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Album

09/12/14 - U-Zine

Muse

Absolution

LabelNaïve
styleRock varié
formatAlbum
paysUK
sortieseptembre 2003
La note de
U-Zine
6.5/10


U-Zine

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Le cap du troisième album studio est souvent déterminant pour un groupe, va-t-il continuer dans la voie du précédent ou se risquer à quelque chose de plus moderne en rupture avec le passé profitant de sa plus grande notoriété pour se faire plaisir ou va-t-il carrément tomber dans la facilité et la médiocrité pour accroître son potentiel fans ? Voilà tant d’options qui s’ouvraient au trio anglais après la sortie de l’excellent Origin of Symmetry, puis celle de leur album live Hullabaloo (je passerai la démarche commerciale de sortir un live, même si le groupe prend toute sa dimension en live, après deux albums studios seulement…), surtout que le groupe était attendu au tournant tant par ses très nombreux détracteurs, que par ses millions de fans disséminés dans le monde entier.

A l’instar de la transition Showbiz / Origin of Symmetry, il y a une certaine rupture entre Absolution et son prédécesseur, Muse profitant de ce nouvel effort pour aller encore plus loin dans le grandiloquent et l’exacerbation des sentiments, tout en poursuivant la trame instaurée par OoS.
D’entrée, le trio nous surprend par la présence d’une intro au pas cadencé rompant avec le passé, puis vient Apocalypse Please, parfait condensé de la musique à venir tout au long de ce Absolution soit une musique qui à tendance à verser dans les trop pleins d’expressions où le paroxysme de l’épique s’entrechoque avec une certaine noirceur, un sombre lyrisme à la limite du tragique bien soutenu par l’organe vocale de Matthew Bellamy au sommet de son art. Ainsi, les lignes de piano, déjà bien plus en avant sur le prédécesseur sont littéralement mises en exergues, la batterie claque plus que jamais, la basse se veut plus metal comme l’atteste Time Is Running Out. Bref, Muse fait désormais tout dans l’énorme. D’ailleurs, jamais la basse et le piano n’auront été aussi à l’honneur sur un album des anglais. Le bassiste se déchaîne sur des titres comme Stockholm Syndrome ou Hysteria ! Les montées / descendantes au piano de Sing For Absolution ou Butterflies & Hurricanes sont sublimes. D’ailleurs, sur ce titre le groupe tend vers un rock symphonique ô combien entraînant, le chef d’œuvre de cet album. En parlant du côté symphonique, le groupe pousse le vice jusqu’à inclure une intro très opera-rock sur Blackout qui déstabilise cassant toute la dynamique instaurée par Hysteria.
Car voilà, l’un des problèmes majeurs de ce Absolution, le manque d’homogénéité et de cohérence dans l’enchaînement des morceaux. A force de vouloir en faire trop, le groupe se perd dans ses univers parallèles de mélodies sans aucune connexion les unes avec les autres… Ainsi, on a du mal à comprendre la transition entre The Small Print et ses riffs à la limite du core’n’roll / rock déstructuré (proche de ceux de Cave In) et Endlessly marquant par son côté drum’n’bass voire jazzy (on notera l’utilisation de balais sur ce titre), à des lieux du reste de l’album.

Outre ces morceaux (The Small Print, Endlessly, Thoughs Of A Dying Atheist) en décalage total avec la tradition musienne, le groupe déçoit par un certain manque d’originalité dans les plus beaux morceaux. En effet, les structures des compos, les riffs de guitares ou les gammes de piano ont déjà été entendue dans le passé ou se ressemblent entre elles. Là où Origin of Symmetry avait su nous surprendre et nous délecter par son originalité, Absolution ne fait qu’enfoncer des portes grandes ouvertes sur les premiers titres avant de proposer une tentative d’évolution pas totalement convaincante.

Au final, cet album reste tout de même très bon, mais c’est la première fois à mon sens qu’on ressent une certaine démarche plus commerciale dans la musique de Muse. Non pas que la musique soit plus easy-listenning, loin de là – même si la technicité est moindre que sur OoS -, mais le groupe en fait trop à vouloir pencher vers l’outrance des sentiments et du lyrisme sans pour autant prendre trop de risques ! Absolution est donc à mettre entre toutes les mains, mais je conseille plutôt Origin Of Symmetry s’il ne fallait en retenir qu’un.

1. Intro
2. Apocalypse Please
3. Time Is Running Out
4. Sing For Absolution
5. Stockholm Syndrome
6. Falling Away With You
7. Interlude
8. Hysteria
9. Blackout
10. Butterflies & Hurricanes
11. The Small Print
12. Endlessly
13. Thoughts Of A Dying Atheist
14. Ruled By Secrecy

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