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vendredi 4 février 2011 - U-Zine

Bran Barr + Mourning Forest + Aorhlac

Bar 'Le Saint des Seins' - Toulouse

U-Zine

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Toulouse, nouveau départ ! Pour ceux qui suivent le récit de mes concerts depuis quelques temps doivent probablement savoir que j’ai couvert tous les concerts sur Limoges depuis 3 ans, et pour preuve : j’y étudiais ! Les études aboutissant souvent sur un stage de fin d’étude, me voici donc sur Toulouse, pays de l’occitan, du cassoulet, du rugby et des bâtiments en briques. Et en tant que fan de folk, quoi de mieux que Bran Barr pour entamer les live reports désormais Toulousain ? Pour certains nouveaux venu dans cette mouvance à la mode qu’est le folk métal, sachez tout de même que Bran Barr est un précurseur français du genre qui a sorti son premier album il y a 14 ans, et un second seulement l’an dernier ! Par ailleurs le groupe est composé de membre ayant déjà joué dans Aes Dana ou encore Heol Telwen, c’est dire si les influences et l’expérience en font un groupe à voir quoi qu’il arrive !

C’est donc par une douce journée d’hiver (oui, visiblement sur Toulouse on peut être en teeshirt même l’hiver), que les aficionados de black et de folk ont convergé vers un bar/concert au nom très poétique : le Saint des Seins. Le lieu est semble-t-il bien connu puisque l’organisation de ce soir, Snakebite production y a organisé pas mal de concerts, dont notamment un d’Offending (groupe que vous connaissez bien sur U-zine). Le lieu en lui-même est un bar très bien organisé avec une scène sur la droite. La salle peut contenir à vu d’œil 150 personnes, et elle était quasiment complète ce soir : 120 entrées d’après les chiffres de l’orga après le concert !
Bran Barr, certes tête d’affiche est ce soir accompagné de deux formations locales : Mourning Forest et Aorhlac. Histoire de préparer consciencieusement le live, j’avais pris le temps d’écouter les titres disponibles sur les myspace de ces deux groupes. Il s’est rapidement avéré que l’une comme l’autre sonnait très bien, d’autant pour pour du black métal, genre musical souvent mal produit. Non, ici, les titres sonnaient avec qualité et laissais présager un concert de haut vol. C’est donc avec curiosité et une grande attente voir ce que délivrais les 3 formations que je me présente au guichet !

J’entre dans la salle alors que Mourning Forest a déjà commencé son set. Le groupe joue ce soir à domicile. Pour vous dresser un rapide tableau de la scène, nous avions visuellement affaire à un authentique groupe de black metal. Comprenez par là, corpse paint, bracelets à clou de charpentiers, teeshirt de groupe au nom illisible, et non sourire de rigueur (j’ai pourtant vu le guitariste de gauche esquisser un sourire, l’effronté !). Musicalement, Mourning Forest nous offre un black metal un poil épique, offrant une belle balade dans les forets sombres des pays Scandinaves. Froid et rempli d’émotion, leur musique est totalement envoutante. Scéniquement, on regrettera l’absence de mouvements des membres, à l’exception du chanteur, assez charismatique qui attirera l’essentiel des regards. Le public montera son adhésion totale au groupe en headbangeant à s’en décrocher les cheveux ! On pourra dire ce que l’on veux sur le black métal, ses sons crados et ses productions discount, il n’en reste pas moins que la formation toulousaine dénote par la qualité de son jeu. Quand en plus l’ingé son est compétant, comme ce fût le cas ce soir, le résultat force le respect (ce qui change des mix que l’on a l’habitude d’entendre sur Limoges, qui plus est dans un bar …) Mourning Forest sera mon grand coup de cœur de la soirée, à n’en point douter.

Setlist :
Au Cœur de l’Ombre
A Dead Sun
Artefact Maudit
Solitude Hivernale
Sombre Charognard
Réquisitoire Celeste

Second groupe à ouvrir ce soir : Aorhlac, formation de black métal venu tout droit d’Auvergne. Scéniquement, quelques secondes suffisent à poser la question « Mais est-ce seulement du black metal ? ». Si sur le myspace, les titres ne laissent pas de place au doute, sur scène, les rythmiques y prenne un coté thrash très assumés. Loin de moi l’envie absolue de classer un groupe dans tel ou tel genre, mais je souligne tout de même cet aspect étonnant : sur album, c’est du black, sur scène c’est du black/thrash ! Le groupe n’a pas suivi Mourning Forest et son attirail true BM. Par ailleurs, la formation dispose non pas d’une ni de deux … mais de TROIS guitaristes !!

C’est donc une formation qui sort du commun qui se présente devant la salle quasiment remplie. Scéniquement plus présent que leurs prédécesseurs (en même temps, avec 3 guitare, ça rempli l’espace), Aorhlac distillera une musique plus pechue et plus énergique, qui sera à l’origine de gros headbangs et de quelques mouvements de foule dans le pit. Les textes font globalement référence à l’Histoire avec un grand H, dont certains passages sont soigneusement mis en musique. Comme prévu, le son est également très bon, permettant de distinguer chaque instrument et de discerner les subtilités de leur musique. A revoir avec grand plaisir !

Setlist :
Le bûcher des Cathares
Plerion
Le Charroi De Nîmes
Le miroir des péchés
Sant Flor, la cité des vents
Aorlhac
Les enfants des limbes

Après une installation quelque peu agitée (le violon présentant un problème de branchement), Bran Barr entre en scène au son de l’introduction de leur dernier album, sorti l’an dernier : Sidh. Leur chanteur, Richard Loudin ainsi que l’un de leur guitariste apparaissent ainsi affublé d’une cote de maille, ni plus ni moins ! Le groupe enchaine donc tout naturellement sur le second titre de l’album : « Celebration ». Au total, la moitié de la setlist sera consacré à Sidh alors que l’autre moitié sera à chercher sur l’album sorti en 2000 : Les Chroniques de Naerg. A noter que la bombarde que l’on entendait sur Sigh ainsi que de nombreux arrangements à la flute ne sont joués en live que par le violon. On perd ainsi une partie du charme folk qui était présent sur l’album. Il y a pourtant sur scène un très bon musicien folk, en la personne de Hades, bassiste de Bran Barr, mais également multi-instrumentiste d’Heol Telwen. Dommage que ce dernier n’ai pas la possibilité de se cloner à la manière des frangins Kirder (ex-Eluveitie) où l’un assurait la basse alors que l’autre s’occupait des binious et autres bombardes !

Quoi qu’on en dise, le groupe frappe fort, offrant des titres invitant à bouger. C’est donc sans surprise que la plus grande partie de la foule s’est pris au jeu en succombant aux rythmiques celtiques de Bran Barr. Pourtant le groupe a souffert d’un premier tiers de set assez chaotique en terme de son (toujours cette difficulté des groupes folk à trouver un équilibre en live entre les guitares et les intru folkloriques). Le son retrouvera un équilibre correct après 2 titres. Le groupe conclura son set par Righ'beern, chanson à boire de son tout premier album où les membres en cote de maille irons jusqu’à sortir les cornes à boire pour y consommer leurs bières !

Jamais deux sans trois dit l’adage. Après deux groupes de très bonne qualité, il était impossible de penser que Bran Barr nous laisserait sur notre faim ! Bravo !

Setlist :
Intro
Celebration - Son of Nuadh Amhach
Rebirth - Morgan's Gift to Righ'Sidh
Pride and Malevolence
Bàas in the Underworld
Fury - Exile Of The Orphan
Journey - The Grand Quest For The Magical Acorn
Righ'beern

En définitive, c’une bien belle soirée que nous a offert Snakebite Production. A refaire très vite !

Crédit photo : Fred Moocher.