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lundi 21 janvier 2013

Kataklysm + Krisiun + Fleshgod Apocalypse

La Dynamo - Toulouse

U-Zine

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Ce début d’année à Toulouse fut le théâtre d’annonces de concerts plus dingues les unes que les autres. Entre Noiser (Terror, Immolation, Crowbar ou encore Red Fang la semaine prochaine), THS (The Exploited, MOD, Toxic Holaucaust, …) ou encore SPM Prod, les organisateurs du concert du soir (et de ceux de Turisas, Trollfest, The Black Daliah Murder, Sepultura ou encore Loudblast/Benighted à venir), c’est devenu de la folie furieuse, pour le plus grand bonheur du public ! Et pour commencer cette année forte en émotions à venir, rien de tel qu’une affiche brutale à souhait pour se décrasser les cages à miel et aborder l’année de la plus belle façon qu’il soit. Place donc à une soirée placée en trois étapes : Fleshgod Apocalypse, Krisiun et Kataklysm.

Entrée : pâtes alimentaires et vin
FLESHGOD APOCALYPSE

L’Italie : son Vatican, sa Tour de Pise, ses pizza, ses soirées Bounga-Bounga, son vin du Piemont et … Fleshgod Apocalypse. Si Lacuna Coil y a percé il y a quelques temps dans un tout autre registre, c’est désormais Fleshgod Apocalypse qui est définitivement devenue la référence death de ce beau pays. Ca n’est pas pour rien que le groupe met à l’honneur ses spécialités culinaires locales au sein même de son merch, puisqu’il est possible d’y trouver des pâtes alimentaires et vin !! Outre ces quelques futilités, la formation nous a sorti l’an passé un Labyrinth de haut vol magnifiant à nouveau le délicat assemblage de death et de musique symphonique que mêle leur musique. Un opus qui sera à l’honneur ce soir.

Le groupe entre en scène avec la furieuse envie d’en découdre. Nouveauté depuis leur concert de Limoges de décembre, Fleshgod est accompagné de Veronica Bordacchini, soprano de son état. Pour autant, La Dynamo n’est pas une bien grande salle et la scène, pour moitié occupée par la batterie de Kataklysm semble bien petite pour accueillir les 6 musiciens, dont un Francesco Ferrini jouant sur un véritable piano (je n’ose imaginer la logistique pour le transport). Cela n’empêchera pas nos voisins alpins de mettre tout leur cœur et toute leur foi dans leur musique pour offrir une prestation de haut vol.

Minotaur (The Wrath of Poseidon) et Elegy, deux titres du dernier album seront là pour montrer à quel point une musique Wagnerienne peut se marier avec du death metal technique sans pour autant en faire de la purée. Pourtant c’est surtout sur l’album précédent, Agony, que sera orientée la setlist avec notamment un The Violation qui fera son petit effet dans le pit. Huit titres, c’est peu, mais pourtant bien suffisant quand on voit la puissance qu’ils mettent dans leurs instruments, tant niveau batterie que guitare. Prestation incroyablement technique dont ils sortiront fort suant ! Encore bravo au groupe d’avoir pris Veronica Bordacchini avec eux sur la route, sa voix donne une profondeur encore inédite à leur prestation, bien au-delà de ce que peut apporter une bande son !

Setlist :
Temptation
The Hypocrisy
Minotaur (The Wrath of Poseidon)
The Deceit
The Violation
The Egoism
Elegy
The Forsaking
 


Moment plaisir : Caipirinha
KRISIUN

Si le Brésil nous a apporté la Caipirinha et Sepultura, il a aussi accouché de Krisiun : 3 rejetons qui font beaucoup de bruit. Actifs depuis 1990 alors qu’ils n’avaient que 16 ans, les 3 frangins Kolesne, Max, Moyses et Alex (qui a depuis changé de nom de famille pour celui de son père), ont pondu dernièrement The Great Execution dont la précision chirurgicale ne laisse que peu de doutes sur leurs intentions. Et effectivement, ce soir Toulouse était sur la liste des villes à mettre à feu et à sang.

Un peu moins tassés sur scène que les italiens, Krisiun offrira un set sans concession. Visuellement, le groupe à de l’allure, Max (batterie) étant encadré à gauche et à droite par ses deux frères, sur un devant de scène (oui, la batterie de Kataklysm est toujours derrière !) offrant une proximité avec le public que le groupe a peu habitude d’avoir en France sur les festivals dont ils sont portant friands. Les titres s’enchainent à toute vitesse (le solo de The Will to Potency en est la preuve) et le public ne cesse d’en redemander.

Avec sourire et décontraction, en prenant soin de remercier à de nombreuses reprises le public Krisiun nous gratifiera même d’une reprise de Venom (dont Moyses porte un tee-shirt) avec Black Metal : tout un hymne, dont le refrain sera repris en cœur par le public. Leur set s’achèvera sur Ravager dont le nom à lui seul suffit à décrire l’ambiance dans le pit : bouillant.

Setlist :
Kings of Killing
Ominous
Combustion Inferno
The Will to Potency
Vicious Wrath
Vengeance’s Revelation
Descending Abomination
Blood of Lions
Drum Solo
Black Metal (Cover de Venom)
Ravager
 


Explosion finale : Pancake & sirop d’érable
KATAKLYSM

Après la plâtrée de pâtes et la trou brésilien, place au désert : une tartine de poutine, pancake et sirop d’étable : direction le Quebec ! Pour autant, Kataklysm m’avait laissé froid pendant des années mais leur nouvel album Waiting for the End to Come, m’avait fait frissonner car comme l’a si bien décrit mon collègue Michaël, qui a chroniqué la date parisienne, avec cette formation, certaines de leurs rythmiques souvent convenues et prévisibles renvoient un coté primitif purement jouissif.

De mémoire, jamais la Dynamo n’avait connu si grande installation, digne du Bikini : batterie encadré par des escaliers, et marchepied en front de scène. Preuve en est, le backdrop immense qui prend pourtant tout le mur du fond est trop grand en largeur comme en longueur !! Rien n’est trop fifou pour nos cousins d’outre-Atlantique et c’est un Maurizio Iacono tout sourire qui mènera le groupe d’une main de maitre. Le vocaliste est très volubile et communiquera énormément entre les titres, notant par ailleurs qu’il reconnait des visages qu’il avait déjà vu lors du passage d’Ex Deo dans la Ville Rose il y a tout juste un an.

Après un début de set sur les chapeaux de roues, avec des titres aussi explosifs les uns que les autres (Push The Venom, Like Animals, At the Edge of the World, …), Oli Beaudouin, batteur de son état nous gratifiera d’un solo de batterie assez impressionnant allant jusqu’au gravity-blast pour encore plus de rapidité : bluffant ! On enchaîne avec Blood on the Swans gardant le même rythme d’ultra vitesse. La communication avec le public sera à son apogée lorsque Maurizio invitera son bassiste Stéphane à enchaîner deux bières cul-sec, ce dernier se plaignant ensuite d’une violente envie de pisser (on a même cru l’espace d’un instant que le set allait s’arrêter le temps de laisser le malheureux se vider !!).

Maurizio, invité à son tour à enquiller un godet d’un train ne se fera en revanche pas prier pour expliquer que la corruption, c’est du caca et qu’il faut décapiter les gouvernements pour introduire Kill The Elite. Elevate continuera de mettre le feu dans le pit, le titre ayant fait l’objet d’un clip promotionnel lors de la sortie de l’album. Et c’est donc après moult stage dive, circle pit et sirop d’étable tabarnak que Kataklysm acheve sa prestation, en ayant pris soin de remercier chaleureusement le public.

Setlist :
Let Them Burn,
Push the Venom
Like Angels Weeping
Like Animals
As I Slither
At the Edge of the World
Taking the World By Storm
Drum Solo
Blood on the Swans
Fire
Blood In Heaven
Kill the Elite
Prevail
Iron Will
Elevate
In Shadows and Dust
Crippled & Broken
The Road to Devastation
 


En définitive, l’un des plus beaux début d’année qu’il soit. Vivement la suite ! Merci à SPM !