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Album

09/12/14 - U-Zine

Killswitch Engage

Disarm The Descent

LabelRoadrunner Records
styleMetalcore
formatAlbum
paysUSA
sortieavril 2013
La note de
U-Zine
8/10


U-Zine

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Cela fait des années que Killswitch Engage est rentré dans le rang. Jadis, leader incontesté de la scène Metalcore, le groupe a toujours été sur la pente descendante depuis la sortie de son second album plus qu’acclamé par la critique, Alive Or Just Breathing. L'arrivée au poste de chanteur d'Howard Jones en 2002 coïncidait avec la volonté du groupe d'adoucir sa musique et par conséquent, de perdre son énergie originelle. Malgré quelques bons morceaux sur les deux albums qui suivirent (« A Bid Farewell », « Daylight Dies » ou « Break The Silence »), la magie n'opérait plus. Il manquait quelque chose à la mécanique de Killswitch Engage qui n'avait plus rien sorti de nouveau depuis 2009 et ce quelque chose était évident depuis des années.

Jesse Leach.

On ne va pas se la jouer vieux con refusant l'évolution mais cela fait des années que les fans de Killswitch Engage fantasment sur le retour du chanteur prodigue et à force de prières, le miracle a eu lieu. Bon ce n'est pas non plus la surprise, on s'y attendait depuis plus de deux ans, à vrai dire. En effet, Adam D. et Jesse s'étaient réunis autour d'un nouveau projet intitulé Times Of Grace qui avait sorti un excellent album, The Hymn Of A Broken Man début 2011 avant d'être rejoint pour les concerts par un certain Joel Stroetzel. Dès lors, il ne fallait pas être devin pour comprendre que quand Howard Jones a claqué la porte de KSE, le remplaçant était déjà tout trouvé avant même d'avoir fait l'effort de chercher. Jesse apporte avec lui l'espoir de la renaissance des Américains, saura t-il répondre aux attentes des fans ?

La réponse est oui sur toute la ligne. Qu'on soit clair, Disarm The Descent est en dessous de The Hymn Of A Broken Man mais alors c'est le meilleur album de Killswitch Engage (sachant que je n'ai jamais fait l'effort d'écouter le Killswitch Engage II qui ne m'attire absolument pas) depuis onze ans et ce n'est pas qu'une simple question de chant.
Oui, Jesse sur CD met à l'amende Howard car il est bien plus complet pouvant moduler sa voix selon les circonstances. Howard savait gueuler et chanter (plus ou moins bien) mais ne savait pas apporter de la nuance comme Jesse sait bien le faire. Pour donner un exemple, sur le pont d'« Always », j'aurais juré que Yann Ligner (plus grand chanteur français de Tal-mé à l'heure actuelle et exerçant dans Klone) venait faire un guest alors que non, c'est bien Jesse qui vient te foutre sur le cul.
Mais, Jesse vient surtout redonner de l'énergie à un groupe qui en manquait cruellement sur ses dernières sorties. Devant le succès d'un titre comme « My Last Serenade », le groupe en avait fait des tonnes dans la niaiserie oubliant presque qu'il était un groupe de Metal à la base et que ses meilleurs titres étaient quand même un minimum burnés. De plus, pour ne rien arranger, les morceaux étaient de plus en plus mal composés jouant sur le clivage entre chant gueulé et chant clair plutôt que sur son mariage à l'instar de la très grosse majorité des groupes dans le Metalcore.

L’exemple flagrant du renouveau de Killswitch Engage, c’est l’entrée en matière sur « The Hell In Me ». Pas d’introduction pompeuse pour faire monter la sauce. Non, non, NON ! Le groupe attend depuis trop longtemps de déverser sa semence et tu vas te prendre une éjaculation sonore pleine face que seul MONSIEUR Peter North peut égaler. La formation n’avait pas commencé un album aussi violemment. Après, c’est vrai que le morceau en lui-même est très classique du Metalcore mais qu’est ce qu’il est efficace ! Contrairement à beaucoup de groupes du genre, on est dans une démarche musicale accrocheuse mais jamais putassière. De même, ça ne sonne jamais niais y compris quand KSE se permet de mettre la « ballade » de coutume. Je mets ballade entre guillemets car même si c’est comme cela que l’appelle le groupe, « Always » n’a rien à voir avec les ballades telles qu’on peut en connaître avec Killswitch Engage. Elle n’a pas de refrain bidon comme peuvent en avoir « My Last Serenade » ou « My Curse » qui sont typiquement le genre de morceaux que je ne supporte pas dans Killswitch Engage quelque soit l’époque. Sur « Always », il y a quelque chose qui se passe, pas grand-chose certes mais quand même. Tu chantes à tue tête et, en plus, tu sens un Jesse beaucoup plus sincère. Je vous parle de ces deux titres et je vous vois saliver. Pourtant, je ne vous ai pas encore parlé des deux hits de l’album que sont « The New Awakening » et « The Call » qui sont des modèles de chansons accrocheuses et qui ne les empêchent pas d’être musicalement parfaites. Elles sont justes deux des meilleurs titres qu’a sorti Killswitch Engage à ce jour.

Je ne sais pas si j’ai réussi à vous convaincre autant que la formation du Massachussetts a su le faire sur moi mais, retenez bien que pour moi, cet album est le meilleur de Killswitch Engage depuis onze ans et qu’il est même peut être plus homogène qu’Alive Or Just Breathing qui avait beaucoup de hauts mais aussi quelques bas (« My Last Serenade » par exemple). Disarm The Descent monte peut être un brin moins haut (encore que les deux hits que je vous ai cités plus haut sont de haute volée) mais tient mieux sur la durée. Le seul problème de cet album, c’est d’être apparu après l’album de Times Of Grace, The Hymn Of A Broken Man, certes différent mais qui lui est autrement supérieur du fait de son caractère plus adulte. Mais bon, ça reste de la bonne came et j’aurais bien du mal à comprendre que les vieux fans du groupe ne se retrouvent pas dans cet album qui est - on ne le répétera jamais assez - plutôt excellent.

1. The Hell In Me
2. Beyond the Flames
3. New Awakening
4. In Due Time
5. A Tribute to the Fallen
6. The Turning Point
7. All That We Have
8. You Don't Bleed for Me
9. The Call
10. No End in Sight
11. Always
12. Time Will Not Remain

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