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Album

09/12/14 - U-Zine

Neurosis

Sovereign

LabelNeurot Recordings
stylePost-Metal
formatAlbum
paysUSA
sortiejanvier 1999
La note de
U-Zine
7/10


U-Zine

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« Le point de soudure entre intelligence et sensibilité évoque la charnière secrète entre monde visible et monde invisible. » Bourbon Busset.

Si les débats tentant de définir le meilleur album de Neurosis sont sans fins, les discussions sont bien plus unanimes à propos du disque le moins aimé du quintet américain (sans compter les deux premiers opus, à part du reste en tous points). En effet, Sovereign, issu des « chutes » ou plutôt devrais-je dire enregistrements laissés de côté lors de la mise en boite du monumental Times of Grace, est en effet généralement boudé ou tout simplement laissé de côté par les aficionados. Première sortie via le propre label du groupe Neurot Recordings et bénéficiant de la production d’un Steve Albini décidemment né pour faire sonner Neurosis, Sovereign, hué à sa sortie par les fans de la première heure, est avant tout un élément charnière de l’histoire de la formation. Testament d’une époque désormais révolue et prophète d’un avenir tout aussi radieux, il est temps de réhabiliter un ep dont l’existence détient bien plus d’importance que l’on a voulu le faire croire.

« Bodies fall away, spirits burn. »

Le premier titre, Prowler, ouvre l’ep avec un titre au tempo relativement calme et lent dressant une sensation de plénitude doublée d’une véritable sensation de malaise, là est la force de Neurosis. Le calme avant la tempête. La paix avant la chaos. La sérénité avant l’inquiétude. Neurosis rassure et indispose. Trop longtemps décrié, ce morceau a pourtant le mérite de révéler à la face du monde la nouvelle direction que va prendre la formation. La volonté d’une approche plus atmosphérique et ambiante se fait réellement sentir dès ce morceau que l’on retrouvera d’ailleurs dans une version quelque peu différente sur l’album suivant, le magistral A Sun That Never Sets. Plus longue et dotée de diverses voix narratives, Prayer est sombre et malsain, Prayer est un énième enfant de Neurosis, mais Prayer effraie et intrigue à sa sortie …

« Intrinsic fire witnessed the time of iron. »

Et ce n’est certainement pas un titre comme Flood qui rassurera les die hard de Souls At Zero ou d’Enemy of the Sun only avec ses sonorités indus, tribales et ambiantes qui font que ce morceau n’aurait pas dépareillé au sein de l’album Tribes of Neurot. Le reste de l’objet poursuit plus dans la tradition du gang d’Oakland. An Offering délivre ainsi un morceau très typé Times of Grace, lourd, pesant et suffocant. Le mur de guitare est ici bien présent et tourmentera votre esprit pendant près de 8 minutes. Le morceau éponyme, pavé de 13 minutes vous donne rendez vous avec les abysses de votre âme dès les premières secondes. Noirceur, malaise et étouffements sont les maîtres mots de cette longue séquence qui troublera même un auditeur familier du style de Neurosis. Tétanisant et primitif, destructeur et plombant, l’intitulé même du morceau place incontestablement le groupe parmi les groupes les plus novateurs et aboutis de sa génération.

« Like the dark night embraces a shadow. »

Seul Misgiven, présent uniquement à l’origine sur l’édition japonaise et incorporée lors de la réédition, apparait dispensable. Même s’il dispose d’un son plus massif qu’auparavant, ce titre n’apporte fondamentalement rien à l’ensemble. Sans aller aussi loin que certains chroniqueurs de la toile, cette piste instrumentale répétitive de dub/indus/noise n’est pas vraiment le meilleur moyen de clôturer cet sortie. De manière globale, la rage semble désormais plus maîtrisée certes, mais elle n’a en aucun cas disparue. Le groupe expérimente encore et toujours. Samples, violon, violoncelle, tuba cornet, trombone, nappes électronique, Sovereign est réfléchit, pensé et travaillé.

« We will know and feel all that is real. »

Véritable pierre à la croisée des chemins empruntés par le quintet américain, Sovereign tient la place du rejeté au sein de la discographie de Neurosis, la faute à des compositions certes assez molles dans la construction mais en aucun cas dans l’interprétation. Loin d’être de simples « chutes » vides et sans âme, les compositions de Sovereign inaugurent le virage atmosphérique qui se concrétisera par l’immense A Sun That Never Sets.

1. Prayer
2. An Offering
3. Flood
4. Sovereign
5. Misgiven

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