Articles Retour

La grotte de S. #6

jeudi 27 décembre 2018 - S.
S.

Après quelques mois de vaches maigres en matière de Black Metal, c’est à une explosion de bons albums que nous avons affaire en cette fin d’année. Plusieurs d’entre eux peuvent prétendre au podium des traditionnels “tops annuels” d’usage à cette époque. En toute subjectivité, je citerais l’hypnotique Severoth, le mélancolique Sale Freux, l’épique Nécropole ou encore l’occulte Adaestuo.

J’en profite pour rappeler que les propos et idéologies de toute nature véhiculées par les groupes de la présente rubrique n’engagent que leurs auteurs. Ici, seule la qualité musicale est mise en avant.

Cette période est aussi l’occasion de faire un bilan sur cette nouvelle rubrique bimestrielle. Vos avis sont donc les bienvenus sur les points positifs, les points négatifs, que je tâcherai de prendre en compte à l’avenir.

Je vous laisse avec une sélection de 17 albums parus en novembre/décembre.

 

SEVEROTH - When the Night Falls… [Ukraine]    

L’année dernière, j’avais honorifiquement élu Forestpaths meilleur album de l’année, et manifestement, le nouvel album de Severoth est bien parti pour truster le podium de 2018. L’individu derrière ce projet fait partie des plus talentueux de sa génération et nous le prouve de façon insolente avec When the Night Falls… Son Black Metal à la fois ambiant et atmosphérique est un appel à l’évasion spirituelle, une musique contemplative de la première à la dernière note. Mention spéciale pour “Поклик карпат”, un titre particulièrement envoûtant avec ce cuivre à la sonorité touchante. Une vraie réussite que cet opus.
 

 

NECROPOLE - Solarité [France]

La scène française se porte plutôt pas mal ces temps-ci, et Nécropole est là pour nous le rappeler. Après plusieurs démos convaincantes et autres travaux qui le sont tout autant du côté de Caverne, Amertume propose ici son premier album studio. La patte de l’individu demeure intacte et l’inspiration toujours au rendez-vous : ce sont 45 minutes de Black Metal épique et mélodique qui sont distillés à l’auditeur, avec des compositions brillamment travaillées ("à la toulonnaise"). Un très bon cru !
 

 

WHOREDOM RIFE - Nid - Hymner av hat [Norvège]

La scène de Trondheim fait partie de la crème de la crème en matière de Black Metal norvégien actuel. Avec ce second album studio, Whoredom Rife ne fait qu’appuyer ce constat, en proposant une musique possédée, hantée et oppressante. Particulièrement soignée, la production accentue cette sensation de lourdeur, notamment grâce à ce jeu de batterie profond, contrasté et des guitares asphyxiantes. Je le recommande vivement aux amateurs de Mare, Dark Sonority voire du Mayhem de la grande époque.
 

 

ADAESTUO - Krew Za Krew [Finlande/USA/Pologne]

Le premier EP d’Adaestuo, paru il y a deux ans, m’avait laissé penser à un projet prometteur. La parution du présent album Krew Za Krew a fini de me convaincre. Adaestuo est le fruit d’une collaboration entre trois personnalités de trois pays différents : pour la partie instrumentale, on retrouve Vainaja, ancien de Sargeist/Horna/Cornigr et VJS, guitariste actuel chez Nightbringer, entre autres. Au niveau vocal, c’est la polonaise Hekte Zaren qui assure le poste. Tout au long des cinquante minutes composant l’album, le trio propose une expérience auditive complètement immersive : l’auditeur est plongé dans une atmosphère occulte et ritualiste, avec des compositions hypnotiques comprenant des relents sombres, torturés et oppressants, le tout enrobé dans une production parfaitement contrastée. Du grand art.
 

 

CLANDESTINE BLAZE - Tranquility of Death [Finlande]

Pour son dixième album, Mikko Aspa n’a pas l’intention de faire évoluer Clandestine Blaze. Tant mieux. Au programme : un Black Metal minimaliste, froid et austère.
 

 

KARG - Dornenvögel [Autriche]

Que d’évolution pour ce projet que je suis depuis ses débuts ! Moins connu que le side-project de son créateur, Harakari for the Sky, Karg n’en est pas moins intéressant, bien au contraire. Interprétant un Black Metal plutôt atmosphérique à l’origine, la formation autrichienne a progressivement intégré des éléments Post Black Metal dans sa musique. Pour son sixième album, ce virage est pleinement assumé. C’est un long pavé d’une heure et quart qui nous est proposé, dont les morceaux très mélodiques conservent une ligne mélancolique, le tout dans une production plus que soignée.
 

 

BILSKIRNIR - In Solitary Silence [Allemagne]

Pour son cinquième album, dont la durée correspond plus à un EP (26 min), Bilskirnir propose une recette quasi inchangée depuis près de vingt ans : un Black Metal certes plus mid-tempo qu’à l’accoutumée, mais toujours hostile, païen, d’obédience burzumienne. Un résultat sans surprise ni originalité, mais qui fait toujours mouche.
 

 

PROFANATICA - Altar of the Virgin Whore [USA]

En près de trente ans de carrière, Profanatica n’a jamais fait dans la dentelle. Ce nouvel EP le prouve une nouvelle fois. Les Américains délivrent un Death/Black extrêmement lourd, rugueux et poussiéreux.
 

 

SELVANS - Faunalia [Italie]

La pochette a de quoi intriguer, mais quand on se plonge dans la musique, celle-ci l’est tout autant. Pour leur second opus, les transalpins font quelque peu évoluer leur Black Metal, ce grâce à quelques éléments avant-gardistes, tout en conservant ce côté folk et symphonique. Le rendu est surprenant et inattendu, mais le résultat est plutôt intéressant.
 

 

NORRHEM - Among the Ruins [Finlande]

Après un premier album convaincant, paru en début d’année, les Finlandais de Norrhem remettent le couvert avec un nouvel EP qui s’inscrit dans la continuité de leur précédent opus. Le duo distille un Black Metal vindicatif, relativement mélodique et épique, dans l’esprit d’un certain Goatmoon. Du solide.
 

 

SALE FREUX - Trouvère à heures perdues [France]

Pour son septième opus, Sale Freux repousse encore plus loin l’expression de la rancoeur en proposant des compositions emplies de mélancolie. Au fur et à mesure des titres, l’album décline une certaine soif de liberté et un besoin de fuite. Encore une très belle oeuvre du corbac. [Lire la chronique par S.]

 

 

CARN DÛM - Shadow and Fire [Allemagne]

A travers les quatre morceaux de ce EP, les allemands de Carn Dûm délivrent un Black Metal à la fois atmosphérique et épique, un peu dans l’esprit de Caladan Brood. Je retiens surtout le premier titre qui est au-dessus de la mêlée.
 

 

ÜHTCEARE - El genocidio primordial llevará el nombre infinito de la empatía [Argentine]

L’Argentine n’est pas spécialement réputée pour son Black Metal, pourtant, quelques perles émergent de cette scène. C’est le cas de Ühtceare, projet incarné par un seul et même membre. Sa musique se veut très noire, troublante et torturée, aux ambiances lourdes et mystiques. Une bonne surprise.
 

 

GJALDUR - Unterm Totenbanner [Allemagne]

Gjaldur est un projet parallèle de membres d’Aaskereia. Après deux démos, les teutons proposent leur premier album dans un registre assez direct. Toutefois, le duo se fend de quelques mélodies sobres mais bien senties, ainsi que d’un clavier aussi discret qu’efficace. On notera la grosse performance au niveau vocal, l’organe de Grim distillant des lamentations très écorchées et agressives, avec de temps en temps des hurlements lycanthropiques du plus bel effet. Du Black Metal old school comme la scène allemande sait si bien le faire.
 

 

VOODUS - Into the Wild [Suède]

Pour peu que vous aimiez Watain, le premier album de Voodus devrait vous plaire, tant les ingrédients sont les mêmes, pour des sonorités presque identiques : Un Black Metal orthodoxe et mélodique. A défaut d’être original, le résultat est tout de même de bonne facture.

 

MAGOTH - Zeitgeist : Dystopia [Allemagne]

Après un Anti Terrestrial Black Metal de bonne facture paru en 2017, les Allemands de Magoth proposent déjà un successeur qui s’avère ma foi du même acabit : Un Black Metal sans concession, un brin occulte et mélodique, dans l’esprit de la scène suédoise actuelle. Toutefois, vous n’y trouverez aucune originalité mais cet album s’écoute bien malgré tout.
 

 

VALKYRJA - Throne Ablaze [Suède]

Amateurs de Black Metal de l’école suédoise, le nouveau Valkyrja devrait ravir vos esgourdes, puisque le combo s’inscrit dans cette lignée, à l’instar de leurs compatriotes de Watain, Ondskapt, Marduk ou encore Dark Funeral. Le quatuor envoie une musique carrée, violente et mélodique, enrobée dans une production parfaite.