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Album

01/11/21 - Storyteller

Archspire

Bleed The Future

LabelSeason of Mist
styleTech Death
formatAlbum
paysCanada
sortieoctobre 2021
La note de
Storyteller
9/10


Storyteller

Why not ?

Les sorties Tech Death s’enchainent en 2021, une année pendant laquelle les leaders ont décidé de remettre leur titre en jeu afin d’asseoir leur hégémonie sur le genre. Archspire vient du pays où ce mélange de brutalité et de technique est roi et d’où des références émergent tous les ans. Troisième album d’une discographie qui n’a laissé aucun fan indifférent, Bleed The Future, porté par la grosse machine de Season of Mist a été soigneusement préparé.

Huit titres, pas plus de quatre minutes, pas de fioritures. Un artwork à la fois crade et mystérieux, trois singles et leurs clips assortis d’une promo qui casse l’image d’un groupe austère : une vidéo qui montre les mères des musiciens écoutant leurs rejetons jouer. Jouer sur le « cute effect » pour du death brutal, on concédera que c’est assez original voire déroutant. L’on pourrait dire que l’aura du groupe et la marque de leur identité n’est tellement plus à faire qu’ils se permettent des facéties.

D’ailleurs si l’on commence l’album par la fin, « A.U.M » (an unheard message), on se retrouve sur un répondeur avec un message en forme de critique un peu farfelue. La réponse musicale est sans pitié et l’on sent l’envie du groupe d’adresser un droit de réponse, de prouver qu’ils ne sont pas que des machines à blast mais aussi des musiciens capables de passer une intention, une ambiance.

Parce que l’on ressent autre chose que cette incroyable brutalité, cette vitesse d’exécution démentielle qui caractérise Archspire. Oui, ça va très très vite, mais ça on y est accoutumé, par contre on sent aussi un sens du dramatique s’installer sur certains titres. On l’avait pressenti dans un des singles, « Drone Corpse Aviator » mais c’est confirmé par « Acrid Canon ». Blasts plus riffs de guitares travaillés, on a ce sentiment de ne pas s’enfoncer dans un Death purement démonstratif, mais un qui nous accroche, qui donne une identité encore plus forte à chaque morceau.   

C’est aussi en rencontrant des titres comme « Reverie on the Onyx », que l’on peut se demander à quel point ce thème de rêverie est compatible avec une musique qui n’est que rapidité et puissance. Mais la mélodie, les changements de tempo et le gimmick assez connu de Archspire : des arpèges avec de l’écho avec une basse en appui donnent un air de musique classique, de symphonie qui résonne.

Loin de moi l’idée de dire que Archpire entame sa révolution. Bien au contraire, il faut le voir comme le perfectionnement de leur style. Les fans savent à quoi s’attendre : un chant à 100 000 à l’heure, une diction extra-terrestre, des blasts fous, des soli courts mais accrocheurs et une basse omniprésente qui vient assommer les mélodies. Le groupe est une machine à hit avec un son percutant mais froid, écoutez « Bleed The Future » pour vous en convaincre. En fait, les Canadiens ouvrent une porte, une réflexion sur ce qu’ils peuvent devenir. La performance n’est plus leur but ultime, ils n’ont plus à prouver quoi que ce soit et au final c’est plutôt positif, car Bleed The Future est sans aucun doute un des albums de l’année dans le genre car Archspire ne déçoit pas ; bien au contraire on sent un potentiel encore plus grand : celui d’ouvrir leur musique à un public encore plus large. Un challenge noble à la portée de ces musiciens d’exception.

 

Tracklist

01. Drone Corpse Aviator (3:46)
02. Golden Mouth of Ruin (4:05)
03. Abandon the Linear (4:36)
04. Bleed the Future (3:48)
05. Drain of Incarnation (4:20)
06. Acrid Canon (4:09)
07. Reverie on the Onyx (3:47)
08. A.U.M. (3:04)

 

 

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