il fait voyager. Il fait se questionner. Et il est merveilleux à bien des égards.

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Aspherium - The Fall of Therenia (2014)

En écoutant pour la première fois l’album des Norvégiens de Aspherium, j’ai été saisi par un death metal mélodique progressif complexe sans être imbitable, mélodique sans être cheesy, et violent sans être cliché. Si on enlève une pochette vraiment atroce et une voix typée metalcore qui manque de variation tout au long de l’album, The Fall of Therenia est une pièce de choix qui mérite vraiment le détour.

Ce n’est pas une œuvre classique de death metal mélodique. Les riffs dissonnants et certaines ambiances font vite basculer la musique du groupe en dehors de ce que l’on est habitué à entendre dans le cœur du genre, et c’est précisément la que réside l’intérêt de cet album. Il s’agit parfois d’un chaos contrôlé où l’énergie déborde de partout comme sur The Revenant ou sur le titre éponyme qui, après une brève intro, vient vous décoller la plèvre avec des riffs ultra dynamiques. On retrouve également de nombreuses influences et moments originaux comme sur As We Light Up the Sky et son interlude flamenco, ses riffs et soli qui sentent bon les 70’s, entremêlés de passages hyper modernes.

The Fall of Therenia est un album bien pensé, très mélodique, qui ne demande qu’à s’apprivoiser pour un peu que l’on y mette du sien. Il est rare de voir un concept album self-released aussi riche et bien produit. Vous n’avez plus d’excuses désormais, dépêchez-vous d’aller vous enivrer de The Fall of Therenia, Broken Beauty ou bien encore Landfall.

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Serenity in Murder - The Eclipse (2017)

Une touche d'exotisme pour ce dernier album de ma sélection, avec un groupe tout droit venu de Tokyo. Mais autant le dire tout de suite, si l’on retrouve certains penchants des Nippons pour un côté symphonique et hyper mélodique (qui évoque Gyze par moment), cet album pourrait être tout droit sorti d’un studio finlandais. L’approche y est très rapide, résolument mélodique, très franchement épique, le tout saupoudré de certaines influences asiatiques. Les compositions alternent entre déferlante de notes (parfois au piano !), mélodies entêtantes (Dancing Flames) et titres plus "doux" remplis d’émotions (The Sea is…) sans le moindre faux pas.

Tout au plus on pourrait regretter ce mix venu d’un autre monde, comme seul le Japon peut nous l’offrir. L’écoute en est parfois fastidieuse avec ce combat permanent de chaque instrument avec l’autre pour avoir la première place dans le mix final. Mais si l’on fait abstraction de ce petit point, vous avez là dans les mains un album de tout premier plan qui mérite que l’on s’y attarde.

 

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Ma sélection touche à sa fin. J'aurai pu citer New World Shadows d'Omnium Gatherum, Abducted de HypocrisyWinter's Gate d’Insomnium ou bien encore Demons de Bloodshot Dawn, mais l’essentiel des albums de death metal mélodique qui m’ont fait vibrer ces dernières années y est. Espérons que ce genre parfois décrié, parfois peu inspiré, continue de nous offrir des moments de grâce et de vérité comme il a pu nous en faire vivre.