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mardi 16 décembre 2014

Behemoth + The Great Old Ones

L'Empreinte - Savigny-le-Temple

Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Behemoth est de retour ! Tout juste quelques mois après leur passage remarqué au Bataclan à Paris puis au Hellfest, le groupe était de retour dans notre verte contrée pour nous servir sa Messe Noire. Accompagnés pour l’occasion par les français de The Great Old Ones, le groupe aura offert au public de l’Empreinte un show brut, sans trop d’artifices mais terriblement efficace.

A noter que le concert était sold out, ce qui, pour un lundi soir de semaine aux alentours de Melun, est signe d’un public toujours plus nombreux pour les polonais.

The Great Old Ones :

The Great Old Ones est un groupe de (post) black metal originaire de Bordeaux qui distille un BM très ambiant, profond, sombre et atmosphérique. C’est une musique qui ne me touche absolument pas, ce qui rend plutôt difficile l’expérience d’un tel concert. Mais je dois toutefois reconnaître que le groupe instaure une ambiance singulière sur scène : très froide, tantôt violente tantôt lancinante notamment aidée par un groupe très immobile (compte tenu de la disposition sur scène, il est vrai), trois guitares et l’alternance de plusieurs voix.

Les parties de guitare sont très travaillées, qu’il s’agisse des quelques parties un peu plus agressives ou des leads et powerchords très aériens qui renforcent le côté atmosphérique et contemplatif de la musique du groupe.

Une belle occasion en tout cas offerte aux bordelais de pouvoir s’exprimer sur scène en première partie d’un monstre de la scène black/death et de venir faire la promotion de ses deux albums qui ont, semble-t-il été très apprécié par la critique. A en voir les visages autour de moi, le BM de The Great Old Ones n’a pas laissé tout le monde indifférent et c’est tant mieux.

Behemoth :

Après quelques minutes de balance, la pression monte avant l’entrée sur scène des polonais de Behemoth qui n’en finissent plus de promouvoir leur album The Satanist. Pour ceux qui ont l’opportunité de se rendre à beaucoup de concerts à Paris et en festival, vous aurez probablement eu l’occasion de les voir cette année au Bataclan en février, au Hellfest sur la main stage dans un show haut en couleur et éventuellement dans d’autres festivals, comme moi au Summer Breeze.

4 fois en un an et on pourrait imaginer se lasser… car, il est vrai, le groupe n’a fait varier ni sa setlist ni sa prestation scénique où tout est millimétré. A tel point qu’au seul moment où Nergal a décidé d’aller en bout de scène pour haranguer la foule, il a essuyé un regard désapprobateur de Seth, qu’il a légèrement bousculé. C’est dire.

Au-delà de cette anecdote, le show du combo est très bien huilé, des transitions jusqu’aux mouvements sur scène. On est dans une prestation presque théâtrale et tout sauf spontanée. Ce qui sied à merveille à la musique du groupe. Seul petit changement ce soir : aucun effet pyrotechnique ni fumée, juste le groupe, un peu d’encens et des lights dynamiques. L’occasion de revoir un Behemoth plus nature.

Et le résultat est plutôt favorable. Face à une salle comble (400 personnes environ), Behemoth aura réussi à captiver tout le monde dans un show honnête, plus distant qu’à l’accoutumée avec tout juste quelques mots pour le public.

Côté setlist, le groupe a sorti l’artillerie lourde comme tout au long de sa tournée avec pas moins de 5 titres de The Satanist (Ora Pro Nubis Lucifer qui est, à mon sens, la meilleure en live du dernier album,The SatanistBlow Your Trumpets GabrielO Father O Satan O Sun! et Furor Divinus) et tous les grands classiques du groupe.

Le lancement du concert surBlow Your Trumpets GabrielOra Pro Nobis LuciferConquer AllDecade of Therion sans la moindre pause n’aura permis à personne de souffler et aura donné une bonne dynamique au concert avant de nous servir sur un plateau un trio de grands classiques du groupe : As Above So Below, la violente Slaves Shall Serve et la puissante Christians to the Lions.

Le reste du live sera à vrai dire du même acabit, avec une setlist en forme de best-of qui semble avoir ravi les franciliens présents ce soir. La palme revient à At The Left hand Ov God qui me fait toujours autant vibrer mais qui a l’air de faire chier tout le monde. Le rythme tranché y est peut-être pour quelque chose, mais avec un son aussi bon (dans les premiers rangs en tout cas) on n’allait pas se priver d’apprécier la vélocité et la précision d’Inferno aux futs. Car, il faut le dire, l’Empreinte aura offert aux spectateurs (une fois de plus) un son digne de ce nom, bien qu’un peu puissant au niveau des crash.

Au final, Behemoth a offert un show froid, puissant, sans concession à un public qui n’en demandait pas tant. Sans effets pyrotechniques, sans aucune communication avec le public, un show brut et massif. Un parti-pris tout à fait appréciable, à dire vrai. 

On pourra simplement regretter un public pas très communicatif ni très bruyant (la raison peut-être pour laquelle le groupe n’est pas revenu ensuite faire une photo comme il le fait souvent désormais ?) et un Nergal qui est un tantinet devenu un poseur sur scène…

Setlist : 
Blow Your Trumpets Gabriel 
Ora Pro Nobis Lucifer 
Conquer All 
Decade of Therion 
As Above So Below 
Slaves Shall Serve 
Christians to the Lions 
The Satanist 
Ov Fire and the Void 
Furor Divinus 
Ludzie Wschodu (Siekiera cover)
Alas, Lord Is Upon Me 
At the Left Hand ov God 
Chant for Eschaton 2000 
Encore:
O Father O Satan O Sun!