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Album

09/12/14 - U-Zine

Kalmah

Swamplord

LabelSpinefarm Records
styleDeath metal mélodique
formatAlbum
paysFinlande
sortieseptembre 2000
La note de
U-Zine
8.5/10


U-Zine

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De temps à autre, il est bon de se replonger dans des albums, parfois très anciens, qui ont forgé votre amour pour la musique métal. Ces groupes qui continuent aujourd’hui de vous faire vibrer. Des références, en soit. Kalmah en est un pour moi. Et comme je n’ose pas croire que je suis le seul sur la toile à apprécier ce groupe, je pense qu’il est temps de laver l’affront qui leur est fait sur U-zine : seulement deux malheureuses chroniques.

Quitte à retracer l’histoire du groupe, autant commencer par le début. Kalmah a mis quelques années avant de se créer et de stabiliser un peu son line up. Initialement créé sous le nom d’Ancestor par Pekka Kokko et Petri Sankala, ce n’est qu’après l’enregistrement de quelques démos et l’arrivée de Anti Kokko à la guitare, Pasi Hiltula aux claviers et Altti Veteläinen à la basse que le groupe Kalmah (pouvant être traduit par « jusqu’à la mort » en carélien) naissait des cendres d’Ancestor.

Spikefarm Records, alléché par une nouvelle démo très aboutie, intitulé Svieri Obraza, décida de donner sa chance au combo finlandais, pour notre plus grand plaisir. Car quelques mois après cette signature, et de longues semaines d’enregistrement au fameux Tico Tico Studios qu’ils ne quitteront plus par la suite, Swamplord voit le jour, en novembre 2000.

Fortement inspiré par la nature finlandaise, surtout les marais, le groupe va dès son premier opus apporté une patte nouvelle à la scène death mélodique finlandaise. Le groupe a toujours plus ou moins pâti de la comparaison avec les ténors du pays, Children of Bodom. Toutefois, si des similitudes peuvent toujours apparaître entre deux groupes qui évoluent dans un registre approchant, la touche de Kalmah a toujours permis d’éviter l’écueil de la comparaison systématique. Leur musique, souvent plus thrash, plus agressive et moins portée vers le néoclassique (en comparaison avec la période pré-Hate Crew DeathRoll de COB), ne souffre de la comparaison que pour ceux qui n’ont pas la volonté d’aller plus loin que les clichés véhiculés sur la scène nordique de death mélo.

Swamplord, le premier réel opus du groupe, témoigne de la richesse de composition des frères Kokko, têtes pensantes du groupe. La musique de kalmah est très guitar-driven comme disent les anglo-saxons. Comprenez que les lignes de guitares sont prépondérantes et mènent les compositions. D’ailleurs, les introductions sont la chasse gardée des guitares (surtout sur Withering Away et Hades) là où le clavier, très présent, se cantonne régulièrement à un rôle d’accompagnement et de « texture ». Et à vrai dire, on ne peut que s’en réjouir. Un tantinet kitsch sur les premiers albums, le son du clavier de Pasi n’est pas toujours des plus agréables. A l’inverse, les frères Kokko rivalisent d’ingéniosité avec des compositions riches et qui ne souffrent que très rarement d’un déficit de raffinement et d’un trop-plein de démonstration. Comment ne pas être séduit par la remarquable Heritance of Berija ?

Il se dégage en effet de cet album, et de la plupart de la discographie du groupe d'ailleurs, une certaine mélancolie, une tristesse pas vraiment dissimulée par l'utilisation desmélodies mineures. A l'inverse, les riffs thrash et assez rapides donnent une dynamique toute autre à la musique des finlandais. Une atmosphère paradoxale mais un cocktail détonnant.

Les influences du groupe sont multiples, du black métal à un thrash tout droit sorti de la Bay Area (le riff de Hades !). Et c’est là que se situe toute la richesse musicale du groupe, dès 2000. Le groupe va bien plus loin que ses contemporains en mélangeant les genres avec des vocals très gutturales et variés d’Antti et des soli de guitare qui semblent tirer certaines influences dans le heavy (Iron maiden, Waltari). Le tout nous offrant quelques titres d’anthologie comme les très mélodiques Hadès, Black Roija (une mid-tempo remarquable) ou bien encore la plus brutale , qui nous rappelle plus le début de carrière de Katatonia. Des titres qui, encore aujourd’hui, demeurent des tubes du groupe.

L’intensité de l’album n’est quant à elle pas toujours parfaite avec quelques titres comme Alteration ou Using the word qui ne m’ont pas toujours convaincus et qui tendent un peu à renforcer ce sentiment d’entendre les mêmes sonorités au fil de l’album. Mais, au final, le groupe nous offre un premier album alternant grande complexité et musique épurée, comme un voyage à travers la singulière campagne finlandaise que Kalmah aime tant. Une atmosphère inégalée pour un groupe dont le talent n’aurait jamais du être mis au pilori de la comparaison.


1. Evil in You 05:08
2. Withering Away 03:34
3. Heritance of Berija 04:30
4. Black Roija 04:15
5. Dance of the Water 04:31
6. Hades 04:25
7. Alteration 04:42
8. Using the Word 05:07
Bonustracks (Japon)
9. The Blind Leader 03:12
10. Vezidoroga 03:49

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