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Falling on the edge of the scene : Part II : The Lords of the stage

jeudi 4 juin 2015 - Balin
Balin

Matthieu, 24 ans, basé à Nantes. Ancien membre d'U-Zine et de Spirit of Metal. Vous me retrouverez pour les chroniques et live reports de divers styles musicaux.

N'ayant pas la réputation sulfureuse des lives de Deep Purple (quoi que, nous y reviendrons tout à l'heure), ni la masse discographique des représentations scéniques, Black Sabbath méritait pourtant de figurer en seconde position au cours de cette série d'articles consacrés aux plus grands lives de l'histoire du Hard Rock. Outre le fait qu'il s'agisse de mon groupe favori (je serais le plus objectif possible, soyez en certains), Black Sabbath a marqué l'histoire de la musique d'une patte unique et d'un style totalement novateur, c'est indéniable. Pourtant il n'est pas ici de mon propos de revenir sur la richesse et la qualité de la longue discographie studio du quatuor originaire de Birmingham mais plutôt d'aborder un aspect finalement peu traité de la vie de Black Sabbath : les lives. Comme pour l'article dédié à Deep Purple, j'ai été contraint de procéder à une sélection par soucis de lisibilité. J'en ai ainsi conservé cinq qui seront présentés par ordre chronologique, permettant d'appréhender au mieux l'évolution musicale, mais également l'osmose entre chaque membre, son attitude scénique, son rapport aux fans et enfin sur l'évolution des setlists au fil du temps. Enjoy !

Live in Paris - 1970

   

Live sorti en support physique uniquement trente ans après, la première venue du groupe en France au prestigieux Olympia de Paris à la fin de l'année 1970 reste pourtant l'une des performances publiques du groupe les plus cultes. Disponible en entier sur youtube pour les curieux, j'encourage en effet tout fan qui se respecte à visionner les 56 petites minutes de ce show devenu légendaire. Peu de temps après la sortie de son second album, le déjà culte Paranoid, Tony Iommi et ses sbires s'embarquent pour une seconde tournée européenne, passant cette fois par la France pour la première fois de sa carrière ! 

Pour de nombreux fans, les deux premiers albums sont les meilleurs de la carrière des anglais. Je ne rentrerais pas dans ce débat ici, mais force est de constater que la setlist de ce show est absolument parfaite ! Il est intéressant de noter que Paranoid, joué en guise de rappel sur scène depuis de nombreuses années, fait ici office de morceau d'ouverture ! Outre les traditionnels Iron Man, Black Sabbath, N.I.B et War Pigs que vous retrouverez dans tous les lives du groupe, je me dois d'attirer votre attention sur la présence de Behind the Wall of Sleep sur la setlist. Il s'agit en effet pour ma part d'un des tous meilleurs titres du groupe et ce live in Paris constitue un des rares témoignages de sa présence en live. Quoi de mieux pour compléter cette setlist qu'Hand of Doom, titre ayant donné son nom à un style à part entière ou encore Fairies Wear Boots, titre final de Paranoid rejoué en live depuis quelques années (et constamment par Ozzy Osbourne lors de ses tournées solo).

Pourtant tout n'est pas si rose que ça en a l'air... Le son n'est pas très bon lors du live originel (il a été remixé sur le DVD) et la voix d'Ozzy n'est malheureusement pas toujours juste. Pourtant tout ceci fait partie de la magie du live et de l'attitude rock'n roll du groupe. Ozzy n'a jamais été un chanteur à la technique soigneuse et travaillée, mais le caractère brut et sincère de son chant font du personnage un élément essentiel du groupe. Fringués en hippie et perchés à la weed (le LSD et la poudre viendront plus tard), la "bête venue de Birmingham) offre pourtant déjà une véritable osmose scénique, dont les deux principaux piliers, Tony Iommi et Geezer Butler, chacun virtuose en sa matière, jettent dès lors un énorme pavé dans la mare. Reprenant les thématiques satanistes chères à Coven ou à Black Widow, le groupe rompt pourtant avec les carcans du style et donne une image bien plus rock'n roll que possédée. La carrière est lancée et la première tournée américaine approche à grand pas...

Setlist :

1. Paranoid
2. Hand of Doom
3. Iron Man
4. Black Sabbath
5. N.I.B.
6. Behind the Wall of Sleep
7. War Pigs
8. Fairies Wear Boots

Live At Last - 1980

Considéré par le groupe comme un disque pirate de mauvaise qualité bien que ni le label responsable de la sortie du disque (NEMS), ni le manager de l'époque (Patrick Meehan) ne furent poursuivis, le Live At Last regorge de petites anecdotes !

Les bandes utilisées pour ce disque ont été enregistrées à Manchester et à Londres les 11 et 16 mars 1973 lors de la tournée européenne faisant suite à la sortie de l'album Vol.4. A l'origine, ces concerts devaient être enregistrés dans le but de sortir un album live l'année suivante, intitulé Fires in the Mountain. Cependant les quatre membres du groupe ont abandonnés le projet, jugeant le son ainsi que leurs prestations décevantes. Laissées à l'abandon pendant plusieurs années, ces bandes vont ressortir à l'insu du groupe en 1980 lors de la sortie de l'album Heaven and Hell. Le manager de l'époque, Patrick Meehan, désireux de surfer sur le regain d'intérêt dont le groupe est témoin depuis l'intégration de Ronnie James Dio, vend les pistes au label NEMS qui sort le Live At Last quelques mois après la sortie d'Heaven and Hell.

S'il est vrai que la prestation du groupe n'est clairement pas la meilleure qu'il nous sera donné de voir ou d'entendre, ce live donne pourtant l'occasion de vivre live des titres assez rares comme Tomorrow's Dream (en ouverture !), Killing Yourself to Live , Cornucopia ou encore l'énorme Wicked World. Il s'agit d'ailleurs de l'avant dernière fois où ce titre sera joué live (la dernière étant interprétée deux jours plus tard, le 18 mars 1973, à Newcastle). Un autre intérêt réside (principalement pour les die hard comme moi) dans le fait que la version de Killing Yourself to Live jouée ici est différente de celle qui sera enregistrée quelques mois plus tard sur l'album Sabbath Bloody Sabbath, la principale différence étant quelques paroles différant de la version studio.

Je vous livre enfin quelques petites anecdotes qui encore une fois n'intéresseront que les plus curieux ou les plus fans d'entre vous :

- Un troisième concert (le 9 mars 1973 à Glasgow) devait également fait partie de l'album live mais fut écarté par le groupe du fait de nombreux problèmes techniques rencontrés lors du show.

- Il s'agit de la seule trace live disponible dans le commerce jusqu'au live Reunion de 1998 où l'on peut voir Ozzy Osbourne et Bill Ward sur scène.

- Le pressage vinyle de NEMS comporte une erreur : Ozzy est ainsi orthographié Ossie comme sur la first press de l'album éponyme du groupe. Sur la version CD sortie chez Castle Communications en 1986, il devient Ozzy Osborne.

- La version SNC sortie en ex-URSS n'inclut pas le titre Wicked World.

Le groupe décidera pourtant de l'intégré à la série des remasters de Castle en 1996 et sera finalement réédité par le groupe cette fois sur le premier disque du Past Lives de 2002. Toujours est-il que cet opus sera un véritable succès commercial du fait qu'il s'agisse du premier disque live commercialisé du groupe.

Setlist :

1. Tomorrow’s Dream
2. Sweet Leaf    
3. Killing Yourself to Live  
4. Cornucopia  
5. Snowblind  
6. Children of the Grave  
7. War Pigs
8. Wicked World
9. Paranoid

Live Evil - 1982

Considéré officiellement comme le premier live de l'histoire du groupe, c'est également celui qui est le plus souvent cité, et ce à juste titre. Enregistré à l'occasion de la tournée de promotion de l'album Mob Rules, le quatuor n'est plus le line up d'origine. En effet, exit Ozzy Osbourne et Bill Ward et bienvenue à Ronnie James Dio et Vinny Appice (crédités en tant que Ronnie Dio et Vinnie Appice), depuis 1980 et l'album Heaven and Hell.

Désireux de rivaliser avec l'énorme succès de la carrière solo d'Ozzy Osbourne et de faire mieux que les ventes du "disque live pirate", Tony Iommi et son équipe vont cette fois mettre le paquet ! Cette fois, les bandes ayant servi à l'élaboration de cet album live ont été enregistrées à Seattle (24 avril 1982), à Dallas (12 mai 1982) et à San Antonio (13 mai 1982). Et mesdames et messieurs, s'il ne devait en rester qu'un, ce serait incontestablement celui-là ! Je considérait toujours Ozzy Osbourne comme le principal chanteur de Black Sabbath, mais force est de constater que Dio n'est pas un être ordinaire... Voici en effet le principal intérêt de ce disque : entendre Ronnie James Dio chanter des titres de l'ère Ozzy ! Et ce fut très rare ! Non pas qu'il n'aimait pas ces titres (il reprenait souvent War Pigs en live avec Elf par exemple), mais il rechigna toujours à chanteur autre chose que les principaux tubes dans un premier temps, puis plus aucun titre à la fin de sa collaboration avec le groupe (et de sa vie malheureusement). 

Mais parlons musique ! Ronnie James Dio est ici à son apogée, chaque note est juste et une foule d'émotions transperce l'auditeur lors de chaque titre, toute époque confondue. Tony Iommi impressionne de par ses improvisations et ses solis, comme toujours alors que Geezer Butler martèle sa basse avec ses rythmiques ultra lourdes désormais célèbres. Vinny Appice n'est pas en reste malgré son jeune âge de l'époque et même Geoff Nicholls (claviers) s'en donne à coeur joie. Le Live Evil est d'ailleurs la seule occasion où l'on peut voir une photo du bonhomme (à l'intérieur du double LP) si l'on omet les photos promos de l'édition CD de l'album Seventh Star sorti chez Castle en 1996 ! Tout est réuni pour faire de ce show un live d'exception. Dio précise d'ailleurs au public que : "Finally, our next album will be... a live album from Black Sabbath !"

Si l'intégralité du concert est à tomber par terre, le point d'orgue est bien entendu le titre Heaven and Hell auquel Iommi rajoute cinq bonnes minutes de solos et d'improvisations en tout genre avant de finalement enchainer sur The Sign of the Southern Cross pour finalement reprendre sur le final d'Heaven and Hell. Magistral ! Un second live capté lors de la tournée Mob Rules, intitulé Live At Hammersmith, verra le jour en 2007. Enregistré sur trois jours à Londres (du 31 décembre 1981 au 2 janvier 1982), force est de reconnaitre que ce dernier surpasse le Live Evil tant au niveau du mixage qu'au niveau de la prestation. Pourtant le charme originel marche toujours chez votre serviteur...

Il faut savoir que cet album est sorti de façon étrange dans certains pays. Ainsi sans rentrer dans les détails, les pressages vinyles Coréen et Péruvien n'incluent que le premier disque tandis que le pressage Vénézuélien est sorti sous la forme de deux vinyles simples intitulés "Volume 1" et "Volume 2 " ! La version Guatémaltèque est un simple disque regroupant la face B du premier disque avec la face B du second ! Le pressage Sud-Coréen de 1986 (Vertigo encore une fois) est un disque simple où l'ordre des chansons est totalement inversé ! Il existe enfin des versions de ce disque où War Pigs, le solo de batterie, certains mots de Dio entre les titres ou encore une partie de l'outro Fluff ont été supprimés ! Element un peu moins drôle, Ronnie James Dio avouera dans une interview en 2000 que certains éléments du Live Evil ont été enregistrés en studio sans préciser lesquels... Il se contente simplement de dire qu'il ne s'agit ni de la voix, ni de la batterie... Plus encore, Geezer Butler nommera plusieurs fois ce live en 2007 de "Live in the Studio Evil". Alors info ou intox ? Nul ne peut le confirmer et le mystère reste entier, mais entâche tout de même bien l'image de ce disque.

En dépit de cette tournée en apparence couronnée de succès, Ronnie James Dio et Vinny Appice quittent le navire Black Sabbath après cette tournée et pendant le mixage de cet album. La rumeur veut que ce soit parce que Iommi et Butler se soient rangés du côté de l'ingénieur du son lorsqu'il accusait Dio et Appice de venir le voir pour monter les voix et la batterie de l'album. Nous apprendrons ensuite que ce fut une invention de l'ingénieur alcoolique qui utilisa cette histoire pour justifier son retard dans le planning. Tony Iommi a depuis reconnu son erreur publiquement. Le Live Evil sort donc officiellement lorsque Dio et Appice sont déjà partis.

Dio part ensuite fonder son projet solo et emmène Appice avec lui tandis que les deux membres fondateurs du groupe font appel à un certain chanteur issu d'une autre formation prestigieuse : Ian Gillan ne fait en effet plus partie de Deep Purple...

Setlist :

1. E5150 (Intro)
2. Neon Knighs
3. N.I.B  
4. Children of the Sea  
5. Voodoo  
6. Black Sabbath
7. War Pigs
8. Iron Man
9. The Mob Rules  
10. Heaven and Hell
11. The Sign of the Southern Cross / Heaven and Hell (continued)
12. Paranoid
13. Children of the Grave
14. Fluff (Outro)

Cross Purposes Live - 1995

   

Groupe pourtant très prolifique durant les années 70 et 80, Black Sabbath ne sort pourtant que très peu d'albums lives. On en compte en effet, outre le controversé Live At Last, un seul : le Live Evil. Le quatuor décide pourtant de remédier à ça et sort en 1995 un coffret intitulé : Cross Purposes Live. Enregistré à l'Hammersmith Apollo de Londres le 13 avril 1994 durant la tournée Cross Purposes, ce live est sorti dans sa version originale sous la forme d'un coffret comprenant un CD audio et une cassette VHS. Cependant la version vidéo comprend trois chansons de plus (Mob Rules, Anno Mundi et Neon Knights). Une réédition pirate de la VHS est sorti en format DVD en 2003 mais ne contient que la moitié du concert... Mais en voilà assez pour les détails matériels, place à la musique !

Récemment séparé une nouvelle fois de Ronnie James Dio en 1994, le chanteur étant furieux d'être réduit à ouvrir pour Ozzy Osbourne lors d'un show à Costa Mesa. Tony Martin est donc de nouveau convié et le nouvelle mouture enregistre dans la foulée Cross Purposes, suite logique de l'excellent Dehumanizer (1992). Cette période, loin d'être considérée comme une époque faste pour le groupe, est pourtant une période assez bonne en terme de qualité scénique. Proposant une setlist très variée et comprenant des titres très rares, Cross Purposes Live est un disque que tous les fans du groupe se doivent d'écouter ! Faisant ainsi la part belle aux trois différentes périodes du groupe, On y entend en effet par exemple Geezer Butler jouer Headless Cross, titre composé alors qu'il ne faisait plus partie de la formation ! Il faut reconnaitre qu'enchainer des Time Machine, I Witness, Symptom of the Universe (!) ou encore Headless Cross fait son petit quelque chose pour ceux qui comme moi vénèrent l'ensemble de la carrière du groupe.

Geezer Butler et Tony Iommi sont ici impériaux, ce dernier s'essayant à quelques vibratos distordus inhabituels et proposant un solo d'anthologie juste avant que ne résonnent les premières notes de Paranoid. Bobby Rondinelli, s'il ne possède par le groove de Vinny Appice ni la frappe de Bill Ward s'en sort également les honneurs même s'il ne fait que le strict minimum. Il me reste encore à parler d'un des grands oubliés du groupe : Tony Martin. Excellent chanteur que j'aime beaucoup mais dont les deux prédécesseurs ont toujours embrûmés son ascension, il n'en demeure pas moins un membre à part entière du groupe qui a toujours été là quand il fallait ! Et pourtant ce n'était pas son jour... Malheureusement malade au moment de l'enregistrement (infection des cordes vocales), sa prestation ne fait pas honneur à son talent et les vocaux poussifs que l'on peut entendre ici ou là ne font pourtant pas partie de son quotidien scénique. Ne montant pas beaucoup dans les aigus pour concentrer ses efforts dans les graves (qu'il assure), Tony Martin joue également de l'harmonica sur The Wizard ! Tony Martin est d'ailleurs crédité sur cet album pour la première et dernière fois comme véritable chanteur de Black Sabbath et par son vrai nom : Harford. Dernier élément en la défaveur de ce live : le mixage sec et quelque peu étouffant. On s'y habitue, mais ce n'est clairement pas ce à quoi le groupe nous a habitué en studio. Il y a donc fort à parier que Tony Iommi n'avait pas la mainmise sur le domaine.

Bon live disposant de quelques imperfections, l'intérêt de Cross Purposes Live réside surtout dans la setlist atypique que dans la performance en elle-même. Je le sort tout de même toujours avec grand plaisir !

Setlist :

1. Time Machine  
2. Children of the Grave 
3. I Witness 
4. Into the Void
5. Black Sabbath  
6. Psychophobia 
7. The Wizard 
8. Cross of Thorns
9. Symptom of the Universe
10. Headless Cross 
11. Paranoid
12. Iron Man
13. Sabbath Bloody Sabbath

Reunion - 1998

Si il faut choisir un seul moment où le groupe semblait avoir touché le fond, c'est bien l'année 1996. En effet, entre l'échec cuisant de Forbidden l'an passé, le départ volontaire de Tony Martin, l'annonce d'un nouvel album solo de Tony Iommi (en collaboration avec Glenn Hughes) et une compilation, The Sabbath Stones, sortie à la va-vite cette année-là afin de conclure le contrat entre Iommi et IRS Records, l'avenir du groupe est sombre et plus qu'incertain...

Pourtant coup de tonnerre en mars 1997 dans le monde du Hard Rock : Ozzy Osbourne annonce qu'il est bel et bien de retour dans Black Sabbath ! Pour couronner le tout, le groupe assurera sa première partie lors de la seconde édition de l'Ozzfest l'année suivante. Pourtant l'hypothèse du retour au premier line-up est vite démentie : Bill Ward n'est pas de la partie et laisse sa place à Mike Bordin, batteur de Faith No More et d'Ozzy Osbourne ! Pourtant les lives de la tournée Ozzfest sont décevants : uniquement des sets de courte durée, setlist classique et pas de surprises... C'est alors que Bill Ward réintègre le groupe peu de temps après et accompagne le groupe pour le premier concert du line-up d'origine depuis de très nombreuses années (le 15 novembre 1992 exactement) ! Il s'agit de ces deux concerts, donnés les 4 et 5 décembre 1997 au NEC de Birmingham (tiens donc!), qui fournissent la matière de ce troisième live officiel du groupe, sobrement intitulé Reunion.

Et dès l'introduction, on sait que l'on assiste à un moment d'anthologie. Une sirène lourde et sinistre retentit avant que le groupe n'entre sur scène avec un phénoménal War Pigs. Ils sont de retour, enfin! Et ceux qui ont déjà écoutés ce live ne pourront pas me contredire : tout y est parfait ! Le son, la prestation, la setlist, le mixage, la voix d'Ozzy (à son apogée), tout est parfait ! Bien évidemment, la setlist fait principalement honneur aux trois premiers albums. Iron Man recevera d'ailleurs le Grammy Award de la meilleure performance Metal le 23 février 2000, premier Grammy Award jamais décerné au groupe. Ne me demandez pas pourquoi ce titre que je considère comme un des moins bons (le côté mythique, certainement), mais qu'importe... J'aurais personnellement aimé avoir droit à des titres issus de la période plus progressive du groupe. Je ne comprendrais en effet jamais pourquoi des albums comme Sabbath Bloody Sabbath (trois titres y figurent tout de même) ou Sabotage sont constamment oubliés, ou presque. Le très décrié Technical Ecstasy est tout de même representé par le très bon Dirty Women. Vol. 4 enfin n'est présent que par le biais de l'ultime Snowblind.

Mais je chipotte, cette setlist, qui exclut bien entendu tous les titres des périodes Dio, Gillan et Martin, demeure excellente en tous points. Le groupe nous gratifie même de deux titres inédits à la fin du live, enregistrés uniquement pour l'occasion, à savoir Psycho Man et Selling My Soul. Si ces deux titres ne sont pas foncièrement mauvais en soit et qu'il est toujours agréable pour un fan d'avoir du neuf à se mettre sous la dent, ils font tout de même davantage penser à ce qu'Ozzy faisait à l'époque en solo. Si Psycho Woman laisse en effet un goût d'inachevé, Seeling My Soul est victime du fait que Bill Ward soit remplacé par une boite à rythme ! Le pire étant qu'il existe une version avec Bill Ward à la batterie mais le producteur préféra mettre la version avec boite à rythme... 

Mais inutile de se focaliser sur ces deux titres qui ne furent d'ailleurs jamais joués sur scène, l'essentiel de ce double disque live est tout le reste ! Pour la petite histoire, Reunion est le premier album live de Black Sabbath dont les membres présents sur l'enregistrement sont les mêmes que ceux faisant partie du groupe lors de sa sortie dans le commerce. Certaines parties de cet album seront d'ailleurs utilisés pour la bande-son du DVD The Last Supper qui voit le jour en 1999.

Une sortie d'une telle ampleur et d'une telle qualité inaugurait ainsi un nouveau départ pour le groupe. Il n'en fut malheureusement rien... Ozzy Osbourne retourne en effet s'occuper de sa carrière solo (et accessoirement de son émission de télé-réalité) et le projet de nouvel album en 2001 est vite abandonné. Le groupe enchainera donc des tournées sans rien sortir jusqu'en 2006 avec la reformation du line-up de Mob Rules sous le nom de Heaven and Hell. The Devil You Know sortira en 2009 et sera malheureusement l'unique album de cette nouvelle mouture.

Setlist :

1. War Pigs   
2. Behind the Wall of Sleep
3. N.I.B 
4. Fairies Wear Boots
5. Electric Funeral  
6. Sweet Leaf
7. Spiral Architect
8. Into the Void 
9. Snowblind
10. Sabbath Bloody Sabbath
11. Orchid/Lord of This World    
12. Dirty Women
13. Black Sabbath
14. Iron Man 
15. Children of the Grave  
16. Paranoid
17. Psycho Man
18. Selling My Soul

Encore une fois, n'hésitez pas à vous manifester si vous n'êtes pas d'accord avec le choix de ces lives ou simplement si vous souhaitez discuter de ce fabuleux groupe. J'ai eu le bonheur de voir deux fois Black Sabbath (Bercy & Hellfest) ainsi qu'une fois Heaven and Hell avec Ronnie James Dio (Hellfest). Comme vous pouvez l'imaginer, il s'agit de moments inoubliables qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire et je ne parle pas au nom de mon amour du groupe sans aucune objectivité. Ces concerts étaient vraiment très bons, que ce soit au niveau de la setlist, du son, de la voix d'Ozzy ou de Dio (sans blague ahah) ou de l'énergie. Sur ce bonne lecture, on se retrouve très bientôt. To be continued...