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mardi 29 janvier 2008

From Autumn To Ashes + Idiom + Berezina

Le Nouveau Casino - Paris

U-Zine

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Un doux parfum d’automne flottait sur le Nouveau Casino en cette soirée du 29 janvier. Bien loin de la grisaille générale de Paris, la très classieuse salle de la capitale nous permettait de côtoyer les effluves de l’arrière-saison, à travers une affiche variée et directement emmenée par l’envergure du phénomène From Autumn To Ashes.
Entendez une bande de joyeux comparses sentant à plein nez le Screamo et implacablement au service d’un Hardcore des plus mélodieux.
Récemment acclamé sur leur dernier-né Holding A Wolf by The Ears, il ne nous restait plus qu’à attendre sagement la prestation tonitruante des Américains, épaulés par une visite de routine téléguidée par les groupes de premières parties.

À commencer par la prestation des franciliens de Berezina. Jamais groupe n’aura autant bien porté son nom. Le nom de la débâcle subie par les troupes de Napoléon s’appliquant joyeusement sur les compositions du groupe, en affectant en partie une prestation interprétée sur le fil du rasoir. Car si sur pistes, le groupe sait se montrer relativement créatif (La dame pendule ; Transexylvanie), la représentation de ce soir ne brillait par ses coups d'éclats, marquant un gros passage à vide de la part du combo. Chant poussif, lignes mélodiques formatées et foisonnement des clichés ne nous avaient pour le moins enchanté, malgré une rythmique dantesque et un batteur au meilleur de sa forme.

Question batteur, le niveau demeurait également élevé du coté des toms vrombissants de Dan, batteur et cogneur en règle de la formation Idiom. Deuxième groupe de ce soir, chargé de reprendre en main le destin moribond de ce début de concert et d’apporter un semblant de magie que n’avait pas réussi à nous transmettre les membres de Berezina. Et sur le terrain de la prestidigitation, force est de constater que les Anglais s’en sortent avec moult honneurs. À mi-chemin entre un néo-métal dévergondé et un rock parfois planant, nous assistions à la rencontre de différents styles caressés de près par le taping d’un bassiste intrépide (" 4 Letter Word ") et le court-circuitage sonore d’une guitare des plus énergiques. Pas étonnant que le style fasse mouche, puisque parmi les subtils parallèles fait à l’encontre de Rage Against The Machine, Korn, ou encore Incubus, le groupe, un brin nostalgique, nous adressait un florilège de styles, d’ambiances et d’accoutumances musicales. Toutes extraites des disques de prédilection du groupe, puisant ses influences du coté des années 90.
Cette vigueur anglaise a encore de beaux jours devant-elle, confirmant ainsi son statut d’outsider sur cette date, tout en transformant la salle en blind-test géant par l’apparence quasi-systématique de passages diversifiés, à l’image du titre « Side How », exprimant les réminiscences avant-gardiste et progressiste du groupe.

Après cet interlude haut en couleurs, la place demeurait encore tiède pour accueillir notre aurore boréale de la soirée. Les From Autumn To Ashes tout en précision et en subtilité, posaient d'entrée les bases d’un Screamo enchanteur. Daylight Slavings, ou encore Everything I Need, morceaux du dernier album furent présentés sous la houlette d’un univers danseur, s’accommodant parfaitement à l’atmosphère électrique et enivrante de la formation.
L’ensemble du show est finement ciselé, où l'on parvient aisément à apprécier la basse enjolivée et les guitares bienfaisantes de Brian et Rob.
Il faut dire que tout est subtilement mis en œuvre pour appuyer un chant administré de fort belle manière et dans un rôle aux antipodes des schémas formatés et stéréotypés d'un style ayant pourtant atteint ses limites.
Animé d’un désir sans précédent, Francis Mark demeure impeccable sur toutes ses parties et la bande nous livre des petits poèmes d’une rare facture. Égrenant assurément ses morceaux à la vitesse d'un souffle chaud, le groupe finit par nous livrer en guise d’adieu les excellents Long To go et Pionners, pour achever, élégamment, les dernières âmes serviles et faire sortir de ses gonds, un public rarement démonstratif. Deux morceaux à l’apogée de leurs dernières productions et clôturant un show d’une courte, mais intense heure.

FATA réussit avec brio à nous transmettre leur énergie et leur propre vision ceinturée du hardcore. Une chose est sûre, nous scruterons leurs prochaines apparitions et livraisons du groupe, en espérant que le public se montrera davantage sensibilisé à la musique prenante et rafraîchissante d'un combo, pas tout à fait comme les autres.