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Album

09/12/14 - U-Zine

Bliss Of Flesh

Emaciated Deity

LabelTwilight-Vertrieb
styleDeath Black
formatAlbum
paysFrance
sortiefévrier 2009
La note de
U-Zine
8/10


U-Zine

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Vous vous rendez à un mariage, au fin fond du rustique département de l'Eure (plus communément appelé le 2-7). Bien sur, vous êtes invités par votre copine et vous ne connaissez quasiment personne. Mais le destin est parfois fort bien fait. Il y a un chevelu en costume. Serait-ce un membre d'Akercocke ? Vous n'osez pas le lui demander. Vous trainez autour de lui pour être sur qu'il s'agisse bien d'un metalleux pour ne vous prendre un vent et vous entendez le mot Soulfly. Vous vous incrustez dans la conversation et la soirée devient tout de suite plus interressante.

En effet, William A.K.A. Sikkardinal appartient à la scène Black Metal et est le guitariste et compositeur de Bliss Of Flesh qu'il va aussitôt me proposer de chroniquer. Quelle charogne celui-là. Il me parle de son groupe de Death Black directement influencé par Behemoth et Belphegor qui a sorti son premier album Emaciated Deity, il y a un an de cela. Belphegor je ne connais pas du tout (et puis vu la vénération qu'a Caacrinolas pour ce groupe, je me demande si je n'ai pas bien fait) mais, après tout je connais pas mal l'oeuvre de Nergal (reste avec nous, mec...) et ses accolytes. Allez j'accepte, au pire, je pourrais me faire un réel point de vu sur l'un des points noirs de ma culture musicale.

Et puis un truc m'avait fait tilter quand le sieur m'avait parlé du groupe :

« Quand je suis sur scène, j'ai envie que le public se dise que William, il est marrant dans la vie de tous les jours à faire la fête mais que je n'irai pas lui serrer la main de peur de m'en prendre une ». Autrement dit l'approche de Bliss Of Flesh avec sa musique est jusqu'auboutiste et sans concession. Certains les traiteront surement de connards prétentieux, sans respect. Mais le principe même du (de ce ?) Black Metal n'est pas d'être respectueux mais de faire régner une ambiance malsaine, lugubre et brutale voire fataliste par moment comme Secrets Of The Moon a su si bien la faire ressentir dans ces grandes heures (le début de « Cursed Bodies »).

Je ne vais pas vous cacher que la brutalité prend une place essentielle dans la musique du groupe avec des blasts qui reviennent inlassablement. Pourtant, Bliss Of Flesh est un faux groupe bourrin et dispose de morceaux autrement plus subtils que ce que les premières écoutes inattentives d'Emaciated Deity pourraient laisser croire. Déjà, pour se sortir du lot, le groupe ajoute bon nombre
de breaks mid tempi où, le plus souvent, une voix claire plaintive pointe le bout du nez pour accentuer le sentiment de messe noire et ajouter charme et âme aux morceaux. Et puis, il faut avouer que se servir de l'Anglais, c'est bien mais que mélanger avec de l'Allemand et du Latin, cela apporte quelque chose en plus de malsain (« D.I.E – Dogma Ignominia Est »). Mais l'interêt de cet album ne réside pas entièrement dans le choix judicieux des chants et des langues, comment ne pas aborder les guitares et ce travail sur les mélodies bluffants. Par moment, on dirait presque que Jon et le grand Dissection de The Somberlain sont de retour comme sur le final divin du titre éponyme à en fouttre des frissons. Un exemple parmi d'autres.

Bliss of Flesh est professionnel dans l'élaboration de ses morceaux, il l'est également dans la production surprenante. Un premier album avec un tel son, j'ai rarement entendu ça. Le son est puissant, froid et très clair (c'est rare de nos jours d'entendre un aussi beau son de batterie). Les personnes amateures de Black Metal au son crade seront peut être gênés par ce son au fond assez « moderne » mais naturel. C'est aussi ça qui fait la différence entre un groupe lambda et Bliss Of Flesh.

On arrive pas à un tel résultat sans des années de travail derrière et cela semble logique que ce premier album sorte dix ans après la formation du groupe. Il faut savoir être patient pour cueillir les jolies fruits de la vie et Bliss Of Flesh l'a compris. Par cet Emaciated Deity, Bliss Of Flesh devient avec un grand mérite l'un des leaders hexagonauxdu Death Black, voire même peut être européens mais mon déficit dans les connaissances de ce genre m'empeche encore de m'emballer. Une formation à suivre de très près donc.

1. Book Of Enoch: Imprecation
2. Perversion / Domination
3. Cursed Bodies
4. Apokalyptic Fields
5. Annonciation Of Carnality
6. D. I. E-Dogma Ignominia Est
7. Entangled In Flesh
8. Emaciated Deity
9. Maccabees

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