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lundi 29 novembre 2004 - U-Zine

From Autumn To Ashes

Benjamin Perri & Josh Newton

U-Zine

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From Autumn To Ashes vient juste d’arriver pour leur premier concert à Paris. Et c’est déjà le temps des interviews. C’est donc un peu fatigués mais très ouverts et agréables que Benjamin Perri (chanteur du groupe) et Josh Newton (bassiste) me reçoivent dans les backstage de la Boule Noire.

U-Zine : Comment se passe la tournée Vagrant ? Aucun problème avec les autres groupes ?
Benjamin Perri : Non aucun problème, tout se passe très bien. Le seul problème qu’on ait c’est que l’on ne parle pas la langue. En France ça va à peu près. Mais en Allemagne c’est déjà beaucoup plus difficile.
Josh Newton : C’est clair. On ne connaît pas un mot d’allemand. Alors c’est un peu difficile de communiquer. Les kids ne parlent pas toujours très bien anglais.

Vous êtes en Europe. Ce n’est pas dur d’être éloigné de sa famille et de ses proches ? Peut être certains viennent avec vous ?
B.Perri : Non personne n’est venu avec nous en Europe. Mais moi peut importe de toute façon ma famille même aux Etats-Unis vivent à 1000 miles de chez moi. Donc moi je n’ai pas trop de problèmes. Mais Josh un peu plus. Hein ? (Rires)
J.Newton : Oui moi je vis avec ma copine et toute ma famille. Donc c’est vrai qu’ils me manquent. En plus en rentrant on repart faire un tour aux USA donc je n’aurais pas forcément le temps de les voir avant le 28 décembre. Ca fait long.

N’est ce pas dur physiquement et psychologiquement parlant de tourner ?
J.Newton : Si psychologiquement, les tiens te manquent. Et physiquement tu te couches tard et tu te réveilles tôt. Donc tu es totalement crevé.
B.Perri : Tu es obligé de dormir dans la journée. Quand tu rentres tu es totalement décalé. Moi après une tournée, je reste, en général, deux ou trois jours dans mon appart pour dormir.

Le public français ne vous connaît pas très bien. Est ce que vous pouvez vous présenter un peu ? Et avez-vous jouer dans un autre groupe avant ?
B.Perri : Ok. Moi c’est Benjamin Perri. Je suis chanteur de FATA depuis sa création en 2000. C’est mon premier groupe.
J.Newton : Je suis Josh Newton et je joue de la basse. Moi ça fait pas longtemps que je suis dans le groupe. Je suis arrivé pour remplacer Mike. J’ai déjà joué dans des petits groupes de hardcore. Mais rien de très sérieux.

(J. Newton quitte la pièce)
Comment vous catégoriseriez vous ? Quel est le genre de musique que vous produisez ?
B.Perri : Euh. Je n’aime pas trop être catégorisé. Mais je crois que tous les groupes comme Black Sabbath, Metallica ou Iron Maiden font la même musique. C’est du Rock N’Roll. Voila ce qu’on fait comme musique. C’est du Rock N’Roll.

Comment décririez vous la différence entre votre premier EP « Sin, Sorrow and Sadness » et votre premier album d’une part et entre vos deux album d’autre part ?
Je pense que le groupe qui a évolué. Tu vois ça fait 4 ans qu’on joue ensemble. On s’est tous amélioré. On a pris de la maturité. Et tout ça ensemble. On a tous appris à mieux se connaître. On a appris à écrire des vraies chansons et pas des parties de chansons. « The Fiction We live est en quelque sorte le résultat de tout ça, de cette meilleure entente entre les membres du groupe, de notre capacité à écrire de meilleures chansons. Le nouvel album sera totalement différent aussi. On continue à évoluer, à changer. Peut être les gens attendent de nous le même album à chaque fois. Mais pour nous ça limite notre créativité. Donc ça deviendrait ennuyant de faire de la music. Si les kids nous suivent dans notre évolution, c’est génial…mais sinon je comprendrais totalement.

Est-ce que votre music reflète votre état d’esprit sur la période ou plus une pulsion sur le moment ?
Les deux font partie du processus d’écriture. C’est bien sur en rapport avec notre sentiment du moment mais aussi celui d’une plus longue période qui vient de s’écouler. Tu peux écrire une chanson en un mois ou alors pendant un repas sur une nappe en un quart d’heure. Tout ce qui se passe influe sur notre écriture que ce soit quelque chose de très proche ou quelque chose d’étranger. C’est vrai que c’est mieux que la music vienne d’un coup. Mais c’est aussi agréable que de prendre son temps pour écrire, réfléchir à la chanson, aux paroles.

Votre premier album « Too Bad You’re So Beautiful » a été produit par Adam Dutkiewist de Killswitch Engage. Vous venez de tourner avec eux, non ?
On vient de tourner avec. On a fini il y a environ deux mois. On a fait une grande tournée avec au Etats-Unis. Adam est un très bon ami à nous. C’est tous de bons amis. On a passé un très bon moment ensemble. On aimerait bien le refaire. Peut être ici en Europe. Ce sont vraiment de gens bien.

Une tournée en Europe avec Killswitch ce serait énorme…
Ah ouais, ce serait génial (rires). On est aussi allé au Japon avec eux. On s’est vraiment amusé. C’est la qu’on a vraiment apprécié la tournée avec eux. Etre en dehors des Etats-Unis nous a un peu libéré. C’était le meilleur moment de la tournée.

Ca se passe toujours comme ça : les très gros groupes tournent toujours ensemble mais jamais en Europe…
Je sais, je sais… J’aimerais venir ici plus souvent. J’aimerais partager mon temps en deux. La moitié pour les USA et l’autre pour l’Europe et ne pas faire comme maintenant la plus part du temps au USA et presque rien en Europe. J’aimerais faire ça bien. Les kids européens aiment autant notre groupe que ceux des Etats-Unis.

Votre dernier album est beaucoup plus émo que le précédent. Est-ce que c’est la musique que vous préféré maintenant ? Avez-vous pris plus de maturité ?
Oui, je crois que tous les cinq on se connaît assez bien. Ca fait quatre ans qu’on se voit presque tous les jours. On a appris à réagir aux besoins de chacun. Le processus d’écriture est bien simplifié par ça. On sait ce que chacun veut, ce que chacun attend.

Vous avez intégré des chansons acoustiques dans « The Fiction We live ». Vos guitares sont habituellement très lourdes. Ca change beaucoup. Comment cela vous est venu ?
Je ne suis pas très sur de savoir d’où cela vient. Chaque membre du groupe aime des musiques différentes. On n’écoute pas tous du métal, du hardcore ou des trucs dans le genre. On aime des choses totalement différentes. Je pense que la fusion de toutes les influences de chacun a fait qu’on a écrit ce genre de chansons. On a essayé de faire des chansons qui plaisent à tous les membres du groupe.

Quelles sont vos influences ?
J’écoute à peu près de tout. Quand j’étais petit ça allait de Black Sabbath à Elton John, de Billy Joel à Led Zepplin, Motley Crue. Mes goûts musicaux sont assez larges. Ca va de Billy Joel à Iron Maiden.

Qu’est ce que vous pensez de la reformation de Motley Crue ?
Oui on en parlé avec le groupe. On était super excité. Je ne les ai jamais vu en concert avant donc ça va me donner l’occasion de les voir enfin. Ca va être quelque chose.
D’où vous est venu l’idée d’introduire une voix féminine dans des chansons de chaque album ?
Victoria Pilato (chanteuse dans le premier album) fait parti de la famille de Mike votre ex Bassiste ?
Oui c’est sa sœur. Elle joue du violon. La voix est celle de Melanie Wills qui est la copine de Mike. On voulait avoir une voix féminine pour casser un peu la violence et la lourdeur de nos guitares et de nos cris. On a donc eu cette idée d’introduire la voix de Melanie. Mais on n’aurait jamais pensé que les gens l’auraient autant remarqué. Ca donne une image différente aux gens de ce que l’on fait. Ca montre que nos goûts musicaux sont assez larges en quelques sortes. Ca nous a permis aussi de tester autre chose.

Pourquoi Mike ne fait plus partie de FATA ?
Il y a plein de raisons personnelles à ce départ. Il ne supportait plus trop de tourner. Ca maison lui manquait trop. Il voulait être chez lui avec sa copine. Donc il a quitté le groupe (avec un soupir). Mais on est toujours ami. Et on se voit toujours.

Pourquoi avez-vous du changer de label entre Vagrant et Ferret ?
C’est juste que l’on avait besoin de venir ici, en Europe. On avait besoin d’élargir notre public. Vagrant pouvait faire cela pour nous. C’est pour ça qu’on est là aujourd’hui.

En 2001 vous avez sorti « Too Bad You’re Beautiful ». Vous êtes devenu célèbres rapidement. Aujourd’hui des groupes sont influencés par votre musique. Ca vous fait quoi ?
C’est la chose la plus bizarre qu’il nous est arrivé. Quand j’ai commencé le groupe je voulais juste faire de la musique, passer du bon temps, jouer le week end avec mes potes. Mais ça s’est transformé en cet énorme truc. Tu vois, on est en Europe, on est allé au Japon. Les gens suivent ce qu’on fait. Des groupes nous envoient en permanence des emails en disant « on a repris une de vos chansons. C’est génial, on ne s’y attendait pas du tout. Les gens apprécient ce qu’on fait…

Est-ce que le fait d’être connu a changé votre vie de tous les jours ?
Pas vraiment. Nous ne sommes pas comme certains groupes qui ne peuvent pas marcher dans la rue sans que personne ne les interpelle. Mais quand je vais dans une boutique ou dans un super marché et que quelqu’un me dit « hey vous êtes le chanteur de FATA » c’est super cool. Mais ma vie est toujours la même. On va toujours aux mêmes endroits sans être embêtés par qui que ce soit.

Quels sont les groupes avec qui vous rêveriez de tourner ?
Euh, dans la musique en général ?

Oui…
Billy Joel. Et oui. C’est le meilleur gars que je connaisse dans la musique. Un de mes oncles l’a rencontré et m’a dit qu’il était super cool, très agréable. Ils ont pris une bière ensemble. J’en rêve. Brian (guitariste de FATA) et moi, on rêverait de le rencontrer. On vit tous les jours à travers ses mots. On en mourait si il fallait pour pouvoir s’asseoir côté de lui et parler juste un peu.

Que préférez vous dans le fait d’être dans un groupe ? Tourner ? Les studios ?
Les tournées. C’est la meilleure partie. Sans aucun doute. On peut voyager dans le monde entier presque gratuitement. On peut rencontrer des personnes comme toi. On rencontre tellement de gens cool en tournée. Les studios craignent. C’est chiant d’être dans un studio. Alors que la tournée… par exemple te parler maintenant, se faire des amis, aller en Allemagne. C’est ça pour nous la meilleure partie.

Quel est votre meilleur souvenir en concert ?
Ca s’est passé au Downoald Festival, où on a joué il y a 2 ans avec Iron Maiden. Et j’ai rencontré Bruce Dickinson, le chanteur d’Iron Maiden. Il a signé le livre que je lisais. C’est mon plus grand souvenir. Je ne l’oublierai jamais. C’est sur.

Avez-vous appréciez le Warped Tour ? Avec tous ces nouveaux groupes comme Yesterdays Rising ?
Oui, on était aussi avec Taking Back Sunday qui sont des bons amis. Donc on est resté avec eux la plus part du temps. Mais on a rencontré des gens simpas. C’est toujours marrant d’être sur Warped Tour.

Est-ce que vous voyez une différence entre les fans européens et américains ? Y en a qui disent que les fans européens sont plus cool plus libres…
Oui c’est vrai. Je pense que c’est vrai. Les américains sont blasés. Il y a toujours un groupe qui tourne. Donc ils vous ont toujours vu. Mais ici les kids sont très excité de nous voir parce qu’on ne vient pas souvent. Ils ne sont pas là pour faire bien. Ils sont juste là pour apprécier le show. Au Etats-Unis, les gens ne pensent qu’à leurs statuts et surtout à être vu. C’est bien de tourner aux USA mais c’est vrai qu’ici les kids sont plus libres. Ils veulent juste passer du bon temps en écoutant de la musique.

J’ai entendu dire que vous étiez sponsorisé par Atticus, la marque de Tom Delonge et Mark Hoppus. Comment ça s’est passé ?
J’ai rencontré deux de leurs représentants au Warped Tour il y a 3 ans. On a beaucoup parlé. On a fait quelques sorties. Et puis on a fait une tournée avec Finch. Tom et Mark étaient là aussi. On a parlé. Ils aimaient notre musique, ce que l’on faisait. Ils nous ont demandé si on voulait des vêtements Atticus. On a répondu oui bien sur. Et on a reçu une énorme boite pleine de chemises, vestes, t shirts et chaussures. C’était vraiment génial.

Est-ce que vous prenez part à la création et au design de leurs vêtements ?
Pour l’instant non. Mais avec Brian, on va créer quelques jeans avec Atticus. C’est très dur pour nous de trouver de très bon jeans aujourd’hui. Alors on va faire ça chez Atticus. Et on devrait aussi créer des chaussures plus habillées que celles qu’ils font.

Est-ce que vous avez des problèmes avec la rivalité entre East Cost et West Cost ?
Non vraiment aucun. On est pote avec pas mal de groupes sur la côte ouest. Et quand on va joué là bas, il n’y a jamais aucun problème.

Est-ce que vous écoutez vos propres CD ?
(Rires) Oui on écoute nos CD pour voir ce que j’ai fait de mal vocalement, et ce qu’on pourrait changer musicalement pour la prochaine fois lorsqu ira en studio. Juste pour voir comment on sonne et voir si ça sonne faux. Et parfois aussi pour se souvenir des paroles quand je les oublie (Rires).

Quels sont vos plans pour l’année prochaine ? Un nouvel album ? Un DVD ?
En fait après noël et notre tournée aux Etats-Unis, on va rentrer en studio pour enregistrer en nouvel album et probablement un DVD avec l’album. On pense sortir ça en juin.

Un mot sur l’élection de George W. Bush en connaissant votre point de vue démocratique ?
Ca craint que le pays ait jugé qu’il était apte à gouverner quatre ans de plus. Ce qu’il a fait pendant quatre c’était nul. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour notre pays mais aussi pour le monde entier. Et puis pour nos enfants, il va foutre tellement le bordel qu’il en subiront eux aussi les conséquences. J’ai un peu peur de ce qu’il va se passer ces quatre prochaines années. Mais avec la séparation du pays en deux après les élections, c’est possible qu’il adoucisse un peu sa position et qu’il prenne quelques idées de Kerry.

Avez-vous entendu parler de groupes français ?
Non je ne connais absolument rien. J’aimerais bien.

Et enfin, dernière question, un peu orginale.. Aimez-vous la cuisine française ?
Je l’adore. Il y a un restaurant à New York qui fait de la cuisine française. C’est excellent. J’y vais souvent.

Un grand merci à Vagrant Records et Chronowax ainsi qu'à Benjamin Perri et Josh Newton pour cette disponibilité et pour avoir facilité l’interview.