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REVUE D'ACTU #52 : Monolithe, Tyrannus, Municipal Waste, Buried Realm, Septicflesh...

dimanche 3 avril 2022
Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Prenez un peu du retour de Septicflesh et de Municipal Waste, un zeste de Lorna Shore ère post-CJ en live, rajoutez une pincée de Death technique, de Doom et de Black Thrash, et voilà la 52ème revue d'actu made in Horns Up. De quoi se faire une idée de quelques sorties à guetter avec attention pour les mois qui viennent.

 

Tyrannus

S.A.D.E : Venu d'Écosse, Tyrannus s'apprête à sortir le 22 avril prochain son premier album, Unslayable, chez True Cult Records. Et bien entendu, le quatuor commence à dévoiler des titres, avec en premier lieu ce The Flood. Et le moins qu'on puisse dire c'est que ça cogne sévèrement. Mêlant Black et Thrash, les Ecossais produisent une musique dense et massive, avec un son très compact. On avance dans une matière opaque qui freine le mouvement, étire les distances. Une rage sourde s'exprime mais sans débauche de violence, comme légèrement en retrait mais prête à exploser. Loin des Deströyer 666 ou Toxic Holocaust, Tyrannus ne fait pas dans la furie mais dans la colère méthodique. Et, sur cet extrait, ça fonctionne à merveille.

 

 

Buried Realm

Michaël : Pour ceux qui ne le sauraient pas, Buried Realm est le projet solo de l’Américain Josh Dummer. Après deux albums sortis respectivement en 2017 et 2020, il revient en 2022 avec un album intitulé Quicksand Memory et qui sortira le 3 juin prochain. À cette occasion, le multi-instrumentaliste – qui fait tout ou presque tout seul – s’est offert quelques invités bien connus, dont Christopher Amott de Dark Tranquillity (ex-Arch Enemy) sur le titre dont vous pouvez retrouver la lyric vidéo ci-dessous. Rien de fondamentalement révolutionnaire, mais un Death metal mélodique hyper bien fichu, que je vous laisse découvrir ci-dessous.

 

Monolithe

ZSK : Avec toutes les contraintes qui perdurent encore actuellement, Monolithe avait annoncé ne pas être en mesure de sortir son prochain album avant la fin 2022. Mais qu’importe, et presque par surprise, voilà déjà un premier single du 9ème full-length du groupe qui se nommera Kosmodrom. Enfin, « single », quand on parle d’un groupe de Dooooooooom comme Monolithe, on sait que ça sera un single généreux. Voilà donc Soyuz, 10 minutes (pile) au compteur. Derrière un concept narrant l’histoire du crash de la navette Soyuz-1 en avril 1967, se cache un pur morceau de Monolithe et son Doom toujours aussi sidérant et Kubrickien. Le départ électronique nous met déjà bien dans l’ambiance et ensuite, on se partage entre une belle lourdeur (avec ces growls savoureux, désormais pleinement assurés par Rémi Brochard) et ce paysage mélodico-astral si particulier. Soyuz est d’ailleurs particulièrement mélodique, et les leads se multiplient. Toujours soigné dans la forme, ce single nous montre un Monolithe qui ne se réinvente pas mais qui garde sa personnalité, et cela fonctionne toujours. Reste plus qu’à attendre l'album !

 

Circle of Chaos

Michaël : Après 8 ans d'absence, les Suédois de Circle of Chaos reviendront le 22 april prochain avec un troisième LP intitulé Forlorn Reign, chez Satanath Records et The Ritual Productions. En attendant de découvrir cet album, vous pouvez retrouver ci-dessous le premier extrait intitulé Óveður. Deux points sautent aux oreilles lors de cette première écoute : déjà, le titre devrait ravir les amoureux de Death / Death mélo qui sent bon les années 90, avec ces riffs qui confinent au Black ; ensuite, il faut lancer un grand cocorico puisqu'il y a un français dans le line up, en la personne de Maël Nagot à la basse. Forcément, c'est une raison de plus de jeter une sérieuse oreille à ce premier titre et à l'album du groupe qui sortira à la fin du mois. 

 

The Zenith Passage

Storyteller : Le moins que l’on puisse dire c’est que les Californiens de The Zenith Passage ne manquent pas d’auto-dérision. En préparant leur single, Synaptic Depravation, ils se sont amusés à réaliser des pastiches de leur imagerie, en costume de spationaute, en partageant l’image avec des petits hommes verts sur la lune. Les gimmicks reviennent dans un clip qui est largement déconseillé à ceux qui ont le mal des transports car cela bouge dans tous les sens, les effets du début nous promenant en trois dimensions, comme en apesanteur. Puis, à la faveur d’un moment plus atmosphérique et calme, tout part en sucette. Cette musique voyage loin, entre Death Technique très syncopé, musique atmosphérique, blasts et soli de basse et de guitares planantes. Il faut s’accrocher car l’on suit le chemin d’un groupe qui a décidé de ne pas prendre l’autoroute mais plutôt les petits chemins de montagnes.

 

Municipal Waste

Michaël : Les Américains de Municipal Waste et leur crossover de neuneus sortiront un nouvel album chez Nuclear Blast le 1er juillet prochain intitulé Electrified Brain. Bon, autant dire que le premier extrait de cet album, Grave Dive, ne nous laisse pas présager de quelque chose de remarquable. On ne s'attendait pas vraiment à ce que le groupe change de style - et encore heureux ! - mais on ne peut pas dire que l'on ait été particulièrement enthousiasmé par ces 2 minutes 30. Que du très classique, des riffs génériques... Alors certes, il y a toujours cette énergie qui conduira certainement le pit à mettre son cerveau de côté pendant une heure, mais on espère que le groupe a autre chose sous le coude pour nous inviter à aller faire craquer nos genoux avec eux au Bataclan dans quelques mois en compagnie d'Anthrax.

 

Lorna Shore

Michaël : A sa sortie, en 2020, j'avais été conquis par l'album Immortal de Lorna Shore (Raton un peu moins...!). Un Deathcore inspiré, puissant, mélodique, porté à l'époque par un CJ McCreery qui avait livré une prestation de haute volée. Ce dernier ayant été viré du groupe pour les raisons que l'on connaît, l'inquiétude était de mise sur le rendu une fois qu'une autre personne aura pris le relai. Difficile en effet de remplacer un chanteur dont la voix colle aussi bien à l'atmosphère de la musique du groupe. Les premiers titres de Lorna Shore sous l'ère Will Ramos ne m'ont pas forcément rassuré, le bougre en faisant parfois un peu trop. Mais, au final, sur les anciens titres, difficile de nier le fait qu'il parvient à capter la vibe de la version studio tout en conservant sa patte. Et puisque les vidéos live du groupe en bonne qualité ne sont pas légions, on a de quoi être satisfait.

 

Septicflesh

Matthias: Septicflesh fait partie de ces groupes pour qui j'ai un certain respect et dont je reconnais la qualité, tant sur album que sur scène, mais vers lesquels je ne reviens pas aisément. En fait j'ai beaucoup apprécié certains albums déjà anciens, Sumerian Daemons et sa suite Communion en particulier, mais je n'ai pas suivi la formation hellénique dans le virage plus symphonique voire progressif qu'elle a prise avec Titan, et surtout Codex Omega.

C'est donc avec un certain scepticisme que j'ai recueilli les premiers échos de ce Neuromancer dévoilé dans les derniers jours du mois dernier. Et bien oui, c'est flagrant dès les premiers couplets : ce single reprend sans conteste des sonorités qui rappellent les compositions que Septicflesh délivrait il y a de ça une quinzaine d'années et qui, personnellement, me plaisaient beaucoup. Non pas qu'on retrouve une ancienne recette rejouée avec précision bien sûr, Septicflesh fait quand même preuve d'imagination et les albums précédents n'ont pas été gommés de la patte du groupe. Mais ces cordes orientalisantes qui cèdent la place à un riff Death, cette alternance entre la voix toute en profondeur de Spiros Antoniou et celle, claire et aérienne, de Sotiris Vayenas... Il y a là quelque chose qui plaît aux oreilles des anciens fans du groupe, et The Hierophant, autre single divulgué un peu plus tôt, semble annoncer un très bon cru pour le prochain album des Grecs, intitulé justement Modern Primitive. Sortie prévue le 20 mai prochain chez Nuclear Blast.