Interviews Retour
lundi 18 mai 2020 - Michael

Esben Hansen (Ex-HateSphere)

Esben Hansen

Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Suite à l'annonce de Esben Hansen de quitter le groupe HateSphere il y a quelques semaines, nous avions envie d'échanger un peu avec ce dernier. Surtout qu'Horns Up a toujours développé une relation particulière avec ce groupe, en accueillant notamment leur journal de studio lors de l'enregistrement de leur galette New Hell. L'occasion donc de revenir sur les raisons de ce départ mais aussi de venir prendre la température auprès d'un chanteur aussi sympathique que talentueux.

La version originale de l'interview est disponible à la suite de la traduction (English version available below).

 

Pour commencer, comment vas-tu ? Comment vis-tu ce confinement généralisé ?

Ca va, merci. C'est une période super étrange pour le monde de la musique. Tout se fait en ligne aujourd'hui, ce qui est plutôt une bonne chose au vu des circonstances, mais franchement, perso, ça ne me convient pas vraiment. J'ai besoin de ressentir l'énergie de la salle de concert pour tirer profit d'un live.

Le confinement a été un moment d'expérimentation pour les artistes afin de maintenir le lien avec leurs fans (concerts à la maison, podcasts, débats). As-tu repéré une ou des intiatives artistiques que tu as trouvé sympas ou intéressantes ?

C'est entièrement vrai ! Les gens ont été super créatifs et je les applaudis pour ça. Une culture musicale en ligne s'est ouverte, quelque chose que nous n'avions pas vraiment connu avant, dont on pourra se servir et que l'on pourra faire grandir dans le futur. Mais encore une fois, impossible de comparer cela à la réalité.

Sorties et concerts repoussés, crise économique en point de mire. Es-tu inquiet des conséquences de cette crise sanitaire pour tes collègues et pour ton avenir en tant que musicien ?

En effet, ça m'inquiète. Surtout pour ceux qui viennent de pays qui n'ont pas de système de sécurité sociale bien développé. Je crains qu'ils ne passent une période très compliquée dans les années à venir. Au Danemark, nous avons travaillé dur pour bâtir une société qui profite au plus grand nombre et pas seulement à une poignée d'entre nous. Et j'en suis vraiment reconnaissant.

Au début du mois d'avril, tu as pris la décision de quitter HateSphere. Peux-tu nous dire pourquoi tu as pris cette décision ?

Pour te la faire courte, je n'avais plus rien à donner au groupe. J'y ai passé presque dix ans et j'ai mis beaucoup d'énergie dans ce projet, mais la direction que le groupe prenait ne correspondait pas à ce que je souhaitais. Quand je me suis mis à réfléchir sur les raison de ce changement, c'est devenu très clair ; au sein du groupe, nous avions des attentes et des objectifs très différents pour le futur. Donc, afin de poursuivre mes ambitions et aspirations, j'ai dû quitter HateSphere. Ce fut dur mais c'était nécessaire. Aussi, je sentais que l'on se tirait vers le bas plutôt que vers le haut. Mais j'ai bon espoir que quitter HateSphere aura pour conséquence de créer un environnement de travail plus profitable dans le groupe et que ça pourra les aider à atteindre leurs objectifs.

De l’extérieur, c’est toujours difficile de saisir la vie quotidienne d’un groupe comme HateSphere, dont les tournées et sessions d’enregistrement demandent de nombreux sacrifices. On peut aussi aisément imaginer que les revenus générés par le gropue ne suffisent pas pour vivre. Ces éléments ont-ils pesé dans la balance quand tu as pris la décision de partir ?

Pas du tout, je ne me soucie guère de l’argent, ce qui, au passage, donne des insomnies à ma mère qui s’inquiète à mon sujet. Hahaha. J’ai choisi ce style de vie avec un revenu faible afin d’avoir du temps et de l’énergie pour poursuivre une carrière dans la musique. Je suis loin d’en avoir terminé avec ce business. Je vais continuer à écrire de la musique et à en jouer. J’ai aussi créé une société d’agent artistique qui se nomme BARSK, pour aider les musiciens à atteindre leurs objectifs. Je viens tout juste de débuter.

Si tu devais nous citer des souvenirs marquants, en positif ou négatif, de ton implication avec HateSphere, quels seraient-ils ?

Toutes les tournées que l’on a faites avec des groupes comme Hypocrisy, Nevermore, Soilwork, Decapitated, Finntroll, Crowbar, Sinsaenum et j’en oublie, sont positifs. Pareil, jouer en France a toujours été plaisant. Je suis un peu francophile et je me rappelle avec force et émotion de concerts au Divan Du Monde, Motocultor, Mfest et d’autres endroits géniaux dans votre beau pays. Mais la France a aussi été un des sujets qui a fini par me faire partir du groupe. En 2011/2012, la France était un territoire assez nouveau et vierge pour une majorité de formations qui ne sont pas françaises. Pour une raison qui nous échappe, HateSphere avait déjà une bonne fanbase dans le pays, que l’on aurait pu entretenir et faire grandir pour faire de la France une base arrière. Mais des membres du groupe ne l’entendaient pas de cette oreille, donc on a loupé une bonne opportunité de faire du groupe un nom incontournable en France.

Tu as joué dans des groupes de Thrash (Numbnuts ; HateSphere), dans un groupe associé à la scène Metalcore (As We Fight), dans un groupe de rock plus traditionnel (Stomped et maintenant Swindler) . Est-ce une question d’opportunités ou est-ce que cela représente un appétit musical très large ?

Cela représente vraiment mes goûts musicaux variés. J’aime tous les genres de musique et tous les genres de Metal. En ce moment, j’écoute beaucoup de Black Metal, et je viens de découvrir un super groupe français qui se nomme Bâ’a. Leur musique est MAGNIFIQUE (NDLR : en français dans le texte). hahaha. 

Que t’ont apporté ces différentes expériences, en tant que musicien et en tant que personne ?

J’ai surtout appris à me faire confiance. J’ai appris que c’est ok d’être moi et que mes idées sont en fait vraiment bonnes.

Quels sont les groupes qui t’ont influencé le plus dans ta vie ?

Les Blues Brothers ont été mon “premier amour” musical. Je m’habillais comme eux, dansais comme eux, et j’ai regardé le film 50 fois avant d’avoir 10 ans. Pourtant, c’était le début de la scène Neo Metal, avec des groupes comme KoRn, Limp Bizkit, Snot, Incubus, Slipknot et Tool ou encore Pantera, Alice In Chains, Live et plein d’autres groupes des années 90 qui ont fait que j’ai voulu devenir musicien. Plus tard, j’étais dingue de Strapping Young Lad et de tous les trucs solo de Devin. Ces dernières années, j’ai été vraiment époustouflé par Decapitated, Behemoth, Gojira, Darkthrone, Soilwork et d’autres. Mon album préféré de tous les temps est NOLA de Down. Un chef d’oeuvre absolu.

Quel a été ton rôle dans les différents groupes dans lesquels tu as joué? Tu écrivais seulement les paroles ou tu prenais part dans la composition des chansons ?

En dehors de As We Fight, j’ai composé les riffs, les chansons et les paroles dans tous les groupes dans lesquels j’ai été. Dans HateSphere, j’ai co-écrit la musique de “Decayer” de l’album The Great Bludgeoning et “The Violent Act” de l'album Murderlust.

Quels sont les thèmes que tu aimes aborder dans tes chansons ?

Mes paroles ont souvent un thème politique. Ces derniers temps, mes paroles sont très ancrées dans la philosophie empirique du penseur français Bruno Latour. J'essaie de communiquer le besoin de l'humanité d'abandonner toute forme d'idéologie, de religion, d'idéalisme, d'essentialisme et autres abstractions afin de revenir "sur terre" comme le dirait Latour avant l'extinction de l'espèce humaine. Il est important pour moi que mes paroles aient un sens.

Cherches-tu les mêmes choses ou les mêmes émotions lorsque tu écris et lorsque tu écoutes de la musique ?

Non. Bien que cela soit lié, ce sont deux processus distincts pour moi. Le premier est un processus créatif dont le résultat dépend de la quantité de travail que vous y mettez. Le second est plus passif, où je peux me reposer et profiter ou me mettre dans une ambiance particulière.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur Swindler ? Envisages-tu de te concentrer principalement sur ce projet à l'avenir ?

Il n'y a pas grand chose à raconter, en réalité ! Swindler est mon projet de rock que l’on pourrait qualifier de « loisir ». C'est juste pour le plaisir ! Nous ne mettons pas autant de travail dans le projet. Mais nous allons quand même essayer de venir en France et de faire quelques concerts. Ça pourrait être amusant.

Parlons de la scène metal. Quels sont les groupes que tu écoutes le plus en ce moment ?

En ce moment, j'écoute surtout du Black metal comme Immortal, Darkthrone, Bâ'a, Abbath et Mayhem. Ensuite, j'ai beaucoup écouté le nouveau The Black Dahlia Murder, depuis sa sortie, et, bien sûr, le "Puritan Masochism" de Konvent !

J'ai vu que tu as participé à l'enregistrement de morceaux pour d'autres groupes (Chugger). As-tu d'autres projets de ce genre à venir ?

Oui, j'ai fait un featuring dans le dernier album de Chugger qui est sorti récemment et un autre pour Kause 4 Konflikt qui est sorti en janvier dernier. Pas d’autres de prévu pour le moment mais j'adore faire des apparitions en tant qu'invité !

Ces dernières années, la relation entre les fans et leur groupe a été assez remodelée, notamment par l'utilisation de campagnes de crowdfunding ou d'autres mécanismes (Meet & greet ; Patreon) pour créer un lien avec leurs fans et, aussi et surtout, pour collecter des fonds. Que penses-tu de ces initiatives ?

Honnêtement, je ne sais pas ! D'un côté, c'est bien que les fans puissent soutenir directement les groupes qu'ils aiment et avoir une relation plus personnelle avec eux. De l’autre, cela donne aux labels, aux services de streaming, etc. une raison supplémentaire de ne pas payer aux artistes leur juste part. Franchement, je n'ai pas d'avis tranché.

En parlant de fandom, es-tu fan d'un groupe ou d’un musicien en particulier ?

Jonathan Davis de KoRn était ma plus grande idole à l'époque ! Aujourd'hui... hmm... peut-être Devin Townsend parce qu'il est non seulement un musicien et un producteur talentueux, mais aussi un travailleur acharné et un fou passionné de musique comme je peux l’être !

La scène metal danoise a parfois été un peu en retard sur ses voisins du Nord (Finlande, Norvège, Suède) et du Sud (Allemagne). Quel est ton point de vue sur la scène danoise actuelle ? Y-a-t-il des groupes à surveiller ?

Oh là là ! La scène metal danoise est l'une des plus intéressantes d'Europe en ce moment ! Nous avons certainement la génération de nouveaux groupes la plus solide jamais vue. Et je pourrais continuer encore et encore, mais juste pour en citer quelques-uns, je choisirais Baest, Konvent, VOLA, Cabal, MØL, (0), Ghost Iris et Xenoblight. Vous avez tout à fait raison, cependant, les groupes de metal danois ont toujours été loin derrière nos collègues nordiques, en matière de succès international. C'est exactement ce à quoi l'Agence BARSK envisage de remédier !

En fin de compte, le Danemark n'est pas si connu que cela en France. Si tu devais donner envie à un Français d'y aller, que lui conseillerais-tu ?

Copenhague est ma ville préférée sur la planète. Venez et faites-vous plaisir en visitant des sites comme la Petite Sirène, le château des Reines et Christiania. Mais le plus important est de découvrir le vrai Copenhague, c'est-à-dire l'ambiance de détente et de liberté qui règne dans les quartiers du centre-ville comme Vesterbro og Nørrebro (où j'habite), de déguster de la bonne nourriture et de la bière, d'aller dans une bodega (pub) enfumée et de se saouler ou d'acheter un pack de bières et d'aller dans un parc pour se détendre - oui, les Danois adorent la bière !

Comment se fait-il que vous soyez les personnes les plus heureuses de la planète ? (!!!)

Je crois que les Norvégiens ont obtenu un score plus élevé que nous dans cette étude (rires). Mais je pense que nous avons construit une société où la plupart des gens se sentent en sécurité et satisfaits de ce qu'ils ont (et nous en avons beaucoup en fait). Et si vous voulez autre chose, la société vous offre des opportunités pour le faire. Parfois, les Danois semblent toutefois un peu trop satisfaits de tout, et ils ne remarquent pas quand des injustices se produisent ou quand leurs droits fondamentaux sont menacés. Dans ces moments-là, j'aimerais que nous ayons un peu plus de la mentalité française. Vous ne vous laissez jamais faire !

Un dernier mot ?

Merci beaucoup pour cet interview ! J'espère revenir en France bientôt. Prenez soin de vous, restez en sécurité et lavez-vous les mains, tout le monde !

 

* * *

Version originale de l'interview

 

First of all, how do you feel? How are you experiencing this global lockdown?

I’m good. Thank you. It’s a really weird time in the music business. Everything is online now, which is fine under the circumstances, but it just doesn’t cut it for me. I need to feel the energy in the venue to really enjoy a liveshow.

The lockdown is an opportunity for artists to implement numerous initiatives to stay in touch with their fans (concerts from home; podcasts; debates). Have you spotted an artistic initiative that you have found cool or interesting during this global lockdown?

True! People have been extremely creative and I applaud that very much. It has opened an online culture, we haven’t really seen before, which we can use and develop in the future. But again, it can’t compare at all with the real deal. 

Postponement of concerts, postponement of releases, an economic crisis to come. Are you anxious about the consequences for your bandmates/colleagues and for your own future as a musician?

Sure I am. Especially the ones coming from countries that don’t have a well-developed social security system. I fear, they are going to have a very tough time in the years to comes. Here in Denmark we’ve worked hard to build a society that benefit most of us and not just the few, for which I’m extremely grateful.   

In early April, you decided to leave HateSphere. Can you tell us why you decided to leave?

The short answer is that I didn’t have more to offer the band. I had spent almost a decade and had invested a lot of energy in the project but it wasn’t moving in the direction that I had hoped for. When I started analyzing the reasons for this, it became apparent to me that we,  within the band, had very different expectations and goals for the future. So in order to pursue my own ambitions and aspirations, I had to leave HateSphere. It was a tough but necessary decision. Also, it felt like we were holding each other back instead of helping each other forward. Hopefully, me leaving HateSphere will result in a better work environment within the band and will help them achieve their goals. 

From the outside, it's always hard to appreciate the daily life of a band like HateSphere, whose tours and recordings require a lot of sacrifices. I can easily imagine that the income generated by HateSphere did not necessarily make it possible to make a living from it, let alone make a decent living from it. Did these elements weigh in your decision to leave the band?

Not at all. I care very little about money, which, by the way, keeps my mom up at night worrying about me. Hehehe. But I have chosen a lifestyle with little income in order to have time and energy to pursue a career in music. I’m far from done with the music business. I will keep writing and playing and I’ve started a artist management called BARSK Agency to help other artist to pursue their goals. I’ve only just begun. Hehe.

If you had to remember a few highlights (positive or negative) of your time in HateSphere, what would they be?

On the positive side are all the tours we did with bands like Hypocrisy, Nevermore, Soilwork, Decapitated, Finntroll, Crowbar, Sinsaenum and many more. Also playing in France has always been a great pleasure. I’m a bit of a Francophile, and I remember shows at Divan Du Monde, Motocultor, Mfest and many other magnificent places in your beautiful country vividly and fondly. But France was also the object of one of things that ended up making me leave the band. Because back in 2011/2012, France was still a relatively new and unexplored territory for most bands outside France, but for some reason HateSphere already had a French fanbase, which we could build on to make France our 2nd home country. But forces within the band didn’t want it that way, so we missed a great opportunity to become a big household name in France. 

In the past, you played in Thrash bands (Numbnuts ; HateSphere), in a band affiliated to the Metalcore scene (As We Fight) and in a more traditional rock band (Stomped and now Swindler). Is it just a question of opportunities or does it represent your very broad musical appetite?

It definitely reflects my broad taste. I love all kinds of music and all kinds of metal. Right now I’m really into black metal, and I just discovered a great French band called Bâ’a. Their music is MAGNIFIQUE. Hehehe.

What have these different experiences brought you, personally and as a musician?

First and foremost, I’ve learned to trust myself. I have learned that it’s okay to be me and that my ideas are actually pretty good.

What are the bands and albums that have influenced you the most in your life?

The Blues Brothers was my first big musical “love”. I dressed up like them, danced like them, and I watched the movie 50 times before I was 10 years old.  Yet, it was the early nu-metal scene with bands like KoRn, Limp Bizkit, Snot, Incubus, Slipknot and Tool along with Pantera, Alice In Chains, Live and many others 90s bands that made me want to be a musician. Later I was head over heels about Strapping Young Lad and Devins solo stuff too. In recent years, I’ve been blown away by Decapitated, Behemoth, Gojira, Darkthrone, Soilwork and many more. My favorite album of all time is Down’s ‘NOLA’. That’s an absolute beauty.

What was your role in the different groups you participated in? Do you only deal with the lyrics or did you always take part in the composition of the songs?

Except from As We Fight, I’ve written both riffs, songs and lyrics in every band, I’ve been in. For HateSphere, I co-wrote the music for ’Decayer’ from The Great Bludgeoning and ‘The Violent Act’  from Murderlust.

What are the themes you like to evoke in your songs?

My lyrics often have a political theme. These days my lyrics are very much rooted in the empirical philosophy of French thinker Bruno Latour. I try to communicate humanity’s need to abandon all forms of ideology, religion, idealism, essentialism and other abstractions in order to come back “down to earth” as Latour would put it before the human species become extinct.  It’s important to me that my lyrics have meaning.

Do you seek the same things or emotions when you write music and when you listen to some music?

No, I don’t. Although related, it’s two distinct processes to me. The former is a creative process with an output based on how much work you put into it. The latter is more passive, where I can lean back and enjoy or get in a specific mood.

Can you tell us a little bit more about Swindler ? Do you want to focus mainly on this project from now on?

There’s not that much to tell. Swindler is my hobby rock project. It’s just for fun. We don’t put that much work into the project. But still we’ll try to come to France and play some shows. That could be fun.

Let’s talk about the metal scene, right now. Which metal bands do you listen to the most at the moment?

I listen to Black metal like Immortal, Darkthrone, Bâ’a, Abbath and Mayhem. Then I’ve been listening a lot to the new The Black Dahlia Murder, since it came out, and, of course, Konvent’s ‘Puritan Masochism’.

I saw that you participated in the recording of tracks for other bands (Chugger). Do you have other projects of this kind to come?

Yeah, I did the one for Chugger that came out recently and the one for Kause 4 Konflikt that came out back in January But I don’t any more coming up. I love doing guest appearances, though.

In recent years, the relationship between fans and their band has been quite reshaped, notably through the use of crowdfunding campaigns or other systems (meet & greet; Patreon) to create a link with their fans and, also and above all, to raise funds. What do you think of these initiatives?

Honestly, I don’t know. On the one hand, it’s great that fans can support the bands they love directly and get a pretty personal encounter. On the other, it seems like it gives labels, streaming services etc. yet another reason not to pay artists their fair share. I don’t know, man.

Talking about fandom, are you a fan of a band? or of anything? or did you use to be a fan, do you have idols? Can you give the readers a hint of you as a fan !? (are you a collector for example)

Jonathan Davis from KoRn was my biggest idol back in the day. Nowadays…hmm…maybe Devin Townsend because he is not only talented musician and producer but he’s a hard worker and a passionate fool like myself.

The Danish metal scene has sometimes been a bit behind its northern and southern neighbours. What's your take on the current Danish scene? Any upcoming bands to keep an eye on?

Oh man! The Danish metal scene is one of the most interesting scenes in Europe right now. We have the strongest generation of new bands ever. And I could go on and on but just to name a few, I would pick Baest, Konvent, VOLA, Cabal, MØL, (0), Ghost Iris and Xenoblight. You’re absolutely right, though, Danish metal bands have traditionally been far behind our Nordic colleagues, when it comes to international success. That’s exactly what BARSK Agency is working to change.

In the end, Denmark is not very well known in France. If you had to make a Frenchman want to go there, what would you advise him to visit? Similarly, what would you advise him to discover Danish art and literature?

Copenhagen is my favorite city on the planet. Come here and go take selfies at sights like The Little Mermaid, the Queens Castle and Christiania. But most importantly you need to experience the real Copenhagen, which is the chill and free-spirited vibe in the neighborhoods around the city center like Vesterbro og Nørrebro (where I live); get some great food and beer; go to a smokey “bodega” (pub) and get hammered or buy a sixpack and go to a park and hang out - yes, we Danes looooove beer.

How come you are the happiest people on the planet?

I believe the Norwegians just scored higher than us in that study. Hehehe. But I think, we’ve built a society, where most people feel safe and content with what they got (and we actually have a lot). And if you want something else, society provides you with opportunities to pursue it. Sometimes it seems like, though, that we Danes are a little too content with everything, so we don’t notice, when injustices happen or our basic rights are under attack. And that’s the moments, I wish, we had a little more of the French mentality. You don’t take shit from anybody.

One last word ?

Thanks a lot for having me. And hope to visit France again soon. Take care, stay safe and wash your hands, everybody!

 

* * *

Nous tenons à remercier Esben Hansen pour avoir accepté de se prêter à cet interview. Photos par La Dame Blanche Photography.