Live reports Retour
dimanche 22 mars 2015 - Romain

Black Rainbows + The Midnight Ghost Train + The Texas Chainsaw Dust Lovers + Flayed

Glazart - Paris

Romain

Drogué alcoolique aimant les amplis qui vomissent des basses bien grasses.

Ça y est, c’est déjà la centième date pour les Stoned Gatherings. Après presque 5 ans d’organisation de soirées placées sous le signe du stoner, psychédélique ou autre doom, l’équipe a mis le paquet pour cet évènement. Avec deux têtes d’affiche venant chacune de sortir leur nouvel album très récemment ainsi que deux groupes français pour les ouvrir, on a que peu de chances d’être déçu !

 

FLAYED

La soirée commence tôt, malheureusement je ne peux assister qu'à la fin du set de Flayed. Cela me laisse tout de même le temps d’observer six mecs surexcités sur scène communiquant grandement avec le public. Public qui d'ailleurs est déjà bien imposant malgré l’heure et le fait que ce ne soit « que » le premier groupe qui joue.

Musicalement, les Français nous offrent un bon rock n’ roll oldy bien bluesy et énergique. Ça fait du bien aux oreilles et ça permet à certains d’échauffer leurs cervicales pour la longue soirée qui va suivre.

Je n’ai donc malheureusement que peu de chose à dire de plus sur le set. Déçu d’être arrivé si tard, mais content quand même de ne pas avoir tout loupé.

 

THE TEXAS CHAINSAW DUST LOVERS

Encore un groupe de Français pour continuer la soirée, et pas des Texans comme leur nom interminable aurait pu laisser présumer. Avec deux EP à son actif, le quatuor est prêt à rafraîchir la salle avec un peu de jeunesse.

The Texas Chainsaw Dust Lovers sont là pour nous offrir du bon stoner encore une fois bien influencé par le blues. Et on s’en rend compte très rapidement après une ouverture au bottleneck qui nous plongerait presque dans les années 1930.

L’ensemble du set comporte des morceaux bien entraînant aux riffs efficaces qui restent bien en tête pour le reste de la soirée. Le public est conquis et le groupe communique sa bonne humeur. Du coup quand le chanteur propose de faire chanter la salle sur Back To Georgia, elle répond présent !

Tout au long du show, le quatuor a également su nous prouver son assurance scénique : malgré les problèmes techniques, on continue de jouer. Quand la guitare du soliste ne fait plus de son par exemple, on fait tourner le riff quand même ! Ou quand ce même guitariste, lorsqu’il n’est pas occupé à se déshabiller ou à faire un solo d’harmonica, perd carrément un bout de ses lunettes en début de morceau, on s’en fout, on va envoyer tellement d’énergie que le public va pogoter ! Fallait le faire quand même. Et tout ça, les musiciens le font avec le sourire, si c’est pas beau ça.

Bref, une bonne découverte pour moi ce soir n’ayant écouté que quelques tracks ici et là avant de venir. On a eu droit à une prestation d’un genre de groupe typiquement taillé pour la scène. Et vu l’engouement du public après le set, il ne serait pas étonnant de réentendre parler de The Texas Chainsaw Dust Lovers dans un futur proche.

 

THE MIDNIGHT GHOST TRAIN

Le changement d’atmosphère s’opère assez vite lorsque The Midnight Ghost Train monte sur scène. Après une reprise de Tom Waits pour entamer le set, le trio américain s’attaque à son dernier album Cold Was The Ground qu’il jouera dans sa quasi-intégralité. Du bonheur vu le niveau de ce dernier skeud sorti il y a quelques semaines. Saupoudrez le tout de quelques morceaux des albums précédents et c’est parfait.

Le son craché par les amplis et les baffles est proche de la perfection pour un groupe n'hésitant pas y aller franco avec la distorsion. En plus de ce son, le groupe joue ses morceaux avec une exactitude rarement égalée : on peinerait à entendre la différence entre les enregistrements studio et ce que le combo nous délivre. C’est énergique, les zicos sont à fond sur scène, communiquent avec nous… Que demander de plus ? Au programme : du riff bluesy distordu agrémenté d’une voix bien éraillée et d’une section rythmique hyper solide.

Dans le public, ça se passe aussi bien que sur scène : on y retrouve l’agressivité du stoner-sludge avec pogos incessants et slammeurs furtifs. La fosse est tellement déchaînée qu’elle parvient lors d’un grand mouvement de foule à débrancher du matos sur scène. Bien joué les gars !

Un bon gros show sous haute tension, qui voit même le leader Steve Moss, chanteur et guitariste, finir le set en slammant à son tour dans le public.

Et pour sublimer le tout, c’est ce même Steve Moss qui est présent au stand de merch pour nous vendre les t-shirts et CDs de son groupe. Aucun bémol pour eux ce soir ! Et c’est con, ça me laisse peu de chose à dire en plus sans faire dans le compliment à outrance.

Setlist :

Make It Rain (reprise de Tom Waits)
Along The Chasm
Gladstone
BC Trucker
Arvonia
One Last Shelter
Canfield
No. 227
Straight To The North
Southern Belle
Into The Fray
Twin Souls
Mantis
Foxhole

 

BLACK RAINBOWS

Ça y est, c’est le moment de la tête d’affiche. Et quelle tête d’affiche quand on voit le nombre de prestations live du trio italien ces dernières années ! Eux aussi sont là pour nous présenter leur dernier très bon album Hawkdope. Encore une fois ce soir un changement d’atmosphère, presque brutal cette fois-ci, va avoir lieu.

Le concert ne commence pas sous les meilleurs auspices de mon point de vue. Non équipé de boules quies ou autres protection auditive, le son volontairement larsené de Gabriele Fiori ne fait que me vriller les tympans. Mais au-delà de ce détail, j’ai tout de même eu besoin de plusieurs minutes avant de bien entrer dans l’ambiance du concert. Peut-être est-ce dû au son pas encore tout à fait au point, au chant pas assez présent ? Au changement stylistique entre le stoner flirtant avec le sludge livré juste avant contrastant avec ce trio beaucoup plus orienté rock psychédélique ?

Toujours est-il que ces quelques minutes passées, l’harmonie entre la musique et mon esprit s’opère bien. Evidemment, le public est moins en mouvement que pour The Midnight Ghost Train, mais a tout de même l’air bien réceptif à l’onirisme dégagé par la formation romaine. Ça headbangue aussi bien dans le public que sur scène. Il faut dire que la chevelure du nouveau bassiste y est propice contrairement à celle de son prédécesseur. A ce propos, c’est en effet un nouveau bassiste qui se tient face à nous, bassiste qui n’était présent ni dans le clip The Prophet illustrant le dernier album ou encore sur les photos promotionnelles. Ce dernier est présent depuis le début de la tournée n’ayant débuté que quelques jours plus tôt. Soit, bienvenue à lui.

Les morceaux s’enchaînent sans impairs. Après une première moitié de concert centrée sur le dernier Hawkdope, le groupe s’attaque au reste de sa discographie. Puis arrive déjà la fin, avec l’excellente Black To Comm reprise de MC5. Ce morceau qui ne semble jamais finir, enchaînant les semblants de fins épiques. Mais vient un moment où ça doit s’arrêter, le trio doit lever le camp. Enfin, c’est sans compter le public des Stoned Gatherings qui, comme souvent, réclame un rappel. C’est donc encore une fois avec du lourd que Black Rainbows revient fouler la scène, interprétant le très bon Viper Tongue. Et puis ça y est, c’est réellement fini. Place au DJ Set pour finir la soirée. Et quelle soirée ! On en redemanderait…

Setlist :

No Fuel No Fun
Wolf Eyes
Hawkdope
Hypnotize My Soul With Rock n’ Roll
Heavy Psych Casbah
The Prophet
The Cosmic Picker
Black To Comm (reprise de MC5)
Rappel : Viper Tongue

 

Pour leur centième date, on peut dire que les Stoned Gatherings a bien géré son coup. Quatre excellents concerts, un public ayant répondu présent et dans la bonne humeur, bref, une soirée mémorable. Merci encore à l’équipe, le rendez-vous est pris pour les Doomed !

http://stoned-gatherings.com
https://www.facebook.com/stoned.gatherings