Chronique Retour

Album

20 avril 2026 - Storyteller

Archspire

Too Fast To Die

Labelautoproduit
styleTech Death
formatAlbum
paysCanada
sortieavril 2026
La note de
Storyteller
9/10


Storyteller

Why not ?

Archspire a le don pour se faire remarquer. Un guitariste star des réseaux qui fait des vidéos avec sa femme, des concerts aussi brutaux que funs (jouer au Twister dans un pit, ça c’est metal !) et un changement de batteur bien mis en scène. Ce processus a permis de voir à quel point ce groupe de rigolos a attiré les pointures du genre comme Kevin Paradis (ex – Benighted), avant qu’ils ne jettent leur dévolu sur Spencer Moore, ex-batteur de Inferi, autre figure de proue du death technique.

Puis est venu le temps de composer, de se promouvoir, puisque le groupe a décidé de se séparer des majors et de lancer un Kickstarter pour se financer. Et voilà, plus de 100 000 dollars plus loin et huit nouveaux morceaux dans la boite, 2026 voit débouler le successeur de Bleed The Future avec son lot d’attentes. La question que les fans se posaient était de savoir si le groupe allait proposer quelque chose de neuf ou continuer sur une voie explorée de fond en comble et allait finir par ressembler à un groupe qui s’auto-parodie.

Quand arrive le clip de « Carrion Leader », on se dit que les Canadiens sont repartis sur les mêmes bases, en jouant l’outrance et l’extrême. Mais on comprend aussi que ni la folie ni la virtuosité du groupe n’ont baissé d’un millimètre. Il suffit de regarder le titre de l’album : Too Fast To Die. Ils sont certains de leur recette et vont nous la balancer en pleine tête. Et c’est au nouveau batteur que l’on pense en premier, puisque ce métronome doit tenir l’album avec sa rapidité et sa technique.

On savait que remplacer Spencer Sprewett ne serait pas une mince affaire. Mais plus on écoute l’album, plus on comprend que le choix de Spencer Moore, c’était le choix d’un musicien qui saurait retrouver l’esprit Archspire et en perpétuer l’héritage. La continuité est saisissante et on imagine à quel point le processus de sélection d’une grande exigence a poussé les batteurs à se fondre dans la musique du groupe. Bien sûr, tout ne se joue pas sur la vitesse, comme on l’entend par exemple sur « Limb Of Leviticus », avec ses grooves, mais quand même. Blasts délirants sur « Red Goliath », double grosse caisse ultra-rapide, même le son du kit, la marque Archspire est toujours là.

On note parfois de petits changements : le son de la guitare sur « Deadbolt The Backward » qui sort de l’ordinaire, ou sur « Anomalous Descent » qui apporte quelques passages que l’on n’a pas l’habitude d’entendre chez Archspire avec des touches hardcore sur certains refrains. C’est subtil mais remarquable, surtout sur un titre qui ne joue pas sur la vitesse, mais qui met en avant les techniques individuelles de façon particulièrement forte, notamment les passages de basse, vraiment incroyables. Ils montrent que cet instrument a une place établie au sein de Archspire, quand on entend les parties de guitares doublées par la basse sur « The Vessel », on comprend que la composition se joue en groupe, et que chacun cherche à aller le plus haut, loin et vite possible.

On se sent toujours humble aussi face à la vitesse d’élocution d’Oli, chanteur extra-terrestre qui montre qu’aucun poste dans le groupe ne déroge à la règle do « too fast ». Alors comptez combien de changements rythmes s’opèrent du « Liminal Cypher », sentez à quel point on frise les limites de la vitesse avec « Too Fast To Die », ressentez la virtuosité à mille à l’heure de Dean et Tobi aux guitares entre arpèges incroyables et soli impossibles à concevoir. Archspire est un groupe qui tient à imposer une identité que la concurrence va mettre longtemps avant de rattraper.

Too Fast To Die est un album qui sent la maitrise de bout en bout. On sent parfois des passages qui ont un goût de déjà entendu, mais on sait que l’on est dans une continuité dans le son autant que dans la composition. Archspire voulait montrer que Bleed The Future n’était pas un coup de chance, mais bien ce que le tech death peut faire quand on lui enlève la bride et qu’on lui demande d’aller vite. Alors oui, on pourra dire qu’ils ne prennent pas toujours les choses au sérieux et brouillent les pistes d’un style qui prend des airs intellos ou mystiques. Mais le message est clair, ce groupe dont le line-up est d’une grande stabilité, dont la personnalité a su s’ancrer après cinq albums est un des acteurs majeurs du genre, qui laissera une trace dans son histoire. Alors ne les loupez pas en tournée, la plus-value est encore plus grande quand on prend le mur Archspire en pleine tête.

Tracklist:

Liminal Cypher

Red Goliath

Carrion Ladder

Anomalous Descent

The Vessel

Limb of Leviticus

Deadbolt the Backward

Too Fast to Die

 

 

Les autres chroniques