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samedi 20 juin 2015 - Michael

Hellfest Open Air 2015 - Jour 2

Val de Moine - Clisson

Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Après une première journée riche en émotions qui a marqué les retrouvailles du public du Hellfest avec son festival chéri et quelques prestations de haut vol - notamment sous la Valley -, la journée de samedi marque une étape supplémentaire avec de nombreuses pointures au programme telles que Marylin Manson, Scorpions ou bien encore la présence tant attendue de Body Count et de Faith No More à Clisson.

Le samedi 20 juin a également été l’occasion pour le Hellfest, qui fêtait sa dixième édition cette année, de remercier les festivaliers, les bénévoles et toutes les personnes qui gravitent autour de l’organisation du festival depuis l’époque du Fury Fest, avec un feu d’artifice impressionnant n’ayant rien à envier à ceux qui illuminent le ciel de Paris chaque 14 juillet. Plus d’un quart d’heure d’explosions et d'artifices en tout genre pour faire entrer un peu plus dans la mémoire du public une dixième édition qui s’annonce d’ores et déjà comme un des meilleurs crus de l’histoire du festival.

Un deuxième journée de festival où une programmation tout aussi intense qu'éclectique aura permis à tous les festivaliers présents d'oublier la fatigue naissante et la chaleur importante pour s'en donner à coeur joie dans le pit et faire vibrer le Val de Moine. Retour en images et en texte sur ce samedi 20 juin.

Liste des groupes commentés :

Machete - Doctor Livingstone - Cock And Ball Torture - Elder - Butcher Babies - Der Weg Einer Freiheit - Broken Teeth - Prostitute Disfigurment - Infestus - Vitamin X - Ghost Brigade - Crusher - Craft - Merauder - Onslaught - ASG - Airbourne - Mütiilation - Rise of the Northstar - Desultory - Ahab - Slash - Finntroll - Terror - Coffins - ZZ Top - Ensiferum - Body Count - Faith No More - Skinless - Orange Goblin - Mayhem - Madball - Scorpions - Obituary - Triggerfinger - Marylin Manson - Venom - Biohazard.

Machete
Valley
10:30 > 11:00

Shawn : Pour dire vrai, Machete, c’était un groupe jusqu’alors que je n’avais jamais écouté. Bien entendu, ce n’est pas faute d’avoir vu le nom circuler ici et là, sur différentes affiches, sans pour autant que son évocation n’éveille une certaine curiosité. Grosse erreur !! Le groupe vendéen, issu des cendres de plusieurs groupes de la scène punk/hardcore s’est réorienté vers un heavy metal lourd, flirtant dans la voix avec le noise. « Percutant » pourrait être un adjectif approprié pour décrire leur set. Leur son, rappelant parfois quelques aspects de High on Fire alterne entre passages pachydermiques avec d’autres bien plus sludge. Une belle découverte qui se confirmera sûrement au Motocultor d’ici à deux mois !


 

Doctor Livingstone
Temple
11:05 > 11:35

Schifeul : Mon samedi commence avec les Montpelliérains de Doctor Livingstone, dont les deux chanteurs, dissimulés sous de longues toges en haillons, se placent derrière des pupitres pour y vomir les paroles. Mise en scène qu'il conviendrait mieux de voir dans la pénombre d'une salle plutôt que sous le dur soleil du Hellfest, (et des musiciens fagotés autrement qu’en short) mais cela n'empêche en rien de rentrer dans leur set, leur black post core machin prenant rapidement aux tripes. Comme tout ce petit monde fait parti de “Le Monde Nouveau”, on aura le droit en fin de set à la reprise de SektemtumAut Caesar Aut Nihil qui avait fait le buzz en son temps avec son clip. Bon concert mais à revoir impérativement dans des conditions optimales.


Providence
Warzone
11:05 > 11:35

 

Cock & Ball Torture
Altar
11:40 > 12:10

Caacrinolas : Dure soirée veut dire dur réveil ! Du coup j’ai raté ma demi-heure de sport avec Providence… mais qu’importe puisque ma demi-heure de danse allait commencer. Cock And Ball Torture en live c’est juste ça : à peine le set des Allemands entamé que le public est devenu complètement fou. Si habituellement j’ai une sainte horreur de tout ce qui est costumes en festival, force est de constater que pour ce groupe je suis près a faire une exception tant leur musique est festive, quand bien même le groupe ne l’est pas du tout sur scène. Ce sérieux contraste d’ailleurs réellement avec le bordel du public. 30 minutes qui sont passées comme papa dans maman, même si c’est assez perturbant de faire tout un concert de grind avec le sosie de Shawn sur scène. 

Schifeul : Changement d'ambiance avec Cock And Ball Torture ! Pneu, ballon et requins gonflables seront les accessoires constamment érigés dans le circle pit qui tournait sans discontinuer durant le set des porngrindeux allemands cultes. Bon, la musique est un peu redondante, on ne va pas se le cacher. Mais la bonne humeur présente tant sur scène que dans les foutraques premiers rangs est on ne peut plus communicative et on ne peut s’empêcher de danser sur le groove des voix pitchées en diable et de la musique. Un show au poil qui ravira les fans de porngrind ou encore les curieux, venus là parce que « omg c'est quoi ce nom de ouf faut que j'aille voir ! »

Sleap : Le second jour du Hellfest commencera en mode Party San Open Air pour moi. En effet, on attaque toujours la journée du samedi par LE groupe GoreGrind débile du fest autour de 11h du matin. Et cette année l'heureux élu n'est autre que Cock and Ball Torture, l'une des figures de proue européennes en la matière.
Eh bien étonnamment, l'Altar est assez vide à l'arrivée des allemands sur scène. Bien que ce soit encore le matin, je me disais que le public ''apéro hellfest métale'' serait quand même au taquet pour venir faire la fête sur un groupe de GoreGrind... Que dalle ! Alors évidemment, il y a un peu de monde, quelques déguisements, lancés de PQ ou confettis, mais tout de même beaucoup moins qu'aux habituels concerts GoreGrind que j'ai pu faire, un comble pour un festival comme le Hellfest. Pour le reste rien de nouveau, le son est bon (pour un groupe de GoreGrind c'est pas difficile me direz-vous...), les vocaux pitchés sont toujours aussi marrants et le ''consensus circle pit'' est toujours d'actualité (dès la toute première note de n'importe quel groupe de GoreGrind, les gens commencent à tourner). Mention spéciale à l'escadron de types déguisés en gendarmes au milieu du circle pit en train de siffler et de faire des gestes de circulation. Mais au final j'avoue que pour un concert de ce type au Hellfest je m'attendais à bien plus fun. Allez, un petit FistFuck Family et on remballe, ce sera mieux la prochaine fois...


Elder
Valley
11:40 > 12:10

Di Sab : Fort de Lore qui a fait du bruit dans le petit milieu du stoner doom, Elder est chargé de réveiller votre serviteur. C’est devant une tente carrément remplie (pour l’heure) que débarque le (très jeune) trio de Boston. Les leads aériennes mettent en relief les riffs plombés et permettent à l’ensemble de respirer, ce qui n’est pas désagréable de bon matin. N’étant pas un aficionado du groupe sur CD (le côté « foutre des soli à tout va » me fatigue un peu), je trouve la performance néanmoins agréable. Le seul défaut est le chant, un peu trop monocorde. Mais apparemment, le public s’en bat les couilles et réserve un chaleureux accueil au groupe. Encore une bonne (re)découverte matinale. 

Lactance : À peine affalé sous la Valley que j'entends de doux arpèges depuis la scène où plusieurs amplis Orange ont été discrètement installés pendant ma (courte) sieste. Tout va bien, juste trois mecs venus de Boston qui se tapent un petit bœuf l'air de rien tandis que de l'autre côté, sous la Temple, les membres de Doctor Livingstone sont encore perchés du haut de leur pupitre. Entrée en matière qui promet pour la suite. Car, vous vous le figurez sans doute, c'est bien cette petite demi-heure impartie qui aura surtout permise à Elder de faire la différence devant un parterre de festivaliers aux rangs encore clairsemés. Entre les excellents riffs stoner de Gemini, les solos bien prog' du guitariste ultra talentueux ou encore le premier passage plus psyché de Compendium qui passe sans problème l'épreuve du live, Elder nous délivre là un concert tout aussi grandiose que l'artwork de leur dernière galette (Lore), si la comparaison est permise. Aussi étrange que cela puisse paraître les mecs font preuve néanmoins d'une humilité hors-pair devant une Valley pourtant ravie, même si le trio sait évidemment se montrer jovial et souriant à l'occasion. J'ai peu eu l'occasion d'assister à des concerts de Stoner ou de Doom cette année, et Elder a clairement mis la barre très haut.

 

Butcher Babies
Main Stage 01
12:15 > 12:45

Shawn : En vrai, il y a deux manières d’aborder un concert de Butcher Babies. Soit tu es juste là pour te rincer l’œil devant les airbags siliconés des deux vocalistes. Soit tu es au fait qu’il s’agit d’un groupe formaté par un label, construit et managé par des col blancs, n’ayant objectivement rien de foncièrement intéressant à apporter à la scène. Pourtant, force est de constater que le groupe a créé un buzz et sait attirer les foules. Sur scène, c’est malheureusement ce à quoi on s’attendait : un show à l’américaine, tant niveau son (coucou 5FDP ou Lamb of God) qu’au niveau de la prestation scénique. Malgré tout, Heidi Shepherd et Carla Harvey, montrent de réelles qualités de frontwomen, arpentant la scène et occupant l’espace, occultant presque totalement la présence de leurs musiciens. Bref, les Butcher Babies, flirtant presque avec le mauvais goût, s’en tirent honorablement malgré l’absence flagrante de contenu intéressant.

Setlist :
The Cleansing
The Mirror Never Lies 
Goliath 
Jesus Needs More Babies for His War Machine 
Mr. Slowdeath 
Monster's Ball 
Magnolia Blvd. 

Der Weg Einer Freiheit
Temple
12:15 > 12:45

Schifeul : Re-changement total d’ambiance avec cette fois Der Weg Einer Freiheit. Ça faisait un bout de temps que j’entendais parler du groupe, surtout ces derniers mois, mais je n’avais pas pris la peine de me pencher sur leur cas… Et c’est une erreur que je vais devoir réparer fissa car ce concert était tout bonnement excellent. Je n’ai pas vu grand chose sur scène car j’étais allongé par terre (merci la nouvelle pelouse) me laissant transporter par les ambiances distillées dans leur black metal, et je suis parti rudement loin ! Le set a filé comme une flèche et je me serais pris bien volontiers quelques minutes de voyage supplémentaire. À se refaire impérativement.

 

Broken Teeth
Warzone
12:15 > 12:45

 

 

Prostitute Disfigurment
Altar
12:50 > 13:30

Caacrinolas : J’ai longtemps été un énorme fan de Prostitute (ouais avec ce groupe on va éviter les initiales ça la fout mal) et ce même si, depuis 2008, Niels a décidé de laisser son fameux chant porcin des trois premiers albums au profit d’un chant plus « traditionnel ». En live c’est toujours l’assurance de passer un bon moment… si le son est bon. Ce qui ne fut malheureusement pas le cas ce jour-là. Vraiment dommage, car le groupe lui semblait en forme.

Sleap : Tout comme le samedi l'an dernier, je passe quasiment toute ma journée sous l'Altar. On continue donc tout en finesse avec les Hollandais de Prostitute Disfigurement. Menés par l'impressionnant Niels Adams (que certains ont déjà pu voir avec Centurian ces dernières années), les bataves vont nous mettre une sacrée branlée en ce début de journée. À ma grande surprise, le son est vraiment très bon là où je suis placé, surtout pour un groupe de Brutal Death tel que celui-ci. Le pit est assez mouvementé malgré le ''peu'' de monde et les musiciens semblent tout aussi endiablés sur scène. Niels Adams attire toujours le plus l'attention avec son attitude rustre et ses mimiques obscènes, ses vocaux se font d'ailleurs plus variés vu le répertoire du groupe joué aujourd'hui. Tantôt gras et indistincts pour les premiers albums, tantôt rocailleux et puissants pour les plus récents. En ce qui concerne le petit dernier, Only Taste for Decay passe très bien, mais ce n'est pas le cas de Glorify through Cyanide qui pour moi est toujours aussi naze, même en live. On n'aura droit qu'à un seul morceau de Descendants of Depravity à savoir Torn in Bloated Form. Fort dommage quand on connait la qualité de cet album. Mais il faut reconnaitre que les morceaux qui ont l'air de fonctionner le plus en live sont ceux des premières sorties, et il y en a pléthore (samples comprises) ! La part belle est faite à Left in Grisly Fashion avec Body to Ravage ou encore la terrible doublette de fin The Corpse Garden / Freaking on the Mutilated. C'est donc un très bon concert de la part du combo hollandais aujourd'hui au Hellfest. Étonnamment bien mieux que ma fois précédente (qui se déroulait pourtant au Neurotic Deathfest) ! Autant niveau son, public, show... Je déplore toujours le manque de titres de Descendants... en live, mais à part ça très bonne surprise !

 

Monarch!
Valley
12:50 > 13:30

 

Infestus
Temple
13:35 > 14:15

GazaG : On commence ce samedi avec la découverte Infestus, qui va tenter de nous réveiller. Eh bien, c’est en partie le cas. Le Black Metal est lourd, mais pas que. Certains plans sont bien ambiant, permettant de s’en remettre et d’émerger. Les chansons sont assez longues, le son est bon, permettant de créer une vraie atmosphère de qualité. La scène de la Temple est assez vide, renforçant la proximité avec le groupe et la musique qu’il diffuse. Une bonne surprise. Infestus s’est laissé découvrir dans d’excellentes conditions. À réécouter, assurément.

Setlist :
A Dying Dream 
Down Spiral Depersonification 
Spiegel der Seele 
Torn Observer 
Willinglessly Anticipating Death 
Der Blick Hinaus 

Vitamin X
Warzone
13:35 > 14:15

Caacrinolas : Alors là c’était le saut dans l’inconnu, je ne connaissais pour ainsi dire quasi-rien du groupe, grand bien m’en a pris puisque ce fut l’un des meilleurs moments du festival ! Si pour C&BT c’était le bordel dans la fosse, là c’était carrément la place rouge. En témoigne d’ailleurs le circle pit ou un slammeur s'est fait porter tout le long dudit circle pit. Les Néerlandais s’en donnent a cœur joie sur scène, à tel point qu’ils ont même eu droit à un rappel, chose inimaginable pour un groupe jouant a 13h30. En définitive VitaminX c’est de la dynamiiiite. 

Romain : Je n'ai pas remis les pieds à la Warzone depuis le concert des Dead Kennedys de la veille, qui ne m'a pas laissé un très bon souvenir. La donne devrait être différente avec Vitamin X, groupe straight edge hollandais. C'est donc parti pour 40 minutes de punk hardcore bien old-school et violent comme il faut. Et c'est bien énervé dès les premières secondes, autant dans le public que sur scène. Marko Korac, hyper charismatique, est en pleine forme. Arborant un large sourire pendant la majorité du concert, le chanteur n'hésite pas à intéragir avec les festivaliers et à slammer dans les premiers rangs tout en continuant à assurer ses morceaux. Il occupe alors toute mon attention (au détriment des autres musiciens), quand je ne suis pas occupé à survivre dans le large pit. Le frontman tenta même de demander « le plus gros circle pit du Hellfest ». Je ne pense pas pouvoir dire que l'objectif fut atteint, mais cela a aidé à encore dynamiser un peu plus les festivaliers dégommant les divers animaux et autres machins gonflables en plastique lancés dans la foule par le groupe. C'est d'ailleurs sur l'un des canots pneumatiques balancé dans la fosse qu'un type tenta un slam qui, faute de timing, commença à la fin d'un morceau. Le voici donc soulevé par une dizaine de personnes tandis que le leader redemande encore une fois un circle pit. Plutôt que de se faire poser au sol, voici que notre héros national se retrouve donc en plein circle pit sur son canot gonflable. Et il réussit à faire un tour et demi en tenant en place ! Un bien beau moment venant orner un bien bon concert. Morceaux courts et efficaces dans la pure tradition hardcore, public qui suit, on ressort en sueur et satisfaits de la Warzone.

Sleap : Après les avoir raté à Montpellier le mois dernier, je suis bien content de pouvoir enfin voir les autres Hollandais de cette seconde journée : Vitamin X. Ces gars-là ont tout compris au Punk Hardcore et vont nous le montrer dans une débauche de bonne humeur de plus de 40 minutes ! Et le bordel commence sur l'habituel Time Has Come en intro, dont le riffing entêtant met tout le monde dans le bain pour le morceau suivant (qui porte bien son nom) : Get in the Pit. Le jeune frontman et son t-shirt Infest rouge déborde d'énergie. Toujours le sourire aux lèvres, il ne cesse de se déplacer hystériquement sur toute la surface de la scène, et finit même par descendre en slam dans la fosse en milieu de set. Les musiciens, fidèles à eux-mêmes, ont également une tonne de gros ballons et d'objets gonflables sur scène, qu'ils balancent dans le public tout au long du show. Je ne crois pas avoir vu un groupe transmettre autant d'énergie et de bonne humeur au Hellfest, c'est vraiment impressionnant ! L'immense pit prend toutes les formes possibles et imaginables au cours du concert, et on constate d'ailleurs que la pelouse n'aura pas tenu très longtemps à la Warzone. Le quatuor nous interprète des titres de quasiment toute sa discographie (tout de même assez conséquente) avec notamment d'excellents Random Violence et See Thru Their Lies. Et au vu de l'ambiance, l'orga accorde même quelques minutes de plus au groupe pour un rappel phénoménal sur une reprise des mythiques Negative Approach ! Je suis aux anges... Le groupe remporte haut la main le prix de la meilleure ambiance de tout le festival. Nul besoin de manger cinq fruits et légumes par jour quand on peut voir un concert de Vitamin X ! Ce groupe porte très bien son nom, c'est la bonne santé assurée ! Si vous avez l'occasion de les voir ne les ratez surtout pas !

Setlist :
Intro 
Time Has Come 
Get in the Pit 
Herida Profunda 
About to Crack 
You Suck 
Master/Monster 
Bad Trip 
Carnival of Fools 
Full Scale Assault 
Rip It Out 
No One 
Secret Police 
Pressure Release 
Random Violence 
Better Get Away 
Modern Man 
No Solution 
Still Waiting 
Can't You See Now 
Deal With It 
See Thru Their Lies 
----
Ready to Burn 
Ready to Fight (Negative Approach cover)

 

Ghost Brigade
Main Stage 02
14:20 > 15:00

Crusher
Altar
14:20 > 15:00

Sleap : Retour sous l'Altar pour voir le premier groupe français de la journée (pour ma part), et pas des moindres. Crusher fait tout simplement partie des groupes les plus cultes de la scène Death Metal française. Cependant, depuis sa reformation en 2015, le groupe semble avoir pris un tout autre virage, je suis donc assez sceptique en arrivant sous la tente. Mes inquiétudes vont malheureusement se confirmer. Et pire encore lorsque je découvre ce qui se passe sur scène. Le vocaliste Crass, pourtant seul membre de la formation d'origine, a maintenant la parfaite dégaine NY Hardcore (avec le short ample, maillot de sport, tatoos et bandana à la Madball / Agnostic Front). Bon, le visuel passe encore tant que la musique est au rendez-vous, enfin je continue de me le répéter... Jusqu'à l'intolérable... Alors que débute le morceau In Your Face (pourtant extrait de l'énorme EP Undermine), deux gothopoufs en cuir moulant et maquillage outrancier débarquent sur scène avec des objets en bois et se positionnent près du frontman. Les trois commencent alors à se caresser, se tripoter les parties et se rouler des galoches tout en se trémoussant, et le tout pendant le morceau... Quel spectacle désespérant. Mais comment un groupe comme Crusher a-t-il pu tomber aussi bas ?... Moi qui suis pourtant très fan du groupe en studio, voilà clairement ma plus grosse déception du fest, et le mot est faible... Heureusement, la solution est toute trouvée pour l'un de mes rares clashs du festival : direction la Valley pour The Wounded Kings !

The Wounded Kings
Valley
14:20 > 15:00

Di Sab : Arrivé en fin de set et premier moment de pur doom pour ma part. Le peu que j’en ai vu m'a semblé vraiment cool. Des musiciens impliqués et de bons gros riffs. Comme en studio, je ne suis pas super fan du chant un peu éthéré mais bon, ça semblait vraiment pas mal.

:

Ace Frehley
Main Stage 01
15:05 > 15:55

Setlist :
Fractured Mirror 
Rocket Ride (KISS song)
Gimme a Feelin' 
Toys 
Parasite (KISS song)
Love Gun (KISS song)
Breakout 
Space Invader 
2000 Man (The Rolling Stones cover)
Strutter (KISS song)
Snowblind 
Rock Soldiers 
Bass Solo 
Strange Ways (KISS song)
New York Groove (Hello cover)
2 Young 2 Die 
Shock Me (KISS song)
Guitar Solo 
Rip It Out 
-----
Deuce (KISS song)

 

Craft
Temple
15:05 > 15:45

Caacrinolas : Dire que j’attendais ce live relève de l’euphémisme tant j’adule ce groupe. Néanmoins, les diverses vidéos vu ça et là ne m’incitait pas à déborder de joie. Et pour cause : la cohésion sur scène est quasi-inexistante, si Nox porte lui l’attirail banal du mec jouant du black, les autres se tiendront dans un style plus classique et quelque peu déconcertant. Musicalement par contre le son est clair comme de l’eau de roche et la setlist est quasi-parfaite. Mais, malheureusement, je me pose encore la question de savoir si jouer en live était pour eux une bonne idée ou non…

Sleap : Ça peut paraître aberrant mais c'est la première fois que je mets les pieds sous la Temple cette année. Ce cru 2015 n'a vraiment rien d'intéressant me concernant j'ai l'impression. Bon, je suis passé au concert d'Enthroned le vendredi, mais c'était plus pour parler avec Martin Van Drunen dans le public qu'autre chose... Toujours est-il que la première venue française de Craft demeure l'un des événements que j'attends le plus aujourd'hui ! En effet, les Darkthrone suédois ne faisaient pas de concerts avant la fin de l'année dernière, et aujourd'hui il doit s'agir de leur 3ème ou 4ème date live seulement, un événement à ne pas rater !
Les deux flags portant le logo du groupe sont disposés de chaque côté de la scène, les lumières toujours dans les tons rouges, les musiciens peu expressifs... le ton est donné ! Cependant, le show peine à décoller, et je dois dire, ne décolle carrément pas du tout... Le chanteur semble assez éméché sur scène et le son ne rend vraiment pas justice aux morceaux. Sans être exécrable, il faut vraiment connaître les titres pour entrer dans le show. Et au vu du public, certainement le plus statique de tout le week-end, ça ne doit pas être le cas pour beaucoup de gens... Pourtant je suis le premier à être à fond pendant les nombreux morceaux de Under a Funer... euh de Fuck the Universe pardon (dont Earth a Raging Blaze, Demonspeed ou le titre éponyme très groovy). Mais rien à faire, le concert n'est vraiment pas fou. Sans être une déception, c'est tout de même bien en-dessous de mes attentes, dommage. À revoir dans de meilleures conditions !

 

Merauder
Warzone
15:05 > 15:45

John : Les jours passent et se ressemblent, me voilà une nouvelle fois sur la Warzone pour débuter la journée. On m’a souvent vanté les qualités de Master Killer sur lequel je n’ai toujours pas jeté ne serait-ce qu’une seule oreille. Mais je vais vite corriger cette erreur. La prestation des Américains et particulièrement celle de Jorge Rosado (seul rescapé de la formation d’origine) m’aura convaincu. Face à une Warzone bondée, la prestation des américains était attendue et ils n’auront pas déçu à en juger au bordel et à la poussière qui volent devant la scène. « I The Master Killer, strike you down ! »

Shawn : Presque vingt ans depuis leurs débuts à Brooklyn et toujours la même rage de vivre. Leur hardcore groovy respire la culture urbaine et les rues secondaires mal éclairées. Après une pause de quatre ans entre 2003 et 2007, Merauder revient en force en 2009 avec God Is I que le combo défend sur scène. Los Babas n’ont pas pris une ride, leur musique, toujours entre Pro-Pain et Xibalba envoie des beignes dans la face. Alternant leur setlist entre vieux titres (dont le Master Killer devenu culte) et ceux du nouvel album, le groupe distribue des mandales à la pelle. Merauder est une valeur sûre qui traverse le temps sans heurt.

 

Backyard Babies
Main Stage 02
16:00 > 16:40

Setlist :
Th1rte3n or Nothing 
Highlights 
The Clash 
Brand New Hate 
Dysfunctional Professional 
Abandon 
A Song for the Outcast 
Star War 
Nomadic 
Look at You 
Minus Celsius 

Onslaught
Altar
15:50 > 16:30

GazaG : Miraculeusement, le son est bon sous l’Altar pour les gars d’Onslaught. Du coup la musique des Anglais passe super bien. C’est la magie du Thrash Death en festival : ça réveille même un bourré en train de cuver. Les morceaux du dernier skeud en date, "IV", passent crème, surtout 66’Fucking’6, son riffing sur les aigus et ses chœurs rappelant un Testament post-2003. Les anciennes compos n’ont pas pris une ride avec notamment un Fight with the Beast qui fait très mal. Vu de loin, aucun commentaire ne sera donc fait sur le visuel ou la gestuelle du groupe. Néanmoins, on peut souligner que les chansons s’enchaînent vite, sans grand discours de coupure. Du coup, le rythme est effréné. Le set se termine avec la classique Power From Hell, avant de laisser filer le groupe vers les backstages. Contrat plus que rempli pour Onslaught : les festivaliers ont la nuque dure, et sont remontés à bloc !

Romain : Le deuxième jour est désormais bien entamé, et je n'ai toujours pas mis les pieds à l'Altar depuis le début du festival. Je m'y rends, pas pour y voir du death mais plutôt du thrash, et au passage mon seul concert de ce style durant le week-end. J'arrive donc bien avant le début du concert d'Onslaught pour me retrouver contre la barrière pour un voir un groupe que j'avoue ne quasiment pas connaître. Pour être franc, un seul des morceaux des Anglais m'est familier. Je ne sais donc pas vraiment à quoi m'attendre. À vrai dire, je suis même prêt à m'en aller avant la fin du set pour me diriger vers la Valley. Mais dès les premières minutes, l'idée de quitter ma place est loin derrière moi. Du gros thrash metal qui te rentre dans le lard sans concession. Très fat. Les musiciens sont hyper mouvants sur scène et semblent vivre à fond leur musique. Et le public le leur rend bien ! Même si je ne me retourne pas souvent pour observer le pit car trop occupé à faire remuer ma chevelure, le nombre de slammeurs me passant au-dessus de la tête me donne une bonne idée de l'ambiance chaude bouillante du pit. Et dans le tas de slammeurs, je vois passer plusieurs fois une gamine ne devant pas avoir plus de sept printemps ! Puis la fin du concert arrive déjà après un set pendant lequel je n'ai pas vu le temps passer. J'en aurais volontiers redemandé !

Sleap : Heureusement l'ambiance va remonter de plusieurs crans avec le show d'Onslaught... sous l'Altar. Ouais maintenant on met même les groupes de Thrash sous cette tente (bon, vous me direz, il y a aussi Children of Bodom et Meshuggah donc tout est possible)... Après les avoir raté je ne sais combien de fois, je vais enfin pouvoir assister à un show d'un de mes groupes de Thrash favoris ! Et cela démarre sur les chapeaux de roue avec un Let There Be Death monstrueux. La fosse est déjà bouillante et la poussière envahit à nouveau toute la tente. Un seul morceau de Killing Peace, mais je constate que la setlist fait quand même la part belle à The Force, avec notamment une doublette Fight With the Beast / Metal Forces complètement dingue ! Le son, sans être exceptionnel, est assez bon sous l'Altar et les musiciens très heureux d'être là. La paire de guitaristes ne cesse de galvaniser le public pendant les morceaux, tout comme le chanteur Sy Keeler. Je ne suis pas fan des morceaux récents comme 66 fucking 6 ou Children of the Sand que je trouve assez bateaux, mais ils ont l'air de très bien fonctionner avec le public. Je remarque la présence de quelques enfants entre huit et douze ans, certains slamment même plusieurs fois. Quelle ambiance ! Certainement la meilleure de l'Altar aujourd'hui (après la tête d'affiche)... Le groupe termine son set par le culte Power from Hell, seul morceau du premier album, mais ô combien efficace. Je le signe, Onslaught est tout aussi puissant en live. Hâte de les revoir d'ici un mois !

Setlist :
Let There Be Death 
Killing Peace 
66 Fucking 6 
Fight With the Beast 
Metal Forces 
Children of the Sand 
The Sound of Violence 
Onslaught (Power from Hell) 

ASG
Valley
15:50 > 16:30

Di Sab : LE concert random par excellence. En vrai, ce n’était pas mauvais, les guitaristes sont pas des manches mais voila, ça ne casse juste pas 3 pattes à un canard. Les bons moments (comme Mourning of the Earth qui fait office de très bonne première cartouche ainsi que le dernier titre) sont vite submergés par des plans assez peu mémorables, entre refrains pseudos catchys et riffs pas folichons. Le seul truc que j’ai vraiment retenu du concert d’ASG c’est que le chanteur/guitariste se sent obligé d’headbanguer loin du micro lorsqu’il ne chante pas, et ce, même entre deux lignes de ces couplets ce qui fait qu’il revient sans cesse en catastrophe et qu’il a failli se manger le micro de façon mémorable plus d’une fois. Un concert qui sera enterré par toutes les grosses performances sous la Valley, qui furent légion ce weekend.

Setlist :
Horse Whipper 
Right Death Before 
Dream Song 
Low End Insight 
Blood Drive 
Day's Work 
Avalanche 

Airbourne
Main Stage 01
16:45 > 17:45

GazaG : Arrivé à la moitié du set d’Airbourne, les Australien sont rendus à Diamond in the Rough, avec un refrain qui fait tiquer. Que cela peut bien-t-il être ? Les guitares ? Non. La batterie, la basse ? Non plus. Ha oui, c’est bien la voix toute niquée de Joel O’Keeffe ! Non d’un petit bonhomme, mais qu’est-ce qu’il s’est passé, mon pauvre ? Ta voix est poussive, sans puissance, et sonne même parfois fausse. Quelle tristesse ! Et ce n’est pas l’âge du sieur qui peut être pris comme argument pour justifier cette décadence. Le pire arrive sur Runnin Wild, où, même si tu ne connais pas la chanson, tu vois bien que le gars en chie. C’est vraiment dommage car ça bouge bien sur scène, et le son n’est pas trop mauvais. Mais dans Airbourne, la voix c’est 50% du boulot. Ha, on me dit dans l’oreillette que la sono a coupé pendant 10 minutes juste avant notre arrivée ? On l’a échappé belle. Airbourne qui autrefois explosait tout est en passe de devenir un pétard mouillé à présent. Et c’est un crève coeur que d’écrire ça.

John : Voilà l’assurance de passer un bon moment. S’il y a bien un groupe qui met tout le monde d’accord en live, c’est bien Airbourne. Malgré de gros problèmes de son en façade qui entacheront la prestation du groupe, les Australiens ne se laissent pas abattre à l’image de Joel O’Keefe qui jouera avec le public pendant les longues coupures. Au lieu d’entacher le moral du groupe, ces coupures auront le don de les booster et de se donner deux fois plus. Une fin de concert énorme avec un Runnin’ Wild d’anthologie, sur lequel Joel rendra hommage à Black Sabbath mais aussi à AC/DC en reprenant le riff de Let There Be Rock accompagné d’un duck-walk, un clin d’œil enfin assumé pour le groupe qui leur aura tout appris. Belle prestation !

Michaël : Ca faisait longtemps que le Hellfest n'avait pas connu quelques problèmes techniques qui viennent un peu ruiner une performance au demeurant de bonne facture. Avec une grosse coupure de courant relayée par un long moment où les enceintes du festival ne reprenaient pas le son du groupe, l'ambiance est vite retombée au milieu d'un set légèrement allongé où les australiens mettaient le feu au Hellfest. Considérés par beaucoup comme un ersatz d'AC/DC voire un rip-off, il n'en demeure pas moins qu'Airbourne sait comment faire le show sur scène. En dépit des problèms précités, le groupe aura réussi le pari de faire bouger une foule très compacte en ce samedi avec des riffs rock toujours aussi efficaces. Un bon moment malgré tout.

Setlist :
Ready to Rock 
Too Much, Too Young, Too Fast 
Chewin' the Fat 
Girls In Black 
Cheap Wine & Cheaper Women 
Black Dog Barking 
Diamond in the Rough 
Stand Up for Rock 'n' Roll 
Live It Up 
Runnin' Wild 

Mütiilation
Temple
16:35 > 17:20

Caacrinolas : Là aussi - comme pour Craft -, c’est un mini événement puisqu’il s’agissait du premier live de Mütiilation depuis… 2001 ! Si le choix d’un retour sur scène durant le Hellfest est plus que discutable, j’étais curieux de voir ce que le groupe allait rendre sur scène. Et, finalement, ce fut quasiment le même constat que pour Craft. Si musicalement le son et les compos sont là, on ne peut pas autant en dire scéniquement…  J’adore NWA mais porter des sweats du groupe quand on joue du black metal… Cela n'a aucun sens, même si c’est plutôt une blague de mauvais gout. Enfin bon le principal c’est que visiblement ça a plu a certains. Je passe mon tour. 

Schifeul : Gros dilemme pour moi, soit je vais voir Rise Of The Northstar retourner la Warzone ou je me pose pour voir Mütiilation sous la Temple. Comme j'ai déjà vu ROTNS 3 fois rien que cette année, que ça sera sans doute ma seule occasion de voir le groupe des Legions Noires en live et que quand même, le soleil tape dur, je me pose dans la fraîcheur de la Temple en me disant qu'au pire je resterai qu’un ou deux morceaux car ça risque d'être pas terrible. Et en fait le concert fut parfait, porté par un Meyhna'ch possédé à la dégaine de junky collant parfaitement à l’ambiance de Mütiilation (les autres membres, hormis Azk.6 à la batterie, faisant un peu figuration, entre les musiciens de droite qui ont l’air de se demander ce qu’ils foutent là ou le gratteux de gauche qui en fait des caisses sous sa capuche), l’interprétation des brûlots du groupe culte est parfaite et on se laisse prendre par leur aura poisseux. Enfin pas tous, comme ce petit bonhomme en cartouchière, treillis et T-shirt Mütiilation qui se casse de la Temple en tendant le majeur vers la scène derrière lui… Y’avait ptet pas assez de STN dans tout cela… Mais pour ma part je fus super emballé par ce concert, sûrement parce que sur le papier ça s'apparentait à un fiasco et qu’il en fut tout autrement en réalité.

Sleap : LOL²


Setlist :
Cosmic Seeds of Anger & Dementia 
Transylvania 
Black Millenium 
The Ecstatic Spiral to Hell 
Beyond the Decay of Time and Flies 
Tears of a Melancholic Vampire 
Destroy Your Life for Satan 

Rise of the Northstar
Warzone
16:35 > 17:20

GazaG : N’étant pas un grand connaisseur de la musique que pratiquent les Parisiens, aucune analyse pointue du Hardcore Punk Crossover Hip-hop Thrash Machin des gars de Rise Of The Northstar ne vous sera présentée dans ces quelques lignes. En revanche, ce que l’on peut dire, c’est qu’en festival, le Hardcore, ça fonctionne. La bande de Vithia est survitaminée et envoie une telle énergie au public que même les derniers rangs bougeront bien leur boule pendant l’intégralité du set. A part les petites interludes sur "Il faut être fier d’être français", la communication du groupe est parfaite. Certaines reprises de break sont imparables, avec une basse omniprésente qui rebondie lentement pour laisser place aux guitares. La prestation des Français est rafraichissante, malgré le soleil qui continue de méchamment cogner sur la Warzone. Ça donne limite envie de voir ce que le groupe a dans le ventre en salle.

Michaël : De date en date, on constate que Rise of the Northstar prend une toute autre dimension. Aidés par un son relativement bon, les franciliens ont retourné la warzone avec leur hardcore raffraichissant de nature à satisfaire les coreux purs et durs et les amateurs curieux, comme moi. Malgré une chaleur étouffante et un mouvement limité sur scène en dehors de Vithia, assez insaissable, le groupe a fait mal ! Pour notre plus grand plaisir.

Shawn : Ah, nos frenchies les plus kawaï du moment ! Depuis que l’an dernier le groupe a tapé dans les yeux des géants allemands de Nuclear Blast au SummerBreeze, la formation enchaîne les concerts, de plus en plus gros. Tout naturel donc de les voir cette année sur la Warzone. Un plaisir partagé à la fois par les fans, remontés à bloc de voir la scène française représentée sur scène, que par le groupe plus heureux que jamais de se produire devant un public hexagonal. Vithia n’hésitera pas à plusieurs fois remercier le public et lui exprimer la joie de jouer en France. Côté musique, le groupe est là pour envoyer des brulots : de Samurai Spirit, Sound of Wolves ou encore Demonstrating My Saiya Style. Des titres aux refrains accrocheurs déjà bien ancrés dans la mémoire du public, mangeant littéralement dans la main du groupe, et répondant à chaque sollicitation. Rise of the Northstar prouve, si besoin en était encore qu’il compte déjà parmi les plus gros représentants du hardcore/metal français. Le groupe a encore un énorme potentiel et nul doute qu’on retrouvera la formation parisienne dans quelques années encore plus haut sur l’affiche. D’ici là, on les retrouvera avec bonheur au Motocultor et à l’Xtreme Fest !


 

L7
Main Stage 02
17:50 > 18:35

Setlist :
Deathwish 
Andres 
Everglade 
Monster 
Fuel My Fire 
One More Thing 
Slide 
Shove 
Shitlist 
Pretend We're Dead 
Fast and Frightening 

Desultory
Altar
17:25 > 18:10

Sleap : Voilà surement ma plus grosse attente du festival (après Judas Priest). Mais à voir la gueule de la tente en cette fin d'après-midi, ce n'est clairement pas le cas pour les autres festivaliers... Ce fut l'Altar la plus vide de tout le festival (c'est pourtant la seule et unique date du groupe pour l'année 2015 !). Mais qu'à cela ne tienne, on a accès aux premiers rangs, ça en fera plus pour nous ! Vêtus de leurs t-shirts Entombed ou Unanimated, les quatre musiciens nous montrent d'entrée qu'ils ont tout compris aux différentes facettes du Metal extrême suédois. Et des les premières notes de Tears je suis en transe. Le son, bien qu'un peu brouillon au début, est assez clair. On distingue globalement toutes les subtilités mélodiques des compositions, malgré la structure Death Metal initiale. Certains dans l'assemblée n'ont pas l'air de saisir cet aspect par contre (cf. les piètres tentatives de pogo par des mecs déguisés en tortues ninjas)... Mais mon entourage dans les premiers rangs semble être tout aussi transporté que moi, en chantant en chœurs les nombreux riffs entêtants de Into Eternity ou Enslaved. Le frontman Klas Morberg possède toujours ses vocaux criés si particuliers, et semble tout aussi ému que nous. Il remercie chaleureusement le public avec un grand sourire entre chaque morceau. La setlist est équitablement répartie entre les trois albums du groupe (non non, Swallow the Snake n'existe pas), mais j'aurais tout de même apprécié plus de morceaux d'Into Eternity. Les titres du dernier album sont globalement moins prenants mais créent un bon contraste avec les magnifiques pièces des premiers efforts. Le splendide final sur Forever Gone finit de me convaincre, c'est définitivement mon concert de la journée ! La puissance émotionnelle des riffs de Desultory est tout aussi saisissante en live. Selon moi, il s'agit là du meilleur groupe de Death mélodique suédois (bien loin de toute la scène de Göteborg). Je suis vraiment étonné que la formation ne soit pas plus reconnue dans la sphère extrême depuis toutes ces années...  

Setlist :
Tears 
Into Eternity 
Ready to Bleed 
Life Shatters 
Left Behind 
Enslaved 
In a Cage 
Forever Gone 

Ahab
Valley
17:25 > 18:10

Caacrinolas : « Hello We’re Ahab, do you like slow stuff ? » ET BIM. Alors que l’habituel petit coup de fatigue se fait sentir, quoi de mieux qu’un groupe comme Ahab pour se poser et ne plus penser au reste. Durant 50 minutes les allemands nous ont plongé au cœur de leur « Nautik Funeral Doom » de la meilleure des manières qui soit, une musique à la fois prenante et profonde et un set qui, contrairement à Shape Of Despair, n’a souffert d’aucun souci majeur. Une vrai bouffée d’air frais au milieu de toute cette musique de sauvages. 

Di Sab : Pendant que les marins d’eau douce sont partis voir un tribute band d'AC/DC assez connu crouler sous les problèmes de son, les vrais amiraux ont jeté l’ancre sous la Valley pour le deuxième concert français d’Ahab un peu moins d’un an après le Fall of Summer. Encore une fois le son est absolument parfait que ce soit sur les passages atmosphériques ou sur les passages les plus suffocants. La setlist n’a pas changé si mes souvenirs sont bons. The Divinity of Oceans nous coule dès le début avant de nous sortir la tête de l’eau avec ses mélodies au-delà du sublime. C’est d’ailleurs le propre d’Ahab en studio comme sur scène : maîtriser à ce point la lourdeur comme la légerté, entre growls sépulcraux et chant clair élégiaque, entre arpèges mélancoliques et powerchords écrasants. Le concert, en termes de qualité, était aussi bon que celui du Fall Of Summer. Néanmoins, les conditions étaient moins bonnes. En effet, voir Ahab sur une plage, à deux pas d’un étang, les pieds dans le sable, au crépuscule, c’est autre chose que sous une tente en plein aprèm. Les samples de chant de mouettes, par exemple, font beaucoup moins sens sous la Valley que sur les berges de l’étang de Torcy. Dédicace aussi aux personnes arborant le drapeau mexicain qui slammaient sur du Funeral Doom. Vous n’êtes sans doute pas des violeurs, n’en déplaise à Donald Trump, mais vous n’avez surement pas la lumière à tous les étages.

Romain : S'il y a bien un sous-genre du doom que je connais extrèmement mal, il s'agit bien du funeral doom. Je me retrouve donc à la Valley pour voir un groupe que je ne connais absolument pas mais dont on m'a maintes fois vanté les mérites. Je me laisse alors aller à la musique d'Ahab, tantôt atmosphérique, tantôt bien plus opressante avec son growl et ses sonorités pachydermiques, que ce soit dans le tempo ou dans les riffs. Le tempo d'ailleurs, qui bien que très lent, n'empêche pas les musiciens de jouer avec énormément de puissance (mention spéciale au batteur). Scéniquement il ne se passe pas grand chose mais bon, je ne m'attendais pas à voir du grand spectacle bien que ce soit pour moi le premier concert de ce style. Je quitte l'atmosphère sombre de la tente à la fin du set avec un cerveau à moitié implosé me laissant dans un état assez second. Dur de redescendre après ça.

 

Slash
Main Stage 01
18:40 > 19:40

John : A l’image de ses prestations précédentes (aussi bien en salle qu’en festival), Slash se contente de faire le job. Mais, qu’on se le dise, on est tous là pour chanter avec plaisir sur des « Nightrain » plutôt que sur les titres de ses albums solos, aussi bons soient-ils. La setlist se limitera d’ailleurs aux principaux singles comme « You’re A Lie », « Back From Cali » ou encore « Anastasia » alterné par les tubes des Guns n’Roses. Si je suis chagriné que « Civil War » ait disparu des setlists, on ne va pas bouder notre plaisir de réentendre du bon vieux Guns bien interprété et surtout bien chanté par l’excellent Myles Kennedy. Axl, si tu me lis… Comme à son habitude, le public explosera dès les premières notes d’un « Sweet Child O’ Mine » avant de perdre toute raison sur « Paradise City » et rien que pour cela, il fallait être devant la mainstage à ce moment de la journée !

Setlist :
You're a Lie 
Nightrain (Guns N’ Roses cover)
Avalon 
Back from Cali (Slash cover)
You Could Be Mine (Guns N’ Roses cover)
The Dissident 
World on Fire 
Anastasia 
Sweet Child O' Mine (Guns N’ Roses cover)
Slither (Velvet Revolver cover)
Paradise City (Guns N’ Roses cover)

Finntroll
Temple
18:15 > 19:05

Michaël : Le moins que l'on puisse dire, c'est que Finntroll est tellement rare sur scène que l'on prend toujours énormément de plaisir à les voir. Non, évidemment c'est de l'humour. Le groupe est un peu de tous les festivals chaque été, sans compter les tournées diverses dans l'hexagone. Du coup, c'est faute de mieux que je me suis glissé sous la Temple en ce début de soirée, au milieu d'un public très compact et assez fou. Et, à la vérité, je n'ai pas été déçu. Nos amis finlandais ont lâché une bonne prestation, portée par une setlist de festival dira-t-on. Aucune réelle surprise, mais des enchainements assez épiques comme le Jaktens tid / Blodsvept /Trollhammaren qui aura fini de retourner la fosse et de permettre aux slammeurs de s'en donner à coeur joie. On pourra simplement regretter, pour ceux qui ont du suivre la presta sur grand écran, une programmation dans la tente. Finntroll fait du Finntroll, en somme.

Setlist :
Vindfärd
Manniskopesten
Mordminnen
Solsagan
Nattfödd
När Jättar Marschera
Skogsdotter
Häxbrygd
Jaktens tid
Blodsvept
Trollhammaren
Under bergets rot

Terror
Warzone
18:15 > 19:05

Di Sab : Difficile de juger ce concert de Terror. Scott Vogel étant absent à cause d’un mal de dos, c’est le bassiste qui fait office de frontman. Objectivement, celui-ci n’a pas le tiers de hargne de Vogel, et le fait d’avoir un membre en moins rend les chœurs (élément fondamental du Hardcore) moins rentre dedans. Mais bon, personne sur Terre ne devrait être assez con pour le leur reprocher, d’autant plus que David Wood (le dit bassiste reconverti temporairement) est très souriant, semble ravi d’être ici et communique beaucoup avec le public. Après, même si ce n’était pas aussi fou que ce que ça aurait du être, on ne peut que respecter Terror pour ne pas avoir annulé au dernier moment malgré l’absence d’un membre, et pas des moindres. La foule ne leur en tient d’ailleurs pas rigueur. Très bel esprit et à très bientôt pour un « vrai » concert !

John : Slash/Terror était l’un de mes dilemmes du jour jusqu’à l’annonce de l’absence de Scott Vogel pour raisons médicales. David Wood (basse), qui officie dans Down To Nothing au chant, prend donc le relais. Slash commençant un peu plus tard, j’ai eu le temps d’apercevoir « One With The Underdogs », « Return To Strengh » et « Overcome ». Et ce fut suffisant pour voir que Terror sans Vogel ce n’est pas grand chose. Même si Wood s’en sort avec les honneurs, il ne fera jamais oublier son charismatique leader. Direction la Mainstage ! 

Schifeul : Scott Vogel s’étant pété le dos, Terror joue au Hellfest avec un line-up remanié, le bassiste habituel prenant la place du vocaliste, du coup le set en prend un coup et en réduit de pas mal de minutes. Mais qu’importe, Terror va tout de même réduire en cendres toutes les parcelles de la Warzone qui n’ont pas encore atteint leur point de combustion à cause du soleil, grâce à un David Wood qui fait bien plus que juste assurer l’intérim et rend une excellente copie tant au niveau vocal que sur le taff de frontman. Le set se termine sur la dansante Keepers of the Faith reprise par toute la Warzone.

Setlist :
The 25th Hour 
No Time for Fools 
Stick Tight 
One With the Underdogs 
Return to Strength 
Overcome 
The Solution 
You're Caught 
Your Enemies Are Mine 
Always the Hard Way 
Live by the Code 
Keep Your Mouth Shut (with guest on vocals)
Keepers of the Faith 

Killing Joke
Main Stage 02
19:45 > 20:35

Setlist :
The Wait 
Wardance 
Requiem 
The Beautiful Dead 
Exorcism 
Asteroid 
Money Is Not Our God 
Autonomous 
Pssyche 
Pandemonium 

Coffins
Altar
19:10 > 20:00

Caacrinolas : Cinquième fois que je vois les japonais et première avec Jun Tokita, nouveau chanteur qui remplace le sympathique Ryo. Que dire de neuf sur Coffins ? Rien du tout, c’est juste lourd, monolithique et prenant. Les japonais arrivent à vous écraser la gueule en un rien de temps avec leurs riffs pachydermiques, et force est de constater qu’ils ne s’arrêtent qu’une fois qu'ils vous voient agoniser la gueule ouverte. Jun est par ailleurs un excellent frontman, pas super communicatif, certes, mais maniant le chant avec une certaine justesse et maitrise. Toujours pas de Buried Death par contre et ça ça commence à être pesant. Mais ne faisons pas la fine bouche, Coffins est toujours un de maitres actuels en matière de Doom/Death.

Romain : Comme ce samedi est pour moi placé sous le signe de la découverte, c'est encore une fois un groupe que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam que je m'apprête à voir à la Temple. Je reste dans la thématique de mon concert précédent m'ayant largement abruti : toujours un groupe lié au doom donc, avec un groupe tout droit venu du pays du Soleil-Levant pour nous en jouer mais mélangé avec du death metal. Il n'y a pas énormément de monde pour accueillir Coffins, mais on notera tout de même la présence de Japonais s'étant déplacé de leur archipel, dans le but principal de voir ce groupe à Clisson. Le ton est donné assez vite : des passages très doom entrecoupés de riffs beaucoup plus groovy. Le chant est toujours growlé par un frontman occupant la scène de manière très sobre, à l'image du reste des musiciens. La recette du quatuor est efficace mais reste la même sur la majorité des morceaux, on a donc droit à un concert assez linéaire, mais pas inintéressant pour autant. Ce fut efficace. Un peu plus d'énergie sur scène aurait tout de même été appréciable.

Schifeul : Coffins ayant changé de line-up depuis lors concert au Party-San en 2013, je suis au premier abord un peu déçu de ne pas voir leur petit chanteur trop marrant derrière le micro, mais je dois bien avouer que son remplaçant éclipse assez rapidement ce sentiment en balançant une prestation énorme malgré le peu de monde sous la Altar pour voir les Japonais, phénomène assez étrange au vu de la qualité de la musique du groupe et le concert écrasant de puissance qu’il nous ait donné d’assister ce soir là.

Sleap : Toujours sous l'Altar, c'est maintenant l'heure de reprendre une bonne dose de gras avec les japonais de Coffins ! Le show débute sur Here comes Perdition en toute sobriété (pas de backdrop, pas d'accessoires ou d'imagerie, peu de communication... parfait !) et le son est étonnamment très bon. Bon, la musique Autopsyesque de Coffins ne nécessite pas forcément une qualité sonore exemplaire, mais la clarté est là, c'est un bon point. Le nouveau frontman est clairement au dessus de l'épave qui servait de chanteur il y a quelque temps (bien que ce soit moins marrant du coup). Son jeu de scène est assez sobre mais il jette de temps en temps un regard démoniaque au public, ça a son petit effet. Coté rythmique, le batteur a toujours autant l'air de se faire chier derrière son kit (parfois je le comprends) mais le bassiste semble avoir plus d'assurance qu'il y a deux ans. L'énorme Buried Death est très bien représenté ce soir avec une putain de triplette Under the Stench / Buried Death / Altars in Gore qui me met complètement K.O. Le guitariste Bungo Uchino (compositeur et fondateur du groupe) est toujours aussi impressionnant avec sa dégaine de Yakuza. Il est par contre un peu plus communicatif que la dernière fois où j'avais vu le groupe en live. Les japonais semblent quand même assez heureux de jouer dans un aussi grand festival européen. La paire finale Evil Infection (quelle tuerie !) / Slaughter of Gods ne change pas, et fonctionne même mieux qu'auparavant. Un show en définitive sans fioritures, agrémenté d'un son au top et d'un public assez dense (avec pas mal de fans), excellent début de soirée !

 

Brant Bjork
Valley
19:10 > 20:00

 

ZZ Top
Main Stage 01
20:40 > 21:40

John : Ayant déjà prit mes quartiers une bonne demi-heure en avance pour assister à Faith No More dans les premiers rangs, c’est sur les écrans géants des Mainstages que j'ai suvi la prestation de ZZ Top. Si lors de leur précédent passage ils m’avaient sacrément emmerdés, je dois avouer que ce fût plaisant cette fois-ci. Les deux barbus semblent plus communicatifs que par le passé et le public leur rend bien sur les plus gros classiques du trio comme « Sharped Dressed Man » ou encore « La Grange ». Plaisant sous un soleil de plomb !

Setlist :
Got Me Under Pressure 
Waitin' for the Bus 
Jesus Just Left Chicago 
Gimme All Your Lovin' 
Pincushion 
I Gotsta Get Paid 
Foxy Lady (The Jimi Hendrix Experience cover)
Chartreuse 
Sharp Dressed Man 
Legs 
La Grange / Sloppy Drunk Jam 
Tush
 

 

Ensiferum
Temple
20:05 > 21:05

Michaël : Même combat que pour Finntroll. Le groupe ne cesse de tourner ces dernières années et les fans ont déjà eu l'occasion de les voir de multiples fois. Du coup, compte tenu de prestations toujours relativement identiques, la surprise vient souvent des setlists. Avec un dernier album bien mitigé mais qui rend globalement mieux en live (notamment Ace of Spades qui est venue cloturer le set), Ensiferum a cette fois-ci décidé de nous sortir un petit Treacherous Gods de derrière les fagots et de faire revenir dans la setlist l'incroyablement génialissime Lai Lai Hei que le groupe avait abandonné depuis quelques mois. Dommage que le restant de la setlist était assez quelconque et très orienté vers les deux dernières galettes. Côté public, rien à dire. Comme souvent, ils étaient nombreux, fervents, toujours prêts à chanter et à slammer. Une excellente prestation du public, qui a tout donné, notamment sur Ahti, le titre à boire de la soirée. Sur scène, toujours un Petri qui communique peu, un Sami en folie qui court dans tous les sens, une Emi transparente et un Markus qui fait le minimum syndical. Mais c'est Ensiferum et, partant, c'est toujours un bon moment.

Setlist :
March of War
Axe of Judgement
Heathen Horde
Twilight Tavern
Treacherous Gods
Warrior Without a War
Ahti
Lai Lai Hei
From Afar
Burning Leaves
Two of Spades

Body Count
Warzone
20:05 > 21:05

Di Sab : La réputation du concert de Body Count a du précéder notre live report. Ne voulant rater « Ice mothafucka T bitch » pour rien au monde et sentant que ça allait être blindé, je me retrouve devant la Warzone une bonne demi-heure avant le début du concert et déjà c’est plus vraiment possible de circuler. Après une demi-heure à subir des files de gens essayant de rentrer en force, Ice T débarque sur le medley Body Count is in the House / Body Mf Count (medley où l’expression « Body Count » revient environ 50 fois en moins de 3 minutes... facile à chanter) et le pit devient littéralement fou : ça slamme à tout va, ça pogote jusqu’au goulet d’étranglement de la Warzone. Au terme de ce titre, Ice T veut voir de la « Motherfucking action » et ça devient difficilement tenable. Fort heureusement, une certaine sélection naturelle s’opère au fil des titres, les gens se cassent et la fin du concert se passe plus calmement que le début. Le concert est d’ailleurs globalement divisé en 2 parties : d'une part, il y a la partie carnage avec des titres comme Manslaughter, Disorder (une reprise de The Exploited), les tubes Voodoo, Talk Shit, Get Shot (une véritable leçon de vie) et le cultissime Copkiller. Et, d'autre part, une partie « one man show » : les pauses entre les titres sont aussi savoureuses que les titres eux même car Ice T t’explique la vie. Ainsi, à la sortie d’un concert de Body Count tu as pris conscience de la « pussyfication » qui touche la gente masculine actuellement, tu as ovationné une jeune adolescente de 14 ans car elle était au premier rang alors qu’elle aurait pu être à un concert de Justin motherfucking Bieber ce qui fait d’elle quelqu’un de beaucoup plus « badass » que nous autres « motherfuckers », tu as appris qu’on pouvait faire ce qu’on voulait à un concert de Body Count parce que Body Count c’est pour les gangsters et que les gangsters font ce qu’ils veulent et tu sais désormais que le fils d’Ice T fait les cœurs pour son père et qu’il s’appelle….Little Ice. Malgré des conditions peu agréables, un grand moment de musique et de philosophie.

Schifeul : On arrive à la plus grosse défaite du fest : Body Count ! Alors que l’on se dirige vers la Warzone après l’excellent concert de Coffins, pas moyen de mettre un pied devant la stage ! Celle-ci est ultra surblindée et après une tentative de traverser cette marrée humaine, il faut se contraindre à faire demi-tour, enveloppés dans les draps lourds de la déception… Et qui protègent même pas du soleil en plus ! Heureusement, les absences de Violent Demise et Institusionalized de la set-list permettent de relativiser cet échec, mais un meilleur accès à la scène et un écran géant seraient de bon aloi pour les prochaines éditions.

Shawn : Résumons. Body Count, c’est l’un des groupes qui m’a introduit au metal, et c’est clairement une des formations que j’attendais le plus de tout le week-end. Curieusement, alors que beaucoup de groupes rap-metal et néo des années 90 peinent encore à sortir des albums convenables, Body Count continue son bonhomme de chemin, cette année encore avec Manslaughter, qui, malgré une relative inégalité contient quelques pépites. C’est donc assez tôt qu’il fallait se présenter pour avoir une chance d’accéder à un point de vue potentiel, la Warzone devenant plus que jamais une zone de guerre. Le statut du groupe lui aurait largement permis de jouer sur les mainstage, Ben Barbaud expliquant en conférence de presse avoir déjà validé d’autres groupes sur les scènes principales à ce créneau, bien avant d’avoir la confirmation de la venue de BC. Dommage pour beaucoup, mais cet aspect renfermé, devant une audience nombreuse mais intime confère à ce concert un côté encore plus exceptionnel. Et c’est une setlist judicieusement axée autour du premier album que l’on découvre. Pour autant, Body Count étant en pleine tournée de Manslaughter, on y retrouvera quelques titres à l’image de Talk Shit Get Shot. On notera par ailleurs le nouveau guitariste rythmique Juan Of The Dead (qui avait par le passé officié dans Terror), seul blanc de l’équipe, et semblant à de nombreuse reprise à la peine sur les rythmiques. Et outre un Ernie-C ébouriffé qui partage la vedette avec Ice-T, c’est surtout Vincent Price à la basse qui marquera les esprits, arpentant la scène de droite à gauche, et jouant souvent avec le public. Un final avec le légendaire Cop Killer, marquera sans nul doute un des meilleurs moments du festival pour ma part… Un concert dantesque d’un groupe que l’on ne voit trop peu par chez nous. Merci Body Count, depuis le temps que j’attendais ça <3 !

Setlist :
Body Count's in the House 
Body M/F Count 
Masters of Revenge 
Bowels of the Devil 
Necessary Evil 
Manslaughter 
Drive By 
Voodoo 
There Goes the Neighborhood 
Body Count 
KKK Bitch 
Disorder (The Exploited cover)
Talk Shit, Get Shot 
Cop Killer 

Faith No More
Main Stage 02
21:45 > 23:00

John : Voilà l’une des raisons de ma présence cette année à Clisson. Après dixéditions et la reformation de Faith No More en 2011, Mike Patton et les siens sont enfin présents au Hellfest ! Comme lors des dernières tournées, la scène sera entièrement revêtue de blanc avant d’entreposer de nombreux bouquets de fleurs en guise de décoration. Assurément la scène la plus belle du week-end. « Sol Invictus » étant désormais dans les bacs, les américains lui feront la part belle avec pas moins de six titres dont « Motherfucker » sur lequel débute le groupe. Une entrée en la matière qui montera par la suite crescendo avant d’exploser sur les hits d' « Angel Dust » à savoir « Be Aggressive » et « Caffeine ». Si le groupe a vieilli et Patton a grossi (quelle grosse patate), ils démontrent qu’ils sont bel et bien en forme. « Fuck the Hellfest ! We gonna bring Heaven in Hellfest and you’re gonna like it ». Si les trois quarts des pipes qui ne pigent pas un mot d’anglais ont cru se faire insulter, Mike Patton utilise toujours aussi bien l’humour avec une petite dose de provocation pour mener ses speech entre les morceaux. Et nous voilà parti pour un « Evidence » toujours aussi amour. La setlist comblera tous les fans du groupe puisque l'ensemble des albums de l’ère Patton seront couverts avec au moins un titre (« Epic » pour « The Real Thing » et « Ashes To Ashes » pour « Album Of The Year »). Les titres de « Sol Invictus » passent avec brio l’épreuve du live notamment les futurs classiques en devenir « Superhero » et « Matador », quelles bombes ! Si le show n’atteint pas l’apogée de celui de Rock En Seine en 2009 ou encore celui du Sonisphere 2012, Faith No More reste au dessus de nombreux groupes aujourd’hui. A quand un passage en salle ? Les festivals c’est bien… Mais un concert d’1h30 avec son public c’est quand même mieux ! « Sécourité, sécourité ! »

Lactance :Surprise ! Guess what ? Faith No More's coming ! Ça  y est, c'est novembre et l'annonce vient de tomber : le célèbre quintette de San Francisco se déplacera à Clisson pour la dixième édition du festival. Un choix assez osé tout de même quand on y pense et qui en aura certainement déconcerté plus d'un (oui toi par exemple le die-hard fan de Mötley qui aurait préféré voir Vince Neil et sa bande en headliner héhé). Qu'à cela ne tienne ! Dès les premières notes de MotherfuckerFaith No More arrive à faire taire sans grande difficulté les mauvaises langues et les plus récalcitrants. Mister Patton, d'humeur plutôt facétieuse, se montre tout aussi charismatique qu'à l'habitude en maîtrisant parfaitement ses parties vocales à l'instar de l'instru impeccable – mise à part quelques micro-coupures de la sono... La setlist quant à elle a également de quoi rassasier les fans grâce aux titres emblématiques d'Angel Dust et de King For A Day... Fool For A Lifetime complétés par les inratables Epic et We Care A Lot ainsi que six titres du petit dernier (Sol Invictus) qui, en passant, fonctionnent merveilleusement bien en live. Le public se montre enfin plutôt réceptif aux passages plus funks, même chose pour les morceaux plus lents à l'instar de This Guy's In Love With You qui conclura un set de haute volée. Des Californiens en pleine forme qui auront finalement créé la surprise lors de cette édition. Un petit Primus ou un petit Tool pour bientôt ?

Setlist :
Motherfucker 
Be Aggressive 
Caffeine 
Evidence 
Epic 
Black Friday 
Everything's Ruined 
Midlife Crisis (Boz Scaggs "Lowdown" breakdown)
The Gentle Art of Making Enemies 
Easy (Commodores cover)
Separation Anxiety 
Cuckoo for Caca 
Matador 
Ashes to Ashes 
Superhero 
-----
Cone of Shame 
We Care a Lot 
This Guy's in Love With You (Burt Bacharach cover)

 

Skinless
Altar
21:10 > 22:00

Caacrinolas : Troisième fois pour moi après les Hellfest 2007 et 2009 que je vois le groupe, et surtout première fois avec Sherwood, chanteur originel. Alors si tout le fun qu’avait Keyser sur scène n’est plus aussi présent, le père Sherwood n’est pas en reste en terme de communication, n’hésitant pas a haranguer la foule dès qu’il le peut. La setlist plutôt équilibrée sur les cinq albums du groupe a néanmoins montré un énorme point faible : toujours pas de From Sacrifice To Survival. Peut-être que le groupe déteste ce morceau puisqu’ils ne l’ont pas joué depuis 2005… Mais ne boudons pas notre plaisir, la prestation fut à la hauteur de mes attentes même si ils ne feront probablement plus aussi bien qu’en 2007.

Schifeul : Après l’énorme baffe donnée par le groupe en 2009 avec son envahissement de scène et son wall of death zombie, impossible de rater le concert de Skinless cette année, le groupe s’étant fraîchement reformé. Je ne sais pas si durant leur split les gens les ont oublié ou autre, mais l’afluence sous la Altar est, au même titre que pour Coffins, un peu ridicule… Dommage car Skinless va donner tout simplement un des meilleurs concert de ce week-end! Enchaînant les titres Death Metal plus efficaces les uns que les autres devant un public complètement fou qui se tape allégrement sur la gueule, Skinless va dérouler un set violent mais tout en bonne humeur, comme ce passage improbable où Sherwood Webber présente ses membres en commentant la taille de leur bite. La baffe du fest, encore une fois.

Sleap : Après être allé voir 20 minutes de ZZ Top (ces mecs ont vraiment trop la classe !), retour sous l'Altar pour une des autres exclusivités de cette seconde journée : l'unique date européenne de Skinless pour 2015 ! Après nous avoir apporté des fruits en début de show l'an dernier au Neurotic Deathfest, les New-yorkais arrivent sur scène en faisant quelques pompes. On reste dans le domaine de la bonne santé, quel groupe exemplaire ! Et maintenant... « Sit back, slip on your absorbent undergarments and let the mayhem begin ». Quel plaisir de réentendre tous les tubes de Foreshadowing our Demise en live (samples comprises) ! Les trois titres du nouvel album joués ce soir (Serpenticide, Skinless et Barbaric Proclivity) passent franchement bien l'épreuve du live. Après l'avoir attendu je ne sais combien d'années, il serait peut-être temps que je l'écoute... Le seul extrait de Trample the Weak... est toujours Spoils of the Sycophant, dommage car ce n'est clairement pas le titre le plus puissant de l'album (il serait temps que Sherwood apprenne les textes des autres morceaux)... Ce dernier a d'ailleurs lui aussi son petit cahier sous les retours pour suivre les paroles. Mais pour le reste, son attitude complètement hystérique, ses diverses blagues et bien sur ses vocaux en font l'un des frontmen Death Metal les plus impressionnants qui soient ! Coté public par contre on est loin de se marcher dessus, et l'ambiance s'en trouve donc nettement affectée. On est loin de la claque du Neurotic de l'an passé. Mais heureusement c'est Skinless, et en live ça reste sacrément bon, qu'on soit 20 ou 10 000 personnes !

 

Orange Goblin
Valley
21:10 > 22:00

Di Sab : Les ayant vu il y a moins d’un an avec Saint Vitus, je savais à quoi m’attendre. Au fil des années et des albums, les anglais sont devenus incontournables dans le monde du stoner et sont devenus des habitués du Hellfest, pour le plaisir de tous. En effet, le public remplit comme il faut la tente, slamme pas mal et surtout mange dans l’immense paluche de Ben Ward, qui, lui, de son côté, est vraiment heureux d’être là. Le concert se déroule comme d’habitude, Scorpianica fédère toujours autant et retourne la foule dès les premières notes puis ensuite, le groupe pioche dans toute sa discographie sans oublier de faire la promo du petit dernier Back from the Abyss (l’excellent Sabbath Hex, Into the Arms of Morpheus et The Devil’s Whip). Pour ma part je regrette juste qu’An Eulogy for the Damned ne domine pas le set car au vu de la qualité du skeud, c’est dommage de n’avoir que Red Tide Rising. Mais bon, proposer des titres de chaque album est aussi un choix respectable et ça à l’air de ne poser de problèmes à personne, alors ne boudons pas notre plaisir. Un groupe méritant, un frontman charismatique (avec ses faux airs de Raspoutine et son t-shirt Vitus) et surtout, une vraie valeur sure en live, et pas que pour les amateurs de stoner. 

Shawn : Bien que mon collègue Di Sab ait ci-dessus parfaitement résumé le concert ainsi que mon ressenti, il faut avouer que d’un point de vue personnel, enchaîner Body Count et Orange Goblin, c’est-à-dire deux des groupes que j’attendais le plus du week end, c’est une expérience proche du nirvana. Et effectivement, la sortie l’an dernier de leur excellent album Back from the Abyss ainsi que la tournée avec Saint Vitus qui en résulte a permis au groupe de marquer beaucoup de points en France. Même si, à la longue, leurs concerts sont sans réel surprise, on ne peut qu’apprécier la justesse et la constance absolument exemplaire d’un groupe fêtant cette année ses 20 ans, et avec uniquement des membres fondateurs : preuve que l’unité fait la force. Bien entendu, les titres de Back from the Abyss seront à l’honneur (Sabbath Hex putain mais quel monstre en live, ou encore The Devil’s Whip aux relents de Motorhead). Un groupe que l’on ne se lasse jamais de voir : hâte de remettre ça au Motocultor !!

 

Mayhem
Temple
22:05 > 23:00

Schifeul : Après un concert un poil too much en 2011, avec autel d’ossements et insignes en carton recouverts d’aluminium cachant la batterie, Mayhem revient cette année dans une configuration beaucoup plus sobre. Bon Attila reste Attila mais pour le coup exit le crâne et sa cape, en outre, il n’en fait pas des caisses avec ses incantation style Naruto. Du coup, ce côté plus épuré permet de laisser la musique de Mayhem se suffire à elle-même et on aura droit à un grand concert! S’articulant sur une set-list mettant Deathcrush à l’honneur et bizarrement faisant l'impasse sur Esoteric Warfare, pourtant sorti il y a à peine un an, ce live de Mayhem est peut être le meilleur que j’ai vu du groupe. Bien sûr ne pas avoir de Pagan Fears me pète un peu les rouleaux mais l’interprétation de ce soir fut au poil, avec en particulier un My Death malsain comme il se doit et un enchaînement Freezing Moon / De Mysteriis Dom Sathanas glaçant d’intensité.

Sleap : Cela fait maintenant plusieurs années qu'absolument tous mes potes me disent que Mayhem en live est un des pires trucs qui soient. Le moment est enfin venu de me faire ma propre idée sur le sujet. Premier constat, contrairement à ce qu'on m'avait annoncé, aucun décor ou attirail scénique spécifique. Les musiciens arrivent sur une scène vide, vêtus très sobrement (un peu de corpsepaint pour Attila, quelques bouts de tissus déchirés mais rien de bien excentrique). L'aspect visuel du concert sera d'ailleurs assez intéressant. En effet, le quintette est quasiment tout le temps à contrejour, dans une épaisse fumée renforcée par de vifs jeux de lumière blancs dirigés vers le public. Vraiment rien à dire de ce coté là, je suis même assez impressionné. Musicalement, même si je n'apprécie que De Misteriis... en studio, je me surprends à accrocher à pas mal de passages en live. En plus d'un son correct (là où je suis placé) et des intros / interludes qui mettent dans l'ambiance glauque du groupe, certains morceaux parviennent à vraiment retenir mon attention, notamment celui de Wolf's Lair Abyss. Quelle intensité ! Le chant de Attila paraît, d'autre part, beaucoup plus puissant et moins versatile en live, et ce n'est pas pour me déplaire. Mais ce qui me fait vraiment accrocher quasiment tout le long du show est bien évidemment le jeu de Hellhammer. Je n'avais encore jamais pu voir le bonhomme en live et, même si on ne le distingue absolument pas derrière son immense kit dans cette épaisse fumée, son jeu est tout aussi délectable. Sa vitesse sur certains passages est à couper le souffle, et le bougre arrive toujours à mêler subtilité et puissance au niveau de ses frappes... Vraiment impressionnant ! J'attends tout de même le culte Freezing Moon (qui n'atteint pas l'intensité de la version CD mais passe tout de même très bien) avant de quitter la Temple pour assister un peu au show de Faith No More. À tous ceux qui n'ont pas encore vu Mayhem en live, n'écoutez pas les ''on-dit''. Même moi qui n'aime pourtant que le premier album, j'ai été agréablement surpris par le show.  

Setlist :
Silvester Anfang 
Deathcrush 
Symbols of Bloodswords 
To Daimonion (Part 1) 
My Death 
Carnage 
Chainsaw Gutsfuck 
Freezing Moon 
De Mysteriis Dom Sathanas 
Pure Fucking Armageddon 
I Put a Spell on You (Screamin’ Jay Hawkins song)

Madball
Warzone
22:05 > 23:00

Romain :
Pif paf, je te pète les bras
Hop là, soulevez-moi les gars !
Hips, cette pinte ne passe pas
Prêts pour le mur qui fait dégâts ?
Eh, arrêtez de pousser là !
Eh hop, on tourne dans ce sens-là !
Bref, Madball c’était le bordel.

 

Scorpions
Main Stage 01
23:25 > 00:55

GazaG : La tournée d’adieu des adieux, et finalement non, on revient et on fait des albums ? Bordel, trouvez d’autres excuses pour radiner des gens à vos concerts les gars. Pas besoin de placer un prétexte pour venir vous voir. Scorpions revient au Hellfest, et n’a pas changé grand chose à son set depuis leur dernière venue en 2011. Wind of Change, Big City Nights et la fameuse Kottak Attack sont toujours de la partie. La voix de Klaus Meine tient toujours à peu près la route, ce qui relève du miracle, tant l’organe vocal du chanteur a été mis à mal durant sa carrière. Matthias Jabs continue sa suite de concerts sans aucune fausse note, et James Kottak se trémousse toujours autant derrière ses fûts. La mécanique Allemande est bien huilée, ce show de 2015 est limite plus dynamique et punchy que celui de 2011. La légende Scorpions a de beaux reste, le petit feu d’artifice de fin de concert est mérité. Respect.

Shawn : Délicat que d’écrire sur Scorpions tant le groupe est adulé par certains comme décrié comme vieillissant et dépassé par d’autres. Pourtant, malgré les décennies au compteur, j’ai toujours trouvé à ce groupe ce petit côté candide et nostalgique qui rend moins regardant et plus apte à accepter les quelques approximations de set. Et c’est donc après le dantesque feu d’artifice des 10 ans du Hellfest que Scorpions entre en scène. Il semblerait par ailleurs que ce feu d’artifice ait déclenché la colère du management des allemands, semble-t-il non prévenu de l’évènement qui a, sans nul doute réduit à l’état de pétard mouillé la pyrotechnie prévue pour Scorpions. Qu’importe, Klaus Meine et sa bande sont là pour faire chialer au son des balades et ça n’est pas la coupure de son sur The Zoo qui empêchera le groupe de faire le travail. Le vocaliste, un peu sur la réserve en début de concert, notamment sur Make It Real. La formation ayant retouché sa setlist depuis ses nombreux concerts d’adieux (ahah) on découvre avec plaisir le medley 70’s présentant les rares Top of the Bill et Catch Your Train. Un second medley sera dévoilé en milieu de set, acoustique celui-ci en hommage aux légendaires balades. Parfait pour un Wind Of Change qui fera verser des larmes aux festivalières du premier rang, sur lequel le sifflement de Klaus Meine semble toujours autant effectué en playback… Nous gratifiant de son solo de batterie habituel, James Kottak ne réitèrera en revanche pas son exploit dubaïote, lui ayant valu quelques ennuis avec la justice locale. Notons cependant une fin de set explosive au possible, avec l’excellent rappel composé de Still Loving You et Rock You Like a Hurricane, toujours aussi plaisantes à entendre, doublées d’un « humble » feu d’artifice concluant avec panache le concert des allemands. Du classique, mais qui fait du bien par où il passe.

Setlist :
Going Out with a Bang 
Make It Real 
The Zoo 
Coast to Coast 
Top of the Bill / Steamrock Fever / Speedy's Coming / Catch Your Train (70's medley)
We Built This House 
Delicate Dance 
Always Somewhere / Eye of the Storm / Send Me an Angel (acoustic medley)
Wind of Change 
Big City Nights 
Dynamite 
In the Line of Fire 
Kottak Attack (Drum Solo)
Crazy World 
Rock 'n' Roll Band 
Blackout 
-----
Still Loving You 
Rock You Like a Hurricane 

Obituary
Altar
23:35 > 00:35

Caacrinolas : Les Floridiens sont toujours partants quand il s’agit de foutre le bordel dans un public, et cette fois n’a pas fait exception. Dès les premières notes de Redneck Stomp, c’est un magma en ébullition qui à pris place au sein de la fosse, un véritable chaos qui n’a fait que justifier la réputation du groupe. Obituary en live c’est juste ce qui se fait de mieux en matière de death old school en ce moment. Le groupe a repris du poil de la bête comparé à 2008/2009 et je finis par me demander si le départ de Ralph Santolla n’y est pas pour quelque chose. Là aussi, setlist identique à celle du Neurotic. Mais tant que « Don’t Care » est jouée le reste je m’en fous... Un énième carton pour la bande a Tardy. Chapeau bas messieurs. 

Di Sab : « Si à vingt ans t’as pas vu Obituary, t’as raté ta vie » a dit Jacques Séguéla. Enfin, il l’a pas dit, mais il aurait dû le faire au lieu de nous casser les couilles avec ses Rolex. Parce que putain, en cinq ans de fest, voir Obituary pour la première fois au Hellfest 2015, je me demande si je l’ai pas fait un peu exprès. Du coup, forcément, vous allez avoir droit à un report de groupie. Même si les jambes se font lourdes, dès le premier riff de Redneck Stomp, tu sais que tu vas rester jusqu’au bout et que ça va être mortel. Eh bah bingo ! L’enchaînement avec Century of Lies fait bien mal comme il faut et après ça déroule pendant une heure. Tardy arpente la scène et ne sait pas toujours où se mettre mais à part ça, on sent la machine ultra huilée qui envoie un death metal sorti tout droit de derrière les fagots de manière ultra décomplexée. Tout est archi rodé, la voix n’a pas changé d’un iota au fil des ans et Obituary donne une leçon de death comme peu de groupes peuvent se permettre de le faire. Après, je peux comprendre que l'on ressente une certaine lassitude lorsqu'on les voit pour la dixième fois, mais pour ma part, les Floridiens ont livré un très bon concert. Ils devraient aussi jouer Chopped in Half la prochaine fois, histoire de parfaire un set déjà ultra solide. Le concert de death de l’édition parmi ceux que j’ai pu voir. 

Sleap : Après un passage éclair au camping pendant le gros feu d'artifice des dix ans, me voilà de retour sous l'Altar pour mon énième concert d'Obituary ! Je vais faire court : c'est loin d'être l'un de mes groupes de Death favoris, mais Obituary reste une valeur sûre en concert. C'est toujours un plaisir de revoir les Floridiens sur scène. Même si ma préférence va à leurs deux premiers albums studio, je dois dire que des titres comme Back to One, Don't Care ou même Violence (du dernier album !) figurent parmi les plus efficaces en live, car ils provoquent toujours un monstrueux bordel dans la fosse. Les frères Tardy ont toujours autant de prestance, tout comme le reste du groupe d'ailleurs. Terry Butler nous montre une nouvelle fois son amour pour la scène Heavy française des '80s en arborant fièrement son t-shirt Vulcain. Rien ne change niveau show / setlist, mais la tente est totalement blindée et le public s'en donne à cœur joie dans le pit. Assurément la meilleure ambiance de la journée sous l'Altar. On perd des affaires dans le pit, on se fait casser le nez, la bouche, la tête, mais c'est toujours un putain de bon moment (ouais Di Sab, même après je ne sais combien de fois). Au fil des dates, j'ai l'impression que chaque show d'Obituary est encore meilleur que le précédent (sans changer d'un iota), et rares sont les groupes qui me donnent cette sensation !

Setlist :
Redneck Stomp 
Centuries of Lies 
Visions in My Head 
Infected 
Intoxicated 
Bloodsoaked 
'Til Death 
Don't Care 
Violence 
Back to One 
Dead Silence 
Back on Top 
Inked in Blood 
Slowly We Rot 

Triggerfinger
Valley
23:35 > 00:35

 

Marylin Manson
Main Stage 02
01:00 > 02:00

Di Sab : LA bonne surprise du festival. On ne va pas se mentir, Manson se traîne depuis une paire d’année une réputation de gothopouffe cocaïnomane qui donnait des concerts lamentables entre deux albums de pop. Elle était loin l’époque où le Reverend faisait peur aux 3ème parce que ceux-ci étaient persuadés qu’il s’était fait retirer des côtes pour pouvoir se sucer la bite. Mais il semblerait que ce soit de l’histoire ancienne. Entre The Pale Emperor encensé par la critique (et je parle pas des Inrocks ici) et le concert de ce soir, Manson semble être rentré dans le droit chemin. Dès Deep Six, le maître de cérémonie semble être dans son concert et met du cœur à l’ouvrage, en particulier sur les chansons les plus récentes (No Reflection et Third Day of a Seven Day Binge) : lui parlent-elles plus ? En plus d’être en grande forme, Manson ne se contente pas de dérouler un show millimétré sans une once d’improvisation : il interagit avec son public (en lui demandant de balancer des soutifs pour l’anniversaire de son bassiste si mes souvenirs sont bons) et propose une interprétation de Dope Show bien vicelarde en chevauchant une tortue gonflable envoyée depuis le public (pour info, la tortue finira en lambeau, poignardée par le couteau-micro de Marilyn). Mis à part les longues pauses entres les morceaux (on ne va quand même pas lui demander d’arrêter de prendre de la coke, déjà que maintenant il propose de bons concerts), il n’y a rien à redire sur ce show. L’absence d’Irresponsible Hate Anthem est compensée par une très bonne version d’Antichrist Superstar (avec l’estrade s’il vous plaît). Encouragements du conseil de classe !

John : Il faut avouer qu’après les catastrophes de ces dernières années, je n’attendais pas grand-chose de ce concert de Marylin Manson, restant accroché à mes souvenirs de la tournée de « Hollywood ». Et c’est plutôt surpris (et avec un pichet dans le nez) que je me suis retrouvé à apprécier le show du révérend. Sans dire que ce fut le concert de la journée, les Américains ont livré une prestation encourageante. Il faut dire que j’ai vite arrêté d’être objectif une fois interprété « Angel With The Scabbed Wings », qui n’est autre que mon titre préféré. Cependant les pauses entres les titres se font longues et cassent le rythme du concert qui se finit de manière laborieuse sur un « Beautiful People » approximatif. Dommage que j’aie déjà ma place pour Foo Fighters en novembre, car j’étais presque décidé à lui redonner une chance ! 

Setlist :
Requiem (Wolfgang Amadeus Mozart song)
Live Intro 2014 
Deep Six 
Disposable Teens 
mOBSCENE 
No Reflection 
Third Day of a Seven Day Binge 
Sweet Dreams (Are Made of This) (Eurythmics cover)
Angel With the Scabbed Wings 
Tourniquet 
Rock Is Dead 
The Dope Show 
Antichrist Superstar 
The Beautiful People 

Venom
Temple
00:40 > 01:40

Sleap : Certains groupes parviennent à me faire le même effet qu'au premier jour lors de chacun de leurs concerts, et Venom en fait définitivement partie. Même si la setlist, le public ou le cadre peuvent influer, je prends toujours autant de plaisir à voir le trio jouer sur scène. Et le show de ce soir ne va pas déroger à la règle. Malgré le son relativement médiocre de la Temple, les Anglais vont tout de même assurer. D'ailleurs, Cronos ne manquera pas de cracher une nouvelle fois sur le Hellfest (en l'occurrence pour le manque de pyrotechnie... mais quelle idée de les mettre sous la Temple aussi !) tout en remerciant le public de rester fidèle au groupe après toutes ces années. Pour ma part, c'est véritablement la setlist qui me séduit ce soir. Les nouveaux morceaux, que je trouve assez bateau (à part Long-Haired Punks qui est vraiment puissant en live), sont heureusement joués en début de set. Pour le reste, que du classique avec Buried Alive ou Countess Bathory, et surtout le retour de 1000 days in Sodom qui me rend complètement fou. Venom fait vraiment partie de ces vieux groupes qui ont toujours la gnaque sur scène, et qui surtout parviennent à la transmettre au public. Cronos (qui s'est laissé pousser le bouc et la moustache pour l'occasion) semble vraiment en forme ce soir. Avec son t-shirt Show No Mercy, il ne cesse de faire des dédicaces à Slayer, notamment sur le refrain de Black Metal (« Black Metal, Death Metal, Thrash Metal, Speed Metal... Slayer Metal ! »). On est évidemment très loin de leur mythique show au Party San 2013, mais ce concert de Venom reste très bon pour ma part. La bonne humeur est de mise à chaque concert du groupe, c'est vraiment parfait pour terminer la journée. 

Setlist :
Intro
Rise 
Bloodlust 
Die Hard 
Long-Haired Punks 
Grinding Teeth 
Buried Alive 
The Evil One 
Welcome to Hell 
1000 Days in Sodom 
Countess Bathory 
Warhead 
-----
Black Metal 
Witching Hour 

 

Biohazard
Warzone
00:40 > 01:40

GazaG : Quel bonheur de retrouver les déglingos de Biohazard en cette fin de samedi ! On commence à avoir les jambes ramollies à force de rester debout à contempler les scènes. La Warzone est bien remplie pour ce dernier concert de la journée. Les vétérans américains déboulent et vont mettre une grosse mandale made in Brooklyn au public du Hellfest. Billy Graziadei et ses zikos sont super chauds. Le son est vraiment bien, la foule accroche, les riffs sont appuyés par les sauts des musiciens. Un instant, le groupe ne fait plus qu’un avec le public : Biohazard fait monter un max de monde sur les planches pour kiffer avec eux. Si bien que la Warzone est blindée et que le groupe se retrouve dans l'impossibilité de terminer le morceau : « we just can’t play ». Billy et la sécurité galèrent à faire redescendre tous ces spectateurs. Le set se termine par Victory, Punishment et Hold My Own, des chansons qui fêtent leurs vingt-cinq ans cette année, mais qui n'ont pas pris une ride pour autant. Biohazard a encore de belles années devant lui, en témoigne la satisfaction de la foule ce soir.

Setlist :
Wrong Side of the Tracks 
Shades of Grey 
Urban Discipline 
Chamber Spins Three 
Tales from the Hard Side 
Down for Life 
How It Is 
Vengeance Is Mine 
Resist (with crowd on stage)
Love Denied (with crowd on stage)
Howard Beach 
We're Only Gonna Die (Bad Religion cover)
Victory 
Punishment 
Hold My Own 

Crédits :

Textes par l'équipe Horns Up.

Les photos de Der Weg Einer Freiheit, Brant Bjork et Venom par Peggy Cremin de BlackStage Live Photography.
Découvrez son travail :
https://www.facebook.com/BlackStageLivePhotography
http://www.blackstage-photography.com/

Les photos de Doctor Livingstone, Broken Teeth, Monarch!, Vitamin X, Ghost Brigade, Killing Jokes, ZZ Top, Triggerfinger et  Biohazard par Julien Chazeaubénit, de Photo-Concert.
Découvrez son travail :
http://www.photo-concert.fr/photos-hellfest-2015.html

Les photos de Infestus et Mütilation par "Gwenn Negative Art".
Découvez son travail :
http://sashimi1980.wix.com/negative-art
http://negative-art.e-monsite.com/

Photos d'ambiance et des autres groupes par Michaël et Shawn, équipe Horns Up.

Photos