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dimanche 10 novembre 2019 - Raton

Paris Hardcore Fest #2 - Jour 2

Gibus - Paris

Raton

Amateur de post-musique, de larsens et de gelée de groseilles.

Retour sans transition sur notre couverture du Paris Hardcore Fest, rendez-vous annuel des amateurs de bagarre et de breakdowns de bandits.

Avant de me lancer dans le ballet impressionnant des 9 groupes de la journée, je tenais à vous parler de la nourriture disponible pendant les deux jours. C’était Bedforn Avenue qui assurait un service traiteur vegan de premier choix. Au choix un wrap divin (carottes au sésame, achard de légumes, salade et houmous citronné), muffin tomate-roquette et divers muffins sucrés délicieux, le tout sans produits issus de l’exploitation animale et à moins de 5€ ! Allez soutenir son travail sur son Instagram (@bedford_avenue).

Mais revenons aux groupes qui ont placé ce dimanche sous le signe de la castagne. Je tiens à m’excuser auprès d’Elephants, groupe qui ouvrait la journée et que j’ai lamentablement loupé. Ils font du metalcore pêchu, ils viennent de Rouen et leur page Bandcamp est juste ici.

 

HANGMAN

Second couteau de la scène « New Youth Crew » (cf. ma chronique qui a hasardeusement baptisé la scène), Hangman propose un hardcore lorgnant sur le beatdown, le tout à la sauce new-yorkaise. Ils mélangent donc avec brio le côté jumpy du NYHC et le rentre-dedans bineuronal du beatdown.

Malgré leur passage tôt dans l’après-midi, leur hardcore nerveux de voyou lance des mosh parts de filou. Pour les amateurs, ça évoque autant Incendiary que Backtrack. N’ayant pas envie de s’éterniser et partisans du « plus c’est court, plus c’est bon », le groupe livre un set expéditif de 15 minutes. Rien à jeter.

 

REDEMPTION DENIED

Comme dit sur notre Instagram (@hornsupfr venez nous suivre à toute berzingue), quand on voit un groupe au logo-graffiti s’avancer avec un hoodie Nails sur le chanteur et deux guitares bien sous-accordées, on sait que ça ne va pas être tendre et qu’on va s’en prendre plein dans le museau.

Tous les éléments du cahier des charges de la méchanceté sont cochés et les Belges viennent refaire la dentition du public. Malgré un début efficace dopé aux aboiements des enfers, le set s’avère assez inégal. Les moments de bravoure sont toutefois réguliers et permettent de faire oublier les morceaux plus faibles. La faute sans doute à une structure toujours constante « couplet avec riff costaud + refrain tough + 2e couplet + mosh part + petit pont + break de bourrin, etc. ».

 

WORST DOUBT

Dans la scène hardcore parisienne, Worst Doubt fait partie des meubles. Alors qu’ils n’ont pourtant sorti que deux démos, ils se retrouvent dans tous les bons coups et sont connus de tout le monde du fait que les membres proviennent de formations locales bien connues (Lodges, Mad at the World, Phantom Carriage, Wolfpack...).

Tout de suite, je sens qu’ils sont en terrain conquis et dès la première chanson le pit devient fou. Mais le crédit ne revient pas qu’au fait que ce sont des locaux, car leurs compositions sont garanties 100% efficaces et les breaks dévastateurs qu’ils nous offrent s’avèrent plutôt malins.

 

RISK IT

L’enchaînement se fait rapidement avec les straight edge allemands de Risk It. Dans le même registre « hardcore aux gros bras » que plusieurs groupes depuis la veille, j’ai plus du mal à rentrer dans leur prestation. Leurs compositions sont efficaces et leur énergie est communicative mais je trouve le groupe trop archétypal pour sincèrement prendre mon pied.

 

BENT LIFE

Même sentiment avec les Américains de Bent Life qui sonnent à mes oreilles comme un hardcore générique. J’ai cette impression que le groupe est déjà passé précédemment sous un autre nom. Mais il s’agit probablement là de mon manque d’appétence pour le HxC robuste et sing along, car les riffs du groupe restent quand même très gouleyants (même si je me permettrais de trouver la basse un peu trop présente dans la balance).

 

HIGHER POWER

Les Britanniques de Higher Power viennent rompre avec les groupes précédents à l’aide d’un hardcore beaucoup plus juvénile et mélodique qui évoque très fortement la scène New Youth Crew de Turnstile ou Backtrack (pas étonnant qu’ils partagent la même affiche). Le groupe apporte un aspect plus alternatif avec une voix claire aiguë et urgente qui permet de développer un côté plus décontracté. Le phrasé m’a même fait penser à la scène sass avec cette impertinence et cette façon maniérée de hurler.

Il semblerait que la délirante énergie et le groove du groupe convainquent moins le public qui se clairseme quelque peu durant le set. Pourtant c’est pour moi un des shows les plus efficace et jumpy du fest.

 

BACKTRACK

Le concert n’a même pas commencé que des gusses se jettent déjà de la scène dans un public compact.

Backtrack étant l’un des meilleurs représentants du NYHC moderne (en même temps, vu la vitalité de la scène, c’est pas compliqué), ils déploient un hardcore ultra festif où les patates s’échangent avec un sourire jusqu’aux oreilles. Je reste émerveillé de l’énergie déployée et du bordel foutu dans la plus pure énergie new-yorkaise. Lorsque le groupe joue le sur-efficace « Worst of Both Worlds », les fans se ruent sur la scène, hurlent une ligne dans le micro et se jettent dans le public en faisant un backflip. Les 35 minutes du set passent extrêmement rapidement dans une ambiance bon enfant salutaire.

À ce sujet, le PHF est toujours irréprochable et ne fait jouer aucun groupe pendant plus de trois quarts d’heure, durée idéale à mon sens.

 

ARKANGEL

Les légendes belges d’Arkangel sont dans le hardcore-game depuis plus de 20 ans et n’ont pas perdu de leur superbe. Arkangel est une figure de proue de la scène « edge metal » qui consiste à métalliser encore davantage son hardcore/metalcore avec des lourdes influences thrash ou death. En cela ils fédèrent autant les fans d’Unbroken que les aficionados de Congress.

Les Belges n’hésitent pas à incorporer des blasts beats et même un peu de tremolo picking dans un metalcore vicelard et délicieusement old school. Les breaks à l’ancienne sont terriblement savoureux et le frontman se révèle être véritablement généreux avec le public, visiblement ravi d’être là.

Difficile d’imaginer une meilleure façon de terminer cette deuxième édition du Paris Hardcore Fest, dans une apothéose de sueur et de distorsion.

 

Merci beaucoup à l’organisation, Benoît ainsi qu’à Manu de We Care. Merci également à tous les groupes présents pour faire continuer à vivre la scène hardcore. Merci à Bedford Avenue pour la délicieuse nourriture. Merci à tous ceux qui ont été impliqués de près ou de loin dans cette édition.