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Album

09/12/14 - U-Zine

Soulfly

Dark Ages

LabelRoadrunner
styleThrash tribal
formatAlbum
paysBrésil
sortieoctobre 2005
La note de
U-Zine
8/10


U-Zine

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A la vue d’une telle pochette, ma surprise fut de taille. Je me suis alors demandé qu’est ce que venait faire cet artwork si sombre sur un album de... Soulfly ! En effet, le groupe nous avait habitué à des pochettes bien plus joyeuses et aux couleurs vives. La raison, c’est Micheal Whelan ! Le monsieur avait travaillé avec Max Cavalera sur les albums de Sepultura tels que Beneath The Remains, Arise, Chaos AD ou encore Roots. Si graphiquement, un retour aux sources s’opère, pouvait-on attendre de même pour les compositions du groupe ?

Après l’accident « 3 », Soulfly s’était remis dans le droit chemin grâce à l’album « Prophecy». Un an après, un fait historique dans l’histoire de la formation : Dark Ages est le premier album en 7 ans d’existence, où le line-up est resté le même deux albums de suite.
Si je n’attendais pas grand-chose de cet opus, on peut dire que je suis totalement abasourdi par la qualité de ce qui nous est proposé. Ce que j’attendais depuis si longtemps venait enfin de se réaliser... Max s’est enfin décidé à nous refaire ce qu’il faisait si bien, du gros thrash qui tâche ! Les critiques qui, jusqu’à présent, n’avaient fait aucun effet sur ses compositions, auraient-elles enfin réussi à le toucher ? A l’écoute de cet album, on se rend compte que tous les défauts qui lui étaient attribués sont désormais corrigés. « Soulfly tourne en rond… Max ne sait pas aligner plus de trois accords à la suite », voilà des attaques qui n’auront plus d’effet après l’écoute de Dark Ages.
Mais vous aimeriez savoir ce qui a tant changé dans la façon d’écrire de Max ? Tout d’abord, cet album est bien plus sombre que ses prédécesseurs, et cela ne se fait pas seulement ressentir dans la pochette mais bien dans les compos. Si auparavant, la majeure partie des titres de Soulfly donnait envie de « jumper », ceux de cet opus sont plus pesants (exceptés quelques morceaux comme "Molotov", "I And I", taillés pour le live ). Il est aussi le plus brutal et le plus lourd de la discographie de l’Esprit Volant. Ceci est majoritairement du à la touche de Joe Nunez, batteur moins technique au plan tribal que Roy Mayorga, mais plus rapide et puissant que son comparse ("Frontlines").

Mais le gros avantage de cette galette reste l’apport de Marc Rizzo aux compositions. Si on m’avait dit que ce serait lui, un ex-Ill Nino, qui intégrerait plus de technique dans Soulfly, j’aurais bien ri… Pourtant, c’est bien lui qui donne un côté très technique à la structure des morceaux ; de nombreux soli, des riffs véloces ou complexes… Prenez un titre comme "Riotstarter", la technique apporte à ce morceau un plus énorme ! Il intègre aussi des parties mélodiques et émotives dans certains morceaux comme sur la fin de "Frontlines", ou sur "Carved Inside"…

Nous voilà donc enfin avec une pièce maîtresse qui signe le retour du grand Max Cavalera ?! Pas tout à fait, il n’a pas totalement effacé tous ses « défauts ». Tout le monde sait que ses paroles sont catchy et très simplistes, mais il a l’art de gâcher certains titres ; après un début plutôt bien parti, "Frontlines" se fait massacrer par des paroles bien trop répétitives (« I don't give a fuck, You don't give a fuck, They don't give a fuck »). Ou encore le riff de "I and I" qui sent le réchauffé à plein nez, le titre en duo avec l’éternel Ritchie sur "Staystrong"… mais mis à part quelques faux pas, l’ensemble reste très bon.

La production puissante permet un son plus lourd sur les parties métal et plus net dans les parties tribales ("Soulfly V"). Cet album a fait sans nul doute remonter Max dans mon estime ; ça fait plaisir de voir qu’il est toujours en forme et qu’il peut encore accoucher de très belles pièces. Même si cette qualité est essentiellement due à un retour aux sources, je ne me plains pas le moins du monde de cette décision. Surtout quand Max ose un titre comme "(The) March", qui nous rappelle ce qu'il faisait quand il était dans Nailbomb ! Des évènements survenus dans la vie privée de Max ( perte de sa petite-fille et d’un ami du nom de Dimebag ) ont apparemment fortement influencé sa musique, et (même si ça peut être cruel à dire ceci) s’il lui a fallu ça pour se remettre dans le droit chemin, on aimerait que ça continue comme ça…

1. The Dark Ages
2. Babylon
3. I And I
4. Carved Inside
5. Arise Again
6. Molotov
7. Frontlines
8. Innerspirit
9. Corrosion Creeps
10. Riotstarter
11. Bleak
12. (The) March
13. Fuel The Hate
14. Staystrong
15. Soulfly V

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