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REVUE D'ACTU #29 : Spectral Wound, Iced Earth, Bodom After Midnight, Gojira, CROWN...

dimanche 14 février 2021
Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Il y a des semaines où on cherche de quoi on pourrait bien vous parler et il y en a d'autres où tout s'enchaîne si vite que la liste de notre Revue d'actu semble évidente ! Entre le retour de nos Français du Sud-Ouest préférés qui hantent un musée dans un clip (Gojira), une dernière occasion d'entendre ce sur quoi Alexi Laiho bossait avant son décès (Bodom After Midnight), les nouvelles bombes annoncées par Spectral Wound, Decline of the I, Worst Doubt, Sunnata ou encore Furia... Et ce n'est même pas tout.

 

Spectral Wound

Dolorès : Courant 2018, Spectral Wound avait mis toutes les chances de son côté en sortant Infernal Decadence, un album aussi complexe que fascinant qui avait ouvert une porte entre le groupe et le monde. Il y a quelques jours, nous découvrions via Profound Lore Records la pochette du futur album ainsi qu'une nouvelle piste. La première info, la pochette, a sans doute un peu étonné, comparée à la grandiloquence de l'image des sorcières de Macbeth sur le précédent, en tout cas. Une fois la surprise passée, on se rend compte qu'elle est plutôt drôle dans le versant cliché de ce qu'elle véhicule. La seconde, c'est à dire le titre dévoilé, commence déjà à asseoir une certaine hâte chez les amateurs de ce genre de Black Metal.

Musicalement, le groupe canadien s'ancre dans la continuité du précédent : cavalcades incessantes rythmées de mélodies en cascade ainsi qu'un chant puissant et aigu mais non criard. Encore plus que sur le précédent, on retrouve ce son lisse et clair des productions de Black atmo nord-américaines, mais aussi des arpèges de guitare qui adoucissent l'ensemble et un petit côté Forteresse presque assumé. Le tout est confronté à des références plus européennes, comme un riff piqué, semble-t-il, à Sargeist, et des parties de batterie qui ne sont pas sans rappeler Mgla. Toujours est-il que « Fid & Spellbound » a tous les atouts d'un tube de Black Metal, aux riffs entêtants et aux 7 minutes dont on se souvient malgré une division en plusieurs parties. On attend clairement la suite de l'album qui sortira le 16 avril.


Iced Earth 

Malice : Oh, je vous vois ricaner. Oui, depuis les fameux événements du Capitole et la participation à ceux-ci d'un certain Jon Schäffer, guitariste et cerveau (hum...) d'Iced Earth, le nom du combo floridien évoque plutôt les drapeaux sudistes, QAnon et Donald Trump plutôt qu'un groupe faisant partie des fleurons du power metal à l'américaine. On ne va d'ailleurs pas se le cacher : depuis, grosso modo, la seconde moitié des années 2000 et le (premier) départ de Matt Barlow, l'étoile d'Iced Earth avait déjà pâli, ne commençant à reprendre de sa superbe qu'avec l'arrivée de Stu Block au chant pour remplacer un Barlow revenu en ayant laissé la passion dans la doublure de son uniforme de police. 

Manque de pot : le dérapage pas si incontrôlé que ça de Schäffer (ce serait oublier que le personnage n'a jamais été discret quant à son idéologie et ses prises de position quant à l'histoire américaine, positions parfois respectables, parfois moins, là n'est pas le débat) sonne probablement le glas de ce renouveau pour le groupe. Stu Block, Luke Appleton (basse) et Jake Dreyer (guitariste soliste et derrière le retour d'une certaine qualité de composition sur les derniers opus) ont quitté le navire, et les déboires judiciaires à prévoir pour le capitaine désormais abandonné Schäffer pourraient bien tout bonnement tuer Iced Earth. Inimaginable ou presque, en tout cas, de revoir le groupe trôner fièrement en haut des affiches européennes. Et quoi qu'on puisse en penser, il s'agit là d'une vraie perte quand on se rappelle des bijoux qu'étaient Dark Saga, Burnt Offerings ou Storm the Capi ... euh, Stormrider. Iced Earth : 1988 - 2021 ? Si oui, RIP ...


Gojira

S.A.D.E : Magma m'avait plu. Globalement. Tout au moins, j'avais compris où les Landais avaient voulu aller, sans parvenir à les suivre complètement. Le Gojira que j'avais admiré et qui m'avait transporté tout au long de mon adolescence n'existait plus, remplacé par autre chose de très bonne facture, simplement un peu éloigné de ce que je voulais réellement mais plus intéressant que les redites de L'Enfant Sauvage. Another World présenté il y a quelques mois m'avait en revanche laissé circonspect : complètement inoffensif et sans grand intérêt, le morceau n'avait rien d'exceptionnel. Avec ce second titré dévoilé, Gojira regagne mon attention : on retrouve des rythmiques un peu complexes, une lourdeur que Magma avait délaissé, une sensation de retrouver par moments l'ancien Gojira. Born For One Thing semble être à mi-chemin entre The Way of All Flesh et Magma, gardant le meilleur de chacune des incarnations. Seul point faible de ce titre, le refrain un peu plat qui, sans être raté, s'avère être anecdotique. Voilà qui relance l'attente pour Fortitude !

 

Bodom After Midnight

Michaël : Le premier (et dernier ?) EP de Bodom After Midnight, intitulé Paint The Sky With Blood, sortira le 23 avril 2021 chez Napalm Records. Tous les fans de Children of Bodom avaient hâte d'écouter le nouveau contenu crée par Alexi Laiho, mais le sort en a malheureusement décidé autrement. Nous aurons toutefois ces deux titres (Paint The Sky With Blood et Payback’s A Bitch) ainsi qu'une reprise de Dissection (Where Dead Angels Lie) pour entendre une dernière fois la voix du Finlandais. C'est peu, mais il est certain que le plaisir sera au rendez-vous.
 


Acid Mammoth

S.A.D.E : Sans être des révolutions, les deux premiers albums d'Acid Mammoth sont tout à fait réussis : dans la mouvance doom/stoner à base de drogue et de mammouth, les Grecs ont su faire dans le classique et l'efficace. Caravan, premier extrait de l'album du même nom prévu pour le 5 mars prochain chez Heavy Psych Sound, annonce un album dans la même veine que les précédents, rempli de fuzz et de gros riffs. Sans jamais nous surprendre, en cochant chacune des cases du genre, Acid Mammoth nous trimballe dans son désert déjà connu mais toujours agréable à traverser en si bonne compagnie. Caravan ne s'annonce pas forcément mémorable, mais plutôt comme le genre d'album cool qu'on a envie de réécouter juste pour se sentir bien. Et c'est déjà pas mal !


Worst Doubt

Hugo : Ces dernières années, les Parisiens de Worst Doubt sont omniprésents, et c’est particulièrement frustrant. En effet, même s’ils ont multiplié les tournées et premières parties de plateaux hardcore, ils sont restés particulièrement mystérieux sur la date de sortie de leur premier album. Ce, après deux démos particulièrement remarquables, taillées pour ravir les fans de Kickback ou encore Trapped Under Ice. On l’apprenait il y a quelques temps : ce premier disque sortira le 16 avril prochain, soit quatre ans après la dernière démo, comme pour accueillir les beaux jours en leur criant dessus.

Lors de la sortie de ce single éponyme, j’ai immédiatement enfilé mes AM95 (même si les 98 sont plus belles) et ma casquette New Era de poseur, comme pour mieux en apprécier l’écoute. Sans surprise, et pour notre plus grand plaisir, la formule est similaire à celle développée sur les premières démos. Une musique ultra-négative, où chaque riff donne un peu plus envie de braver le couvre-feu pour aller se taper dans la rue, 3 grammes dans chaque bras. Comble du bonheur bas du front, l’artwork est comme à mi-chemin entre Opus Nocturne et Forever War, ce qui rendrait presque la précommande obligatoire.


Furia 

Malice : La scène polonaise, et particulièrement son versant le plus barré, a été tellement active ces dernières années que l'absence de Furia est passée plutôt inaperçue. Il faut dire que depuis Ksiezyc milczy luty (2016), Furia ne s'est pas privé de tourner et nous gratifier de prestations live bien souvent géniales, et leur discographie est si variée qu'un peu de temps ne fait pas de tort pour se la réapproprier de temps en temps. Mais cinq ans suffisent : W snialni arrive sous peu, et si son prédécesseur partait déjà loin dans l'expérimentation et les ambiances, on parle ici de... deux pistes, de 16 et 13 minutes. Je croise les doigts pour que la "patte" Furia soit toujours bien là sans s'être diluée dans la consanguinité parfois perturbante de la scène polonaise - mais les tarés de Katowice n'ont jamais déçu jusqu'ici ... 


Sunnata

S.A.D.E : Parti de sonorités assez doom/stoner, Sunnata incorpore au fil de ses albums des approches plus variées. Prévu pour le 26 février, produit en indé, Burning in Heaven, Melting on Earth confirme cette aspiration à se renouveler. Black Serpent, extrait de cet opus à venir, conserve l'aspect musique lente et lourde, mais s'éloigne de manière assez significative du versant doom grassouillet. Il y a un côté post dans le son qu'on ne trouvait pas (ou peu) auparavant, des textures nouvelles dans le grain de guitares et les effets habillant le tout. On garde une touche fuzzée quand même, mais l'intention est plus contemplative que psyché. Sunnata semble vouloir évoluer une nouvelle fois, et il est fort possible que cela soit de nouveau réussi si l'on en croit ce premier extrait.


CROWN

ZSK : Je l’avais mis deux fois dans la rubrique « attente pour [l’année suivante] » dans mes bilans de fin d’année, mais soit c’était peine perdue soit je portais la poisse. Mais cette fois-ci ça sera la bonne ! The End Of All Things, 3ème album de CROWN, successeur de l’exceptionnel Natron (2015), sortira le 16 avril chez Pelagic Records. Encore presque 2 mois à attendre pour voir si le groupe de Colmar (accompagné du Suisse Frederyk Rotter de Zatokrev) sera toujours aussi tellurique que sur Natron. En attendant, un premier single, "Illumination", nous a été dévoilé, et il se situe dans une facette bien particulière de l’art Doom-Indus de CROWN ; la facette la plus posée et la plus aérienne, entre un "Apnea" et un "Fossils". Pas d’assauts écrasants à la "Serpents" ou "The Words You Speak Are Not Your Own" pour le moment, mais cet aspect plus dépouillé de CROWN fonctionne également à merveille. Grâce un beau paysage mélodique, un chant tout en retenue et bien travaillé, une ambiance électronique résolument apocalyptique, ce single possède un sacré souffle. Désenchanté mais lumineux, "Illumination" nous ramène déjà dans le monde industriel si particulier de CROWN, et on a hâte de voir comment va s’articuler le reste de ce qu’on imagine déjà comme bien nommé ce The End Of All Things !


Decline of the I

Prout : Decline of the I vient de sortir The Veil of Splendid Lies, le premier extrait sous forme de clip de son album à venir intitulé Johannes, qui marque là le commencement d'une nouvelle trilogie basée sur le philosophe Søren Kierkegaard et ses travaux sur l'existentialisme. Nouvelle trilogie car celle-ci fait suite aux trois albums précédents Inhibition, Rebellionet Escapequi illustraient à la façon du groupe les travaux du neurobiologiste Henri Laborit. L'album est prévu pour le 26 mars chez Agonia Records et promet de s'inscrire parfaitement dans la ligne du groupe, c'est à dire un Black Metal / Post Black où s'entremêlent violence et mélodie, démence et mélancolie.