Articles Retour

Nos essentiels des années 2010 - Hardcore, Grindcore & dérivés

vendredi 30 octobre 2020 - Team Horns Up
Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Vous imaginez bien que résumer l'histoire de la scène hardcore sur une décennie, d'autant plus lorsque c'est une décennie qui l'a vue arriver à un carrefour est une tâche difficile à aborder avec concision.
Les années 2000 ont incarné le cataclysme qui a changé le visage des sphères du hardcore et a consacré la pluralité du style et sa capacité sidérante à se renouveler à l'époque où le metal peinait davantage à le faire. Explosion du mathcore avec la consécration de Converge et The Dillinger Escape Plan ; accès à la popularité du metalcore en adoptant un son moins rugueux avec les Misery Signals, Norma Jean et autres Poison the Well ; nouvel âge d'or du grindcore avec une nouvelle vague particulièrement marquée par les productions de Pig Destroyer, Insect Warfare ou Nasum ; la noblesse du hardcore mélodique avec Have Heart, Modern Life Is War ou Bane ; et surtout la courte mais intense apogée de l'ère MySpace qui intronisa le MySpacecore qu'on aime mépriser mais qui en a bercé plus d'un.e (BMTH, Escape the Fate et autres Suicide Silence).
Passer après autant de réinventions et de sorties majeures n'est pas une mince affaire. Preuve en est, le mathcore a peiné à se développer en dehors des sorties des groupes de la décennie précédente, et globalement la première moitié des 2010s a souffert de tous les jalons posés avant elle. La queue de la comète MySpace a dominé jusque 2013-2014 et la fin des "scene kids" a auguré d'un renouveau consistant.
À partir de 2015, la scène "new youth crew" a rapporté le souffle juvénile dont le hardcore avait tant besoin. Turnstile, Code Orange ou Knocked Loose ont su montrer que la spontanéité était ce qui allait définir le hardcore pour plusieurs années. Et ce n'est pas l'impressionnant revival du screamo/emoviolence, ni le retour en force de redoutables groupes de metalcore dissonant qui va les contredire.

Si aucun nouveau sous-genre n'est apparu durant ces 10 ans, les multiples promesses faites par des mouvements tenaces durant les dernières années donnent espoir pour les 2020s.
Voici donc notre sélection qu'on a essayé de rendre la plus diverse. Le hardcore est un monde que l'on souhaite explorer davantage et il a fallu faire des choix cornéliens, mais on estime quand même avoir compilé un honnête échantillon du meilleur du grindcore, metalcore, mathcore, sans oublier ce qu'il faut de beatdown et de screamo. Régalez-vous et n'hésitez pas à nous faire vos retours.

 

Birds in Row We Already Lost the World (2018)

Dolorès : Bien qu'on se trouve ici dans un bilan destiné à des styles qui s'éloignent du metal, Birds in Row est typiquement le groupe qui plaît bien à celles et ceux qui sont étrangers à cette scène-là. Difficile à expliquer ? Le fait qu'ils soient d'origine française et excellents en live a forcément aidé à les populariser chez les petits metalleux de chez nous. On peut aussi simplement s'arrêter sur la qualité de leur discographie. En effet, dans ce bilan, on aurait tout aussi bien pu vous parler de l'anxiété surmontée d'une épée de Damoclès qu'on ressent à l'écoute de You, Me & the Violence (2012) ou encore de la brûlante et intime passion de Personal War (2015).

We Already Lost the World, dernier en date, a cette saveur si particulière d'une énergie adolescente mêlée à une insolence mature, un engagement d'adulte qui a bien appris de ses heures de jeunesse. On n'oublie bien sûr pas ce qui qualifie Birds in Row : l'émotivité parfois colérique, parfois à fleur de peau, qui parcourt son chant et les ambiances données. Sentiment à la fois universel et interne. Malgré beaucoup de sobriété, ce coup-ci véhiculée par la pochette ou des titres de plus en plus clairs et efficaces, c'est une superbe poésie, qui s'intéresse autant à l'éphémère qu'à l'éternel, qui marque l'univers du groupe. En résumé, clairement des sensations dont on a besoin et qui nous touchent particulièrement en cette fin d'année 2020.

 

Nails Unsilent Death (2010)

Raton : Tout a déjà plus ou moins été dit sur Nails et ce pour une excellente raison : car il n'y a pas grand chose à dire sur Nails.

Vous en savez déjà probablement autant que moi : les Californiens ont remis sur le devant de la scène la powerviolence et l'utilisation abusive de la pédale HM-2 avec trois albums qui ont globalement fait l'unanimité.
Il serait complètement abusif de dire que Nails innove. Leur son est la stricte somme d'Entombed, du grind anglais (et de ses racines crust) et de la powerviolence californienne. Le cahier des charges est rempli avec des explosions bruitistes et terriblement denses, des pauses grassouillettes en mid-tempo et un morceau final plus long que les autres, rampant et pesant.

Mais si rien ne va vraiment révolutionner votre monde à l'écoute de Nails, il faut quand même admettre qu'ils le font extrêmement bien. Le tube éponyme, du haut de ses 2 minutes 43, le prouve très clairement. La structure est nette avec ce riff indécent suivi de dissonance puis d'un break martelé avec hargne qui s'étire jusqu'à la suffocation. L'exercice n'est pas à la subtilité mais à l'efficacité primaire et bestiale. Nails y parvient avec une aisance déconcertante et si les puristes aiment bien doucement mépriser le quatuor, reconnaissons également que jusque là, pas grand chose ne leur est arrivé à la cheville (si ce n'est les excellents Sex Prisoner ou Dead in the Dirt, trop souvent oubliés) - et ne me parlez pas de Full of Hell, on est dans une toute autre cour.

 

Turnstile Nonstop Feeling (2015)

Hugo : Parmi mes interrogations récurrentes, celle de savoir si les autres, eux-aussi, aiguillent leurs écoutes en fonction du temps et des saisons. Suis-je le seul, en été, à raffoler de riffs dégoulinant de soleil, couplés à des mélodies entêtantes jusqu’à la nausée ? Turnstile c’est presque tout ça d’un coup, posant un gros pied dans le hardcore East Coast qui nous fait pourtant rêver de Californie, et l’autre dans un gloubi-boulga d’influences allant du Pop Punk à un Metal plus grossièrement qualifié d’alternatif.

Le constat est présent dès le début du disque avec « Gravity », doté d’une énergie et de riffs presque hip-hop. Globalement, l’attitude du groupe dégage quelque chose de complètement jouissif, aussi street crédible que débridée, fun, donnant envie de manger le bitume en tombant de skate. Et la musique en bénéficie, car chaque morceau propose à sa façon un petit twist original, donnant l’impression d’un tout cohérent mais très varié. En témoignent des titres comme « Blue By You », tube punk absolu et complètement surprenant au milieu du disque, ou l’instrumental « Love Lasso », s’affranchissant des purs carcans hardcore traditionnels.

Au milieu d’une année musicale 2015 riche en sorties monstrueuses (il suffit de jeter à nouveau un œil aux différents tops de l’époque pour s’en persuader), Turnstile a remué le petit monde des fans de Hardcore et de Metal, avec un disque aussi facile d’accès qu’intelligent dans sa réalisation. C’est là tout le brio du groupe, qui réussit à se faire une petite place confortable dans un paysage parfois dur à changer. Ne manquait qu’une chronique Pitchfork pour que le groupe explose auprès d’un public plus large – ce qui arrivera avec le second disque et la signature chez Roadrunner. Et si vous n’êtes pas rassasiés, regardez-donc ce que ça donne sur les planches.

 

Incendiary Thousand Mile Stare (2017)

Raton : Ça faisait un sacré moment que je voulais vous partager mon amour d'Incendiary. Parce que ça fait plus de deux ans que j'écoute en boucle cet album et parce que des piliers de la scène "new youth crew", ce sont clairement les plus sous-estimés. Je vous en parle régulièrement et ne peux cacher mon amour pour Turnstile, Knocked Loose et autres Harm's Way, mais s'il peut y avoir quelque chose de maladroit chez certains d'entre eux (Code Orange en tête), Incendiary se place à l'opposé avec une interprétation impeccable et des constructions de morceaux proprement parfaites.

Incendiary fait revivre avec brio le hardcore métallique new-yorkais impitoyable, avec cette touche quasiment edge metal et des riffs qui pourraient venir aisément de groupes de thrash. De toute façon, les types assument publiquement que leurs influences sont Earth Crisis, 108 et Indecision. Et cerise sur le gâteau, ils parviennent à être NY jusqu'au bout des ongles sans devoir balancer des lieux communs sur la libération animale et l'unité straight edge.

Si "Cost of Living", sorti en 2013, est également un petit chef d'oeuvre, "Thousand Mile Stare" parvient à pousser l'équilibre entre tubes absolus et violence déchaînée à un niveau tel qu'il est pour moi le meilleur album de New York hardcore de la décennie (ça implique surpasser Turnstile, Backtrack et Mindforce). Ce tour de force est notamment possible grâce à une face A intouchable qui enchaîne les hymnes sans faiblir la moindre seconde. Mais même sur la face B on trouve des odes à la destruction de mobilier : que ce soit le démentiel "No Purity", la ligne fantastique "A choice to do nothing is a vote for yes / A choice to do nothing is a vote for death" sur "Sell Your Cause" ou le riff titanesque en outro sur "Fact or Fiction".
Un essentiel absolu.

 

Lionheart - Welcome to the West Coast (2014)

Di Sab : Après cet éloge, il y a de fortes chances que Raton, gardien du bon goût de la partie Hardcore du webzine, me réprimande tant mon rapport à Lionheart est contraire au sens commun. Pour n’importe quel bipède normalement constitué, Welcome to the West Coast est, en effet, tellement limité qu’il pourrait aisément faire les jeux Paralympiques. Les quatres TiboInshape nord-californiens combinent pendant 45 minutes riffs bas du front et breaks de gogolinos de manière tellement automatique que ça en est navrant. Rajouter à cela des lyrics tellement creux qu’à côté, ils feraient passer n’importe quel poème d’une gamine de 8 ans écrit sur une feuille Diddl pour du Rimbaud. Welcome to the West Coast est aussi bête que musclé et pourtant, j’ai un rapport quasi intimiste à cet opus. Il me rappelle une époque que je chéris, des personnes que j’affectionne, des instants tendres, des instants tristes, des instants drôles. Bref, il a rythmé une petite partie importante de ma vie et de ce fait, j’ai dû défendre bec et ongle sa place dans ce top. Au-delà de mes sentiments, on est tout de même face à un modèle de Hardcore de Bro. Ce Hardcore fédérateur fait par des types qui ont un dégradé, qui vont à la salle et fument des blunts, qui sont antiracistes mais pro armement.

Globalement, WTTWC est un peu au Hardcore ce que Fight Club est au cinéma : si vous avez débuté avec lui, vous y êtes attaché, si vous avez un petit background mais êtes passés à côté, il est désormais trop tard pour l’apprécier, ne chercher pas à rattraper votre retard, cela n’en vaut pas la peine.

 

Kvelertak - Kvelertak (2010)

Circé: Il y a maintenant dix ans sortait le premier album d'une petite bande de Norvégiens, mêlant racines black metal (il faut bien perpétuer les bonnes vieilles traditions de son pays), un esprit punk et une forte énergie rock'n'roll bien groovy. Rajoutez-y une prod signée Kurt Ballou et un artwork au style bien marqué John Baizley (Baroness...), on voit tout de suite à quoi on a à faire. Sauf que voilà, ce premier album de Kvelertak combine un peu le meilleur de l'esprit planche de surf et forêts scandinaves. À aucun moment la rage juvénile et festive qui traverse les onzes pistes ne semble faiblir, des riffs et solos imbattables aux refrains certes pas bien compliqués mais efficaces comme peu savent en faire. On se laisse vite emporter par cette énergie non feinte dont transpire le groupe (qui éclate comme jamais en live). Conserver la lourdeur du metal extrême en y ajoutant toute ce groove et cette positivité, c'est un pari que peu d'albums réussissent aussi bien que celui ci. Alors certes, Kvelertak joue un peu dans le cliché, mais ce premier jet est tellement jouissif qu'on leur pardonne bien vite les défauts qu'on peut leur trouver.

 

The Dillinger Escape Plan - Option Paralysis (2010)

S.A.D.E : Au cours des dix années écoulées avant la sortie d'Option Paralysis, The Dillinger Escape Plan avait littéralement retourné la scène hardcore. Entre un premier album à folie furieuse inégalable, le passage de Mike Patton dans leur rang, la confirmation d'une identité unique avec les albums suivants et leur réputation de machine de guerre sur scène, TDEP avait d'ors et déjà acquis un statut de groupe culte à l'orée des années 2010. Et la sortie de ce quatrième album viendra enfoncer le clou.
Délaissant Relapse Records pour développer leur propre structure, Party Smasher Inc., en collaboration avec Season of Mist, TDEP s'est offert une plus grande liberté créative et Option Paralysis est de ce point de vue magistral. Si le groupe avait déjà montré qu'il ne resterait pas enfermé dans une copie de son premier effort, il va avec ce quatrième album monter d'un cran dans la diversité. On retrouve bien entendu le mathcore furibard et chaotique qui a fait la renommée du groupe mais, en suivant la direction prise sur les albums précédents, cette matière première incontrôlable est largement entrecoupée de passages accessibles et mémorisables, enrichie d'effets et d'arrangements variés, "popisée" d'une certaine manière. On reste néanmoins sur une musique très extrême, frôlant parfois l'incompréhensible, toujours composée avec minutie et un sens du collage tout à fait unique. Greg Pusciato démontre encore un fois l'étendue de sa palette vocale, cherchant des notes toujours plus hautes et des phrasés toujours plus bizarre (sur les passages mathcore) ou imparable (sur les refrains popisés).
Aujourd'hui, TDEP n'est plus. Les albums suivants, One of Us Is The Killer et Dissociation, poursuivront l'évolution musicale du combo du New Jersey mais resteront pour moi un poil en deçà de ce Option Paralysis. Peut-être parce que cet album est le premier du groupe dont j'ai vécu l'arrivée en direct, le premier où, après avoir absorbé les sorties précédentes, j'ai eu cette attente fébrile lorsque les premières annonces ont paru. Mais, même au-delà de ces considérations toutes personnelles, Option Paralysis demeure un album impérial d'un bout à l'autre, maîtrisé à chaque instant.

 

Hatebreed- The Divinity of Purpose (2013)

Matthias :  Paradoxe quand tu nous tiens ! Alors que j'ai entamé mon initiation musicale avec une dose massive de punk des origines et de ses ramifications ultérieures, je ne me suis jamais pleinement converti au hardcore dans son aspect metal, au-delà de quelques groupes incontournables du tournant 80's – 90's. Et pourtant, les dieux m'en soient témoins, j'ai eu la hargne nécessaire pour apprécier une vraie vibe East Coast : les galères à répétition, l'anomie urbaine qu'on tente de soigner en traînant le pavé avec quelques canettes, et l'avenir bouché au béton avec ses brèves périodes de catharsis. La vie quotidienne d'une classe populaire qui n'a pas honte de ce qu'elle est, une vie pas toujours facile mais encore marquée par une véritable solidarité dans la joie comme dans la lutte. Une vision très punk somme toute, skin même, que je retrouve fort chez des titans tels que Biohazard ou Madball. Et qui a toujours sa place dans les paysages de Nouvelle-Angleterre, comme me l'a prouvé Hatebreed. Si le groupe fait gronder le bitume de Bridgeport, Connecticut, depuis 1994, il a su garder un esprit très originel jusqu'à une époque où les qualificatifs en “core” s'étaient rapidement multipliés, pour le meilleur comme pour le pire.

The Divinity Of Purpose, sorti en 2013, garde indéniablement une âme profondément ancrée dans le hardcore metal originel ; c'est rythmé, agressif, on entend des choeurs plutôt bien construits, et Jamey Jasta nous martèle de ses slogans de gros dur qui en a vu. Mais pourtant l'album évite avec brio l'écueil du cliché sur lequel se sont vautrées bien d'autres formations plus intéressées par la bagarre que par le message. Car une fois qu'il est certain qu'on l'écoute attentivement, l'ami Jasta nous livre quelques punchlines qui laissent songeur, comme ce Sometimes standing for what you believe mean standing alone sur un "Honor Never Dies" qui évite ainsi le typique morceau autoglorificatoire pour devenir un constat désabusé du mirage que sont en fait bien des prises de position. Même prose qui tape juste où il faut sur un "Before The Fight Ends You" pourtant ultra guerrier, voire jusqu'au-boutiste dans sa construction. Hatebreed n'est pas là pour inciter les kids à se taper dessus ; le groupe a de la bouteille, et en a tiré une vraie maturité. Non, voici un hardcore très oldschool malgré quelques touches plus modernes (la discrète voix emo sur "Nothing Scars Me") mais qui se veut positif, distiller un message qui tient de la main tendue aux plus jeunes qui galèrent comme les vétérans en leur temps. Le morceau éponyme, qui se permet d'ailleurs d'être groovy façon RATM, l'illustre bien : le monde est merdique mais on trouve parfois des soutiens solides sur lesquels on pourra compter à vie. Stay true.

 

Napalm DeathApex Predator - Easy Meat (2015)

ZSK : On peut déjà discuter de la place de cet album dans le Top « Hardcore » mais nous parlons ici de tout ce qui est grosse bagarre. Je vais encore une fois me charger de l’album le plus « extrême » de la sélection mais de toute façon, on parle d’un groupe presque au-dessus des genres, dont le passé Hardcore/Punk n’est plus à démontrer et dont l’aura et l’influence vont bien au-delà des divers genres. Deathgrind ou pas, Napalm Death est toujours très fort dans le registre des musiques les plus urgentes, vindicatives et énervées. Lui qui a repris un tournant résolument extrême dès Enemy Of The Music Business (2000) et n’a cessé de livrer des albums bien saignants depuis. Pour ce qui est des années 2010, Napalm Death s’est fait néanmoins un peu désirer. Il n’a donc sorti que 2 albums en 10 ans, mais si Utilitarian (2012) valait déjà son pesant de cacahuètes, que dire de son successeur Apex Predator - Easy Meat (2015). C’est tout simplement l’album le plus sauvage sorti par les Anglais. Papys ou pas, le quatuor n’a connu aucune baisse de forme et a sorti au milieu de la décennie un sacré monstre. Sombre, tranchant, pessimiste et violent, Apex Predator - Easy Meat ne plaisante vraiment pas. De l’entrée de folie sur "Smash A Single Digit" et "Metaphorically Screw You" jusqu’au final apocalyptique "Adversarial / Copulating Snakes", en passant par les brûlots que sont "Cesspits" ou "Stunt Your Growth" et les plus originaux "Dear Slum Landlord…" ou "Hierarchies" démontrant encore toute la créativité du groupe, cet album est une tuerie en bonne et due forme. Que ça soit sur album ou sur scène, Napalm Death est toujours là et est toujours en forme. Cela engendre un respect éternel très Hardcorien, et tout amateur de Grind/Core/Punk (et Metal aussi) peut difficilement passer à côté. Pas de décennie sans un album indispensable de Napalm Death et puis c’est tout !

 

Øjne Prima che tutto bruci (2017)

 

Raton: On sous-estime souvent la richesse de la scène italienne, formidable repère de groupes de screamo à l'intensité stupéfiante. Si ce sont les excellents Raein et La Quiete qui ont popularisé le genre dans le pays, des nouveaux venus comme Øjne ou Shizune n'hésitent pas à venir balancer des gigantesques coups de pied dans la fourmilière.

Les Italiens sont connus pour leur skramz rêche et texturé, n'ayant rien à envier à notre école nationale bien plus mâtinée de post-rock. Les Milanais de Øjne perpétuent la tradition avec un chant éraillé admirablement maîtrisé et des instrumentations tempétueuses saisissantes de mélancolie. N'hésitant pas à mêler les crescendos éclatants du post-rock aux déflagrations nerveuses de l'emoviolence, Øjne touche toujours juste avec une sensibilité extraordinaire. Mais le groupe ne se contente pas de livrer un album de screamo solide, à mes yeux ils composent une des pierres angulaires du style. Ce n'est donc que justice que ce soit eux qui représentent le skramz dans ce top. Car au-delà d'une ambiance travaillée et des riffs étincelants, les Italiens offrent des hymnes oniriques à l'amertume prégnante, à l'image de l'exceptionnelle ouverture sur "Tredici". 

 

Terror - Keepers of the Faith (2010)

Di Sab : La copie parfaite. L’équilibre dans l’univers. Gardiens de la foi et du Hardcore.

Avant Keepers of the Faith, Terror faisait dans l’incisif. Cette grosse côte de boeuf de Scott Vogel te débitait des leçons de vie à toute berzingue sur des riffs composés à 90% de cordes à vide. C’était super mais fatiguant. C’est donc en 2010 que Terror a trouvé les ingrédients qui manquaient à sa recette : le sens du refrain et du ralentissement. Keepers of the Faith te moleste moins qu’un album comme Always the Hard Way, mais ce qu’il perd en vélocité, il le compense largement par sa puissance de frappe. Les refrains prenants (Stick Tight) et les petites bouffées d’air (l’original You’re Caught) mettent d’autant plus en valeur les passages les plus tranchants (Your Enemies Are Mine).

Même si globalement, Terror groove beaucoup moins que les groupes de HxC spécialistes dans le « fédérateur » (les Madball, Hatebreed ou autres Sick of it All), la prod rèche et l’agressivité de l’écriture mettent en valeur un propos quasi systématiquement imparable. Car si on devait faire un dernier compliment sur cet opus, c’est que sa longueur ne le dessert pas, fait suffisamment rare pour être souligné. 13 titres, peu de remplissage, et un groupe au sommet de sa carrière. Carré, efficace, sans fioritures. Tout est résumé par la pochette, il ne reste plus qu'à le reécouter, encore et encore.  

 

Converge - The Dusk In Us (2017)

S.A.D.E : Tout en conservant un identité sonore reconnaissable entre mille, Converge a su au fil de sa carrière faire évoluer sa musique : dans un creuset hardore chaotique dont la quintessence serait Jane Doe, les Bostoniens s'emploient à varier leur approche depuis près de vingt ans. Et The Dusk In Us est un éminent représentant de cette tendance tenace et fertile.
Le son concocté par Kurt Ballou pour cet album garde le tranchant que l'on a l'habitude d'entendre chez Converge, mais en lui retirant un peu de grain, un peu de rugosité, le rendant de ce fait plus clair et lisible sans que la puissance ne se perde. Si l'expression "à fleur de peau" se plaquait à merveille lorsqu'associée à la colère pour décrire les albums précédents, elle pourrait sur The Dusk In Us s'utiliser sur un mode plus proche de la tristesse et de l'émotivité. De par le son dont on parlait juste avant, mais surtout de par le chant de Jacob Bannon qui, s'il conserve sa panoplie de hurlements terrifiants, s'essaie à une approche moins directement agressive, allant même jusqu'à recourir au chant clair de manière beaucoup plus assumée que les timides tentatives qu'on avait pu entendre auparavant. Techniquement, Converge est toujours stratosphérique : les riffs regorgent de plans intelligents et complexes, Ben Koller semble toujours avoir plus de bras que la moyenne et déroule son jeu précis et survitaminé sans jamais faiblir.
The Dusk In Us est peut-être l'album le plus complet de Converge. Bien sûr, chacun aura son petit préféré dans la disco du groupe, mais il me semble difficile de défendre que les autres productions parviennent à ce degré de cohérence tout en amenant autant de variété. Un tour de force comme peu de groupes de cette longévité parviennent à en proposer.

 

Harm's Way Posthuman (2018)

Mess : 2019 fût une année un peu particulière pour Harm's Way. Le groupe issu des sous-sols crasseux de Chicago s'est révélé involontairement au monde entier grâce à un meme archi-poncé par les créateurs farfelus de l'internet mondial, s'amusant de mettre une séquence de two-step réalisée par le chanteur au physique de buffle sur à peu près n'importe quelle musique que le monde avait à sa disposition.

Si depuis le meme s'est bien usé, Harm's Way est toujours bien présent dans le paysage musical hardcore. Un paysage musical qu'il a pilonné, écrasé puis réduit en poussière grâce à un hardcore metallique piochant sans subtilité dans le death metal, certes basique, mais parfait pour desservir des disques comme Rust ou Posthuman, monuments d'oppresion industrielle et de riffs "boucherie-charcuterie" dont il en a eu le secret depuis le début de la décennie. Posthuman est la synthèse parfaite de tout ce qui fut exploré par les Américains par le passé pour réunir une bonne fois pour toutes sa puissance, sa violence et sa perfidie lancinante qui l'a mené au sommet. Pinacle du hardcore bi-neuronal, Posthuman est l'exemple à suivre lorsqu'il s'agit de savoir comment le curseur d'une musique sans pitié doit être déplacée. 

Un disque qui réunira dans la paix (ou la violence, c'est selon) les amateurs d'Acacia Strain, Entombed et Terror

 

Death Toll 80K - Harsh Realities (2011)

Sleap : Lorsque je parle Grindcore avec des gens, je suis assez surpris du fait que le Harsh Realities de Death Toll 80k revienne assez souvent dans les discussions. Certes, il s’agit pour moi d’un des meilleurs albums du genre ces dix dernières années, mais je suis toujours ravi de voir que je suis loin d’être le seul à le penser, et ce malgré la popularité toute relative de ce groupe.

Paru en 2011 (déjà), Harsh Realities est le premier full-length des Finlandais de Death Toll 80k et sera accompagné d’une très confidentielle tournée la même année dans divers squats d’Europe (et de France). Mais ce n’est bizarrement que deux à trois ans plus tard que cet album commence à vraiment faire parler de lui. En effet, bien qu’il soit affilié Grindcore dans la forme – textes et visuels aux thématiques sociétales typiques – comme dans le fond – courtes compos ultra frénétiques –, Harsh Realities est pétri d’incursions Death Grind du plus bel effet, ce qui explique peut-être sa popularité croissante auprès du public Metal. Musicalement, il s’agit à ce jour d’un des plus dignes héritiers du World Extermination de feu (?) Insect Warfare. La recette est simple : une vingtaine de titres concentrant chacun environ une minute de sauvagerie Grindcore entrecoupée d’un ou deux passages plus épais et souvent d’un break mémorable, le tout avec un son de guitare (et surtout de basse) ultra crusty. Jusque-là rien de révolutionnaire, mais là où le quatuor finlandais se démarque de la masse de projets Grind actuels, c’est par le songwriting. C’est bien simple : ça riff dans tous les sens ! Chaque morceau possède son petit lot de plans remarquables. Aucune juxtaposition bateau, tout est hyper fluide et articulé. Et ce travail du riffing est soutenu par une batterie qui dirige parfaitement les nombreux changements de tempo. On sait exactement quand ralentir, quand accélérer, quand interrompre le tout brutalement pour repartir de plus belle, bref une mécanique parfaitement huilée. Sans pour autant être aussi millimétrique que le batteur d’un P.L.F., Jori Sara-aho (également chanteur de Speedtrap, oui oui) s’en sort à merveille ! Il n’y a qu’à écouter le désormais incontournable No Escape et son break Bolt Throwesque pour se rendre compte de cet excellent travail de composition et de dosage. Mis à part les vocaux un peu trop monotones à mon goût, tout y est !

Avec une longueur parfaite de 25 minutes, ce Harsh Realities nous montre qu’il ne suffit pas juste d’aller à 200 à l’heure pour faire du Grind. Et à ce titre, Death Toll 80k parvient, avec ce seul album, à se hisser aux cotés des Wormrot ou Whoresnation parmi les valeurs sûres de ces dix dernières années.

 

Rise Of The Northstar - Welcame (2014)

ZSK : Nous sommes en 2012 et un groupe de Parisiens se fait bien remarquer avec son EP Demonstrating My Saiya Style. Musique nichée entre Beatdown, Hardcore-Metal et Rap-Metal, culture japonaise bien mise en évidence, clips sous-titrés en kanji, improbable chant en franglais… Rise Of The Northstar fascine directement autant qu’il agace. L’ascension sera fulgurante : deux ans plus tard, le groupe sort à l’aide de Nuclear Blast son premier album, Welcame. SONIC BOOM. Et mine de rien, cela sera l’occasion de convertir pas mal de monde à leur « Furyo Style ». Rise Of The Northstar avait déjà vu les choses en grand, et son premier full-length sera à la hauteur de l’évènement. Améliorant tout ce qui était possible après Demonstrating My Saiya Style, de la prod jusqu’à l’efficacité en passant par le chant si particulier de Vithia, Welcame aura été une petite bombe. Toujours à la croisée des genres mais avec cette attitude Hardcore/Rap bien présente, Rise Of The Northstar livrera un premier album survitaminé, bourré d’hymnes et agrémenté d’incursions Thrash du plus bel effet. Quelles claques prises avec le départ explosif de "What the Fuck", les accélérations ultimes de "Welcame (Furyo State of Mind)", les énergiques "The New Path" ou "Bosozoku" ! Et les iconiques "Samurai Spirit", "Again and Again" ou "Dressed All in Black" ne sont pas en reste. Bref, c’était une réussite quasi-totale pour un premier album. Dommage que le soufflé soit un peu retombé avec The Legacy Of Shi (2018), mais Welcame aura marqué son monde, et l’aura du groupe reste bien là avec son mix inimitable et son identité très forte. ROTNS, pour les intimes, restera un groupe qui divise pour plein de raisons diverses, mais ce débat permanent sur sa tête fait aussi son charme et même sa renommée, et de toute façon, comme ils disent, « si tu kiffes pas t’écoutes pas et puis c’est tout ». The Furyo Style is in my blood !

 

Bring Me The Horizon - Sempiternal (2013)

Hugo : Pléthore de formations de hardcore véritable parsèment ce top, au milieu duquel ce brave Sempiternal fera sûrement grincer des dents, mouton noir parmi les béliers à bandanas. Mais en humble bergers que nous sommes, accueillons-les bras grand ouverts, car l’époque des skyblogs est de toutes façons révolue, et que Bring Me The Horizon a désormais tout à fait sa place sur le site. Important pour toute une génération, le disque fut pour certains en 2013 une porte d’entrée vers les musiques extrêmes, ayant bouleversé les kids comme moi au même titre qu’Or Noir de Kaaris quelques semaines après.

Il est compliqué pour moi de parler du groupe, tant il me ramène à mes anciennes mèches ratées car j’étais incapable de mettre de la laque correctement, et quelques t-shirts délavés chinés sur Goéland. Cette époque collège, pour la génération fin 90/début 2000, fait ressurgir d’étranges souvenirs. Mais force est de constater que, pour beaucoup, Sempiternal fut un album décisif, sur les plans musicaux ou plus personnels. Ultra débridé, adolescent et légèrement cringe on l’aura compris, le disque finit à l’époque d’affirmer la nouvelle direction de BMTH vers des terrains plus Rock, qui seront complètement exploités sur That’s the spirit (2015). Alors qu’en reste-t-il ? À la réécoute, difficile de ne pas y voir un album bourré de tubes, ultra formaté mais superbement produit pour le genre. Il suffit de certains enchaînements de morceaux (Empire/Sleepwalking/Go To Hell, sérieusement ?) pour comprendre l’impact qu’a pu avoir un tel disque sur toute une génération, comme les méfaits qu’il a pu produire. Inutile de revenir sur toute la vague de groupes dispensables qui ont suivi BMTH, le lecteur d’Horns Up y est sûrement tout à fait familier (ou ne désire pas s’y pencher).

L’on comprend alors volontiers que tous ne soient pas touchés par ce que véhicule le groupe et particulièrement cet album, rattaché à une époque (musicale) très particulière à de nombreux niveaux. Il est cependant impossible de nier l’importance d’un tel disque, ni ses qualités intrinsèques. Et si vous n’êtes pas convaincus par l’album en lui-même, plongez-vous dans le magnifique live du groupe avec un orchestre symphonique au Royal Albert Hall en 2016. Cesser de se prendre trop au sérieux, embrasser l’adolescent qu’on était en chantant ces hymnes, ça fait parfois du bien, aussi.

 

Knocked Loose Laugh Tracks (2016)

Mess : Si Harm's Way est l'omega du hardcore de gros bourrin parce qu'il se complaît dans l'idée de le frotter au death metal pour alourdir ses perspectives, nul doute que Knocked Loose en est sûrement l'alpha ultime. Laugh Tracks est le premier album de Knocked Loose et le point de départ d'une popularité qui ne cesse de grossir jour après jour. Il est impossible, même en n'appréciant qu'en très légères quantités le hardcore, de ne pas adhérer à la brutalité sans équivoque de la formation issue du Kentucky. En seulement 30 minutes, Knocked Loose orchestre 11 pépites froides, insensibles, rugueuses et prêtes à exploser à chaque instant.

Naviguant dans les eaux troubles du beatdown pour s'échapper deux secondes plus tard sur la viscéralité d'un hardcore industriel et conclure son agression dans une explostion presque deathcore, Knocked Loose emprunte à toutes les scènes sans jamais céder au bête copié/collé. Laugh Tracks est l'anti-thèse de la subtilité, une ode à la violence et certainement le disque hardcore de cette décennie qui a saisi à la perfection le désenchantement d'une frange de nos amis coreux, bien décidés à envoyer son meilleur coup de poing dans la fourmilière face à un monde pourri de l'intérieur. Il est impossible de passer à côté de Laugh Tracks au risque de ne pas comprendre dans quelle direction le hardcore moderne semble vouloir se diriger.

 

Wormrot - Dirge (2011)

Prout : Dirge est le deuxième album des Singapouriens de Wormrot. A cause d’un leak massif avant sa sortie, la version digitale du skeud était en libre téléchargement sur le site même de Earache, donc difficile de passer à côté de cette sortie pour n’importe quel afficionado du style.

Oubliant les relants Death Metal d’Abuse sorti deux ans avant (qui était un super album, attention), Dirge est une pure bombe Grindcore qui propulse direct Wormrot dans le top 10 des meilleurs groupes du genre de cette dernière décennie. Dirge c’est 20 min de matraquage quasi non-stop, erratique et sans pitié mais pas sans finesse ! En effet, y’a quand même ces riffs punk catchy, ces petits passages groovy à seulement 150 BPM qui te font préférer (et surtout identifier) un morceau à un autre. Ça reste un album malgré tout très noise dans la prod, pas accessible, pas accueillant pour qui n’apprécie pas le genre. Ouais, si vous pensiez rentrer dans le Grindcore avec cet album c’est mort, à moins que vous aimiez les expériences type parpaing dans la figure. Et dans ce cas-là, c’était clairement la plus grosse claque dans la gueule de la décennie.

 

Body Count - Bloodlust (2017)

Malice : Quand on dit hardcore "et affiliés", force est de constater que cette sélection qu'on aurait cru plutôt monotone réussit au final (et c'était quand même le but recherché) à varier les plaisir ; parmi ceux-ci, difficile de ne pas mentionner l'un des retours les plus réussis de la décennie, celui d'Ice T et de ses tarés de compères de Body Count. Un retour initié en 2014 avec Manslaughter, déjà très réussi, et confirmé avec ce Civil War qui aura parlé à une frange étonnamment élevée de la rédaction à l'époque (il suffit de voir le nombre de bilans de l'année 2017 où il figurait). 

Et si Body Count réussit à être pertinent, c'est aussi parce que bientôt 30 piges après "Cop Killer" (titre de 1992 !), Ice T est toujours aussi furieux ... et a toujours autant de raisons de l'être. Trois ans avant la prise d'ampleur du mouvement Black Lives Matter, Body Count frappait déjà juste avec le tube "No Lives Matter", qui parvenait à évoquer cette problématique si délicate via des propos plutôt rassembleurs. Un talent que n'ont pas toutes les voix en 2020 lorsque le débat est sur la table, une manière viscérale de parler de la condition noire et de la violence, qu'elle soit policière ou intestine - le poignant "This Is Why We Ride", à mi-chemin entre hommage au ghetto et dénonciation des violences de gangs.

On le sait, Body Count joue aussi un rôle, comme dans le plus léger "The Ski Mask Way" ("I gotta get paid !"), mais Bloodlust est plus sombre que Manslaughter qui multipliait les morceaux funs (nulle trace ici d'un "Talk Shit, Get Shot", "Bitch in the Pit" ou "99 Problems"). C'est parfois sa faiblesse, mais Bloodlust tire son épingle du jeu à coups de morceaux intelligents, de collaborations étonnantes ("All Love is Lost" avec l'horrible Max Cavalera, "Walk With Me ..." avec l'encore plus horrible Randy Blythe fonctionnent, à mon grand désarroi) et plus globalement grâce au charisme de son leader. Un groupe unique, et toujours nécessaire. 

 

Otoboke Beaver - Itekoma Hits (2019)

Mess : Chaque année, c'est la même plaisante rengaine. Quelques artistes ayant déjà bien battu le pavé se retrouvent projetés sur le devant de l'attention journalistique. Otoboke Beaver fait partie de ces privilégiés d'une hype pas réellement prévue par le groupe et qui est un peu tombée du ciel pour atterir sur leurs têtes peu préparées. Pas grave, les Japonaises ne sont pas du genre à vouloir préserver leurs boîtes crâniennes dans un doux état empli de sécurité et de gentillesse.

Otoboke préfère inscrire sa musique dans la longue tradition nippone d'un son qui explore son extrêmité avec nonchalance et, si possible, avec un maximum de bruit. Punk, garage, mathcore, hardcore, noise, les Japonaises défoncent toutes les directions qui leur est possible d'explorer, toujours avec cette excentrité si propre à ce peuple. Une chevauchée au pays du soleil levant où Baby Metal aurait decidé de ne plus être un produit marketing pour se concentrer sur un punk déstructuré, imprévisible, fun et décontractée dans sa folie. 

Converge fait du garage rock. Je n'ai pas de meilleure formulation pour Itekoma Hits, et je pense que c'est bien suffisant.

 

*     *     *

*

 

Rendez-vous tous les mois jusqu'à fin 2020 pour découvrir nos essentiels des dix dernières années !