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Album

16/09/18 - Dolorès

Wÿntër Àrvń

Au Devant du Gouffre

LabelAntiq Label
styleNeofolk
formatAlbum
paysFrance
sortieavril 2018
La note de
Dolorès
7.5/10


Dolorès

Non.

L’Auvergne, un terreau fertile en 2018 ?

Alors qu'Aorlhac nous a sorti une perle en début d’année chez Les Acteurs de l’Ombre, c’est à présent du label Antiq, dont la qualité des sorties n’est plus à argumenter, dont il faut parler. C’est chez Antiq que sort l’album de Wÿntër Àrvń, le projet neofolk d’Arvernian, désormais guitariste d’Aorlhac (et, plus anciennement, membre de Vintergeist).

Si le Neofolk est un style musical (re)fleurissant ces dernières années, dans une veine plus mélancolique ou « Dark Folk » pour les adeptes des étiquettes, la France n’est pas spécialement la plus avancée dans le domaine. Citons toutefois Ainulindalë, et sans doute d’autres projets qui n’ont pas connu de grand succès. Il était temps qu’un groupe français porte le flambeau !  Dans la veine de Nebelung, Vàli, Evergreen Refuge, Sangre de Muerdago ou encore October Falls, le projet auvergnat n’invente rien mais ajoute sa pierre à l’édifice. Et c’est bien ce qu’on attend de ces groupes, nous procurer notre dose de nostalgie et de sérénité.

J’ai découvert Wÿntër Àrvń grâce au clip du titre « Isolement », qui m’a marquée tant musicalement que visuellement. Le titre reste, après maintes écoutes de l’album, mon favori. La vidéo, quant à elle, par sa sobriété mais aussi par la qualité de son image, retranscrit tout à fait l’écoute du groupe : simple, presque naïve parfois, mais cadrée et pro.

La particularité du projet auvergnat est qu’il n’utilise que la guitare comme instrument (si on ne compte pas la voix comme un instrument). On remarque que beaucoup de groupes de cette veine ajoutent toutefois des percussions, autres que l’authenticité d’une rythmique jouée sur le corps de la guitare comme ici, ou d’autres instruments à corde (violoncelle, violon, piano notamment).

Je parle d’authenticité, et c’est bien l’un des termes qui qualifie tout à fait Wÿntër Àrvń. Il y a une sincérité qui déborde de ces trente minutes d’écoute de guitare, et quelque chose d’authentique, de « fait avec le minimum, mais bien fait ». Huit titres, dont trois interludes, mais assez de variations et de contrastes, de petits détails qui changent la donne pour qu’on ne s’ennuie pas et que l’ensemble soit constamment agréable. En même temps, la continuité d’un titre à l’autre est assez respectée pour qu’on identifie la ligne directrice et que l’auditeur ne sorte jamais du petit cocon serein qui lui est créé par l’écoute de Au Devant du Gouffre.

La simplicité, dans la superposition des pistes de guitare bien fournies, donne parfois cette impression d’épaisseur et d’arpèges qui se questionnent, se mettent d’accord et se répondent sans cesse. Cet effet, ajouté à l’influence directe des émotions humaines brutes, rappelle la proximité avec la scène Black Metal. On remarque discrètement une certaine maîtrise de la guitare, dans certains passages mélodieux plus techniques, mais sans grande prétention. Les quelques percussions, loin d’être omniprésentes et toujours placées au bon moment, viennent dynamiser les titres.

Bien qu’il ne soit pas central, un peu de chant s’immisce dans l’album : des quelques chœurs discrets sur « Isolement » à la voix plus hurlée de « Au Devant du Gouffre ». Je n’apprécie pas réellement celle-ci, que je trouve peu pertinente mais elle a l’avantage de ne pas me gêner.

J’ai été agréablement surprise par Wÿntër Àrvń et je souhaite au projet de gagner la reconnaissance qu’il mérite. Alors que le Neofolk est à nouveau sur une pente ascendante, notamment auprès du public metal, il est dommage de ne pas voir les projets de ce type se multiplier en France. Pour l’instant.


1. Au Vide
2. Nocturne
3. Illusions (Interlude I)
4. Nostalgia
5. Sombre, Amer (Interlude II)
6. Isolement
7. Passage (Interlude III)
8. Au Devant du Gouffre