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Album

09/12/14 - Michael

Kalmah

12 Gauge

LabelSpinefarm Records
styleDeath metal mélodique
formatAlbum
paysFinlande
sortieavril 2010
La note de
Michael
8.5/10


Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Deux ans après l'album For the Revolution qui m'avait un peu laissé de marbre, Kalmah nous revient en 2010 avec un nouvel opus qui s'intitule très légèrement 12 Gauge en référence aux cartouches de... fusil à pompe. Les finlandais annoncent clairement les hostilités. Pekka nous avait promis un album "de thrash métal agressif", "sans pour autant abandonner la mélodie". Une fois n'est pas coutume, l'analyse de notre ami du nord est pertinente. La musique de Kalmah y est abrupte, sans concession mais résolument mélodique.

La recette n'est pas si différente de ce qui a fait la renommée de Kalmah pour les aficionados du genre. Néanmoins, quelques éléments sont venus d'autant plus enrichir leurs compositions. Rust never sleeps ou 12 Gauge démarrent toutes deux par de succulentes introductions à la guitare acoustique. Les vidéos que le groupe avait diffusées durant leur enregistrement au Tico Tico Studio laissaient présager de belles partitions acoustiques et c'est chose faite. La dimension que prend la musique de Kalmah sur ces morceaux est insoupçonnée. On retrouve également des refrains où le groupe s'en donne à coeur-joie comme sur 12 Gauge ou Swampwar. De plus, si la production est bonne sans être excellente, le mix quant à lui n'a jamais été aussi bon. Par le passé, la guitare avait tendance à être mise en avant de manière trop prononcée. Marco Sneck y trouve donc son compte en teintant les musiques de mélodies entrainantes comme sur la chanson éponyme ou d'atmosphères à travers tout l'album.

La musique de Kalmah n'a jamais été aussi intense et rapide. Contrairement au précédent opus, seulement Better not to tell a un rythme plus lent. Et si l'originalité a parfois fait défaut au groupe, les mélodies addictives de Kalmah ont de quoi faire taire les médisants.

Du côté des prestations individuelles, on frôle la perfection. Janne Kusmin n'a peut-être jamais été aussi inspiré derrière les futs. Godeye ou encore Bullets are blind ont de la puissance et de la violence à revendre. Le son de double-pédale est vraiment saisissant, un de mes préférés jusqu'ici. Pekka et Antti Kokko sont également au sommet de leur art. Les leads de One of fail ou bien encore de Sacramentum et Swampwar sont justes remarquables. Le groupe puise toujours dans diverses influences pour façonner chaque opus, des éléments de black, de death mélodique... mais le riff principal de Rust never sleeps nous rappelle à quel point le groupe aime ce son thrash qui a souvent caractérisé leur musique.

Au reste, la prestation de vocale de Pekka emporte mon suffrage. S'il semblait avoir fait une synthèse de ses prestations passées entre growls de la période The Black Waltz et le chant plus aigu des précédents opus dans l'album For the RevolutionPekka utilise ici majoritairement son growl grave. Cependant, ce n'est en aucun cas un inconvénient, sa voix étant puissante à souhait.

Le gros point noir de cet album, et plus largement du groupe, réside dans la faiblesse des paroles. Au delà d'une piètre maîtrise de l'anglais et d'une grammaire incertaine, les sujets traités sont parfois peu convaincants. Mais encore une fois, cela reste du death metal... à part un chroniqueur vétilleux, personne ne s'y intéresse. Si la plupart des chansons -et depuis toujours- traitent de sujets relatifs à la politique, la religion et aux problèmes sociaux et ce de manière maladroite, certaines concernent de surprenants sujets comme la chasse (12 Gauge) ou la pêche (Hook the Monster). N'est pas finlandais qui veut... Swampwar quant à elle, reprend le leitmotiv des marais finlandais. Pekka ayant expliqué que ce sont des "des éléments de valeur dans les régions sauvages du nord de la Finlande."

Côté Artwork, le thème des marais est encore présent au sein d'un badge sur fond gris métallique. Il s'agit en effet d'une pochette inspirée de The defense of Sempo, peinture de Akseli Gallen-Kallela, peintre finlandais de la fin du 19ème siècle. Pekka a précisé qu'on y voit le Swamplord défendre sa terre contre un monstre matérialiste représentant la pollution et la mondialisation. Kalmah continue de prôner la sauvegarde du patrimoine et des bonnes choses à l'heure de la globalisation. Les Jean-Pierre Coffe du Death metal.

Retournons aux choses sérieuses. Lorsqu'on parle Kalmah, certains ont la facheuse tendance à mettre tous ces groupes de "branleurs de manches venus du nord" dans un même sac intitulé "suceurs de Children of Bodom". Si un certain consensus existe sur le fait que Norther y donne concert chaque soir, il n'en va pas de même pour les autres. Quand bien même certains passages peuvent y faire penser (notamment le break de 12 Gauge), la musique de Kalmah est incroyablement riche et surpasse même celle des autres finlandais sur certains points. La patte Kalmah est merveilleuse. De plus, le groupe peut contenter tout genre de metalleux. De l'amoureux des mélodies au premier coreux venu en découdre dans la fosse. La musique de Kalmah est cathartique.

Après un The Black Waltz qui m'avait un (tout petit) peu déçu et un For the Revolution tout juste au dessus de la moyenne, je ne m'attendais pas à rester autant scotché par cet album. Pas un seul élément n'a réellement été négligé dans cet opus pour lequel chacun des membres a sorti le grand jeu. Kalmah est de nouveau sur les rails et je n'ai jamais autant eu hâte de les voir live. Le death mélodique n'est pas mort les amis.

A ne pas manquer : 12 Gauge, Rust Never Sleeps et Bullets are blind.

1. Rust Never Sleeps
2. One of Fail
3. Bullets are Blind
4. Swampwar
5. Better not to tell
6. Hook the monster
7. Godeye
8. 12 Gauge
9 Sacramentum

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