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Raleigh - Bilan 2018

mercredi 2 janvier 2019 - Raleigh
Raleigh

Top Albums
Le top est classé par ordre alphabétique, non par préférence.

1. Ævangelist – Matricide in the Temple of Omega (I, Voidhanger Records)
Écho malsain aux relents de chairs lacérées suintantes d'une bile coagulée noire et poisseuse, rivière putride nommée Ascaris et Matron Thorn. Ce dernier, suractif au possible, évite par miracle le dogme de la quantité primant sur la qualité et tranche impitoyablement avec cet album. Bête grouillante bicéphale et prophétique aux gueules multiples, Matricide exhale le râle vicié de la fin des jours. Terrible album qui ne cesse de me retourner à chaque écoute, et dont les bribes me reviennent régulièrement en mémoire malgré moi.

2. A Forest of Stars – Grave Mounds and Grave Mistakes (Prophecy Productions)
L'ombre d'un Londres victorien, crasseuse mais non moins classieuse Angleterre, berceau d'une esthétique si chère à la littérature horrifique. Un navire remontant le flot des rues de Whitechapel, conduit en grande pompe par un Mr. Curse crachant en pleine crise de nerfs son exutoire, haleine chargée d'un subtil mélange de désespoir alcoolisé et d'eau-pied-du mur. Mais pourquoi palabrer futilement, alors que ce bon Traleuh a su trouver les mots les plus justes dans sa chronique, que je vous invite très cordialement à lire.

3. Arkheth – 12 Winter Moons Comes the Witches Brew (Transcending Obscurity Records)
Une de mes meilleures surprises de ce début d'année, cette approche complètement délirante du Black Metal symphonique aura su ravir mon coeur bien rapidement. Grandiloquent, bien évidemment, mais pas dépourvu de sérieux ou de passages absolument magnifiques. Ce grand chaudron psychédélique illustré sur la pochette se fait la juste promesse du voyage musical qui attend l'auditeur. J'ai eu la chance de pouvoir poser quelques questions à Tyraneos, le chanteur, juste ici.

4. Esoctrilihum – Inhüma (I, Voidhanger Records)
Seconde sortie de cette année pour le groupe, écouté par simple curiosité suite aux retours de mes comparses, l'album s'est écroulé de tout son poids sur moi. Condensé absolue d'une violence digne des plus grandes tempêtes bibliques, Inhüma ne freine jamais la légion de ses assauts. Au-delà des paroles, c'est toute la musique qui semble transpirer l'occultisme étrange d'une mythologie inventée, serment d'un cataclysme qui se voudrait aussi traumatisant et visuel que la destruction de Sodome et Gomorrhe.

5. P.H.O.B.O.S. – Phlogiston Catharsis (Transcending Obscurity Records)
Bien plus Industriel qu'autre chose, Phlogiston Catharsis n'en reste pas moins particulièrement singulier dans son approche musicale. À cette première impression de brasier tellurique rugissant se mêlent les étranges touches d'un orientalisme mystique. Impossible de savoir si l'album veut transfigurer musicalement les mouvements chaotiques de forces élémentaires issues de notre genèse ou alors les chocs géologiques de plaques tectoniques d'un autre astre, mais je me laisse volontiers submerger par ces sonorités rythmiques. 

6. Reverorum Ib Malacht – Im Ra Distare Summum Soveris Seris Vas Innoble (The Ajna Offensive/Annapurna)
Très difficile de se prononcer sur un disque aussi décousu et intense à mes sens. Torturé et tortueux, incompréhensible par moment ou profondément dérangeant, monstre théologique transpirant un mystère rance et poussiéreux, comme souvent avec Reverorum. Noyade auditive rituelle chère au groupe, elle en devient la progression fracturée, explosée, d'une grâce inquiétante née du ventre fertile d'une incompréhension du divin. Un chaos rampant venu boire directement aux plus profondes plaies métaphysiques de la religion. 

7. Turnstile – Time & Space (Roadrunner Records)
Le voilà, l'album rongeant du top, capricieux parasite. Gros shot d'adrénaline débordant d'énergie presque euphorique faisant basculer le reste du monde au second plan pendant quelques 25 fantasques minutes. Ces foutus riffs vicieusement gravés dans le crâne, si bien qu'il suffit d'en écouter un pour vouloir tous les entendre. Au final, un disque que j'aime beaucoup détester, car il fout simplement en l'air mon rythme d'écoute pour s'imposer comme un vieux pote de lycée que tu n'aurais pas vu pendant 3 ans. 

8. Urfaust – The Constellatory Practice (Ván Records) 
Que dire de plus sur cette fumerie d'opium constellée. Je ne me sens capable de chroniquer un album que lorsque je peux pleinement me l'approprier. Imprégné, je l'ai été, je le suis encore, de ces notes saturées aux teintes d'or. Il y a toujours un moment imprévisible où il va me falloir de nouveau plonger dans ses flots, confirmant davantage à chaque écoute qu'il s'agit d'un de mes albums favoris d'Urfaust. Et je pense avoir laissé suffisamment mûrir cette idée dans mon esprit. Ma chronique de cette astrologie opiacée peut se lire ici

9. Wytch Hazel – II: Sojourn (Bad Omen Records)
Le successeur du déjà ô combien merveilleux Prelude vient partager la couronne de son aïeul qui jusque-là trônait avec jalousie et majesté dans mon coeur. Plus osé vocalement, plus maîtrisé musicalement, rien n'est à rejeter du doux vin qui s'écoule de ce calice doré. Ferveur et sincérité rayonnent au travers des notes jouées pour mieux peindre le tableau d'une quête de gloire et de vérité. Si le premier était une terre de lait et de miel, lui est une croisade où l'épreuve d'une vie se joue, un combat ne pouvant mener que vers une fin amère promesse de rédemption.

10. Yob – Our Raw Heart (Relapse Records)
Ce sera sûrement lui, l'album de tous les tops. Je n'ai aucune envie de me prononcer sur les qualités évidentes de ce dernier, d'autres le feront avec bien plus de talent et de légitimité que moi. Je dirai juste que Our Raw Heart a été ma porte d'entrée à la musique du groupe, qui jusque-là m'était malheureusement fermée. Mais bien au-delà de ça, il m'a permis de mieux comprendre un pan de l'univers du Doom/Stoner Metal, et j'ai ainsi pu approcher de nouveau plusieurs groupes que je ne pensais jamais autant aimer. Éternelle gratitude. 

Mentions 

1. Anna Calvi – Hunter
2. Aseitas – Aseitas
3. Dylan Carlson – Conquistador
4. Hangman's Chair – Banlieue Triste
5. Hugsjá – Hugsjá
6. In the Woods... – Cease the Day
7. Kadotuksen Portti – Tuonenvirta
8. Thy Catafalque – Geometria
9. Tribulation – Down Below
10. Zaliva-D – Sky Singing

Top concerts 

- Carpenter Brut @ Lyon, Le Transbordeur
- Chelsea Wolfe @ Prague, Lucerna Music Bar
- Bölzer @ Brutal Assault
- Blood Incantation @ Brutal Assault
- Wardruna @ Brutal Assault

Espoirs pour 2019

- De nouveaux Bölzer, Cult of FireGrand Magus et Macabre Omen
- Garder un rythme d'écriture similaire, peut-être un peu plus intense, si mes études et les astres le permettent.
- Que Doro arrête.