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DVD

09/12/14 - U-Zine

Gojira

The Flesh Alive

LabelMascot Records
styleDeath Ethnique
formatAlbum
paysFrance
sortiejuin 2012
La note de
U-Zine
7.5/10


U-Zine

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L’épreuve du live est un cap indispensable à la pérennité d’un bon groupe (quoique…) et Gojira ne fait pas exception à la règle, ayant construit la majeure partie de sa popularité hors de ses bases grâce à ses shows dantesques de puissance, de technique et de charisme scénique. Encore inconnu des américains (et des européens globalement) à la sortie de "From Mars to Sirius", les landais avaient impressionné le monde entier dans des concerts où ils se vouaient corps et âme à une musique terriblement violente, spirituelle, avant-gardiste presque et mettant en exergue (enfin) toute la qualité de la scène musicale française.

Deuxième dvd du groupe après "The Link Alive", "The Flesh Alive" prend la forme d’un superbe coffret trois disques (deux dvd et un cd), avec livret et poster pour plus de trois heures de contenu vidéo et une moyenne de 14€ à l’achat : on ne peut pas dire que Gojira se moque de ses fans.
Outre l’aspect visuel de l’objet, on retiendra l’utilisation d’un gros plan de la pochette de "The Way of All Flesh", rappelant ce qu’il avait fait en reprenant également la pochette de "The Link" il y a quelques années. Du côté de la setlist, une première déception pourra être de mise lorsque l’on s’aperçoit que les deux concerts intégraux présentés proposent exactement la même liste de morceaux à une seule différence près ("Toxic Garbage Island" à Bordeaux). il aurait été également sympathique d’avoir l’intégralité du concert aux Vieilles Charues, montrant un panorama différent d’un groupe forcément face à un public différent ce soir-là (d’où la présence d’une composition semi-acoustique comme "World to Come"). Dernier point au rayon des défauts avant même d’avoir mis un disque dans le lecteur (quelle hâte à juger avons-nous) ; le fait que les shows se déroulent respectivement à Bordeaux et au GaroRock (donc près de Bordeaux). Pourquoi ne pas avoir choisi un show français (en hommage au public français et pour avoir le groupe parlant dans notre langue) et un autre dans un pays d’Europe pour voir le groupe également dans sa relation avec ses autres fans. Il est tout de même probable que Gojira faisait des dates assez importantes pour remplir de belles salles à l’étranger. Ce n’est qu’un détail mais cela aurait pu montrer deux facettes du groupe.

Néanmoins, à la vision de ces deux concerts, et malgré une setlist identique, on se rend compte qu’ils sont différents à bien des égards, et notamment dans le montage et la mise en scène où ils sont carrément opposés. Là où le concert au GaroRock dispose d’un montage très travaillé et esthétique, avec de nombreux ralentis, plans en noir et blanc, passages en macroscopique sur les manches des instruments, images symboliques en superposition des musiciens et beauté globale des couleurs, la date de Bordeaux se montre beaucoup plus crue et live. On s’attache cette fois à la furie de Gojira en live, et le rendu se veut beaucoup plus proche du public, avec des sauts de caméra, un côté très vif et nerveux proche de ce que l’on vit lorsque l’on a le groupe face à soi. Selon ce que l’on a envie de voir, on peut donc dire que les deux concerts sont assez différents dans la manière d’être vécu pour le spectateur. En revanche, du côté du son, on est pour les deux concerts dans des conditions optimales avec une production écrasante, limpide et claire ; un vrai travail d’orfèvre.

Du côté de la setlist, les concerts font évidemment la part belle au dernier opus en date avec entre autre le titre d’ouverture "Oroborus" et son intro au tapping démentielle en live, les furieux "Toxic Garbage Island" et "The Way of All Flesh", l'écrasant "Vacuity" ainsi que la pièce maitresse qu’est "The Art of Dying" jouée devant un public médusé et hypnotisé par la maitrise, le charisme et le stoïcisme d’un groupe conscient de sa force de frappe. Joe est parfait en frontman et maitrise parfaitement l’auditoire, la haranguant sans cesse et l’invitant à slammer ou bouger comme il se doit (« Je veux vous voir péter un câble » hurle-t-il en lançant "Flying Whales"). "From Mars to Sirius" n’est pas en reste puisque quatre morceaux en sont extraits, dont la sublime "Flying Whales" justement, mais aussi les monstrueux "Backbone" et "From the Sky", tétanisant de puissance en concert. Carrée et impeccable techniquement, la performance scénique est bluffante et en aucun cas statique, le trio de musiciens (hormis Mario évidemment cantonné derrière sa batterie, mais jamais sans charisme) court d’un bout à l’autre de la scène sans discontinuer. Impressionnant.

Autre argument, le documentaire de plus d’une heure sur la vie du groupe en studio et en tournée. Rien de véritablement différent que ce que font la plupart des groupes mais toujours enrichissant de voir la bonne humeur et la détente visible qui habitait les sessions de composition de "The Way of All Flesh", ainsi que l’envie d’en découdre qui animait le groupe lorsqu’il ouvrait pour Metallica (« On joue comme d’habitude, on se prend pas la tête. On s’amuse et on fout le bordel » entend-on dire Mario dans les loges). On voit aussi la réaction des fans aux Etats-Unis, furieusement positive également, ainsi que des extraits interviews de médias américains. Une heure très intéressante, à défaut d’être réellement enrichissante sur des informations que, globalement, le fan connait déjà.
Reste le cd qui reprend les mêmes titres que les dvd, les concerts étant assez courts et tournant autour des soixante-quinze minutes.

Certes, il y a quelques motifs d’insatisfaction dans ce dvd qui aurait pu être optimiser sur certains aspects (deux pays différents, une setlist un peu changée, la présence des clips de "Vacuity", "To Sirius" ou "All the Tears", une sortie très rapprochée de celle de "L’Enfant Sauvage") mais le fait que ce soit un deal unique pour ce dvd (avec Mascot Records), que le prix soit dérisoire vis-à-vis du contenu et que l’objet soit vraiment très beau efface quelque peu ces légers défauts. Il ne s’agit pas du dvd live du siècle mais le fan en aura pour son argent et pourra se délecter de l’un des plus grands groupes français de scène actuel. Ne boudez pas votre plaisir de regarder un groupe suant sa musique et sa passion pour elle chaque soir, cela devient tellement rare de nos jours…

DISC I - GAROROCK SHOW
1. Oroborus
2. The Heaviest Matter of the Universe
3. Backbone
4. Love
5. From the Sky
6. A Sight to Behold
7. The Art of Dying
8. Drum Solo
9. Clone
10. Flying Whales
11. The Way of All Flesh
12. Terra Incognita
13. Vacuity
LES VIEILLES CHARRUES SHOW
1. Indians
2. Toxic Garbage Island
3. World to Come

DISC II - BORDEAUX
1. Oroborus
2. The Heaviest Matter of the Universe
3. Backbone
4. Love
5. From the Sky
6. A Sight to Behold
7. The Art of Dying
8. Drum Solo
9. Clone
10. Flying Whales
11. Toxic Garbage Island
12. The Way of All Flesh
13. Terra Incognita
14. Vacuity
+ Documentary "The Way Of All Flesh Inside"

DISC III - (AUDIO CD)
1. Oroborus
2. The Heaviest Matter of the Universe
3. Backbone
4. Love
5. From the Sky
6. A Sight to Behold
7. The Art of Dying
8. Clone
9. Flying Whales
10 .The Way of All Flesh
11. Terra Incognita
12. Vacuity

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