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Album

09/12/14 - U-Zine

Entropia

Obscure Rising

LabelAutoproduction
styleMetal Gothique Extreme
formatAlbum
paysFrance
sortiefévrier 2010
La note de
U-Zine
6.5/10


U-Zine

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De plus en plus à travers le temps, les femmes se sont extirpées des chaines culturelles qui les forçaient au mutisme et à l’inaction pour enfin s’installer, à l’égal des hommes, comme indispensables à toutes choses dans la société.
Néanmoins, les domaines à dominance masculine pullule encore bien souvent à travers le monde, quelque qu’ils soient. Longtemps, la musique fut une histoire d’hommes, les musiciens et compositeurs étaient globalement masculins et bien plus en avant. C’était, lorsque l’on aborde le monde du métal, presque un pléonasme. Les femmes n’y avaient pas leur place…

Puis, de plus en plus, elles se sont installées, ont développés des atmosphères, des schémas et des particularités uniques qui les ont rendu indispensable, à l’instar d’une Doro, Tarja Turinen ou plus récemment les vagues gothiques ou symphoniques placardant parfois bien maladroitement des femmes en tête de gondole. Parfois en bien, souvent utilisées en simple vitrine mièvre pour appâter le client charmé par des atouts parfois autres que purement musicaux.
Puis de plus en plus s’imposèrent différemment. A l’image d’une Angela Gossow, révolutionnaire dans son utilisation d’un growl continu, ou à de nombreux groupes de hardcore, les femmes prennent peu à peu exactement la même aura que les hommes, quelque soit l’instrument ou la technique qu’elles utilisent.

Ceci, Entropia le montre clairement en évitant de s’apparenter trop facilement au terme estampillé « à chant féminin ». En effet, on ne peut pas dire que Marie Rouyer rentre dans la masse car elles sont finalement bien peu à évoluer à travers un registre clair et hurlé comme la demoiselle le fait.
Originaire d’Auvergne, le quatuor créé en 2006 avec déjà un album et un ep sous la main revient cette année pour livrer un nouvel ep 6 titres qui affirme clairement la nouvelle direction plus brutale prise par le groupe. Probablement moins influencé par les groupes symphoniques qu’à leurs débuts, Entropia a pris un virage plus direct qui surprend dès "Sweet Little Sin" au riff purement black metal avec blast, incisif et violent pour débouler sur une pluie de chœurs litaniques très imposants et sentencieux. Une atmosphère sombre et chargée, qui se fait plus légère quelques instants plus tard, accueille l’auditeur. Le chant de Marie, parfois peut-être un peu trop léger, complètement particulièrement ce monde gothique si cher aux britanniques de Cradle of Filth. Un riff plus lourd et malsain suivra sur un break possédé et glauque, où la ressemblance avec Angela Gossow se fait sentir sur un phrasé maladif devenant hurlement schizophrénique.

La production, certes en deçà des cadors du genre, se veut honorable, puissante et dense, même si on regrettera (comme bien souvent) un son de batterie fade et sans ampleur, notamment au niveau du son de grosse caisse et de caisse claire. On remarquera également un visuel travaillé et accrocheur (bien que sur ce point également, « l’œil » soit relativement connu) au livret complet pour une autoproduction.

Entre un "Astral Cathedral" balancé entre mélancolie et violence toujours aussi glauque, notamment dans la façon très déchirée et vomitive de chanter de Marie ou un "Land of Ashes" symphonique et angoissant, "Obscure Rising" révèle de très bons moments qui laisse augurer du meilleur pour la suite. Entropia dévoile une certaine intelligence de composition, particulièrement dans l’utilisation de cuivres pour accentuer l’aspect tragique et impérial de sa musique, et dans les variations vocales de la demoiselle qui évite l’écueil du refrain clair/couplet growlé devenant de plus en plus exaspérant. On sent une trame narrative dans chaque morceau afin de créer une cohésion entre eux et en eux.
"Slave" éteint l’ep dans un monde musical plus proche de Nightwish que l’on aurait croisé avec Epica ou After Forever pour l’aspect bien plus brut et saccadé des riffs. Et si Marie se veut parfois quelque peu limite dans son chant lyrique relativement poussif, encore une fois, les espoirs sont bels et bien là.

Entropia continu de grandir et ne peut, en continuant dans cette voix, qu’inévitablement attirer les labels en quête de jeunes loups aux dents longues. Car à l’écoute d’"Obscure Rising", la première chose qui nous vient à l’esprit est que nos petits français, s’ils étaient affublés d’une production (encore et toujours l’importance cruciale du son dans tel genre musical) réellement à la hauteur pourrait sans conteste, d’un point de vue créatif, avec les piliers du genre. Une chose reste sure…c’est sur scène qu’actuellement, Entropia doit prendre toute son ampleur…


1. Sweet Little Sin
2. Phantom Pain
3. Astral Cathedral
4. Land of Ashes
5. Sister of Obscurity
6. Slave

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