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L'année 2020 vue par Sleap

jeudi 21 janvier 2021
Sleap

Benjamin. Live reporter et chroniqueur occasionnel dans divers genres (principalement extrême).

Je vais tenter de ne pas aborder les sempiternels sujets qui ont monopolisé l’actu 2020 mais simplement relever l’excellente qualité de son cru musical. Sans que ce soit forcément toujours lié aux périodes d’intenses rapports physiques musicien-instrument entre quatre murs étroits (aussi appelées confinements), cette année nous aura réservé son gros lot de sorties marquantes.

Avant d’attaquer le top, voilà quelques mentions honorables pour ce qui est des full-lengths : Imperial Savagery, Life, Gorephilia, Cardiac Arrest, Disrupted, Gorezone, Convocation, Yacopsae, Hate Forest, Black Curse, Uerberos, Hellripper, Undergang, Diabolic, Of Feather and Bone, Affliction Vector, Paranoid, Ecchymosis, Proscription, Vomi Noir, Revenge, Absurd SS, Evoke, Repuked, Meth Leppard, Realms of Chaos… Et maintenant, passons aux plats principaux !

 

Top Metal

1. Chaos CatharsisExtase dans la Violence (Lord of the Sick)

Pure tuerie Brutal Death 90s dans la veine old Cryptopsy / Suffocation. Mis à part la batterie que j’aime légèrement moins, tout est parfait. La prod’ est au poil, en particulier le son de basse, ET en plus ça chante en esti d’québécois… Que demande le peuple !

2. UlcerateStare into Death and be Still (Debemur Morti)

J’en ai déjà parlé dans le bilan commun Horns Up ici, mais encore un coup de maître de la part des Néo-zélandais. Ce n’est clairement pas mon préféré d’Ulcerate mais cet album vient confirmer de façon péremptoire le génie des trois musiciens d’Auckland.

3. Ad Vitam InfernalInfernal Comedy (Lavadome)

Nouveau challenger dans un style qui m’est particulièrement cher et que j’appelle le « Lavadeath » (les groupes comme Diabolic, Nox/Centurian, Fleshtized/Chaos Inception, Heaving Earth, bref tout ce qui touche de près ou de loin à Morbid Angel, Hate Eternal ou AngelCorpse et qui signe souvent avec le label tchèque Lavadome). En France, mis à part les monstrueux Ritualization, nous n’avions pas grand chose à se mettre sous la dent. Eh bien Ad Vitam Infernal arrive à point nommé en ce début 2020. Bon, il faut juste qu’ils se trouvent un vrai batteur mais sinon tous les ingrédients sont là. Cocorico !

4. AtramentusStygian (20 Buck Spin)

Si on m’avait dit que c’étaient les mecs de Chthe’ilist derrière ce projet de Funeral Doom je ne l’aurais pas cru. Et pourtant, Atramentus vient une nouvelle fois prouver l’incroyable versatilité de Phil Tougas, compositeur et multi-instrumentiste québécois qui officiait jusque-là dans le TechDeath. Stygian est le monolithe Doom Fufu qui m’a le plus marqué cette année, devant le second opus de Convocation pourtant très bon.

5. Caustic WoundDeath Posture (Profound Lore)

Quand les gars de Mortiferum et Cerebral Rot cessent enfin de faire du Dark Death(ent) générique et sortent une buterie de Death Grind hyper frontal et régressif. 25 minutes parfaites pour tous ceux qui n’ont pas peur de perdre quelques neurones.

6. Molested DivinityUnearthing the Void (New Standard Elite)

La petite claque Brutal Death de début d’année. Un opus qui m’a bien plus séduit que celui des pourtant immenses Defeated Sanity. Ici on reste dans la pure tradition BDM US avec une prod’ plus actuelle. Mis à part quelques dissonances malvenues, c’est un régal !

7. ExploatörAvgrundens Brant (Phobia)

Ce 12" est un missile nucléaire de Hardcore D-beat. Comme son nom l’indique, ça suce à fond la vieille scène Punk suédoise et en particulier Totalitär (dont le groupe partage certains membres) mais toujours avec un son de gratte à la Discharge. Ce qui m’a fait préférer ce Exploatör aux autres tueries du genre comme celles de Paranoid, Destruct ou Vengeance by Proxy, ce sont les vocaux ultra arrachés de Poffen. Hyper raw !

8. AmorphiaMerciless Strike (Awakening)

Je propose à tous ceux qui ont aimé le nouveau Sodom d’écouter ce Merciless Strike, ils vont tout de suite relativiser… S’il y a bien un album qui refait du vrai Sodom en cette année 2020, c’est celui des Hindous d’Amorphia. Dès les premières secondes on est dans du Persecution Mania à 200%. Bien loin devant le soi-disant retour aux sources des Allemands.

9. AbramelinNever Enough Snuff (indépendant)

Dans le genre « retour totalement improbable », celui d’Abramelin se pose là. Et pourtant, les vétérans australiens font un comeback étonnamment convaincant. Bien qu’il se soit modernisé en 20 ans (ajout de purs soli notamment), le Death du gang de Melbourne est toujours aussi cradingue et entrainant. Mention spéciale aux grognements bestiaux absolument géniaux du vocaliste historique Simon Dower !

10. Internal RotGrieving Birth (Iron Lung)

Bien qu’il n’égale pas la méga claque de 2014 qu’était Mental Hygiene, ce Grieving Birth transforme tout de même l’essai (contrairement à Death Toll 80k…). Un Grindcore percutant, lorgnant parfois vers le Death Grind mais qui reste toujours aussi frénétique. Ne vous fiez surtout pas à la pochette, vous risquez d’y laisser des dents !

 

Enfin, je n’oublie pas les « petites » sorties (demos / EPs / splits) qui ont aussi été très nombreuses cette année. Quelle avalanche de tueries : Suffering Mind, Godagainst, Engulfed, Tsun Tzu, Mortal Incantation, Blood Ouroboros, Lithopaedia, Cystic, Pharmacist, et les splits Anhedonist / Spectral Voice, Last Days of Humanity / P.L.F., Ascended Dead / Evil Priest, Unholy Grave / Nekrofilth, Heresiarch / Antediluvian, Agathocles / Assur, Antichrist / Goatsmegma

 

Flop Metal

1. GödenBeyond Darkness (Svart)

30 ans après la sortie du culte Into Darkness, ce comeback/follow-up parait, cette fois sous le nom de Göden, et… quelle déconfiture (oui, oui) ! Des orchestrations inadéquates, un sérieux manque d’inspiration niveau riffing, une voix criarde dégueulasse qui rappelle bien plus une pré-prod Metalcore de 3ème zone que des vocaux de Doom Death, et pour couronner le tout, on nous ajoute entre chaque titre une narration spoken word à la Christopher Lee du pauvre digne des heures les plus sombres du Power allemand. RIP Winter, je suis définitivement en deuil…

2. NecrowretchThe Ones from Hell (Season of Mist)

Je fais partie des irréductibles de Necrowretch, même au point de ne pas être lassé de leurs concerts après 10 ou 15 fois (contrairement à nombre de mes confrères). Mais là je dois avouer que ça ne fonctionne plus. Le groupe répète les mêmes gimmicks sans grande conviction (les riffs Necrophobic-like sur tapis de double, les stop-and-go, et bien sur les « Hail Satan » à tout-va). C’est loin d’être mauvais, mais on est totalement en pilote automatique.

3. AbhomineProselyte Parasite Grave (Hells Headbangers)

Même si j’avais bien aimé le premier effort de ce récent projet Helmkampien, ce second me laisse de marbre. Le travail de mix est bien trop bâclé. Et surtout, que ce soient ceux de Cazz Grant ou ceux de Pete Helmkamp, les vocaux sont tout sauf agressifs. À l’image de ce qu’est devenue la voix de Shyaithan sur le dernier Impiety, toute bestialité semble avoir disparu…

4. Cro-MagsIn the Beginning (Mission Two)

C’est marrant de voir à quel point le père Harley Flanagan nous a teasé un « retour aux sources » de Cro-Mags depuis qu’il a récupéré les droits, et de finalement constater que ce comeback est une énorme blague… Une soi-disant ode à la persévérance, à la combativité et à l’intégrité alors qu’on nous sert juste une soupe D-beat nullissime assaisonnée d’une voix qui fait tout pour sonner aussi grave et basse que possible (petit complexe de virilité ?). Je crois que je préfère encore lire ses posts facebook, là au moins il n’y a « que de la gueule » sans conséquences dramatiques…

5. CadaverEdder & Bile (Nuclear Blast)

Oscar du pire comeback de l’année (il en fallait un). Prod horrible, paroles à base de « resist » et autres « don’t give a fuck » à mille lieues des textes d’In Pains… ou d’Hallucinating Anxiety – qui étaient pourtant loin d’être du Baudelaire. De plus, l’ajout de Dirk Verbeuren derrière les fûts n’apporte absolument rien. Le gars se fait chier comme un rat mort et son son de batterie est à se tirer une balle. Bref, la purge.

6. Deeds of FleshNucleus (Unique Leader)

Je n’étais déjà pas fan du dernier opus en date, mais ce nouveau Deeds of Flesh est la preuve qu’il fallait définitivement enterrer le groupe dans la même tombe que son fondateur (et ça me fait mal de l’écrire)… Même si les Américains avaient déjà emprunté un chemin bien plus orienté TechDeath moderne, on sent vraiment qu’Erik Lindmark s’en est allé. De nombreux morceaux en riffing staccato désagréable, des breakdowns dégueux, et surtout une batterie surtrigguée. Et ce n’est pas l’avalanche de guests vocaux prestigieux qui va changer la donne…

7. MidnightRebirth in Blasphemy (Metal Blade)

La voix d’Athenar est le seul point sur lequel Midnight ne déçoit jamais. Pour le reste c’est en revanche beaucoup plus compliqué. Zéro riff, que du remplissage, aucun titre où on se dit « putain, trop hâte de l’entendre en live ! ». Je suis peut-être devenu un gros boomer, mais Midnight ne parvient vraiment pas à m’accrocher en studio depuis Satanic Royalty

8. DropdeadDropdead 2020 (Armageddon)

Alors, j’ai peut-être raté un épisode, mais depuis quand Dropdead s’est mis à faire cette espèce de D-beat groovy ultra bateau ? Et que dire des vocaux… Ils ne sont même plus un tant soit peu « criés » mais simplement « chantés » voire « rappés » par instants. Où est passée la (power)violence ?!

9. Prosanctus InferiHypnotic Blood Art (Nuclear War Now)

Ce n’est pas un combo que je portais particulièrement dans mon cœur, mais je m’y suis tout de même risqué une nouvelle fois. Ce fut un échec… Une production pour ainsi dire absente, aucune conviction dans les vocaux, des compos molles et chiantes comme la pluie, un son de grosse caisse à gerber… Suivant !

10. AfterbirthFour Dimensional Flesh (Unique Leader)

De leur période « Slam » dont ils étaient pourtant un des précurseurs, il ne subsiste que les vocaux. Et ces derniers sonnent, du coup, totalement inappropriés au sein de cette nouvelle mouture. En effet, on est aujourd’hui sur une formule Death technique moderne à l’opposé de ce qu’était le groupe. Une direction qui plait certainement à un nouveau public, mais perso je passe mon tour.

 

Top Hors Metal

1er hors-catégorie : François PérusseL’Album du Peuple : Tome 11 (Zéro Musique) <3

1. WobblerDwellers of the Deep (Karisma)
2. James McGawLa Fin des Temples (Soleil Zeuhl)
3. Busta RhymesExtinction Level Event 2 (Conglomerate Entertainment)
4. KansasThe Absence of Presence (Inside Out)
5. EminemMusic to be Murdered By (Aftermath)
6. NasKing's Disease (Mass Appeal)
7. Public EnemyWhat you gonna do when the Grid goes Down ? (Def Jam)
8. HeckmannRelease the Pain (A.F.U.)
9. John ZornBaphomet (Tzadik)
10. Amorphous AndrogynousWe Persuade ourselves we are Immortal (Future Sound of London)

 

Top Live

Oui, je fais tout de même un mini bilan concerts pour cette (sat)année 2020 car les deux premiers mois furent identiques à ceux des autres années. Voilà donc, dans trois genres totalement différents (Prog Rock théâtral / Hip-Hop West Coast / Crust Grind à HM-2), mon trio de tête :

1. Ange @ Trianon (Paris) dont le report est lisible ici
2. The Pharcyde @ Rockstore (Montpellier)
3. Implore @ KJbi (Montpellier)

 

Top Artworks

Histoire de placer plus d’une seule pochette cette année, voici mes trois artworks favoris de 2020 :

AtramentusStygian (Mariusz Lewandowski)

The CrownCobra Speed Venom (Christian Sloan Hall)

Of Feather and BoneSulfuric Disintegration (Stewart Cole)

Je mentionne également celle du SpellOpulent Decay parce qu’il s’agit de L’œil du Silence, mon œuvre préférée de Max Ernst. Pareil pour Ummon de Slift dont les artworks sont extraits de la splendide BD Ârkhe de Philippe Caza. Je laisse cependant ces deux-là hors catégorie car ce sont des œuvres à part entière qui ont simplement été réutilisées comme pochette/layout.

 

Coup(s) de gueule

Je ne vais pas épiloguer sur le manque de concerts/festivals/cinémas/bars/etc en 2020, mais, comme chaque année, je rends tout de même hommage aux grands disparus du monde de la musique. C’est souvent ce qui me cause le plus de peine et ce n’est pas près de finir…

Little Richard, Neil Peart (Rush), Florian Schneider (Kraftwerk), Sean Reinert (Cynic), Eddie Van Halen, MF Doom, Riley Gale (Power Trip), Thee Slayer Hippy (Poison Idea), Cyjan (Dead Infection), Kim Harrington (Anhedonist), Lee Kerslake et Ken Hensley (Uriah Heep), Dieter Horns (Lucifer's Friend), Leslie West (Mountain), Peter Green (Fleetwood Mac), Genesis P-Orridge (Throbbing Gristle), Judy Dyble (Fairport Convention), Steve Holland (Molly Hatchet), Joel Vandroogenbroeck (Brainticket…), Jimmy Cobb (Miles Davis, Wes Montgomery, John Coltrane, Cannonball Adderley…), Ronald Bell (Kool & the Gang), Francis Prestia (Tower of Power), Bill Withers, Ennio Morricone, Krzysztof Penderecki, Jerry Jeff Walker, etc, etc, etc. Ils sont malheureusement toujours plus nombreux d’année en année…

 

Attentes 2021

Voici globalement la liste des sorties plus ou moins annoncées par différents groupes que j’apprécie. Certaines étaient censées paraitre cette année (voire les années précédentes !) mais devraient enfin voir le jour en 2021 :

King Diamond, Dead Congregation, Chaos Inception, Coffin Texts, Cambion, Heaving Earth, Beyond Mortal Dreams, Internal Suffering, Ad Nauseam, Drowned, Nekromantheon, Vitamin X, Apsu, Sacramentum, Severe Torture, Ageless Summoning, Unanimated, Phrenelith, Blind Guardian, Liturgy AD, Herzel, Wraith, Solstice, Brodequin, Battleaxe, Condemned, Grand Supreme Blood Court, Darkthrone, Arghoslent, Retromorphosis, Depulsed, Vio-Lence, Fromagerie, Torso, Dispersed, Horrifying, Ruins of Beverast, Metharoma, Vomit Remnants, Aberration, Reviled, Mephitic Corpse, Suffering Hour, Qrixkuor, Iniquitous Savagery, Starlight Ritual, Eyehategod, StarGazer, Reputdeath, Saber, Coroner, Possession, Warfuck, Dark Millenium et hors-extrême le Lost Themes III du grand John Carpenter

 

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