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Album

09/12/14 - U-Zine

Soulfly

Enslaved

LabelRoadrunner Records/Warner
styleCavalera Thrash Metal
formatAlbum
paysBrésil
sortiemars 2012
La note de
U-Zine
7/10


U-Zine

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Là voilà ! C’est la sortie annuelle du père Cavalera !

Après un beau raté avec la sortie d’ « Omen » en 2010 ou encore avec l’insipide « Blunt Force Trauma » de Cavalera Conspiracy en 2011, la venue du huitième album de Soulfly me laissait indifférent au plus haut point. Et ce n’est pas la pochette de ce « Enslaved » qui sera assurément nommée « artwork le plus moche de 2012 » qui allait me pousser à y jeter une oreille. Alors oui, j’étais le premier à cracher dans la soupe avant d’y avoir goûté, mais force est de constater que je me suis vite ravisé. « Surprenant » est sûrement le mot le plus approprié pour parler de ce huitième chapitre.

C’est avec surprise (non, je rigole) que l’on découvre que le line-up a une nouvelle fois été remanié puisque c’est le premier album de Soulfly depuis « Dark Ages » où Joe Nunez (batterie) et Bobby Burns (basse) n’apparaissent pas, laissant place à Tony Campos (Ex- Static-X, Ex- Ministry, Prong, Asesino, Possessed, lalisteestlongue) à la basse et David Kinkade (Ex- Borknagar) à la batterie. Un line-up aux allures extrêmes qui laisse planer l’espoir d’un vent d’air frais et pourquoi pas un retour aux choses sérieuses pour le père Max Cavalera. Lui qui n’a jamais caché son amour pour le metal extrême (tout comme son guitariste Marc Rizzo), Cavalera a d’ailleurs été le premier à critiquer ouvertement l’infâme bouse qu’est le dernier Morbid Angel, même s’il n’était pas dans la meilleure des positions pour le faire. Mais ce « Enslaved » tend à montrer que notre barbe à poux préférée a balayée devant sa porte et s’est enfin sorti les doigts d’où je pense.

Ce n’est d’ailleurs pas le single « World Scum » qui me contredira. Un titre typiquement death metal et plus précisément qui sonne comme du gros Morbid Angel. « World Scum » ne fait qu’appuyer les déclarations d’un Max Cavalera qui en l’espace de 5 minutes fait passer David Vincent et les siens pour des rigolos. Le riffing est excellent, David Kinkade démontre que le niveau technique est revu à la hausse, sans parler des très bonnes lignes vocales qui sortent du traditionnel « um, dois, tres, quatro, jumpdafuckup ».

Si « World Scum » est le seul titre purement death metal, « Enslaved » montre un visage beaucoup plus extrême que tous ses prédécesseurs, une évolution cohérente aux vues des chemins empruntés par le passé avec « Dark Ages » ou encore « Conquer ».
Cependant ne vous attendez pas à quelque chose de révolutionnaire, mais sur l’espace de 11 titres, Max Cavalera (bien aidé par un Marc Rizzo toujours aussi excellent) démontre qu’il sait encore produire des compositions de qualités à l’image des « Gladiator », « Intervention » (cette mélodie bien sombre sur les refrains !), « Redemption Of Man By God » ou encore « Plata O Plomo » où Max et Tony Campos se donnent la réplique en portugais et en espagnol.
Même si quelques pistes comme « Legions », « Treachery » ou encore « Chains » montrent des longueurs de part un côté redondant, il y a toujours un break thrash/death ou encore des parties sombres dans un esprit plus atmosphérique qui rendent le tout intéressant.
Comme à l’accoutumée, nous avons le droit à la présence de guests en la personne de Travis Ryan (Cattle Decapitation) et Dez Fafara (DevilDriver) venus tous les deux pousser la chansonnette. On notera tout de même que cette fois la classique instrumentale « Soulfly » (ici « Soulfly VIII ») se trouve uniquement en bonus de l’édition limitée, ce qui est fort dommage puisqu’encore une fois, elle très plaisante et reposante.

En somme « Enslaved » n’est certainement pas l’album de l’année, rien de révolutionnaire, mais l’arrivée de ce nouveau line-up aura clairement aidé Max Cavalera pour la réalisation de ce huitième opus qui parvient à nous faire oublier l’horreur qu’était « Omen ».
Un album et une démarche cohérente, « Enslaved » est clairement la meilleure sortie de « Soulfly » depuis « Dark Ages » (avec « Conquer » que j’avais tout de même trouvé bon). C’est avec le sourire que je conclus cette chronique, content d’affilier la marque « Cavalera » avec des propos plus enthousiastes, c’est mérité !


1. Resistance
2. World Scum
3. Intervention
4. Gladiator
5. Legions
6. American Steel
7. Redemption Of Man By God
8. Treachery
9. Plata O Plomo
10. Chains
11. Revengeance
12. Slave (bonus édition limitée)
13. Bastards (bonus édition limitée)
14. Soulfly VIII (bonus édition limitée)

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