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Album

20/10/17 - Traleuh

Sons of Crom

The Black Tower

LabelNordvis Produktion
styleMetal Épique
formatAlbum
paysSuède/Finlande
sortieaoût 2017
La note de
Traleuh
8.5/10


Traleuh

Ragged & dirty.

Ah, ce bon "Riddle of Steel". Paru en 2014 chez le réputé label français Debemur Morti, le premier album des fils de Crom m'avait profondément marqué par son mélange d'influences particulièrement savoureux, allant pour faire simple de Manilla Road en passant par Ereb Altor, Moonsorrow, ainsi que l'inévitable Bathory période Viking. En résultait un album profondément épique, aux mélodies simples (parfois simplistes), et ayant ce qu'il faut de personnalité pour dépasser l'influence de ses aînés. Mais trêve de bavardages, c'est ici "The Black Tower" qui nous occupe, une unique question en tête : est-il à la hauteur de son auguste prédecesseur ?

Hop hop hop, avant d'entrer dans la bête, un petit aparté Fantasy s'impose : si vous n'êtes pas adepte du genre, sâchez que Sons of Crom (littéralement fils de Crom) tire son nom de l'univers fantastique du nouvelliste et romancier texan Robert E. Howard, dans lequel Crom est une divinité assimilée à la mort, au combat dans son acception la plus primitive, ainsi qu'à la force brute. Si l'univers de l'auteur ne prend pas ici une importance cruciale, on ne peut nier l'influence que celui-ci aura sur les thèmes fétiches du groupe : un goût prononcé pour l'épique, une dimension mythologique indéniable ainsi qu'une narration flamboyante. Plus encore que "Riddle of Steel", ce "Black Tower" joue en effet habilement des genres pour pousser sa narration, et donner à chaque pièce qui le compose une singularité remarquable.

Si on retrouve les influences évidentes citées plus tôt, on constate également l'apparition de nouvelles, avec, pour citer la plus évidente, un Black Metal rageur et furieux, accentuant le côté presque théâtral des compositions, les rendant particulièrement poignantes. Je pense notamment à la furieuse entrée de "In Fire Reborn", particulièrement flambante, ou encore des vocaux coléreux de Janne Posti sur "Viimen Laiki". On note également un sens du groove relativement absent du premier opus, éclatant au grand jour sur l'aérien "Black Wings Up High", diffusé en amont de la sortie officielle de "The Black Tower", au feeling bluesy délicieux.

Le groupe ne perd toutefois pas ce qui avait fait le charme du premier opus, à savoir des mélodies simples et sincères, à la frontière entre le Viking Metal et un Heavy épique plus traditionnel, d'une efficacité souvent redoutable, j'en veux pour preuve l'irrésistible "Summoning The Starborn", mais également la ballade "Legacy", faisant par ailleurs écho au morceau "Golden Gates" du premier opus, les structures des deux albums étant, de façon plus générale, relativement similaires. Notons également une partie vocale au moins aussi travaillée que pour son aîné, avec des choeurs toujours plus inspirés, l'apparition des chants black précités, et cette voix "narrative" purement Conan-esque, un peu kitsch mais finalement assez immersive, faisant très clairement clin d'oeil au film de John Milius.

Si on pourrait reprocher une production trop lisse, notamment pendant les passages Black, mais aussi des mélodies peut-être moins mémorables, l'album étant plus dense, je vois tout de même mal comment bouder son plaisir devant une telle authenticité et surtout un tel talent. Alors, Sons of Crom, Black/Heavy ? Viking Metal ? Décidément, non, le duo fait fi des genres en jouant sur son propre terrain, en créant une entité unique, que je qualifierais bien sobrement de Metal Épique. Et en voici un pur joyau. 

Father, I’m watching the sea
The mountains and earth, every lake, every tree
Father, I’m sailing the sky
My brother and I, black wings up high...

Tracklist :

1. Steps of Doom
2. In Fire Reborn
3. Fall of Pandemonium
4. Legacy
5. Black Wings up High
6. Summoning the Starborn
7. Viimeinen Laki
8. Rebirth of the Sun