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vendredi 3 avril 2026

Thy Catafalque + Bong-Ra + Toward the Throne @ Paris

Backstage - Paris

Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Après avoir été un projet studio pendant plus de vingt ans, Thy Catafalque multiplie les passages sur scène depuis 2021. Avant une double date au Brésil – une première hors Europe la troupe hongroise menée par Tamás Katai a traversé le Vieux Continent, avec notamment plusieurs dates en France, et une première à Paris où Horns Up était présent.

 

Toward the Throne

S.A.D.E. : Accompagné de Bong-Ra en première partie sur toute la tournée, Thy Catafalque a également invité Toward the Throne sur les dates françaises et espagnoles. Le combo français défend son nouvel album, Midnight, sorti il y a un mois à peine. Je découvre le groupe ce soir et leur black/death assez mélodique et moderne n'est pas exactement dans mon registre extrême de prédilection. La salle n'est pas encore complètement remplie, mais le public présent témoigne d'un accueil chaleureux. Le son est bon, avec peut-être un poil trop de grosse caisse qui, sur les passages en tapis de double pédale, mange un peu les riffs. Mais rien qui ne soit de nature à gâcher le set des Français ; leur prestation reste propre et maîtrisée. Un groupe à recommander pour celles et ceux qui aiment leur metal extrême assaisonné de mélodies scintillantes.

Setlist :
The Void: Road from Chaos
Midnight
Still, Denial
7HATE
Malice in Veins
The Ashes of Pain
Caught Between Breaths

 

Bong-Ra

S.A.D.E. : Je connais assez mal les albums studio de Bong-Ra, et ce n'est pas le concert de ce soir qui m'aura aidé à mieux découvrir la musique de Jason Köhnen. Mélange de doom/stoner, de metal indus et de breakcore, le propos de Bong-Ra est difficile à décrire pour qui n'a jamais écouté. Et il est visiblement difficile à retranscrire en live. Jason Köhnen, seul maître à bord en studio et bassiste en live, est accompagné de deux guitaristes. Tout le reste des éléments qui composent la musique de Bong-Ra sera balancé via des samples. Et c'est là que le bât blesse. Que le problème vienne de la configuration de la salle, d'un raté côté console, ou d'une impossibilité intrinsèque à transformer l'essai en live (la musique proposée est exigeante et riche), le résultat est absolument illisible. La boîte à rythmes sonne hyper sourde, les effets électroniques sont noyés par les guitares (ou l'inverse, difficile d'être catégorique tant c'est le bordel), et le chant gonflé à la reverb complète ce tableau peu réjouissant. Sans être un inconditionnel, j'étais curieux de voir ce que Bong-Ra pouvait bien donner en live. Autant dire qu'à la fin du concert, je n'étais pas beaucoup plus avancé sur le sujet qu'avant.

 

Thy Catafalque

S.A.D.E. : Si c'est en curieux que j'assistais au set de Bong-Ra, c'est en néo-converti (merci ZSK et son lobbying !) que je viens voir Thy Catafalque. Et après la déconvenue sonore, j'appréhende la mise en live d'une musique aussi riche, unique et variée que celle des Hongrois. Dans (l'immense) discographie du groupe, il y a des titres qui ne pourront sans doute jamais être joués en live mais le génial (et incroyablement modeste) Tamás en est parfaitement conscient et construit ses setlists en fonction. Autre petit point de tension : un des guitaristes a dû rentrer en urgence en Hongrie le matin même, et sera remplacé sur une partie du set par les membres de Bong-Ra (qui auront donc appris dans la journée des titres loin d'être de tout repos, chapeau à eux !). Et dès « Néma vermek », tous les doutes s'évaporent. Le son est d'une clarté impeccable, et les parties samplées s'équilibrent bien avec le reste du mix. En plus de Tamás à la basse, il y a donc deux guitares, une batterie et quatre vocalistes (deux hommes et deux femmes). Et tout ce beau monde entre et sort de scène en fonction des besoins sur les différents titres joués ; seule l'armature basse/batterie sera présente sur tout le concert. 

Tout dans ce set respire la maîtrise et la classe. Que ce soit sur des morceaux bien extrêmes comme « Szarvas » ou des titres plus doux comme « Napút », c'est un émerveillement constant que d'entendre une musique aussi riche et généreuse prendre son essor sur scène. L'alternance des voix, les morceaux à tiroir, les riffs à la fois complexes et incroyablement efficaces, tout converge vers un concert d'exception. À titre personnel, le climax sera peut-être atteint avec les huit minutes hallucinantes de « Ködkirály » ; son début où les voix féminines se posent sur des sonorités électroniques, son passage plus lourd, menaçant et rampant où le chant crié domine, jusqu'à ce moment magique où les quatre chanteurs et chanteuses mêlent leurs voix pour un résultat qui file les frissons. Grandiose. Malgré environ une heure vingt de concert, il est encore beaucoup trop tôt lorsque Tamas et sa troupe nous quittent sur l'hyper-accrocheur « A gyönyörű álmok ezután jönnek ». 

Groupe exceptionnel en studio, Thy Catafalque démontre désormais que son talent a toute sa place sur les planches. Tamás nous a fait l'honneur d'une interview (et un peu plus, surprise à venir sur Horns Up d'ici peu !), et il s'avère que le prochain album du groupe est prêt. Si sa sortie s'accompagne d'une nouvelle tournée, sachez déjà que le groupe est un immanquable sur scène, même avec une setlist réduite comme ce soir, absence du second guitariste oblige.

Setlist :
Néma Vermek
Trilobita
Naput
Szarvas
Mezolit
Embersolyom
Köd utànam
Csillagkoho
Töltes
Kel keleti sél
Ködkiràly
Jura
Alàhullàs
A gyönyörű álmok ezután jönnek

 

Nos remerciements à Garmonbozia pour l'accréditation et au Backstage pour l'accueil.