
Hällas + Earth Tongue @Paris
La Machine du Moulin Rouge - Paris

Non.
C'est un vendredi soir pluvieux de mars que j'ai le plaisir de remettre les pieds à la Machine du Moulin Rouge, une salle dont j'apprécie la disposition pratique pour voir la scène quand on fait moins d'1m65. Je ne pouvais évidemment pas louper l'occasion d'un court séjour à Paris pour voir Hällas, dont j'ai chanté les louanges du dernier album, que je n'ai pas revu en live depuis le Hellfest 2022 et en salle depuis leur passage au Stereolux à Nantes en 2019.
Earth Tongue


Le duo néo-zélandais accompagne Hällas à l'occasion de cette tournée européenne. N'étant pas une grande adepte de fuzz, je comprends toutefois que le projet heavy psych aux teintes fantasy puisse avoir sa place en ouverture. Je n'ai, en tout cas, pas d'idée plus adéquate de projet plus prog et qui ait également une actu à défendre sur scène.
Earth Tongue sortait, il y a à peine quelques semaines, l'album Dungeon Vision. Après une écoute superficielle, je n'avais pas été emballée mais je découvre ce soir-là, en live, un duo qui fonctionne parfaitement. L'assurance dégagée par les deux musiciens ainsi que la technique vocale précise de la chanteuse me font rapidement changer d'avis. Bien que le concert entier finisse par me lasser un peu, par manque d'adhérence au style un peu redondant pour mes habitudes, je dois dire que je ne m'attendais pas à accrocher à Earth Tongue alors pari réussi pour cette première partie.

Hällas

Les capes volent, les paillettes brillent, la fumée s'empare de la scène... Avec un dernier album assez innovant et ambitieux, rien n'était sûr quant à la réception du public. Pourtant, la flamboyance du groupe ne cesse de croître durant presque 1h30 de show, à laquelle répond un public profondément enthousiaste.
L'énergie déployée, le charisme des Suédois ainsi qu'une scénographie bien choisie marquent le concert. Sur scène, prennent place un grand monolithe central, un cristal mystérieux au-dessus de la tête du guitariste soliste ainsi que des projections en arrière-scène, permettant d'ancrer la performance dans un imaginaire séduisant.
Évidemment orientée vers le nouvel album (dont seul le dernier titre n'est pas joué), la setlist offre, étonnamment, une belle place à chaque période de la discographie d'Hällas. Le groupe sait que son public est attaché aux origines. Pour preuve, le majestueux final, enchaînement de « The Astral Seer », « Star Rider » et « Hällas » que je ne pensais plus voir sur les setlists actuelles mais qui boucle le concert avec un « Beware of the mighty Hällas! » tout à fait adéquat. Malgré de micro baisses de régime avec les titres issus de Isle of Wisdom (que j'aurais largement troqué contre un puissant « Fading Hero »), la setlist reste absolument savoureuse.
Il est un peu osé d'entamer le concert par les 20 minutes du titre d'ouverture de Panorama, le dernier album. Tout comme il est osé de casser la dynamique lorsque « Bestiaus », la très inattendue ballade piano-voix, débute. C'est dans un état de fascination absolue, ponctuée de frissons en quasi-continu et dans un silence de respect des premiers rangs, que la voix de Tommy Alexandersson m'a envoûtée. Étant particulièrement sensible au chant, notamment lors du passage du studio au live, je dois dire que j'ai été particulièrement soufflée par sa prestation.
L'attitude affirmée du groupe, le choix de setlist et une scénographie très spécifique, tout montre que le groupe sait où il va et les acclamations de la fosse tout au long du concert ne font que confirmer que la décision est clairement la bonne.
Assurément un des concerts de 2026 pour ma part.
Setlist :
Above the Continuum
Tear of a Traitor
Repentance
The Emissary
Advent of Dawn
Bestiaus
Stygian Depths
Face of an Angel
Carry On
The Astral Seer
Star Rider
Hällas


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Un grand merci à Garmonbozia pour l'invitation,
aux groupes & aux équipes qui ont permis le bon déroulement de la soirée,
ainsi qu'à Opus Noir pour les photos.














