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Album

08/08/15 - DarkMorue

Fear Factory

Genexus

LabelNuclear Blast
styleTerminator Metal
formatAlbum
paysÉtats-Unis
sortieaoût 2015
La note de
DarkMorue
7/10


DarkMorue

Un mec qui écrit des trucs.

J'adore Fear Factory. Un des premiers groupes de Metal que j'ai écoutés. J'ai grandi avec eux. "Archetype", "Demanufacture" et "Obsolete" font partie de mon ADN de Metalhead. Et je suis tellement un rebelle de la vie que "Transgression" fait partie de mes préférés du groupe. Vous en avez rien à secouer ? Grand bien vous en fasse, mais ce genre de lien affectif est toujours bon à connaître quand on s'apprête à lire le commentaire d'un fanboy de longue date sur une sortie récente. Histoire de savoir dans quelle direction est orientée son objectivité forcée. Parce que oui en 2015 il existe encore des gens qui pensent qu'une chronique doit être objective, alors faut leur faire plaisir. Hahaha. Bref. En tout cas, groupie ou pas, je pensais le groupe totalement mort et enterré avec "The Industrialist", énorme daube comme on en voit rarement. Le niveau 1/10 quoi. Certains groupes sortent de mauvais albums parce qu'ils changent de direction, expérimentent ou sont en roue libre, Fear Factory avait réussi le pari de sortir un album tout simplement nul à chier en tous points, vide, prouvant que malgré un extrêmement solide "Mechanize", Sybreed étaient looooooiiiiiin devant et creusaient leur tombe, encore pire en live où en dehors des enchaînements de classiques on frôlait la catastrophe. Autant vous dire que mes espérances pour ce nouvel objet étaient... Enfin vous voyez. On est pas à un ou deux clous dans le cercueil près.

On le fleurait le nouvel échec. Et pourtant, "Genexus" est là, et convainc. Exactement comme Terminator Genysis. Tout craint vu de loin. On flippe notre race devant le fan service mal branlé et le casting en roue libre. Et en fait, ça va. C'est pas l'album de la décennie, mais ça va. On a eu ce qu'on voulait, les puristes sont toujours pas contents par principe mais on les changera pas, on souffle un grand coup et on passe à autre chose. Les nouveaux leaders suisses ayant splitté, l'usine à peur est de retour dans le Metal Game. On passe sur la pochette absolument atroce mais on est habitués (ils ont enfin abandonné leur double F miteux, c'est déjà ça). On note un morceau complètement pourri sur tous les plans qu'on passera sous silence, à savoir un "Dielectric" inutile et vide (et évidemment ces boulets s'en sont servis pour la promo...), et on s'intéresse au reste. Bref. Go tailler dans le câblage. Vous vous doutez bien que cette fois on fait dans le FF simple, dépouillé et pas hyper surprenant, reprenant quelque peu la formule de "Mechanize" tout en éclaircissant pas mal les atmosphères, pour faire un simple "album de plus" mais ayant davantage une gueule de bilan que de bouche-trou. C'est là qu'on se rend compte de l'influence véritable du groupe sur la scène Djent, pour moi autant voir plus que Meshuggah, au vu des riffs rythmiques basés avant tout sur la saccade à 18 cordes, passés dans une moulinette cyberpunk à la lumière bleutée chère à James Cameron. Écoutez juste "Anodized" et tentez de me contredire, entre riffs Hardcore (cette intro qui donne envie de jumper quoi) et parties Djent avec refrain gayzou qui quitte pas le crâne. Formule gagnante quoi.

On va être tolérant et fermer les yeux sur l'énorme auto-repompe de "Slave Labor" sur le titre éponyme (même si c'est chaud). On est par contre bien plus enthousiaste sur l'orientation clairement donnée à la bagarre et aux références bien plus subtiles, comme ce "Soul Hacker" qui aurait sans aucun souci pu se trouver sur "Obsolete". On est globalement contents de retrouver le style du groupe dans son expression la plus pure et même parfois encore plus riche que d'habitude, avec un fourmillement de sons synthétiques poussé à l'extrême et une production signée Andy Sneap en titane. Et une performance de Burton totalement comme d'habitude avec pléthore de refrains clairs efficaces qui restent en tête. On note qu'ils ont choppé un nouveau batteur issu de Malignancy mais, hey, on s'en bat la race, c'est du Cyber Metal donc il ressemble à une BAR. Et on applaudit surtout une seconde moitié d'une solidité exemplaire qui, si elle ne révolutionne rien, nous fait ressortir de l'écoute avec l'impression d'avoir entendu un bon album. Ce qui, pour une telle formation en 2015, est BEAUCOUP. Parce que si ça démarre gentiment, avec un opener sympa, et surtout une "Protomech" qui est pas single pour rien tellement elle arrache tout (ce refrain et ce break orchestral raaaaah), c'est surtout la fin qui change la donne.

Oh, rien d'original. Mais tout ce qu'on exige de tous leurs albums est là. Construction similaire. Avec même le morceau ambiant mélodique étiré sur la longueur final (un "Expiration Date" complètement convaincant dans son bain de lumière artificielle marchant derrière "Resurrection" et "Final Exit", superbe pièce qui clôt l'album de manière magistrale). Et également une doublette "Regenerate"/"Battle for Utopia" qui fait monter l'album en grade, le premier par son bain de photons qui nous replonge dans l'ambiance pleine d'espoir de "Transgression" tout en gardant la puissance de feu, et le second en étant tout simplement dans les meilleurs titres de l'album, offrant du Fear Factory pur jus en mode marque certifiée, aucune originalité nulle part mais un potentiel catchy certain avec un refrain pas évident au début mais qui hante un bon moment (et un démarrage pénible avec un premier couplet vu et revu à en vomir aussi). Enfin, voilà. Je parlais d'album bilan, vous pouvez le voir, on retrouve de tout.

Voilà. Ils nous ont en fait juste refait "Archetype", c'est à dire un album pur jus à la limite du fan-service pour rattraper un échec assez conscient. Du coup ce "Genexus" est un bon album. Pas celui dont on vantera les mérites comme le renouveau d'ici une dizaine d'année (la place est pour le moment occupée par "Mechanize"), mais un truc costaud qui montre que non mais oh, c'est quand même eux les patrons et qu'ils gardent leur place dans le courant qu'ils ont créé. Du coup, avec une exécution exemplaire, un son bourrin faisant sonner les quelques 3 notes différentes comme des coups de burin, et une facilité de composition qui force maintenant le respect, on se retrouve avec un album contenant ses tubes et moments forts (pour ceux qui suivent pas : "Anodized", "Protomech", "Soul Hacker", et les trois derniers titres), fait plaisir aux fans, et contente les autres. Preuve que quitte à faire toujours la même chose, ça passe d'autant mieux quand on la fait bien.

Tracklist :

1 – Autonomous Combat System
2 – Anodized
3 – Dielectric
4 – Soul Hacker
5 – Protomech
6 – Genexus
7 – Church of Extinction
8 – Regenerate
9 – Battle for Utopia
10 – Expiration Date

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