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Album

03/03/15 - Nostalmaniac

Battle Beast

Unholy Savior

LabelNuclear Blast
styleHeavy Metal moderne
formatAlbum
paysFinlande
sortiejanvier 2015
La note de
Nostalmaniac
8.5/10


Nostalmaniac

Le Max de l'ombre. 29 ans. Rédacteur en chef de Horns Up (2015-2020) / Fondateur de Heavy / Thrash Nostalmania (2013)

En peu d'années et quelques albums, les Finlandais de Battle Beast se sont imposés comme les fers de lance d'un Heavy Metal résolument moderne. Leur nouvel album succède au très bon cru de 2013. La pochette est signée une nouvelle fois par l'artiste chilo-italien Claudio Bergamin (qui a travaillé aussi pour Halford, Magica ou encore Circle II Circle) avec le retour du personnage mi-homme, mi-lion dans un paysage volcanique et orageux. Présage ?

Je l'avoue ma première impression est d'entendre un Heavy / Power accrocheur, calibré mais pas inoubliable. Il faut dire aussi que ce « Unholy Savior » peut désorienter en soufflant le speed et le light (pour ne pas dire le chaud et le froid), du purement Heavy speedé (Lionheart, Madness, Speed and Danger, Far far Away) aux plus accessibles (Touch in the Night, Sea of Dreams) avec ses relents new-waves. On a affaire ici pourtant à la réalisation la plus aboutie du sextet finlandais, que ce soit en termes de production (qui d'ailleurs revient à Anton Kabanen, un des guitaristes et Janne Björkroth, le claviériste) ou de compositions – à quelques nuances près. Rien de révolutionnaire malgré tout, c'est toujours la même recette efficace et les influences de Manowar, Judas Priest et des ténors du Heavy Metal sont de la partie, mais ce que j'apprécie vraiment tout au long de ces 47 minutes, c'est le sens du détail, car si on peut souvent dire que « le diable s'y cache », là, c'est le divin. Les backing vocaux, les solos, les arrangements. On est loin de la mono-maniaquerie du « riff qui tue » ou du syndrome du Heavy à l'allemande assez chronique dans nos contrées. Son approche pop assumée (on me signale que je viens de perdre quelques irréductibles en veste à patches) fait office de signature du groupe (à la manière d'un Sabaton) et les claviers sont évidemment toujours très présents, mais donnent une dimension quasi-épique à l'image d'un « Madness » vindicatif avec ses riffs à la fois acérés et majestueux. Le morceau titre « Unholy Savior » me fait drôlement penser à une version redynamisée de « Kingdom » du précédent album. Les rythmiques appuyées donnent même lieu à de superbes soli que ne renieraient pas un Angra de la bonne époque comme sur « Speed and Danger », typé néo-classique. Impossible donc de ne pas souligner la maîtrise des deux guitaristes qui abattent un travail considérable. Et que dire du chant de Noora Louhimo qui demeure un sacré atout, la bougresse ayant du coffre (qui évoque Leather Leone de Chastain pour les connaisseurs) mais pas seulement et le prouve sur les différentes ballades de manière plus posée. En guise d'épilogue, une ballade justement avec « Angel Cry » mielleuse et assez prévisible laissant sur sa faim d'envolées guitaristiques enflammées. Dommage !

Dans l'ensemble, même si la seconde partie de ce nouvel opus manque de moments forts, cela reste un très bon album. Je suis mitigé quant aux ballades qui n'apportent pas grand chose même si, il faut le rappeler, la voix de Noora transcende les passages les moins captivants. Est-ce qu'il surclasse son prédécesseur ? Non. Il améliore beaucoup d'aspects et c'est ce qui suffit à le rendre vraiment intéressant. Certes, les puristes hurleront à la surabondance d'effets, mais il serait malhonnête de reprocher un manque d'originalité à certains et trop d'originalité à d'autres. Anachroniquement, on pourrait faire le même reproche au « Turbo » de Judas Priest, sorti en 1986, et qui avec le recul reste quand même un pur album d'Heavy Metal avec le modernisme de l'époque. Il y a bien sûr d'autres exemples, parfois moins heureux, mais s'il faut vivre avec son temps Battle Beast, avec ce nouvel album, applique cet adage à la lettre...

À noter, en bonus dans la version digipack, une étonnante (mais entêtante) reprise de Paul Engemann « Push To the Limit » tiré de la B.O de Scarface.

Tracklist :

1. Lionheart
2. Unholy Savior
3. I Want The World….And Everything In It
4. Madness
5. Sea Of Dreams
6. Speed And Danger
7. Touch In The Night
8. The Black Swordsman
9. Hero’s Quest
10. Far Far Away
11. Angel Cry