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samedi 7 février 2026

Lorna Shore + Whitechapel + Shadow of Intent + Humanity's Last Breath @Paris

Zénith - Paris

Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Ce jeudi 5 février, le Zénith de Paris accueillait la tournée deathcore de l'année avec, au programme, Lorna ShoreWhitechapelShadow of Intent et Humanity's Last Breath. Un lineup XXL pour une soirée qui aura de toute évidence ravi les fans du genre.

 

Humanity's Last Breath

Dire que j'attendais de revoir le groupe sur scène était un doux euphémisme. Leur dernier album en date, Ashen, était un de mes albums de l'année en 2023 avec cette atmosphère pesante et ce son si puissant. Une claque pas très surprenante compte tenu des liens forts avec un autre groupe djenty que j'affectionne tout particulièrement, Vildhjarta, dont deux des membres (Buster Oderholm et Calle Thomér) sont communs aux deux formations.

Dans un zénith honorablement rempli pour une fin d'après-midi (18 heures... !), les Suédois débarquent sur scène pour un show de 30 minutes chrono en main, qui n'aura toutefois laissé personne indifférent. Malgré quelques couacs de son - la musique et les effets du groupe n'aidant pas Humanity's Last Breath a fait ce qu'il sait faire de mieux, à savoir nous marcher dessus gentiment. Le peu de discussion entre le public et le groupe rend encore plus monolithique la prestation du groupe, avec l'aide d'un Filip Danielsson qui n'en fait jamais trop et qui sait contraster avec les mouvements de ses deux guitaristes. Si l'on ajoute à ces éléments une setlist qui retrace la carrière du groupe et un duo « Labyrinthian » et « Instill » pour représenter le magnifique Ashen, j'ai été comblé par cette performance. On en veut plus !

 Setlist :
Väldet
Abyssal Mouth
Godhood
Tide
Labyrinthian
Bellua pt.1
Instill

 

Shadow of Intent

Mine de rien, les Américains sont en train de nous pondre une carrière XXL dans ce merveilleux monde du deathcore, en enchaînant les albums de haute volée. Si Elegy, sorti en 2022, a ma préférence, la carrière de la bande à Ben Duerr ne cesse de surprendre et de convaincre dans un genre pourtant embouteillé. En témoigne un dernier album intitulé Imperium Delirium qui a fini dans le top albums 2025 de bon nombre de fans de metal moderne.

Sur scène, la recette ne bouge pas d'un iota : Chris Wiseman (guitare) est toujours aussi propre, Andrew Monias (basse) demeure discret mais utile, notamment sur les back vocals, Bryce Butler (batterie) est d'une fluidité folle et, enfin, Ben Duerr confirme qu'il est l'un des meilleurs vocalistes du genre. Forcément, dans une telle soirée, sa performance finie par être éclipsée par celle de Will Ramos qui est un peu un OVNI, mais cela ne doit pas faire perdre de vue que l'Américain a du talent à revendre. Malgré son look de premier de la classe, Ben Duerr a remis tout le monde d'accord dans une prestation où la part belle aura été mise sur le dernier album du groupe, avec pas moins de 7 titres sur 8 joués (« The Heretic Prevails » issu de Reclaimer étant le seul rescapé).

Avec Lorna Shore et Disembodied TyrantShadow of Intent représente pour moi la crème de ce deathcore moderne où les orchestrations sont légions. Peu sont ceux qui sortent de la masse ; mais ceux qui le font s'en tirent brillamment. Bravo messieurs.

Setlist :
They Murdered Sleep
Flying the Black Flag
Mechanical Chaos
Vehement Draconian Vengeance
Infinity of Horros
Feeding the Meetgrinder
The Heretic Prevails
 

  1.  

Whitechapel

Chaque metalleux peut citer un groupe qui, sur le papier, coche toutes les cases de la musique qu'il aime et qui, pourtant, ne fonctionne pas. Me concernant, c'est Whitechapel. Je suis bien conscient du talent de la bande à Phil Bozeman, comme en témoigne une longévité impressionnante dans la scène. Et pourtant, le groupe m'a toujours laissé de marbre, qu'il s'agisse des compositions ou des performances live. Donc, naturellement, je vais m'abstenir de faire quelques commentaires que ce soit, si ce n'est pour indiquer que le groupe s'est produit devant un Zénith - en formation légèrement réduite, sans les derniers gradins - quasi plein, et que la prestation a manifestement séduit tous les fans du groupe et plus d'un amateur. Et c'est bien là l'important !

Setlist :
Prisoner 666
Hymns in Dissonance
A Visceral Retch
Bedlam
Hate Cult Ritual
The Somatic Defilement
Devirgination Studies
Prostatic Fluid Asphyxiation
This is Exile

 

Lorna Shore

Groupe de musique extrême (oui, cela reste extrême, n'en deplaise aux puristes) le plus en vogue du moment dans la scène « mainstream », Lorna Shore a déjà le droit à son Zénith. Certes, pas en configuration maximum, mais surement au moins 5000 personnes pour applaudir un groupe de deathcore qui, il y a 4 ans encore, était la toute première partie de Parkway Drive dans cette même salle. Une ascension fulgurante due à plusieurs facteurs : un deathcore qui parle à tous les fans de metal moderne, des thèmes évoqués dans leurs chansons qui touchent beaucoup de monde et, de toute évidence, la personnalité de Will Ramos qui est tout ce qu'il y a de plus « réseaux sociaux compatible ».

Après une date en headliner au Bataclan en 2024 qui m'avait un peu laissé sur ma faim, j'avais hâte de revoir le groupe sur scène avec plus de moyens. D'autant plus que les récentes prestations en festival avaient fait mouche. Et autant dire que je n'ai pas été déçu : Lorna Shore est devenu un rouleau compresseur.

Côté setlist et sans grande surprise, tournée de promotion oblige, le groupe a joué pas moins de 6 titres de son nouvel opus I Feel the Everblack Festering With Me. Comme préssenti à l'écoute de l'album, certains titres passent très bien l'épreuve du live (« Oblivion », « Unbreakable » ou bien encore « In Darkness ») tandis que d'autres me laissent plus circonspect. Je pense surtout à « War Machine », assez quelconque, et à « Glenwood » qui est un peu fade malgré la petite aération bienvenue qu'elle crée au beau milieu de la setlist. Le fan de Flesh Coffin et Immortal que je suis doit se résoudre qu'ils ne joueront vraisemblablement plus aucun titre de cette période - ou alors sporadiquement -, mais la qualité des opus de la période Will Ramos font passer la pillule plus facilement. Surtout tant que le groupe continue à jouer la trilogie de Pain Remains, qui est très forte.

Quoi qu'il en soit, il est évident que le groupe a pris une autre dimension en live. Outre les effets de lumière qui ont été excellents, le son qui a été globalement très bon et les effets pyrotechniques dont ils ont bien usé sans abuser, Will Ramos continue de prendre de l'ampleur. Liens avec la France ou pas, voir un frontman faire l'effort de prononcer quelques phrases en langue locale est toujours apprécié ; de même, bien qu'un peu showman sur les bords, il n'en fait jamais trop, qu'il s'agisse des discussions avec le public ou les mouvements sur scène. C'est juste et c'est très agréable à suivre en live, en réalité.

Et c'est après 1h15 environ d'un show intense où le public parisien s'en sera donné à coeur-joie, que les Américains quittent la scène avec la désormais classique « To the Hellfire ». Forcément, quand un groupe monte aussi vite que Lorna Shore, les critiques pleuvent ; difficile pour autant de rester insensible au groupe en live, qui est une machine partie pour perdurer, et ce à juste titre. Vivement la prochaine !

Setlist :
Oblivion
Unbreakable
War Machine
Sun//Eater
Cursed to Die
In Darkness
Glenwood
Prison of Flesh
Pain Remains I: Dancing Like Flames
Pain Remains II: After All I've Done, I'll Disappear
Pain Remains III: In a Sea of Fire
To the Hellfire


 

Crédits photos :
Humanity's Last Breath : @grimvisions
Lorna Shore : Zénith de Paris et Nicko Guihal (@nickoguihalphotography)