Chronique Retour

Album

31/07/17 - S.A.D.E

Boris

Dear

LabelSargent House Records
styleDrone/Doom/Ambient
formatAlbum
paysJapon
sortiejuillet 2017
La note de
S.A.D.E
8.5/10


S.A.D.E

Chroniqueur doom, black, postcore, stoner, death, indus, expérimental et avant-garde. Podcast : Apocalypse

Avec sa discographie aussi foisonnante que protéiforme, Boris fait partie de ces groupes inclassables, voguant au gré des albums dans un océan de styles et d'approches toujours plus vaste. S'il y avait un genre, ou plutôt un groupement de genre, qui permettrait de catégoriser le trio japonais, on serait sur quelque chose à cheval entre le drone, le doom et l'ambient, même si une part des innombrables sorties du groupe (cf. leur page Metal Archives, ouch!) n'entre aucunement dans ces catégories. Bref, tout ça pour dire qu'à chaque nouvel album de Boris, on ne sait pas vraiment à quelle sauce on va être mangé.

Quid pour cette cuvée 2017 avec Dear ? L'énorme et tellurique premier accord de D.O.W.N - Domination of Waiting donne un élément de réponse : ça va droner ! Sur les deux premiers morceaux, D.O.W.N et Deadsong, Boris nous délivre un drone lourd où des éléments électroniques tendance bruitistes viennent soutenir des accords prolongés et vibrants. Et sur cette masse sonore, menaçante sans être désagréable, vient se poser un chant clair à la fois lumineux et triste, donnant à ces deux titres une solennité puissante. Jusqu'à ce que le troisième titre, Absolutego, ne vienne rebattre les cartes avec son doom/stoner bien plus énergique ; paradoxal quand l'album du même nom (et premier long format du groupe) est un pur drone de plus d'une heure. Boris n'est visiblement toujours pas prêt à donner dans l'uniformité.

Et ça tombe bien, c'est pour ça qu'on les aime. La suite de l'album nous conduit, le long d'un fil conducteur résolument dronisant, vers des terrains variés. Du post-rock/ambient avecBeyond, où l'extraordinaire dame Wata s'empare du micro et fait fondre votre petit cœur sous des flots de douceur froide, à l'étrange noise écrasée et grésillante sur Biotope, en passant par l'intro bizarrement tribale de Distopia - Vanishing Point, Boris se complaît à ne rien faire comme tout le monde, et surtout à ne rien faire de prévisible. D'un titre à l'autre, on ne sait jamais ce que nous réserve le trio. Va-t-on se manger un mur opaque ou bien plonger dans des nappes électroniques fluctuantes ? La noirceur va-t-elle l'emporter ou la lumière s'apprête-t-elle à jaillir ?

OVNI depuis plus de vingt ans, le style Boris n'est pas prêt de se laisser saisir en un instantané. Toujours aussi surprenant, toujours aussi inclassable, Boris continue de faire partie du peloton de tête des explorateurs de l'extrême. Non pas de l'extrême en tant que recherche de la brutalité, mais de l'extrême en tant qu'expérience bariolée et hétérogène, de l'extrême comme évitement de la catégorisation et de la facilité. Et Boris s'y plonge avec toujours autant de succès.

Tracklist de Dear :
01.D.O.W.N - Domination Of Waiting
02.Deadsong
03.Absolutego
04.Beyond
05.Kagero
06.Biotope
07.The Power
08.Memento Mori
09.Distopia - Vanishing Point
10.Dear