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lundi 2 novembre 2015 - S.A.D.E

Ahab + Mammoth Storm + High Fighter

Glazart - Paris

S.A.D.E

Chroniqueur doom, black, postcore, stoner, death, indus, expérimental et avant-garde. Podcast : Apocalypse

En tournée pour défendre son excellent nouvel album, The Boats Of The Glen Carig, Ahab passait le 2 novembre dernier au Glazart de Paris en compagnie des Sudédois de Mammoth Storm et des Allemands de High Fighter. Retour sur cette soirée au riffing poids lourd.

High Fighter ouvre le bal avec son stoner/sludge de très bonne facture. Le son est déjà très bon, les cordes ronronnent comme il faut, portées par une batterie massive qui délivre une rythmique bien pesante. Le chant est assuré par une femme, qui s'aventure dans deux registres différents selon les besoins des morceaux : d'un côté un chant clair assez incantatoire qui fait immanquablement penser à Jex Toth ou Kult Of The Wizard, et de l'autre un cri plus rocailleux qui s'applique sur les moments plus sludge. Le résultat est fort réussi, les deux ambiances, envoûtante ou agressive, se combinent parfaitement, sans accroc et toujours avec efficacité. Dans les morceaux qui ressortent le plus du set, se trouvent Breaking Goat Mountains, avec ses deux facettes vraiment marquées, ainsi que In Veins très orienté sur une atmosphère captivante. Déjà fort d'un premier EP, The Goat Ritual, remarqué, entre autres, par John Garcia (ex-Kyuss), High Fighter prouve ce soir qu'ils maitrisent également le live. Une ouverture comme il en faut plus souvent !

Setlist :

01.A Silver Heart
02.Breaking Goat Mountain
03.Black Waters
04.The Gatekeeper
05.Gods
06.Down To The Sky
07.In Veins
08.2Steps Bluesskill

Place ensuite à Mammoth Storm, qui remporte certainement la palme du patronyme le plus adapté à sa musique. Clairement, les Suédois déplacent des montagnes avec leur son, un concentré de puissance doom lourde à souhait. Avec des compos longues et hypnotiques, le groupe nous balade dans la steppe plate où paissent paisiblement les pachydermes poilus, qui, bien vite énervés par notre présence se mettent à courir dans tous les sens. Clairement, Mammoth Storm est redoutable en live, les compos sont puissantes et fines à la fois, on trouve souvent un lead de guitare par-dessus le riff principal qui confère un aspect psyché à leur doom par ailleurs bien ancré dans la terre ferme. Le set est tourné autour de leur premier album à venir, Fornjot, et ça laisse clairement présager du très bon pour ce premier long format. Les types sont à l'aise sur scène, échangent avec le public et visiblement se font plaisir, et ça, c'est toujours agréable à sentir. Un deuxième set aussi réussi que le permier, quarante cinq minutes bien pleines et qui ont convaicu le public du Glazart.

Setlist :

01.Fornjot
02.Augurs Echo
03.Vultures Prey
04.Horns of Jura
05.Rite of Ascension

Après deux concerts déjà très lourds, vient le grand patron de la soirée, Ahab et son funeral doom aquatique, qui, en trois albums, s'est hissé dans les toutes meilleures formations du genre. Le concert commence dans une semi-pénombre et sur un bruit d'océan avant que la puissance de The Weedmen se réveille. Le son est parfait, une constante sur cette soirée, les accords de guitares font vibrer les cages thoraciques et déjà le tempo extrémement lent du début du titre plonge le Glazart dans une méditation introspective totale. Le chant de Daniel Droste est impressionant, un beuglement venu des profondeurs à la fois terrifiant et fascinant, d'autant plus fascinant quand vient la voix claire, difficile de réaliser que ces deux voix viennent de la même personne. Si leur concert au Hellfest avait été une réussite, les voir dans une salle est encore plus plaisant. La grandeur de leur musique n'en est que plus mise en valeur, les accalmies offrant plus de proximité dans l'intimité du Glazart. Le groupe est d'ailleurs bien plus affable qu'en festival, Daniel Droste s'adressera à plusieurs reprises au public, en français s'il-vous-plait, et presque sans accent !

L'audience se laisse porter par le ambiances aqueuses proposées par Ahab, les jeux de lumières participent pleinement à l'immersion, avec un effet d'eaux dormantes produit par des projos installées spécialement pour le groupe. Tous les titres, les récents comme les plus anciens, sont parfaits, le rendu live est absolument génial, parfois apaisant, parfois irascible, exactement comme l'océan qu'ils subliment à chaque note. On retrouve trois titres de The Boats Of The Glen Carig sur la setlist et tous passent l'épreuve du live haut la main, avec une petite préférence pour To Mourn Job pour ma part. The Hunt reste un moment grandiose, toujours aussi dantesque sur les passages où le tempo augmente (un peu). Le rappel se fait sur Antarctica the Polymorphess, là encore grandiose.

Setlist :

01. The Weedmen
02.The Divinity Of Oceans
03.Like Red Foam (The Storm)
04.O Father Sea
05.To Mourn Job
06.The Hunt
Rappel
07.Antartica The Polymorphess

Il me faudrait inventer un paquet de superlatifs encore inexistant pour parvenir à retranscrire ce qu'est une performance d'Ahab en live. Mais ce serait toujours bien en-dessous de la vérité. Alors je ne peux que vous conseiller d'en faire l'expérience vous-même, et particulièrement s'ils sont aussi bien accompagnés qu'ils l'étaient ce soir là. Le Glazart en tremble encore.