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Album

07/07/17 - ZSK

Bliss Of Flesh

Empyrean

LabelListenable Records
styleDeath/Black Metal
formatAlbum
paysFrance
sortiejuillet 2017
La note de
ZSK
7.5/10


ZSK

"On est tous le boomer de quelqu'un d'autre."

En France, on sait aussi tabasser comme les plus grands… C’est ce que Bliss Of Flesh s’échine à prouver depuis sa formation en 2000 et en particulier depuis son premier full-length, Emaciated Deity, qui remonte à 2009. Le groupe nordiste avait livré un bien bon brûlot de Death/Black qui penchait autant du côté des gros noms que sont Behemoth et Belphegor que de celui de ses compatriotes bien sombres de Arkhon Infaustus et Temple Of Baal. Brutal et efficace mais aussi noir et rampant, Bliss Of Flesh est un groupe complet qui n’a presque rien à envier à certaines stars du mouvement extrême. Même s’il doit réussir à se faire vraiment connaître en dehors de nos frontières tout en continuant à évoluer et à s’améliorer. Beati Pauperes Spiritu (2013), s’il ne transformait pas vraiment l’essai de Emaciated Deity, permettait tout de même au groupe de s’affirmer tout en continuant à démontrer sa force de frappe. Et aussi de faire vivre un concept en toile de fond, basé sur la Divine Comédie de Dante. Un triptyque a donc été mis en route depuis Emaciated Deity, qui va désormais trouver sa conclusion avec Empyrean, troisième opus de Bliss Of Flesh qui nous arrive via Listenable Records après des passages par des labels étrangers (l’Allemand Twilight-Vertrieb et le Néerlandais Non Serviam). Une nouvelle attente de 4 ans, avec un line-up à priori inchangé, mais ça valait le coup d’attendre car avec Empyrean, Bliss Of Flesh va livrer sa meilleure œuvre à ce jour. Oui je conclus déjà mais avec ce style de Death/Black, il n’y a pas de temps à perdre…

Bliss Of Flesh ne change pas tant son fusil d’épaule par rapport à Emaciated Deity et Beati Pauperes Spiritu mais continue d'affiner son style, qui oscille entre passages massifs et respirations occultes. Le maître mot reste l’efficacité mais le groupe a su trouver un certain équilibre, livrant avec Empyrean un album plus varié et encore mieux troussé que Beati Pauperes Spiritu, et réussissant cette fois-ci à confirmer Emaciated Deity tout en faisant un peu mieux. Et surtout, les musiciens sont très inspirés, on s’en rend compte dès l’excellent morceau d’ouverture qu’est "Ascension". Après des arpèges de rigueur, on est vite soufflé par la rigueur rythmique du groupe, les riffs d’entrée démontent sec et sont bien mis en valeur par la production abrasive et puissante du Vamacara Studio. Bliss Of Flesh maîtrise déjà son sujet et toutes les composantes de son art pour ce morceau très riche de près de 7 minutes, Necurat montre également tous ses progrès au niveau vocal, s’autorisant d’ailleurs de légères vocalises claires convaincantes qui portent bien un morceau aux atmosphères bien ficelées, le mélange entre riffs mordants et moments mélodiques est totalement réussi. Bliss Of Flesh va donc encore plus loin que Beati Pauperes Spiritu mais retrouve aussi la brutalité qui faisait le sel de Emaciated Deity, en témoigne de suite le très méchant "Penitent" qui est peut-être ce que le groupe a fait de plus violent et morbide sur album studio. Une belle collection de blasts atomiques et de riffs saignants, avec aussi des vocaux bien hallucinés qui sont même accompagnés de discrètes mais remarquables voix féminines. Du grand Bliss Of Flesh, qui confirme sa forme de compétition avec "Agnus Dei", morceau qui se situe pile-poil entre les ambiances de "Ascension" et l’agressivité de "Penitent" pour un résultat formidable, blindé de riffs monstrueux.

Cependant pour la suite d’Empyrean, Bliss Of Flesh va quelque peu tempérer sa frénésie pour mieux travailler ses ambiances. Les deux parties d’"Empyrean" - "Last Kingdom" et "Miserere Mei" - qui totalisent plus de 13 minutes à la toise, laissent donc le groupe nordiste exprimer son côté le plus rampant et occulte (voire même orthodoxe, notamment pour "Miserere Mei" et ses vocaux plus rituels), mais la bonne grosse riffaille Death/Black sera tout de même présente à des moments cruciaux (mention spéciale aux trémolos furieux de "Last Kingdom"). "Apostasy" se situe aussi dans cette lignée avec là aussi quelques passages plus violents, et Bliss Of Flesh se lâchera encore pour le très tapageur "Exercitus Caelorum" avec des riffs bien brutaux avant de finir plus en douceur sur "Renunciation", qui débute par de l’acoustique total (!) avant de balancer des dernières compos bien mordantes mais aussi quelque peu mélodiques. Si Bliss Of Flesh est plus convaincant quand il envoie la sauce, il démontre tout de même un certain savoir-faire en termes de Black-Metal plus occulte et malsain. Cela est donc suffisant pour faire d’Empyrean le meilleur album des nordistes car le plus complet, Beati Pauperes Spiritu est dépassé et le groupe trouve donc son équilibre par rapport à Emaciated Deity. Le seul accroc véritable de cet album est néanmoins son manque d’originalité, il en faudra hélas encore plus pour que le groupe se démarque vraiment et fasse office de référence aux côtés de Arkhon Infaustus et Temple Of Baal dans le domaine du Death/Black hexagonal tendance méchant. De petites longueurs viennent aussi ternir le tableau mais avec Empyrean, Bliss Of Flesh clôture très bien sa trilogie divine, avec force riffs cossus qui montrent un groupe plutôt inspiré. Il manque encore un petit quelque chose, mais Bliss Of Flesh confirme définitivement ses premiers efforts longue-durée et peut maintenant aller de l’avant sur ces bases qui tabassent.

 

Tracklist de Empyrean :

1. Ascension (6:57)
2. Penitent (4:15)
3. Agnus Dei (5:35)
4. Empyrean - Last Kingdom (6:29)
5. Empyrean - Miserere Mei (6:57)
6. Apostasy (5:04)
7. Excercitus Caelorum (3:47)
8. Renunciation (6:25)

 

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