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vendredi 27 février 2015

Marduk + Belphegor + Bliss Of Flesh + The Negation

Divan du Monde - Paris

S.A.D.E

Chroniqueur doom, black, postcore, stoner, death, indus, expérimental et avant-garde. Podcast : Apocalypse

Quoi de mieux qu'une soirée black metal en plein coeur de l'hiver ? Pas grand chose à mon avis, et surtout quand on a une affiche de cet acabit : le 27 février, le Divan du Monde a subi la puissance de Marduk et Belphegor, avec en première partie les français de The Negation et Bliss Of Flesh. Une affiche chargée qui aura remué la salle.

The Negation ouvre les hostilités à 18h30 pétante. Le groupe arrive sur scène dans un cliquetis de chaînes, chaînes avec lesquelles ils prendront soin de s'attacher à leurs instruments. Je découvre ce groupe sur scène ce soir et ce n'est peut-être pas les meilleures conditions pour cela. Dès le premier morceau, on sent que le son ne sera pas terrible, les guitares sont brouillones, un larsen traine parfois au milieu des morceaux et la batterie un peu noyée. Même s'ils sont desservis par ce son assez moyen, le black metal bien hargneux que produit le groupe fait sont effet sur le public encore assez clairsemé du Divan. Le set durera une demi-heure, de laquelle on retiendra des compos plutôt intéressante bien qu'assez classique, mais le son restera vraiment le point noir de cet première partie.

Vient ensuite Bliss Of Flesh qui aménage la scène avec des panneaux à l'effigie du groupe et un pied de micro tout en fer forgé. Le son est déjà bien plus audible et précis même si le premier morceau sera à moitié joué sans le chant avant que le souci ne soit corrigé. La batterie est tout de même un peu trop en avant et sur certains morceaux, les tapis de double pédale pas toujours hyper fluides (rien de bien méchant mais quelques petits passage un peu bancaux) s'en retrouve mis en évidence. Reste que Bliss Of Flesh assure bien et déclenche les premières agitations dans la foule.

Tout comme Marduk, Belphegor vient défendre son dernier album sur scène ce soir, le bien nommé Conjuring The Dead. Pendant le changement de plateau, deux sculptures en os sont installées sur scène de part et d'autre du micro masque à gaz désormais bien établi. Si le son avait déjà gagné en puissance et en précision sur le set précédent, on passe ici dans un tout autre catégorie. La batterie est sur-triggée, les guitares crachent sans retenue et les voix apportent la touche finale au tableau. Le Divan est maintenant plein à craquer (le concert se déroule à guichet fermé) et les premiers vrais mouvements dans la fosse se font sentir. Le black/death des autrichiens est imparable et sans concession, et certains enchainement sont particulièrement dévastateurs, le duo Black Winged Torment/Blephegor- Hell's Ambassdor en aura brutalisé plus d'un. Mais sur la durée, ce set me fait un peu la même impression que les derniers albums du groupe (ceux paru chez Nuclear Blast) : c'est trop clinique. Difficile de dire ce qui me bloque concrétement, mais tout est trop propre et malgré l'ambiance profondément impie de la musique, les derniers morceaux du set me semblent un peu trop surfaits. Reste que ce prendre des obus comme Conjuring The Dead et Bondage Goat Zombie à la suite, c'est quand même une bonne fessée qu'on prend avec humilité.

Place enfin à Marduk, on remplace les crânes par de filets de camouflage militaire et ça suffira pour la mise en scène, les Suédois n'ont pas besoin de plus. En toute logique c'est le morceau Frontschwein qui ouvre le set et dès le premier blast après la montée de la caisse claire : chaos. Le son est dévastateur, guitare agressive au possible, batterie tout en vitesse et le chant, le chant mes amis, Mortuus est une bête. Sa voix est complètement habitée par la haine et son physique imposant n'inspire qu'un profond respect. Le genre de type qui devait monter sur scène dans sa vie, pas d'autre choix pour lui. S'enchaine ensuite The Blond Beast, dont la rythmique en contre temps de la batterie donne un étonnant groove au black metal belliqueux des Suédois. Le set se déroule dans la sueur et la violence, Marduk balance tous ses titres les plus ravagueurs : The Levelling Dust, 502, Into utter Madness, Warschau, c'est la guerre, on s'en prend plein la gueule, agression permanante pour tout le monde. Les quelques morceaux mid-tempo qui parsèment la setlist font office de respiration bienvenue dans ce déluge de blast, mais seulement pour se reprendre une décharge encore plus intense la seconde d'après. Comme pour les groupes précédents, il est presque impossible d'apercevoir le batteur caché derrière son rack, mais pas de doute Fredrik Widigs fait son boulot à merveille pendant que Morgan et Devo arpentent le devant de la scène. Alors que les dernières notes de Sulphur Souls résonnent, Mortuus annonce Afrika et c'est reparti pour une avalanche de blast, ce morceau étant sans doute l'un des plus réussi de Frontshwein. Marduk quitte la scène sans crier gare à la fin de Souls For Belial et les lumières se rallument dans la foulée, fin soudaine au bout d'une heure de set, mais tellement intense que s'en est presque assez (non, en fait il y en a jamais assez).

Aucun doute, Marduk est une machine de guerre toujours aussi bien huilée et surtout toujours prête à le démontrer. La puissance et la force de frappe du combo suédois sont absolus, pas de doute. Concert monstre.