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vendredi 28 juillet 2017 - Team Horns Up

Xtreme Fest #5 - Jour 1

Cap Découverte - Albi / Carmaux

Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Et de cinq ! Voici donc maintenant cinq années que l’Xtreme Fest a vu le jour. Une demi-décennie riche en histoire et en vécu qui a permis au festival de se forger une réputation solide, l’évènement étant désormais réputé sur la scène punk, metal et hardcore au niveau national. Désormais incontournable pour les amateurs de musiques saturée du sud-ouest, tout n’a toujours pas été tout rose pour le festival. En effet, quelques erreurs de jeunesse sur la seconde édition, plus ambitieuse, au Parc des Expositions d’Albi avaient engendré des pertes importantes.

Il en avait fallu un peu plus pour couler le festival (#RagnardRock) et l’organisation avait engagé un plan de financement sur trois ans pour absorber ses dettes. Comme nous l’indiquait David, organisateur du festival, le mois dernier dans une interview publiée dans nos colonnes, 2017 marque la fin de ces actions correctives de l’édition 2014. Ceci signifie entre autre qu’à partir de l’an prochain, les bénéfices ne serviront non plus à rembourser les dettes, mais serviront de fonds de roulement et de potentiel d’investissement pour envisager un (très) hypothétique grossissement. Et si grossissement il y a, comme nous l’indiquait David :  « Quoi qu’il arrive, l’évolution restera mesurée : on ne doublera pas la jauge du festival du jour au lendemain. Si on doit faire évoluer les choses dans les années qui viennent, ça sera de manière raisonnable et progressive. »

Nous revoilà donc pour la 5ème fois au XtremeFest. Oui, XtremE. Avec un bon gros E à la fin, prenez note ! Et une fois encore dans le cadre minier de Cap’Découverte : une ancienne mine de charbon à ciel ouvert réhabilitée en parc d’activité sportive. L’an dernier, l’organisation avait été audacieuse et avait procédé à un vaste aménagement du camping. On y trouvait donc un chapiteau pour quelques concerts (Andreas & Nicolas, Cranks, quelques groupes de reprise, …), des exposants (Adipocère, Necrocosm, …) et un petit nombre de foodtruck. Il semble que cette formule n’ait obtenu qu’un succès relatif puisque le camping, partiellement abandonné passé 15h, s’avérait alors être un mauvais positionnement pour les stands présents.

Nouvelle formule cette année : plus aucun exposant, plus aucun food truck, plus aucun chapiteau. En revanche, si on y trouve toujours la buvette en forme de cannette de 8-6, elle se trouve agrémentée d’un stand de nourriture géré par les bénévoles et d’une vaste zone ombragée pour s’attabler et , comme l’an dernier, du half-pipe servant aux démonstrations de skate. Nouveauté de l’année, quelques stands d’activités fun : chamboule-tout, ventriglisse, … ainsi que quelques concerts dont la « scène » se trouve dans une cage circulaire qui ne sera pas sans rappeler les rings de MMA ou les combats de catchs en cage.

Au niveau de Cap’Découverte, sur le site du festival à proprement parler, pas de grosses surprises : la scène extérieure (EMP Stage) ainsi que la scène intérieure (X Stage) n’ont pas bougé. Côté paiement, il faut passer par la case jeton (et ne pas se faire avoir par la conversion hasardeuse dont les festivals sont de plus en plus friands : 1 jeton = 1.25€). Les bars proposent soft et 8,6 fraîche (Bavaria étant partenaire officiel). Au niveau de la restauration, l’Xtreme Fest a fait le choix intelligent de déléguer la totalité de l’activité aux professionnels en foodtruck (#AppelDuPied #Motocultor). On y retrouvera donc entre autres l’Epicurieux et ses excellents bagels, déjà présent l’an dernier !

 

Au niveau de l’affiche enfin, on notera cette année une absence très criante de la scène hardcore comparé à l’an dernier, renforcé par une grosse mise en avant du punk. Ainsi, la moitié de l’affiche se recentre sur le metal et jouera sur la scène intérieure, et la seconde moitié sera consacrée au punk et se produira en plein air.

Bref, maintenant que vous savez tout du festival et du cadre, place à la musique !! Par ailleurs, notez que Horns Up étant avant tout un media orienté autour du hard-rock, metal et hardcore, nos excuses par avance pour nos compagnons amateurs de punk, nous n'étions pas à tous les concerts !

GUILLOTINE
X STAGE
17:00 > 17:45

Shawn: Toute jeune formation de Gaillac, totalisant 18 mois d’expérience seulement, Guillotine est l’exemple même de l’effort de promotion de la scène locale de la part du festival. Une mise en avant appréciée par le public, d’autant plus que le jeune groupe a l’honneur de débuter les hostilités sur la X Stage ! Dès les premières notes, Guillotine fait sentir qu’il n’est pas venu pour faire dans la finesse. Pour preuve, leur blackened death metal curieusement très old-school est fin comme du poil d’âne. Pourtant, au premier regard, le look de la vocaliste, kawaii avec une jupe à froufrou, aurait laissé penser l’inverse mais il n’en sera rien. Un bon vieux metal bien bas du front, qui fait dans l’efficacité brute de décoffrage. On notera que malgré leur jeune âge, les musiciens s’en tirent très bien, avec notamment le guitariste lead, qui se démarque nettement du reste, maitrisant sa six-cordes avec une aisance notable, à l’inverse de la bassiste et de la guitariste rythmique, en retrait sur tout le set. Dans le pit, les hostilités vont bon train, à grand coup de circle pit (en mode farandole) et de wall of death qu’il aura fallu recommencer deux fois pour que tout le monde parte au bon moment. Bref, une belle découverte.

Setlist :
Corpse Awake
Our Funerals
Schizo
Thy Judgment
Blood Shred
Heretic
Lord Of The Pit
Fear of God
Abyss

TERROR SHARK
EMP STAGE
17:45 > 18:30

Shawn : Direction la EMP Stage pour le concert de Terror Shark. La formation oscillant entre le crossover, le thrash et le punk a la particularité d’être un trio sans basse (chant, guitare et batterie donc). Et s’il fallait une preuve pour montrer à quel point l’absence d’un bassiste n’a semble-t-il pas été marquant, il suffit de regarder l’ambiance dans le pit, bouillant, explosif malgré les 32 degrés ambiants ! C’est totalement le genre de musique décomplexée que l’on apprécie précisément pour le foutoir que ça engendre dans le pit, à grand coup de requins gonflables et autres joyeuseries du genre. Autre marqueur du bordel ambiant, le chanteur de Terror Shark, n’hésitant pas à taper un slam en plein milieu d’un titre avant de remonter sur scène et finir le morceau l’air de rien. L’ambiance n’est pas sans rappeler Municipal Waste (qui avait par ailleurs fait un morceau intitulé Terror Shark, doit-on y voir un signe ?) ou surtout Insanity Alert par son jeu d’accessoires scéniques tel une planche de body board avec marqué « MOSH ». Aucun doute que beaucoup ont fini en sueur en sortant du pit !

Setlist :
Jump for me
There will be blood
Idiot
G.F.Y.A.D
Obey
I'm in charge
Never trust
Die fucker die
Take it up by the ass
Vas te faire foutre
Empty track
Galino mosh
Superman 
Anything at all
Sss then fff
Fight 4 your right ( beasty boys cover)

HATESPHERE
X STAGE
18:30 > 19:15

Shawn : Hatesphere, c’est le groupe où, à chaque fois qu’on sort d’un de leur live, on ne sait pas dire si le concert a été bon ou mauvais. Alors, effectivement, musicalement, et scéniquement c’est propre, les Danois maitrisent totalement leurs compositions et la gestion du public. Mais il semble manquer à chaque fois ce petit truc en plus qui rendrait la prestation explosive. Pourtant, leur groove metal, oscillant entre death et thrash n’est pas sans qualité, bien au contraire. Il suffit à ce titre de se pencher sur l’album Sickness Within, mais depuis quelques années, avec l’étiolement de son line-up, quelque chose a changé. En effet, avec un nouveau batteur en 2009, vocaliste en 2010, bassiste en 2011 et enfin guitariste en 2016, le line-up de Hatesphere n’a plus rien à voir avec la formation d’origine dont Peter Hanser n’en est que le guitariste rescapé ! Ces entrefaites n’ont semble-t-il pas affecté le public qui s’en donne à cœur joie notamment sur Lines Crossed Lives Lost, titre mid-tempo propice aux gros headbangs. Le titre suivant, Murderlust, servira de déclencheur à un fort beau wall of death alors que de son coté, Esben (chant) n’hésitera pas à mouiller le maillot sur Forever War en prenant ses aises dans le pit photo au contact du public. En bref, malgré un show un poil convenu, Hatesphere s’en sort avec les honneurs !

Setlist :
Intro (The Persuaders Theme)
New Hell
The Fallen Shall Rise in a River of Blood
Ressurect With a Vengeance
Lines Crossed Lives Lost
Murderlust
Drinking with the King of the Dead
Forever War
Iconoclast
Sickness Within

CLOWNS
EMP STAGE
19:15 > 20:15

Prout : Une longue route et un départ sur le tard m'ont fait arriver au moment de la prestation des Australiens de Clowns, un groupe de Punk Rock que je ne connaissais pas du tout avant de les voir. Premier constat à froid : le groupe a l'air vraiment bien fun. Ils ont des allures anachroniques et la bonne aura qui te fait passer une bonne soirée. Le chanteur nous fera déjà une Airbourne en montant sur le côté de la scène pour chanter en contreplongée de son public en plus de sauter carrément partout. Après musicalement voilà, c'est vraiment pas ma came. C'est du Punk Rock avec une touche de Rock'n'Roll plus couillue dont seul le chant pouvait avoir une allure un peu agressive, limite Hardcore.

NOSTROMO
X STAGE
20:15 > 21:15

Prout : Nostromo fait partie de ces légendes francophones qui se sont façonnées à coup de blast et de chant écorché, précurseur d'un style qui leur avait survécu malgré la fin de leur carrière annoncée en 2005. Metal Hardcore ? Grindcore ? Pas facile de les foutre dans une case tellement leur musique est typique et marquée. En tout cas, après 11 ans d'absence, une tournée de comeback avec Gojira (tant qu'à faire) et une prestation musclée au Hellfest 2017, c'est au tour des ptis chanceux de l'Xtreme Fest d'avoir le droit à l'expérience Nostromo. Nostromo est un groupe qui a plus de 20 ans mais seulement deux albums à leur actif si on met de côté l'album d'autoreprises en acoustique, un Ep et un split avec Blockheads. Pas étonnant me diriez-vous du coup s'ils ont joué un peu des morceaux de toute leur discographie, avec même la venue d'un nouveau morceau, intitulé Uraeus, qui devrait apparaître sur un maxi à venir dans quelques temps. Dans l'ensemble, la prestation a été très bien accueillie par le public qui avait l'air déjà bien chaud pour cette première soirée de festival. L'impression générale m'a été de voir un Nostromo plus calme que dans mes souvenirs, moins agressif, moins claquant. Ils avaient la patate clairement, mais j'ai moins senti le côté violence qui faisait plaisir à mes potes à l'époque (j'ai jamais vraiment été fan de Nostromo). Une prestation qui m'a paru carrément plus Hardcore que Grindcore, n'en déplaisent les covers de Nasum (Corrosion) et Napalm Death (Twist The Knife) et dont le nouveau morceau semble bien confirmer cette impression presque plus mid-tempo. Mais bon, déjà à l'époque je foutais ça dans le neo...

Shawn : Le retour d’une légende oubliée. Il aura fallu 11 ans d’attente pour enfin voir le colosse sortir de son sommeil. Et quel retour les amis : à peine la nouvelle du retour de Nostromo diffusé sur le net, voilà le groupe propulsé en ouverture de la tournée de Gojira. Tant et si bien que pour une large partie du public (et notamment les plus jeunes), Nostromo était juste « le groupe qui a ouvert pour Gojira à Toulouse ». Il est stupéfiant de se rendre compte en discutant avec eux que beaucoup ne connaissaient pas l’histoire du groupe et de ses belles années fin 90 début 2000, jusqu’en 2005. Pour autant, la formation suisse bénéficiera d’un très bon accueil de la part du public. Malgré le calme très relatif que relate mon camarade, j’ai en revanche trouvé la formation plutôt explosive, preuve de leur vigueur et de leur volonté de rester le rouleau compresseur qu’ils ont pu être. Mention spéciale aux deux reprises que l’on avait déjà eu l’occasion de constater en ouverture de Gojira, avec Corrosion de Nasum et Twist The Knife de Napalm Death, groupe qui offre de grosses ressemblances musicales et scéniques avec Nostromo. Nous n’attendons plus que le nouvel album et la boucle sera bouclée !

Setlist :
Intro
Epitomize
Selfish Blues
Stillborn Phrophet
Lost Inside
Sunset Motel
Pull The Pin
Collapse
Rude Awakening
Uraeus
Corrosion (Nasum cover)
Xenomorphic
Delight
Twist The Knife (Napalm Death Cover)

FACE TO FACE
EMP STAGE
21:15 > 22:15

Setlist :
You Lied
You've Done Nothing
I Won't Say I'm Sorry
Ordinary
AOK
Walk the Walk
Blind
Bent but Not Broken
I Want
Double Crossed
It's Not Over
Disconnected

SEPTICFLESH
X STAGE
22:15 > 23:15

Prout : Plus rien n'arrête lesAthéniens de Septicflesh dans leur ascension orchestrale depuis leur retour en 2007 après 4 ans de split mais surtout depuis The Great Mass, le meilleur album du groupe à mes yeux. Ce soir comme à leur habitude, exit les morceaux datant d'avant Sumerian Daemons avec surtout un focus tout particulier sur Titan, un album qui date pourtant déjà de 2014. Leur prochain album en date intitulé Codex Omega dont la sortie est prévue le mois prochain ne jouira d'aucune performance live. Ils lâchent rien en avance les rats, sérieux ! Un show vraiment ultra cadré, comme toujours, et donc un peu froid, inauthentique. Ok ils ont la classe, ok le son est parfait, ok les orchestrations tuent mais chais pas... je ne retrouve plus rien de Death Metal dans Septicflesh. Pour moi c'est juste une prestation froide d'usine. C'est comme un joli film que tu viens admirer mais qui n'aurait rien de profond à partager avec toi, à l'image de leur album Titan d'ailleurs. Heureusement que certains morceaux de Communion, Sumerian Daemons et The Great Mass ont été ajoutés à la setlist, y aurait eu de quoi faire la gueule sinon. Magistral, mais magistralement froid et faux.

Shawn : Même si Prout a globalement tout dit, on ne peut que tomber de très haut au vu de la froideur du groupe grecque. Aucun mot pour le public, aucun signe de quelconque intérêt. Le groupe est venu, a joué, et est reparti. Impersonnel au possible, Septicflesh est en mode pilote automatique. Malgré tout, il faut reconnaitre que sur scène les musiciens ont la classe et le show est millimétré. Bref, là où le groupe a perdu en spontanéité, il l’a gagné en efficacité. Pourtant, on ne peut que regretter l’époque où leurs errances dégageaient justement de la sympathie. Bref, on en est loin ici et dans l’histoire, le groupe hellène s’égara. 

GOOD RIDDANCE
EMP STAGE
23:15 > 00:15

Prout : Good Riddance, encore un groupe que je ne connaissais pas avant de venir ici. Faut dire que j'ai arrêté le skate très tôt. Pourtant une petite recherche me prouve que le groupe a plus de 30 ans ! Bon, ceci dit, ça se voyait un peu sur leurs gueules. Néanmoins le smile et la patate étaient là malgré leurs âges avancés et le public avait l'air de bien kiffer le Punk Rock (avec une touche D-Beat au kick) des Américains. Faut dire que c'était vraiment dans la veine d'un Pennywise ou NoFX, si j'ose le dire. Bien la fête, bien la famille, bien les chœurs, on sent que le monde est content d'être là pour faire la fête ensemble, que ce soit sur scène ou dans le pit, pour le coup très bon enfant. 

CARCASS
X STAGE
00:15 > 01:30

Prout : Aaaah Carcass. Mon amour du Grindcore/Goregrind est obligé de se retourner vers Carcass quand j'y pense. Reek of Putrefaction, cette pochette immonde qu'on comprend rien, ce son dégueulasse, le thème du Gore poussé à outrance etc. Le passage du Grind dégueu au Death Mélo de Heartwork m'avait quand même bien calmé à l'époque, en mode "mais pourquoi ?!" Et même si le retour de Carcass en 2007 et leur putain de live au Hellfest m'avait foutu une claque pas possible, la nouvelle vague Mélo/Death'n'Roll, je ne peux plus. Mais l'avantage de Carcass en live c'est qu'ils jouent absolument toutes les époques. Donc nous avons eu du Symphonies of Sickness autant que de leur dernier album Surgical Steel. D'ailleurs, ils n'ont pas abusé à nous foutre que du dernier album (seulement quatre morceaux, c'est sympa). Y'avait du tube comme Heartwork forcément et Corporal Jigsore Quandary, Reek of Putrefaction (<3) entre autres et une bonne couverture de toute leur discographie (du Necroticism, Swansong, Reek, Symphonies, Heartwork, Surgical + les Ep). Après sur scène bah c'est Carcass hein. On tourne dans le très classique là, sans show particulier pour l'Xtreme Fest, rien qui sorte vraiment du lot, c'est du rock et ils ont plus 20 ans...

Setlist :
316L Grade Surgical Steel
Buried Dreams
Incarnated Solvent Abuse
Unfit for Human Consumption
Cadaver Pouch Conveyor System
Captive Bolt Pistol
Edge of Darkness
This Mortal Coil
Exhume to Consume
Reek of Putrefaction
Black Star
Keep On Rotting in the Free World
Corporal Jigsore Quandary
Heartwork

Le soleil décline calmement, la nuit est tombée sur Carmaux, il est temps de rejoindre le camping (la remontée est rude pour les pédestres, les vrais sont en voiture !) et retour aux tentes. L’occasion de constater par ailleurs que contrairement à beaucoup d’autres campings de festival, ici, l’ambiance festive se fait dans le calme et la bonne humeur sans gueulard beaufisant. Un bon point !

 

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Crédits :
Textes par l'équipe Horns Up.
Photos par Baptistin Pradeau, équipe Horns Up.

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