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vendredi 17 juillet 2015

Xtreme Fest #3 - Jour 1

Cap'Découverte - Carmaux / Albi

Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Et de trois ! Voilà donc trois ans que l’Xtreme Fest s’est imposé comme LA référence du festival des musiques extrêmes depuis sa première édition en 2013. Cette première mouture sur deux jours, sur les terres de Cap’Découverte avait permis au public de découvrir un lieu atypique : une ancienne mine de charbon à ciel ouvert réhabilitée en parc d’activités sportives offrant la possibilité de baignade, mais aussi de kart de descente, de télé-ski nautique, VTT, tyrolienne et autres.

Pour la seconde édition en 2014, l’organisation avait mis les petits plats dans les grands et effectué des changements osés : un passage sur trois jours ainsi qu’un déménagement à Albi, offrant un cadre plus classique, moins glamour (le parking du Parc des Expositions), mais permettant une jauge bien plus haute. La marche était visiblement trop haute puisque l’organisation était alors en déficit, ayant eu les yeux plus gros que le ventre.

Enfin cette année, l’Xtreme Fest a pris du recul sur ses choix passés et a acté son retour sur les terres initiales de Cap’Découverte.  Une jauge limitée par les infrastructures du lieu (le terrain étant en pente, il n’est pas extensible), mais avec des à-côtés intéressants : une scène gratuite à proximité d’un skate-park permettant des démonstrations de skate et de BMX, la possibilité d’accéder au lac pour se baigner (et vu la chaleur de cette édition, c’était bienvenu !), et bien d’autre.

Au niveau de la zone festival, nous y retrouvons l’infrastructure et l’organisation de la première édition : une scène extérieure et une scène indoor avec balcon où joueront les têtes d’affiche. Côté paiement, il faut passer par la case jeton (et ne pas se faire avoir par la conversion hasardeuse dont les festivals sont de plus en plus friands : 1 jeton = 1.25€). Les bars proposent soft et 8,6 fraîche (la marque de bière étant partenaire officiel).

Les points de restauration sont moins diversifiés que l’année passée (7 ou 8 food trucks différents avaient alors géré la restauration du public) puisque le festival a décidé de gérer lui-même l’essentiel de cette fonction. Ce sont donc les bénévoles qui vous proposeront sandwichs américains, plats en sauce, crêpes ou encore des parts de pastèque (la bonne idée anti-canicule !). On notera par ailleurs en complément la présence du food truck l’Epicurieux qui nous régalera de ses bagels tout au long du festival (on les a tous testés, ils sont tous excellents) !

On déplorera en revanche les stands de merchandising indépendants, placés au fin fond d’une coursive peu passante. Il y a fort à parier que cet emplacement peu valorisant n’a pas aidé au commerce… Dommage car l’emplacement très visible du merch’ groupe (parfois très vide) aurait permis probablement une meilleure mise en valeur. Bref, maintenant que vous savez tout du festival et du cadre, place à la musique !! Par ailleurs, Horns Up étant avant tout un media orienté autour du hard-rock, metal et hardcore, nos excuses par avance pour nos compagnons amateurs de punk, nous n'étions pas à tous les concerts !


Votre dévouée team Horns Up/Xtreme Fest
De gauche à droite : Shawn, Prout, Romain, Eve, Ludwig

 

Riff Tanen
Monster Energy Stage
15:00 > 15:45

Ludwig : Arrivé en retard devant la scène pour me choper une bière et dire bonjour aux potes. Visiblement j'étais pas le seul, le camping du fest ouvrant à 14h et Riff Tanen jouant à 15h, les rares personnes présentes étaient, au choix des locaux venus voir la scène gratuite par curiosité, ou alors des connards de mon espèce pressés de boire une bière fraîche et de dire bonjour à la bande. J'ai donc écouté Riff Tanen d'une oreille distraite, leur son ne m'a pas vraiment interpellé, trop Punk à roulettes à mon goût, trop d'écarteurs et de marinières pour moi, du coup je n'y ai très sincèrement pas prêté attention. Dommage pour eux, ils ont vraiment eu droit au créneau le plus pourri du fest...

Prout : Premier groupe du festival, j'arrive sur la fin de Riff Tannen qui officie dans le punk à roulette un peu mignon. Sur la scène extérieure (et gratos!) du festival, ce groupe venant d'Arthès illustre très bien ce qui passe devant nous, c'est-à-dire une horde pour le moment encore frileuse de skateurs et boss de BMX et plusieurs générations de punks à casquette. Premier ton, premier contact avec le fest, mais pas assez d'écoute pour vous en parler plus en détail.

Shawn : Il est 15h et c’est sous un soleil de plomb que commence le festival sur la Monster Energy Stage (que tout le monde appelle « la scène du skatepark » !). Place donc à Riff Tanen et leur punk-rock. Le groupe est du coin, et chante en français. Les textes bourrés d’humour laissent rapidement paraître que le groupe s’approcherait presque de l’humour d’Andreas & Nicolas. Le public est encore peu nombreux, préférant à n’en point douter la douce température de l’eau du lac à la chape de plomb qui étouffe le skatepark (la température flirte alors avec les 37°C). Le groupe parle énormement entre les morceaux et reconnaît volontiers que leur set s’axe pour moitié seulement autour de la musique. Le groupe rendra hommage à Schultz de Parabellum, décédé l’an passé et pour lequel Riff Tanen a composé une chanson tribute, classieux et humble ! Au final le groupe s’en tire pas mal, malgré un créneau peu avantageux …


Supremacy
Monster Energy Stage
16:15 > 17:00

Shawn : C’est parfois curieux comme une heure de plus ou de moins change la donne au niveau de la présence du public. Effectivement, à l’inverse du set de Riff Tanen, les toulousains de Supremacy se retrouvent devant un public déjà un peu plus fourni. La foule se tasse devant les barrières à la recherche de la moindre parcelle d’ombre. Supremacy, fondé en 2012 prend ici une revanche sur le destin ! Retour en arrière, nous sommes le 13 juin 2014 à la Dynamo de Toulouse et se joue ici le tremplin permettant d’envoyer un groupe local jouer à l’Xtreme Fest. Supremacy était de la partie mais n’est pas sélectionné (ce sont les formations Orob et Smashed). Un an plus tard, le groupe est finalement présent sur scène : FUCK LE DESTIN ! Le power trio encore jeune nous délivre un groove metal flirtant avec du thrash. Des gros riffs, des refrains faciles à assimiler et à chanter ! Bref, une belle petite formation sans prétention qui assure et gravit les échelons sans griller les étapes. Un de mes coups de cœurs actuels et gros espoir pour les années à venir !

Setlist :
Supremacy
Jail
Nightmare
Fuck You
Gamer Over
Welcome
On The Road
Revange
Destroy


Sticky Boys
EMP Stage
17:05 > 17:45

Prout : Les Sticky Boys seront les premiers à jouer dans la partie fermée du festival et feront très bien leur job, comme à leur habitude. C'est donc avec un Rock'n'Roll endiablé que les Sticky ouvrent l'Xtreme Fest sous cette chaleur de plomb. Ça s'amuse, ça boit de la bière, ça essaye (et arrive) à motiver les troupes, le tout dans la bonne humeur qu'on leur connaît. Pour ceux qui se posent encore la question de ce que c'est les Sticky Boys, imaginez simplement un AC/DC du Lidl, soit Airbourne, que vous revendez à ED en rajoutant le logo : Hard Rock de qualité. Bref, une scène avec un putain de non-sens cosmique mais avec assez de patate pour te faire déjà oublier que t'es au soleil sous 35°C.

Ludwig : Très honnêtement, j'y suis allé en touriste, je ne connaissais absolument pas ce groupe, et je dois dire qu'ils ouvraient plutôt bien le week-end. Le son était relativement bas, ça manquait donc de patate, mais les mecs étaient vraiment déchaînés sur scène. Leur son à mi-chemin entre les Ramones et Airbourne a séduit tout le monde, malgré un public de lol-coreux peu réceptif. Ce genre de riffing tape toujours dans le mille, de plus les gars pétaient la joie de vivre, ils étaient marrants et ont vraiment su motiver le public à se sortir les doigts, on en a même vu quelques uns commencer à s'agiter malgré les 800°C affichés au thermomètre. Il aurait quand même été mieux de les faire jouer en milieu de soirée et si possible en intérieur à mon sens, ça aurait tellement mieux rendu dans l'obscurité, en tout cas bonne découverte, je prendrai plaisir à les revoir !

Romain : Premier concert de la journée pour moi sous un soleil de plomb. Pinte à la main, crème solaire généreusement étalée sur mon épiderme, je suis prêt à accueillir les Français de Sticky Boys. Le trio inaugure l’EMP Stage devant un public loin d’être dense. Les quelques festivaliers disséminés ici et là ont donc droit à un hard rock tendant fortement vers le rock n’ roll rappelant des groupes comme Airbourne ou AC/DC. C’est plutôt efficace, mais là où les deux formations susnommées frappent avec leur énergie et leurs prestations scéniques, on a ici un show manquant clairement de pêche et de conviction. Du coup, difficile pour moi de rentrer véritablement dans l’ambiance du groupe. Bon ok, je suis dur, la chaleur étouffante était sûrement en partie responsable de ce problème de dynamisme. Et puis néanmoins ce fut sympathique. Un set ouvrant bien le week-end sans être inoubliable.

Eve : Putain, il fait chaud et ça se voit ! Les Boys envoient toute l'énergie qu'ils peuvent malgré la canicule, on ne pourra pas leur reprocher de ne pas être en super forme, légèrement mous, mais au vu des circonstances, impossible de faire autrement. Ils donnent tout de même tout ce qu'ils ont, et arrivent à nous faire danser même si on perd 10L de sueur à chaque mouvement. Le public n'est pas très nombreux, mais le peu de warriors présents apprécie fortement le bon vieux Rock'n'roll servi par nos français. Le set est énergique, ils ont le son, ils sont barbus, et entre nous, ça fait plaisir d'avoir un groupe comme eux dans notre pays. Aux premiers abords, le côté chemise noire / cravate rouge pourrait nous faire croire à un groupe de punk californien bien cliché et bien détestable quand on a plus de 14 ans, mais c'est tout le contraire : la voix rocailleuse de J-B nous transporte totalement, et tout le monde remue son popotin de manière festoyante (normal c un fest lol). Pour résumer, ils ouvrent le fest comme il faut, et nous donnent envie de plus de Hard Rock (et de bière, parce que, au cas où j'aurai oublié de le préciser, il fait chaud sa mère).

Shawn : Pour avoir vu le groupe un mois auparavant au Hellfest, leur prestation, quoique bonne, m’a laissé interrogatif. En effet, alors que la formation de hard rock avait récemment explosé pour s’imposer comme un des leaders du genre, le groupe semble maintenant se reposer sur ses lauriers. Le concert est à peu de chose le même qu’au Hellfest, jusqu’aux mimiques. Pourtant le groupe cartonne, la musique est même totalement adaptée à l’ambiance chaude et débordante d’énergie de ce début de festival. Les boys sont toujours très complices échangeant clin d’œil et mimiques montrant clairement leur plaisir et leur unité ! Un très bon concert pourtant, malgré les quelques sentiments de déjà vu … Dommage !


Cobra
X Stage
17:45 > 18:30

Prout : Oh putain ! Oh putain ! OH PUTAIN ! Une salle avec la clim !!! Chuis pas ultra fan de Cobra, que je trouve un peu surévalué (la hype tout ça tout ça) mais c'est tellement agréable que rien à branler je reste là. Donc Cobra fait du... Cobra. Du punk nihiliste, en mode je m'en bats les couilles, à raconter sa merde, le tout avec de la punchline de branleur et une putain d'énergie monstrueuse. Très vite ça devient le bordel partout, que ce soit sur la scène ou sous la scène, les zicos prennent les micros, ne se font même plus tous chier à jouer, juste pour venir foutre la merde. Et ils l'ont bien faite, aidés de leurs tubes étrangement populo.

Eve : Bon, Cobra, c'est pas tellement mon délire, mais quitte à être là, autant aller les voir (bon, ok, j'y suis allée pour la clim). En gros, ça joue pas mal, mais le son n'était franchement pas top (et il en sera le cas pour pas mal de groupes dans la X Stage) : dès qu'on quitte le milieu de la salle, on a soit trop de basses, soit trop d’aiguë, mais impossible d'avoir un son correct... Musicalement, ben, c'est du punk quoi : koukou on s'appelle Cobra, on s'en bat la race de tout, et on va vous faire transpirer. L'avantage quand t'es pas trop fan du groupe c'est que tu peux observer les gens autour et te dire "Putain, on a trop l'air con dans le pit en fait".

Ludwig : Avec COBRA les choses sérieuses commencent, du moins pour moi le fest rentre dans le vif et mon esprit crasseux, castagne, cagole se réveille, je fais péter le tee shirt et exhibe mes tétons velus pour aller zouker en rythme avec la musique de gauchiste de COBRA ! Les mecs ils sont bons sur scène, rodés, propres et bagarreurs, la scène est grande et ils en profitent pour faire de la randonnée, du coup leur public essaie de faire la même mais ça finit en pugilat désorganisé où les corps gras, suants, et dévêtus d'une horde de porcs se frottent les uns contre les autres (ladies contain your orgasms pliz). Bref le son de COBRA, mélangeant Punk Français Classique (LSD, Garçons Bouchers, OTH...) mélangé à leur coté vieux Hardcore/Crust fait mouche, l'ambiance monte, je ne suis pas le seul pour qui le fest débute vraiment ! Leur set est long mais tellement compact qu'on a pas le temps de s'emmerder ou de vouloir skipper un morceau pour fumer une clope. Seul bémol, le son tout pourrave, trois guitares sur scène c'est prometteur, mais trois guitares sous-mixées = une guitare convenable. Dommage.

Romain : Y a pas à dire, une salle de concert climatisée ça fait du bien. Surtout lorsqu’à l’extérieur la température avoisine les 75 degrés Celsius à l’ombre (sans exagération aucune). Cela ne m’a toutefois pas empêché de faire un état des lieux et de traîner vers les différents stands de merch, mais également d’observer le début de l’élaboration de la fresque peinte par l’asso Kronik pour cette troisième édition de l’Xtreme Fest. J’arrive donc uniquement pour le dernier quart d’heure du set de Cobra, formation que je ne connais que de nom mais dont on m’a vanté maintes et maintes fois les mérites, surtout en terme de prestations live. Ces quinze pauvres minutes n’auront malheureusement pas été suffisantes pour me convaincre. Bon déjà, ils sont nombreux sur scène mais il n’y a ni batterie ni guitare basse. A la place il y a un Mac. Ah bah c’est con, moi j’aime entendre une basse lourde et regarder un batteur s’épuiser. Mais bon à la limite c’est punk, on s’en bat les couilles me diriez-vous. Et vous auriez presque raison ! Mais le son loin d’être au top, les trois guitares écrasant les voix dans les règles de l’art, n’aide pas à me convaincre. Au moins il y a de l’énergie et de la communication, c’est toujours ça de pris.

Shawn :Cobra, l’un des groupes qui a créé le buzz cette année passée. Si pour beaucoup, le groupe paraît surcoté, pour moi revoir encore une fois le groupe, c’est du pain béni. On avait déjà vu le groupe de Grasse le mois dernier sur Toulouse et la formation nous avait semblé en pleine forme. Un mois plus tard, l’ambiance est la même : nihiliste, haineuse, caustique. Car si au niveau du son, leur configuration particulière (3 guitares, batterie samplée) n’est clairement pas valorisée par l’acoustique de la salle, sur scène c’est une toute autre histoire ! « Salut le centre de loisir !! » Cobra fait le show via son vocaliste impassible et devant ses musiciens parfois hilares. Tous leurs titres les plus incisifs y passent : Fils du Cobra, Nihilste, Pédé & Drogué ou leur morceau phare « Des lieux associatifs pour les jeunes ». Cobra crache sur tout, sur la société, sur la religion, sur eux-mêmes et leur public, sur leur succès. Et c’est cette attitude détachée de tout, cet aspect « rien à branler » qui donne ce côté tellement crédible au groupe. Bref, un excellent concert si ce n’est le meilleur pour cette journée du vendredi en ce qui me concerne ! Le seul regret aura été de ne pas voir jouer « Ta Culture m’emmerde ».


Birds In Row
EMP Stage
18:30 > 19:15


Black Bomb A
X Stage
19:15 > 20:15

Prout : Oh putain, c'était vraiment pas bien !

Eve :  Est-ce que quelqu'un a chié dans mes oreilles ? Non parce que c'est pas très gentil.  

Romain : Bon beh j'étais pas assez défoncé.

Ludwig : Ah mais lel ! J'ai tellement pas de mots pour dire à quel point je l'ai mal vécu. Sérieux j'avais préparé tout une pelletée de comparaison bizarres et offensantes, mais je suis sûr que je serais traîné devant les tribunaux si j'en balançais la moitié, et faut pas déconner, Horns Up c'est pas non plus Le Petit Journal du Metal, donc je m'abstiens, je dirai seulement que ce show était tellement gay qu'il m'a donné le SIDA.


Strung Out
EMP Stage
20:15 > 21:15

Ludwig : Allez on continue dans la lancée de Black Bomb A avec une heure de torture auditive supplémentaire, Strung Out c'est comme si Kyo, Nofx et Simple Plan avaient copulé ensemble pour accoucher d'un horrible rejeton geignard. Les gars sont lookés comme les slammeux d'Epicardiectomy mais leur soupe sonne plus comme du Nickelback un peu excité. On peut pas leur ôter que sur scène ce sont de sacrés showmen, proches de leur public, tout ça tout ça, mais ya rien à faire, le côté Punk à casquette couinant qui chante sur la douleur de son âme de faible je ne PEUX PAS ! C'est triste parce que franchement la base instrumentale est bonne, j'veux dire, y a un bon gros riffing par moment qui se prête bien à la scène, t'as les doigts qui piquent et comme une envie de tirer des mandales, un bon coté Beatdown catchy, mais là le chanteur ouvre son claque merde, c'est tout naze et ils balancent un break téléphoné tout daubé. Dommage ! Sérieusement les mecs continuez en tant que formation instrumentale et mettez votre chanteur au compost !


Carnifex
X Stage
21:15 > 22:15

Prout : Chuis pas trop fan de Carnifex (et non pas Carniflex comme on a souvent entendu lors du fest) mais j'aime bien le blast, et vu que c'était pas foncièrement la journée, on va pas faire la fine bouche. Par contre vu que j'étais raide bourré je m'en souviens pas trop trop. Je sais que ça blast tranquilou avec des guitares un peu techniques pour un bon Brutal Death de soirée. Dommage que le chanteur soit si moche par contre. Niveau report, je ferai mieux dans une autre vie. Promis !

Ludwig : Je tiens à préciser qu'avant ce concert j'ai mangé un sandwich à l'ail, par conséquent, mes observations et critiques peuvent être biaisées. Ca devait bien faire 5 ans que je n'avais ni vu ou suivi Carnifex, malgré le fait que ce soit un excellent groupe, je me suis simplement désinteressé des scènes Deathcore et Brutal Death. Autant dire que je ne savais pas trop à quoi m'attendre, même si dans mes souvenirs Carnifex était un des rares bons groupes de la scène Deathcore avec Despised Icon (ouh je sens le kévin coreux à casquette + écarteurs qui vient de crisper les doigts de rage sur sa souris Logitech, t'as mal en vrai avec ton corps de fiotte). Enfin bref, après 5 ans je suis naturellement enthousiaste et curieux de voir ce qu'ils vont nous sortir. Et franchement je m'attendais pas à un aussi gros revers dans mes gencives ! Déjà c'est le premier groupe du fest qui ait un son sans aucun problème ! Et bordel quelle densité ! C'est vraiment un mur de son terriblement puissant qui s'abat sur nous, ça joue vite, ça joue fort, ça joue technique et ça joue catchy ! C'est vraiment LA BAGARRE, les mandales volent, le public est enfin terriblement chaud et le chanteur de Carnifex ressemble à un Monsieur Loyal du cirque des horreurs bien décidé à ne laisser aucun répit entre les circle pits, appuyé par une base musicale impeccable, alternant riffs lancinants et passages beatdown épais et gras, je trouve enfin mon bonheur sur ce fest !


Comeback Kid
EMP Stage
22:15 > 23:15

Prout : P'tit moment baston de la soirée, je suis bien content d'aller casser des bras en tongues. Comeback Kid c'est du Punk Hardcore bien vénère et dans le pit c'était sans concession. Circle, baston de gros bras à casquette, le moins qu'on puisse dire, c'est que les Canadiens sont venus en vainqueurs. Le public est au rendez-vous, il reprend parfois les choeurs et suit la mouvance avec délice. Vu que c'est trop pas ma scène j'ai vraiment l'impression d'être un gros poser mais osef, le mood était carrément là, et il suffisait de se laisser porter par "la famille". Putain de patate, putain de concert de bâtard !

Ludwig : La castagne ! Comme une soirée Monopoly entre manouches qui aurait un peu merdouillé... Ne nous voilons pas la face, Comeback Kid c'estr bien joli sur album, mais on préfère quand même le live, c'est généralement l'occasion d'extérioriser certaines rancoeurs et frustrations accumulées depuis trop longtemps et érodant continuellement la résistance nerveuse du plus solide d'entre nous. Ou pour résumer, mettre des grosses mandales ! Comeback Kid sont des habitués de l'Xtreme Fest, ils aiment jouer ici et nous le font bien savoir en entonnant un Wasted Arrows magistral ! Les morceaux s'enchaînent avec une grande fluidité, les musiciens nous laissent quand même le temps de respirer entre chaque piste, le pit est peuplé et violent et on sent que les mecs aimeraient presque lâcher leurs instruments pour venir se joindre à nous ! Seul bémol, la fin du set qui a viré un peu trop Punk Californien, mais franchement j'étais tellement en peine que cette accalmie était salvatrice, et ça n'entachait pas du tout le set, Comeback Kid est une valeur sûre et on trouve toujours ce qu'on recherche lorsqu'on les voit sur scène, du Hardcore New Age de qualité, des musiciens aussi bons que déchainés, et de la grosse bagarre dans la fosse! (D'ailleurs, la petite salope qui s'éclatait à me tirer des crochets dans les côtes parce qu'il vivait mal de faire 1m62 et d'avoir un corps de comptable, je connais ta gueule, quand j'te revois je vais vraiment te faire du mal gars !)

Romain : Comeback Kid lance pour moi le réel début des hostilités. Assistant à un début de set d’assez loin, c’est la reprise de Territorial Pissings de Nirvana qui me donne envie d’aller joyeusement mosher un bon coup. C’est violent comme il faut, le public rend hommage de la meilleure des manières à la formation punk hardcore canadienne : c’est la bagarre dans le pit. On scande le nom du quintet puis on va se reprendre une bière, car même si la température est descendue avec le coucher du soleil, il est important de bien s’hydrater, surtout après un effort physique comme celui-ci.

Setlist :
Talk Is Cheap 
Wasted Arrows 
Do Yourself a Favor 
All in a Year 
False Idols Fall 
Die Knowing 
Losing Sleep 
Partners in Crime 
Should Know Better 
G.M. Vincent & I 
Step Ahead 
Territorial Pissings (Nirvana cover)
The Concept Stays 
Broadcasting... 
Lower the Line 
Wake the Dead 


Black Label Society
X Stage
23:15 > 00:15

Shawn : Oh qu’il est difficile d’écrire sur un groupe que l’on a adulé pendant des années et qui, avec une prise de recul la plus objective possible, est clairement sur le déclin. C’est vieillir, et aussi mûrir, un peu comme les personnes prenant de l’âge et se rendant compte doucement de leur propre déchéance physique et mentale. Il suffit d’écouter les premiers albums de Black Label Society pour comprendre le génie musical de Zakk Wylde. Pourtant à partir de 2004, seul un album sur deux sort franchement du lot. Hangover Music (2004) donnait l’impression d’une blague autour du feu là où Mafia (2005) écrasait tout sur son passage. De même l’année suivante avec Shot To Hell dont les morceaux insipides ont laissé bien des fans interrogatifs, c’est en revanche l’énorme Order Of the Black en 2010 qui se chargera de rappeler qui est le patron. Et actuellement en tournée, le groupe défend donc Catacombs of The Black Vatican, un très moyen 9ème opus.

Rajoutons à cela un gros changement de line-up avec le départ de Nick Catanese, guitariste originel remplacé par le glameux Dario Lorina (ancien Lizzy Borden !) ainsi qu’un véritable jeu de siège éjectable derrière les fûts (6 batteurs en 5 ans). C’est donc dans une ambiance où le groupe a encore beaucoup à faire pour convaincre que les Américains entre en scène. Brio du génie, c’est sur un excellent mashup créé par Wax Audio que le groupe débarque, mélangeant habilement Led Zepplin et Black Sabbath, soit les deux formations les plus influentes du jeu de Zakk Wylde (n’oublions pas que le bougre a joué des années avec Ozzy et qu’il a sorti en 2011 un album cover de LedZep’).

Le gros problème du set en revanche saute aux oreilles dès The Beginning… At Last : le son ressort en véritable bouillie sonore, beaucoup de basse et une voix que l’on peine à discerner. Ca n’empêchera pas le public de profiter du live, mais ce récurrent sous-mixage de la voix devient à la longue très dur à supporter. Bleed For Me martèlera le crâne des auditeurs jusqu’au solo, manquant franchement de puissance. Qu’importe, Suicide Messiah continue de cogner sec, et nous fait presque regretter l’absence de Fire It Up sur la setlist.

Impossible de parler de Black Label Society sans évoquer cet immonde solo. Tout un chacun sait que Zakk Wylde en est friant, mais si cinq ans en arrière, l’exercice était plaisant car techniquement intéressant et limité dans le temps, on est ici dans la démonstration masturbatoire. C’est long (on flirte avec les 6 minutes), c’est laid, c’est trop rapide pour discerner quoi que ce soit … On en vient à regretter l’époque où le père Wylde sortait quelques soli incisifs, savamment placés au moment le plus percutant, sans faire dans l’excès. On s’emmerde, et même les fans les plus die-hard en sont arrivés à retourner leur cuir. Une chance d’être en festival car en salle, des soli de ce genre, il y en a deux !

Fort heureusement, Godspeed Hellbound est là pour remettre le groupe sur les rails avec son break destructeur. Jouer en festival impose certains choix techniques et la petite heure de concert nous priveront de deux titres normalement prévus sur cette tournée (dont In This River, en hommage à Dimebag Darrell). En un mot comme en cent, BLS c’était quand même vachement mieux avant. Seul John DeServio, à la basse, sort clairement du lot, le sourire facile et le regard traduisant une belle humilité.

Setlist :
Whole Lotta Sabbath (Wax Audio song)
The Beginning... At Last 
Funeral Bell 
Bleed for Me 
Heart of Darkness 
Suicide Messiah 
My Dying Time 
Damn the Flood 
Guitar Solo 
Godspeed Hell Bound 
Concrete Jungle 
Stillborn 

 


Toundra
EMP Stage
00:15 > 01:00

LudwigToundra c'est un peu « attache ta ceinture ma couille on va partir loin » ! Je dois dire qu'en arrivant devant la scène, je débarquais en touriste complet, et ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, déjà je ne vois pas de micro sur scène, meh... Peut-être que le chanteur a un micro oreillette comme Britney ? Mais je n'y crois guère... Bref, les loustics se pointent sur scène, et attaquent sans plus attendre un set d'une précision incroyable, à ce stade c'est de virtuosité qu'on parle. Toundra m'a donné l'impression de regarder des potes à moi en train de bœufer après qu'on ait tous pris de la mesca. C'est rare que je dise ça, mais je regrette de ne pas avoir été dans un état second pour ce concert, ça aurait transformé mon expérience ! En alternant des passages Post Hardcore, Stoner, Acid Jazz et Rock Psyché, Toundra envoie tout le monde balader dans le cosmos, le public tout entier est statique comme en pleine transe, les musiciens jouent sans se soucier de nous et semblent être, eux aussi, très loin. On aurait presque l'impression de voir jouer des musicos de Jazz de la Nouvelle Orléans de vieille époque tellement les gars semblent n'en avoir rien à battre et être en pleine communion musicale ! Excellent choix de clotûre pour la première soirée !

Romain : Lorsque j’apprends qu’un groupe psychédélique joue ce soir (comment ai-je pu ne pas m’en rendre compte avant ?), c’est stick en bouche paré à l’allumage que je me rue vers les premiers rangs de l’EMP Stage. Nous avons droit à un moment de calme au milieu de tant de thrash et de hardcore, et en cette fin de longue journée, ce moment est fort bien venu. Ici, il n’est plus question de mosh pit ou de slams à répétition ; la musique instrumentale nous embarque vers d’autres horizons, on ferme les yeux puis on décide de se laisser aller. Ou pas d’ailleurs, nombre de festivaliers ayant décidé de déserter un concert « trop lent, trop chiant » et durant lequel « il n’y a même pas de chanteur ! » (lel). Au moins, ça nous laisse de la place pour respirer. Et cela n’empêche pas le quatuor de vivre à fond ses morceaux sur scène. Visiblement, le public restant est conquis, ayant réussi à faire revenir le groupe pour un vrai rappel. Et comme ici les morceaux durent dix minutes, on est doublement content. Pour moi, les défauts rapportés par certains ci-dessus sont justement ce qui ont fait la force du groupe : des compositions n’hésitant pas à prendre le temps de s’installer afin de créer une réelle ambiance propre à chaque morceau. Ajoutez à cela des dizaines de pédales d’effets venant élargir la palette sonore des différents musiciens et ça y est, vous avez matière à prendre votre pied sur les titres très jammants des Espagnols. Le manque de voix n’est absolument pas un problème, on ne fait que profiter d’autant plus de l’instrumentation. Il n’y a aucune raison de s’encombrer d’un chanteur et de lui écrire des paroles à la con pour faire plaisir à tout le monde. Le tout fut planant comme il faut, le groupe parfait pour finir cette première journée.

Shawn : Alors là, les amis, on touche à quelque chose qui dépasse le seul terme de « musique ». Le groupe madrilène doit sa place sur scène ce soir à un échange de groupe se mettant doucement en place entre le Resurrection Fest et l’Xtreme Fest. Le but à terme est de faire jouer des groupes français en Espagne et des groupes espagnols en France. C’est aussi ce genre d’initiative qui se trame dans l’ombre, souvent hors de la connaissance du grand public, qui donne un côté encore plus attachant à ces festivals à taille humaine. Et pour une surprise, Toundra va clairement tout exploser sur son passage. Peu de monde semblait connaître le groupe, sortant pourtant cette année son 4ème album, mais beaucoup en sont ressortis des étoiles dans les yeux. La formation madrilène officie dans un post-metal atmosphérique exclusivement instrumental. C’est donc le genre de musique relativement hors-catégorie : soit on adore, soit on déteste. Forcément, à minuit passé, une musique instrumentale aérienne est une magnifique invitation à rejoindre les bras de Morphée, tant les sonorités invitent à la méditation et au voyage intérieur. On s’approche par moment des terres occupées par les excellents My Sleeping Karma ou par les toulousains de She Hunts Koala (qui ferait office d’une magnifique première partie si Toundra revenait dans le coin !). L’alternance entre les énormes parties aérienne et la puissance de leur batteur offrira une ambiance haletante aussi bien que réflexive. Toundra est LA découverte du festival, qui souffrira pourtant d'une désertion lente mais certaine du public quittant le site au fur et à mesure.

Setlist :
Strelka 
Marte (Mars) 
Magreb 
Zanzíbar 
Kitsune 
Ara Caeli 
Cielo negro (Black Sky) 
Oro Rojo 
Bizancio 

Il est 1h du matin, on ouvre doucement les yeux, c’est déjà fini… Il ne reste plus qu’à se traîner jusqu’au camping pour quelques heures de repos… Jusqu’au réveil par la chaleur étouffante des tentes au soleil ! 

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